Interview de Kristin Bauer van Straten, l’interprète de Pam

Interview liée à la série True Blood

Kristin Bauer van Straten - True Blood

Interview accordée à Elaine Atwell le 28 juillet 2014 pour le site Afterellen.com

Oui et j’étais vraiment triste de la voir partir, même si je sais que les répercussions de sa mort sont toujours là.

En effet. Ils ont décidé de se concentrer sur des relations importantes pour la dernière saison. Et la relation [de Tara] avec sa mère est vraiment centrale pour ce personnage.

Même si, dans un sens un peu différent, Pam était la mère de substitution de Tara, ce qui apporte une toute nouvelle dose de bizarrerie à leur romance.

Tout à fait ! C’était si intéressant d’essayer puis de la tuer pendant un an et ensuite d’être obligée d’être sa nouvelle « mère », bien que je ne sois pas la mère la plus bienfaisante qui soit. Puis je suis attirée par elle, on couche ensemble et au final je choisis Eric plutôt que mon enfant. Mon enfant/amante.

C’est vraiment intéressant ce que vous dites. Dire qu’elle « choisit » Eric plutôt que Pam en fait un meilleur choix narratif que de dire que la relation est laissée de côté. Vous dites que Pam a juste évalué ses priorités, et je crois que vous avez raison, tout le monde a cette personne pour qui tout le reste passe au second plan.

Oui, pour moi elle a vraiment fait un choix très important en laissant tout derrière elle et en jouant à la roulette russe afin d’obtenir un autre indice dans l’espoir de le retrouver.

Mais même quand vous étiez concentrée sur Eric, chaque fois que Tara était mentionnée j’avais l’impression que vous saisissiez vraiment l’instant, que vous étiez en train d’accepter sa mort et l’on pouvait voir dans vos yeux que Pam faisait réellement son deuil.

Oui, c’est ce que j’ai ressenti. Ma relation avec Rutina m’a aidée et grâce à ma relation avec toute l’équipe il est nettement plus facile de jouer toutes ces émotions, particulièrement celles de la dernière saison. Il y a tellement de situations désespérées que lorsque je dois jouer le décès de certaines personnes, je pense juste au fait que je ne verrai pas les membres de l’équipe tout le temps l’année prochaine et je me mets à pleurer.

Pam a eu des répliques si incroyables. J’ai vu que quelqu’un l’avait appelée la Comtesse douairière de True Blood, ce qui est tellement vrai.

[Grands éclats de rire] C’est tellement vrai. En fait, je regarde Downton Abbey en ce moment et l’autre fois je me suis dit « Oh mon Dieu ! C’est la Pam de Downton Abbey ». C’est trop drôle.

Avez-vous des répliques préférées qui vous ont fait rire juste en les lisant ?

Je les oublie, mais quand j’aurai une minute il faudra que je les regroupe dans un fichier.

Je suis sûre que quelqu’un a déjà dû en faire une vidéo Youtube. [Edit : Oui !]

C’est ce que je me suis dit. J’en oublie plein. J’ai adoré menacer Nelsan [Lafayette] et lui dire « Je ne sais pas pourquoi les gens pensent que je veux écouter leurs problèmes. Peut-être que je souris trop. Peut-être que je porte trop de rose ».

Je m’en souviens ! C’était génial ! Il vient justement de faire du bruit dans une interview où il parle très franchement du départ de Luke Grimes.

Oook, il faut que j’aille chercher ça sur Google.

Il y a un super montage sur Youtube de Tara Buck, qui joue Ginger, et de tous ses cris au fil des saisons. J’ai dit que j’espérais qu’ils lui avaient prévu un médecin pour la voix dans son contrat, la pauvre.

Je sais ! Cette fille est un génie du comique. Lorsque nous auditionnions pour des rôles de guest-stars éventuellement récurrents, c’était très intéressant de voir sa réaction vis-à-vis de Pam. Il était écrit dans le scénario que Longshadow explosait et qu’elle criait. Mais c’est parce qu’elle a crié si fort et si longtemps que c’est devenu, tout à coup, son « truc ». Les scénaristes et producteurs sont géniaux, la manière dont ils font attention et tombent amoureux de quelque chose, s’en inspirent et le couchent sur le papier est géniale. Et cette saison-ci, j’adore l’histoire de fond avec Ginger.

C’était génial et les flashbacks des années quatre-vingt et quatre-vingt-dix faisaient partie des scènes les plus marrantes de la série. Tara Buck disait en plaisantant qu’il devrait y avoir un spin-off de la série avec juste Pam et Ginger ; je suis pour à cent pour cent. Juste en tant que pure comédie.

N’est-ce pas ? Je n’arrête pas de penser aux années soixante et soixante-dix.

J’ai envie de dire que Pam devait être une grande fan Velvet Underground juste pour pouvoir rire de tous ces hippies.

Je crois que les années soixante et soixante-dix, pour elle, auraient été comme aller au fast-food Denny : un buffet à volonté d’humains – parce qu’ils sont tous défoncés et amoureux. Pam aurait nettoyé les lieux en deux temps trois mouvements les doigts dans le nez.

Sérieusement. Maintenant je suis triste. Cette saison était tellement bien, ça me fait réaliser à quel point True Blood va me manquer. Mais quels sont vos prochains projets ?

La première chose sur laquelle je vais me concentrer maintenant est un documentaire sur lequel je travaille depuis deux-trois ans. Ça a été difficile de m’en occuper, mais également presque impossible de le confier à quelqu’un d’autre. Et puis, ensuite, je verrai quel sera mon prochain rôle. La barre pour la qualité du scénario est haute maintenant donc c’est la première chose que je vais cibler. Ça ne me dérangerait pas non plus de refaire de la comédie. Mes racines sont ancrées dans la comédie, c’est là que j’ai commencé et j’aime vraiment ça. Bien sûr pour tout ce que HBO fait, peu importe la durée, la date et le lieu, je serai la première à auditionner, parce que ça a vraiment été une super expérience. La vie que j’ai vécue à HBO a été incroyable.

Oui, ça a été super pour tout le monde. Et Pam est un personnage très spécial, en partie parce qu’il est écrit par un scénariste LGBT. Les gens qui écrivent des personnages LGBT les rendent parfois très plats, en particulier s’ils ont de bonnes intentions à la base. Ça devient juste très ennuyeux, et j’aime le fait que Lafayette et Pam, dans cette série, soient vrais envers leur communauté respective.

Je suis d’accord. Ça fait partie de ce que j’aime chez HBO, personne n’est tout blanc ou tout noir. Tout le monde a – le terme « cinquante nuances » est foutu pour le moment –, mais il est vrai que les personnages et les gens sont si multidimensionnels que vous ne pouvez pas les étiqueter. Bon, ça peut arriver dans des fictions où l’on demande à un personnage principal stéréotypé de remplir un rôle. Mais les chaînes payantes ont fait un bien meilleur travail pour représenter une personne homosexuelle, hétérosexuelle, noire ou blanche et pour moi cela n’a pas de prix, c’est pour cela que l’art est important.

C’est fou la progression que la télévision a eue, en grande partie grâce à HBO, ces quinze dernières années. Elle est passée d’histoires ou toutes noires ou toutes blanches à une façon plus nuancée de raconter des histoires, une façon plus artistique.

C’est vrai. Je veux dire, je suis actrice depuis vingt ans et l’évolution que j’ai vue est vraiment stupéfiante ; le changement à la télévision, les différents médias, les types d’histoires que l’on raconte : c’est une évolution stupéfiante.

Interview originale sur le site Afterellen.com

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A propos de Lou Morin

Traductrice Anglais/Français

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