Bienheureux ceux qui ont soif… de Anne Holt

Bienheureux ceux qui ont soif... de Anne Holt

Titre Français : Bienheureux ceux qui ont soif…

Titre Original : Salige er de son törster

Auteur : Anne Holt

Date de Sortie : Octobre 2002

Nationalité : Norvégienne

Genre : Roman Policier

Nombre de Pages : 231 pages

Éditeur : Points

ISBN : 2.02.039512.6

Bienheureux ceux qui ont soif… : Quatrième de Couverture

Oslo, la chaleur d’un printemps exceptionnel pèse sur la ville. L’inspectrice Hanne Wilhelmsen va se trouver confrontée à deux affaires difficiles. D’une part, les « massacres du samedi » après lesquels on découvre, en des endroits différents, d’énormes quantités de sang mais pas de cadavre… D’autre part, une jeune femme violée dans des conditions atroces. Le portrait robot du violeur est trop vague pour être utile, et le désir de vengeance de la victime et de son père inquiète l’inspectrice : ils pourraient bien faire justice eux-mêmes…
Un roman troublant sur le racisme ordinaire et les agressions sexuelles. Mais aussi un polar qui dénonce les dysfonctionnements du système judiciaire norvégien.

Prix Riverton, 1994, du meilleur roman policier.

Bienheureux ceux qui ont soif… : Avis Personnel

Anne Holt, l’auteure, est norvégienne. Après avoir été inspectrice de police, reporter pour la télévision, avocate spécialisée dans les affaires d’enfants et enfin ministre de la justice, elle s’est lancée dans l’écriture. Autant dire que son parcours varié et éclectique donne toute la profondeur et la richesse nécessaires à ses écrits. Son premier roman, La Déesse Aveugle, est sorti en 1993. L’année suivante, a été publié son second livre, Bienheureux ceux qui ont soif… récompensé par le Prix Riverton, qui désigne le meilleur roman policier de l’année. En 1995, son troisième ouvrage, La Mort du Démon a lui remporté le Prix des Libraires.

Point commun non négligeable entre tous ces romans, ils mettent tous en scène l’inspectrice de police lesbienne Hanne Wilhelmsen, qui travaille pour le commissariat d’Oslo et ils ont tous été portés à l’écran.

Ici, nous sommes loin des paysages époustouflants, des fjords captivants et de la beauté à l’état pur. Ici, nous sommes à Oslo, dans une ville qui est polluée comme de nombreuses autres métropoles, qui a des quartiers bien sous tous rapports et d’autres plus mal famés… Ici nous sommes de plain-pied ancrés dans la réalité.

Le style de Anne Holt est fluide et agréable à lire. Les personnages principaux se dessinent lentement au fil de leurs enquêtes, de leurs conversations. On découvre petit à petit ce qui les touche, ce qui les révolte, ce qu’ils aiment et ce qu’ils détestent. Pas besoin d’avoir lu le premier opus pour apprécier. Le roman est autonome même si certaines références sont faites à La Déesse Aveugle.

Critique acerbe de la société, ce livre est plus qu’un roman policier. Il présente l’horreur du racisme que l’on pourrait qualifier d’ordinaire parce que courant, des agressions sexuelles barbares mutilant à vie et de la surcharge de travail des services de police.

Plus le livre avance, plus la tension monte au point de piéger le lecteur qui ne peut alors se permettre de lâcher l’histoire avant le dénouement. Un excellent roman policier. À découvrir sans hésitation.

Bienheureux ceux qui ont soif… : Extraits

« Samedi 22 mai

Hanne Wilhelmsen s’endormit dès le générique de l’émission télévisée « Faits du samedi soir ». Cécilia, sa compagne, ne l’avait quasiment pas vue de toute la semaine. Même le jour de l’Ascension, Hanne qui s’était levée avec le soleil n’était rentrée que vers neuf heures pour aller directement se coucher. Aujourd’hui, elles avaient un peu rattrapé le temps perdu : grasse matinée, randonnée en moto pendant quatre heures, agrémentée de trois haltes dans des guinguettes pour déguster des glaces. Pour la première fois depuis une éternité, elles s’étaient senties comme des amoureuses. Au retour, Hanne avait passé l’après-midi au lit pendant que Cécilia préparait le dîner. A peine avalé le repas et bue une demi-bouteille de vin rouge, Hanne s’endormit sur le canapé. Cécilia se demanda si elle devait se sentir flattée ou vexée. Elle décida d’être flattée et étendit une couverture sur sa bien-aimée en lui chuchotant à l’oreille :
– Toi, tu dois être drôlement sûre de mes sentiments pour me faire un truc pareil.
L’odeur suave de sa peau mêlée au parfum d’Hanne retinrent Cécilia. Elle l’embrassa doucement et, du bout de la langue, effleura les petits duvets de sa joue. Sur quoi, elle décida de la réveiller.
Une heure et demie plus tard, le téléphone sonna. C’était celui de Hanne. Chacune avait une ligne avec un timbre bien distinct. Qu’elles aient deux numéros séparés blessait Cécilia, mais Hanne l’exigeait : personne au commissariat d’Oslo ne devait savoir qu’elle vivait avec une autre femme. Leur organisation téléphonique relevait de dispositions plus générales sur lesquelles reposait leur vie commune depuis quinze ans.
Le téléphone continuait de sonner. L’insistance de l’appel indiquait qu’il s’agissait de quelque chose d’important. Hanne soupira, se traîna péniblement hors du lit, nue ; sa silhouette de dos s’encadrait parfaitement dans le chambranle de la porte.
– Wilhelmsen, bonjour !
– Ici Iversen, le garde de nuit. Je suis désolé de te déranger si tard…
Hanne consulta l’horloge murale de la cuisine qu’elle entrevoyait à peine. Il était minuit bien sonné.
– Je t’en prie. Elle bâilla en frissonnant dans le léger courant d’air venant de l’entrée.
– Irene Aasby pensait qu’il valait mieux te prévenir. On a encore un massacre du samedi soir pour toi. Le spectacle n’est vraiment pas beau à voir. » (Pages 27-28)

A propos de Isabelle B. Price

Créatrice du site et Rédactrice en Chef. Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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