Lune d’absinthe de Valérie Dureuil

Lune d'absinthe de Valérie Dureuil

Titre Français : Lune d'absinthe

Titre Original : Lune d'absinthe

Auteur : Valérie Dureuil

Date de Sortie : 22 Janvier 2010

Nationalité : Belge

Genre : Roman d'Amour

Nombre de Pages : 250 pages

Editeur : KTM Éditions

ISBN : 978-2-913066-44-1

Lune d'absinthe : Quatrième de Couverture

Les lignes de conduite sont parfois difficiles à respecter… Gaëlle est une jeune femme insouciante qui ne songe qu’à faire la fête et enchaîne avec bonheur les aventures éphémères. Elle ne voit pas pourquoi cela changerait. À l’occasion d un séminaire dans l’arrière-pays namurois, son chemin croise celui d’Olivia et soudain tous ses repères, toutes ses bonnes résolutions vont voler en éclats : elle ne maîtrise absolument plus rien. Olivia est-elle la femme qu’elle attendait ou seulement celle qui va lui ouvrir les yeux sur ses véritables aspirations ? Car avant tout, Gaëlle est-elle vraiment prête à s’engager ?

Valérie Dureuil vit à Bruxelles où elle travaille pour une association LGBT. Lune d’absinthe est son deuxième roman.

Lune d'absinthe : Avis Personnel

Lune d’Absinthe est plus qu’une simple histoire d’amour. L’auteure va bien au-delà de la rencontre et de la liaison amoureuse pour s’intéresser aux raisons qui poussent chacun des personnages à faire les choix qu’il fait. Véritable plongée au cœur de la vie d’une jeune trentenaire du nom de Gaëlle, ce roman s’éloigne très rapidement des clichés dont on a l’habitude dans les histoires sentimentales.

Gaëlle collectionne les aventures d’un soir et cette vie lui convient tout à fait. Passionnée par son métier, elle adore sortir avec son meilleur ami, Christophe et faire la fête jusqu’au petit matin. Alors qu’elle est envoyée par sa hiérarchie à un séminaire dont elle se moque éperdument, elle fait la connaissance d’Olivia, une femme directe et détachée dont elle tombe rapidement amoureuse. Mais Olivia est hétéro et en couple et les embûches ne sont pas faciles à affronter.

Pourtant, Olivia choisit de rompre avec son fiancé pour donner une chance à son histoire avec Gaëlle. Elle déménage dans un nouvel appartement et sa relation amoureuse avec notre héroïne débute alors. Malheureusement, alors que tout devrait être idyllique dans les premiers mois de cette liaison, Gaëlle se met à douter de la fidélité d’Olivia. Elle ne comprend pas les secrets qui entourent cette dernière et devient bientôt paranoïaque. Loin d’être heureuse, elle se renferme de plus en plus sur elle et souffre en silence jusqu’à ce qu’aucune des deux femmes ne puisse plus le supporter.

Écrit de manière très intéressante, ce roman vous emmène au pays des bisounours à certaines pages pour vous dire, trois lignes plus loin, que l’histoire, en vrai, ne s’est absolument pas déroulée de cette manière. J’ai adoré ces petits moments parce qu’ils donnent l’impression que la narratrice veut nous protéger avant de nous dire, « voici la vérité si vous êtes prêts à l’affronter ». Il y a également de longues introspections de l’héroïne, Gaëlle, en italique, qui raconte sa souffrance et décrit plus profondément ses sentiments et les raisons qui l’ont poussée à agir comme elle l’a fait.

À la fin du bouquin on se prend presque à rêver qu’on pourrait être psy. En même temps, on passe un agréable moment en compagnie de cette jeune femme qui se révèle à elle-même. Un bon livre, plus grave qu’il n’y parait.

Lune d'absinthe : Extraits

« Je buvais tranquillement en passant en revue les différents plaisir que j’allais m’offrir, quand je sentis une présence derrière moi.
Je n’avais pas envie de dire bonsoir puis de discuter de banalités qui allaient gâcher l’agréable clapotis des vagues. Je décidai de ne pas me retourner, de faire abstraction de cette présence dérangeante. J’y parvins au début mais, rapidement, je ne pensais plus qu’à l’être humain qui respirait dans mon dos, cette présence devint intolérable. Je laissai échapper un petit soupir d’exaspération. Avant que je n’esquisse le moindre geste, une voix se fit entendre.
– Je crois que je vous dérange, excusez-moi.
J’avais toujours été sensible au timbre des voix, celui de l’inconnue me calma instantanément. Il ressemblait à une eau claire qui rebondit sur des rochers avec des intonations un peu plus graves.
Sans me retourner, pour ne pas rompre le charme, je priai pour qu’elle parle encore, pour que les volutes de sa voix emplissent la nuit. L’instant dura longtemps. Quand je me décidai à tourner la tête, il n’y avait plus personne.
Je terminai ma tequila, ensuite je quittai le ponton pour regagner le bar. A la lueur des bougies, je scrutai les visages à la recherche d’un signe, d’un regard. Dépitée, je regagnai ma chambre pour ma première nuit de vacances.
Je dus attendre deux jours pour entendre de nouveau cette voix qui m’avait transportée.
Je prenais le petit déjeuner sur la terrasse de la piscine dans laquelle de jeunes enfants se baignaient malgré l’heure matinale. Ils poussaient de petits cris perçants en se poursuivant avant de sortir de l’eau en jappant comme des chiots. Excepté cette marmaille turbulente, ma tranquillité était assurée. Je ne parlais à personne, mangeais seule à une table de quatre et ne me fendais d’un bonjour qu’en croisant la femme de chambre.
Je l’entendis parler au moment où je terminais mon jus d’orange. Elle était toute proche et, cette fois-ci, je n’hésitai pas à me retourner. Deux tables derrière moi, je découvris son visage levé vers le serveur. Je la reconnus tout de suite comme étant la femme de la plage : la même façon de se tenir, la même longue chevelure. Je m’attardai sur sa bouche aux lèvres cerise tandis que ses yeux pétillants fixaient le serveur avec beaucoup d’attention. Se sentant observée, elle tourna la tête dans ma direction et nos regards se croisèrent. Elle me sourit puis reporta son attention sur le serveur.
Un quart d’heure plus tard, je quittai la terrasse en ralentissant près de sa table. Je voulais qu’elle comprenne que je m’intéressais à elle.
Après une journée écoulée dans une petite crique éloignée, je regagnai l’hôtel en début de soirée. Je la cherchai du regard pendant tout le repas, en vain. J’avais aimé sa façon de me sourire lors du petit déjeuner. Cette femme me plaisait, elle ne tarderait pas à le savoir. » (Pages 13-14)

A propos de Isabelle B. Price

Créatrice du site et Rédactrice en Chef. Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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