Elena Undone : Interview de Traci Dinwiddie, l’interprète de Peyton

Elena Undone : Interview de Traci Dinwiddie, l'interprète de Peyton

Interview accordée à Rachael Scott le 17 février 2011 pour Gaydarnation.com

Dans Elena Undone, Traci Dinwiddie, joue Peyton, une écrivaine autodidacte qui tombe follement amoureuse d’une femme mariée, dont l’époux pense que l’homosexualité est un péché. Pour autant, tout ne va pas si mal puisqu’elle est amenée à embrasser Necar Zadegan lors du plus long roulage de pelle de toute l’histoire du cinéma. Sacrée chanceuse.

Traci se réjouira aussi que son prochain film To.get.her ait remporté le prix Best à Sundance cette année.

Il semblerait que tout aille pour le mieux pour la belle actrice de Supernatural, née à Anchorage en Alaska, et descendante de Syriens et d’Indiens Cherokees.

Rachael Scott a discuté avec elle du film Elena Undone.

Qu’est-ce qui vous a attirée en premier dans le script et le personnage ?

J’appréciais que ce soit librement inspiré de la véritable histoire d’amour entre la réalisatrice Nicole Conn et Marina Bader. Quand j’ai auditionné devant elles, je pouvais sentir l’amour dans la pièce. Elles partagent une passion unique l’une pour l’autre et possèdent l’art de raconter des histoires.

À quel point vous sentiez-vous proche de l’histoire et des personnages ?

Comme Peyton, je pourrais sans doute m’identifier au fait d’aimer quelqu’un qui en apparence a l’air inaccessible. Par contre, en aucune façon je ne partage son style. Je suis beaucoup plus bohème et vivante dans la façon dont j’approche les gens.

Elle, Peyton, luttait pour se sortir d’une profonde dépression et était logiquement complètement refoulée sur le plan sexuel. Pour autant, je me suis reconnue dans son tempérament timide. J’aime flirter, mais quand il s’agit de se montrer réellement vulnérable, je suis tout aussi timide.

Avez-vous pensé ou vous êtes-vous inspirée d’une personne en particulier quand vous interprétiez Peyton ?

Si vous voulez dire pour créer des nuances pour Peyton, je suis allée droit à la source – Melle Nicole Conn. Mes paroles étaient les siennes. De nombreux dialogues sont tirés de lettres d’amour et de conversations que Nicole en personne a partagées avec Marina. J’étais assez chanceuse que mon « sujet d’étude » soit aussi ma réalisatrice.

Quels défis imprévus se sont présentés pendant le tournage ?

Le tournage a été plein de petites surprises, mais celle qui me vient à l’esprit, c’est quand nous faisions les gros plans pour la scène finale du film. Jane Clark, notre productrice, a dit : « On est en retard. Vous avez droit à une prise! Après, on DOIT passer à la suite. »

Vous parlez d’une pression! Au milieu de cette « unique prise », empreinte d’émotion, je parle doucement à Elena (Necar Zadegan) quand soudain on entend la voisine crier pour appeler son animal – « Chewwwwy! Cheeeeeewwwwy?! » Encore et encore. Elle me coupait au beau milieu de ma réplique chaque fois que je commençais. Ça a été la « prise en une fois » la plus longue que j’ai jamais faite!

Le baiser que vous partagez avec Necar Zadegan s’avère avoir battu le record du plus long baiser de cinéma. Combien de prises avez-vous dû faire ?

On a fait deux prises. C’était le rêve de Nicole. Personnellement, j’aurais préféré le baiser le plus brûlant. Dans mon idée, ce serait ce tendre moment juste avant – quand les lèvres se frôlent juste avant de se toucher. J’aime cette sensation.

Est-ce une démarche différente pour une actrice de développer une relation amoureuse avec une femme plutôt qu’avec un homme ?

Non. L’amour reste l’amour.

Peu de films avec des personnages centraux lesbiens sont faits, et ceux qui sortent sont encore moins nombreux malgré une forte demande du public. Selon vous, qu’est-ce qui faciliterait l’augmentation des films à caractère lesbien ?

Il est temps qu’on s’intègre. Je parie que ça aiderait si on commençait à raconter des histoires qui sont moins orientées sur le coming out et le fait d’être homo et plus centrées sur l’expérience humaine globale de personnages qui s’avèrent être homos.

Il y a tellement plus à raconter. Il faudra que notre communauté LGBT soit volontaire et soutienne financièrement ces films et se rende aux projections et loue les DVD. L’industrie du film requière un public actif et participatif. La vérité c’est qu’il faut qu’on alimente nous-mêmes financièrement le système.

