Carmilla de Sheridan Le Fanu

Carmilla de Sheridan Le Fanu

Titre Français : Carmilla

Titre Original : Carmilla

Auteur : Sheridan Le Fanu

Date de Sortie : 1871

Nationalité : Irlandaise

Genre : Bandes Dessinées & Comics, Science-Fiction & Fantastique

Nombre de Pages : 124 pages

Éditeur : Le Livre de Poche

ISBN : 2253087793

Carmilla : Quatrième de Couverture

Laura vit dans un château reculé de la profonde Styrie, entourée de son père et de deux gouvernantes. Son existence paisible est perturbée par l’arrivée soudaine de la ravissante Carmilla, victime d’un accident d’attelage. Les deux jeunes femmes nouent rapidement une amitié exaltée et sensuelle. Mais Laura ignore que Carmilla est un être dangereux, capable de se repaître du sang de son hôte.

Carmilla : Avis Personnel

Carmilla est le roman le plus célèbre de Sheridan Le Fanu et il est notamment connu pour être l’un des instigateurs de la littérature vampirique. Certains disent qu’il est celui qui a amorcé l’arrivée du Dracula de Bram Stocker quelques années plus tard en 1897.

Tous les marqueurs du roman noir sont présents, l’atmosphère est froide, mystérieuse et très brumeuse. L’écriture est fluide, ce qui contribue à une lecture rapide et agréable de ce petit volume, mais attention : le style est soigné et demande une certaine concentration. Il ne se lit pas du tout comme se lirait, comparativement, un tome de Buffy contre les vampires ou plus généralement un tome de ces types de livres modernes qui appartiennent à un genre que l’on nomme désormais « Bit Lit ». Il s’agit bel et bien, avec Carmilla, de littérature classique dans la forme, et le fond… Eh bien ! Quant à lui il s’avère beaucoup plus étonnant !

Carmilla n’est pas seulement l’initiateur de la tradition de la littérature vampirique, il pose également l’image de la femelle vampire lesbienne ou bisexuelle. Si nous réfléchissons quelques instants à cette donnée, nous nous apercevons aisément que la littérature, le cinéma, les séries télévisées, regorgent de femmes vampires aimant la gent féminine : Pam (et accessoirement Tara) de True Blood, le film Lesbian Vampire Killer (dans le genre pastiche mais quand même c’est assez symptomatique), la courte scène de baiser lesbien avec Monica Bellucci dans l’adaptation cinématographique de Dracula par Francis Ford Coppola, les courts In Twilight’s Shadow et Red Velvet et j’en passe.

Un classique de la littérature donc, une Bible pour les adeptes de vampires,  et le fondement du mythe de la vampire lesbienne/bisexuelle. La tableau serait presque parfait si le contenu lesbien – qui n’est pas non plus extrêmement explicite, époque et mœurs obligent – avait été parfaitement réciproque… Je m’explique : Carmilla sait ce qu’elle fait quand elle séduit Laura, elle prend les initiatives et n’en rougit pas (normal pour une créature démoniaque pourraient rétorquer certains) ; Laura en revanche cède à ses avances, mais s’imagine que sa compagne est un jeune homme androgyne (un garçon qui se serait déguisé en fille) afin d’atténuer sa culpabilité. Cela dépend des sensibilités, moi j’avoue que je n’aime pas trop quand les personnages se voilent la face, je trouve que ça perd en lesbianisme, et donc en intensité. Je ne souhaite cependant pas finir sur une note négative et vous invite chaleureusement à découvrir Carmilla qui est un roman que j’apprécie beaucoup.

Carmilla : Extraits

« Une nuit, alors que j’avais à peine six ans, je m’éveillai soudain, et, après avoir regardé autour de moi, je ne vis pas ma bonne dans la chambre. Comme ma nourrice ne s’y trouvait pas non plus, je me crus seule. Je n’eus pas peur le moins du monde, car j’étais un de ces enfants heureux que l’on s’applique à garder dans l’ignorance des histoires de fantômes, des contes de fées, et de toutes ces légendes traditionnelles qui nous font cacher notre tête sous les couvertures quand la porte craque brusquement ou quand la dernière clarté d’une chandelle expirante fait danser plus près de notre visage l’ombre d’une colonne de lit sur le mur. » (Page 10)

« On eût cru voir se manifester l’ardeur d’un amant. J’en étais fort gênée car cela me semblait haïssable et pourtant irrésistible. Me dévorant des yeux, elle m’attirait vers elle, et ses lèvres brûlantes couchaient mes joues de baisers, tandis qu’elle murmurait d’une voix entrecoupée : « Tu es mienne, tu seras mienne, et toi et moi nous ne ferons qu’une à jamais ! » » (Page 39)

A propos de Edwine Morin

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Relectrice et Chroniqueuse Occasionnelle. Passionnée par les séries télévisées, elle en dévore depuis des années dans tous les thèmes possibles et ses préférences sont si hétéroclites qu'il est difficile d’en trouver les limites. Romantique dans l’âme, elle a succombé au charme d’I Can’t Think Straight et de Loving Annabelle tout en étant fan du travail de Quentin Tarantino.

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