Une mini-série avec un épisode lesbien

Article lié à la série True Love

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Cadre général de la série :

True Love est une mini-série anglaise en cinq épisodes, réalisée en 2012 par Dominic Savage et diffusée par BBC One.

Cette série est basée en grande partie sur l’improvisation, pas de scripts, juste de grandes lignes directrices à suivre, ce qui demande quand même un peu de cran et des acteurs confirmés rompus à ce style d’exercice, bien que l’on y trouve aussi de jeunes acteurs dont la carrière télévisuelle est en construction.

La série se passe à Margate, ville du Kent, en Angleterre, au bord de la mer, où cinq histoires d’amour différentes vont nous être présentées. Nous avons, dans le premier épisode, le retour d’un ancien amour qui vient mettre en péril un mariage ; dans le deuxième, un jeune père et mari malheureux qui tombe amoureux d’une blonde arnaqueuse ; ensuite , une enseignante, prise dans une relation sans issue avec un homme marié, et qui s’éprend d’une de ses élèves ; puis une histoire  sur une épouse délaissée, qui après le départ de sa fille, reprend goût à la vie après avoir fait une rencontre ; et enfin, dans le dernier épisode,  un homme qui développe une relation par internet qui devient sérieuse, mais qui est menacée par une adolescente qui s’est entichée de lui.

L’épisode 3 « Holly »:

L’épisode qui nous intéresse ici est le troisième épisode Holly, qui va raconter l’histoire d’une jeune enseignante, Holly, jouée par Billy Piper (déjà vue dans une autre série Secret Diary of a Call Girl), qui va tomber amoureuse d’une de ses élèves âgée de seize ans, Karen jouée par Kaya Scodelario (déjà vue dans la série à succès Skins). Holly vient s’installer à Margate pour être plus proche de sa mère et accepte un emploi de professeur d’anglais dans un collège. Elle n’est pas très respectée, a du mal à tenir sa classe, ces problèmes étant probablement dus au manque d’enthousiasme et d’implication qu’elle dégage. Elle entretient depuis quelque temps une relation avec un homme marié, David incarné par Charlie Creed-Miles, qui lui promet à chaque fois de quitter sa femme mais qui ne le fera jamais.  L’impression générale donnée par Holly est celle d’une personne perdue dans sa vie, peu épanouie, qui est empêtrée dans une relation qui ne la rend pas heureuse. L’arrivée de cette élève dans sa vie va lui redonner une certaine joie de vivre. Elles vont se voir en-dehors des cours dans une galerie d’art, ce qui va permettre à Holly d’exprimer son amour pour l’art et d’être elle-même. Karen apparaît comme une personne capable de comprendre ce que ressent vraiment sa professeure, incitant ainsi Holly à se confier à elle. Elles vont ainsi se rapprocher de plus en plus l’une de l’autre. Malheureusement tout ceci ne durera pas, une « amie » à qui Karen s’était confiée va raconter à tout le collège ce qu’il se passe et elles devront se séparer, les règles en vigueur n’autorisant pas ce genre de relation.

Mais cette histoire donnera le courage à Holly de changer certaines choses dans sa vie, notamment son emploi et de mettre un terme à sa relation avec David et pourquoi pas d’être enfin heureuse ?

Mon avis :

Bon soyons honnête, dans l’ensemble, True Love n’offre pas une vision très positive de l’amour, tout particulièrement dans ses débuts, où le schéma est répétitif et délivre des histoires presque déprimantes. Dominic Savage semble avoir pris le parti de ne pas varier les tons et l’approche, ce qui fait que chaque épisode tend à se répéter et donc à devenir étouffant. Cependant, avec 30 minutes seulement, la plupart des protagonistes sont à peine dessinés, et les acteurs n’ont pas le temps de vraiment délivrer une prestation marquante.

Il faut également noter que la mer est très, voire trop, présente dans tous les épisodes, au point que l’on pourrait se demander si la série n’a pas été financée par l’office de tourisme de la ville…

J’ai trouvé l’histoire d’Holly assez bien traitée, avec une alchimie entre Billie Piper et Kaya Scodelario évidente, que l’on ne retrouve pas forcément dans les autres épisodes. On sent vraiment une connexion et une compréhension entre les deux personnages, montrées par les regards, les sourires, les gestes des deux actrices. Le peu de dialogue ne m’a pas gênée,, contrairement à ce que j’ai pu lire dans certaines critiques, j’ai même trouvé que ça servait plus l’histoire. En effet parfois lorsque le courant passe entre deux personnes, les mots sont inutiles pour se comprendre.

On repassera bien sûr pour la scène d’amour entre les deux femmes, bien que la scène de baiser était chargée d’émotion, mais je trouvais que c’était une bonne idée de la part du réalisateur de ne pas se focaliser là-dessus, la relation entre elles étant au-delà d’une relation physique.

Cette histoire n’a pas été traitée comme une histoire sur l’homosexualité mais plutôt sous le point de vue d’une relation amoureuse entre deux personnes, qu’importe leur sexe.

Des épisodes plus longs auraient peut-être permis de mieux développer cette histoire mais d’un autre côté la fin de Holly, avec les deux actrices qui partent en se tenant par la main, nous laisse imaginer une suite positive quant à leur histoire, ce qui n’arrive pas toujours dans les films lesbiens. Donc zut c’est court mais c’est optimiste ! Que demander de plus ?

Je recommande donc cet épisode, qui ne nécessite pas d’avoir vu les autres pour comprendre l’histoire.

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A propos de Jessica Yarck

Chroniqueuse Chargée de la Section Personnalités

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