Vous avez joué le rôle d’une médium dans la série télé Supernatural. Avez-vous des dons de voyance ?

J’ai vécu des perceptions extra sensorielles puissantes avec certaines personnes et j’ai eu des visions de ce qui allait se produire juste avant que ça n’arrive. Je suppose que nous possédons tous ce genre de dons. Dans ce monde où la technologie prend toujours plus de place, nous comptons sur des sources extérieures pour nous guider au lieu de suivre notre intuition.

Vous avez joué Patsy Cline sur scène en 2009. Comment était-ce d’incarner cette légende de la chanson country ?

À ce jour, c’était l’un des rôles les plus fabuleux que j’ai eu à jouer. J’ai eu l’honneur et le plaisir de « devenir » Patsy par deux fois sur scène. Je suis vraiment tentée de produire cette pièce à Hollywood West. C’est un charmant show musical et chantant, qui rend hommage à ce style et peut être apprécié de tous.

Vous envisagez d’auditionner pour le rôle de Wonder Woman pour Warner Bros et sur votre site internet, vous avez demandé à vos fans de définir les qualités que cette super héroïne doit posséder. Quel genre de réponses avez-vous reçues ?

Une de mes préférées, c’était que la nouvelle Wonder Woman devrait avoir un sac à main aéroglisseur. Je ne sais pas vous, mais moi je suis une grande fan des objets tout en un. [Clin d’œil].

Quelle est la pire chose qui vous soit arrivée à une audition ?

Une directrice de castings m’a arrêtée au milieu de mon audition et m’a dit : « Je n’ai foutrement aucune idée de ce que vous êtes en train de faire, mais ça ne ME convient pas ! » Elle a éteint la caméra et m’a fichue dehors. Je l’ignorais à l’époque, mais elle a la réputation d’être assez « spéciale ». Quoi qu’il en soit, ça a été un cauchemar pour moi.

Avez-vous déjà accepté un script et pensé : « Oh, mon Dieu, je ne peux pas croire que je dois faire ça! » ?

Oui, et dorénavant, en général j’annule. Je ne veux plus me mettre en porte-à-faux.

Votre carrière d’actrice couvre le cinéma, la télévision et le théâtre. Avez-vous une préférence ? Jouer sur scène vous apporte-t-il plus de plénitude que jouer devant la caméra et vice versa ?

Ça paraît guimauve, mais j’aime chaque univers. Il y a quelque chose de tellement doux dans l’énergie réciproque du théâtre. Il devient une entité propre lorsque vous y ajoutez le public.

Pour les films, la beauté, selon moi, réside dans le calme et le fait d’avoir généralement beaucoup plus de temps pour se préparer. J’aime le processus de préparation. La télévision est géniale avec son rythme rapide et le fait de pouvoir toujours travailler avec une myriade de personnalités. Ça me maintient en forme !

Vous jouez des percussions dans un groupe. Est-ce votre façon préférée de relâcher la pression ?

Les tambours de l’Afrique de l’Ouest préservent ma santé. Tout est question de guérison, de communication et de pur divertissement qui groove !

Veuillez terminer les phrases suivantes : Dans cinq ans, je serai… ?

En train de produire, de réaliser et de jouer dans MES propres films et séries !

Une actrice ne devrait jamais… ?

Renoncer.

Si vous pouviez jouer n’importe quel rôle au cinéma ou à la télévision, lequel choisiriez-vous ?

À part la nouvelle Wonder Woman ? En supposant qu’ils adaptent des pièces, j’aimerais m’attaquer à Kudra dans Jitterbug Perfume ou à Dagny Taggart dans Atlas Shugged. J’ai aussi eu ce rêve grandissant d’incarner Alice B. Toklas dans une série retraçant cette période incroyable du temps de son Salon parisien d’avant garde au début des années 1900. Y a-t-il un producteur de génie quelque part qui voudrait m’aider à ce que cela devienne réalité ?

Parlez-moi de votre prochain film, To.get.her

C’est l’histoire de cinq jeunes filles débridées qui se réunissent pour une soirée hédoniste. Je joue une femme plutôt bien dans sa peau qui pourrait ou pas donner des espoirs à l’une des héroïnes du film. C’est un film très girly, fait d’intrigues qui plairont tout particulièrement aux adolescentes. On vient juste de faire la première à Sundance 2011.

Traduction Magali Pumpkin

Interview Originale sur le site GaydarNation.com

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