Beautées Volées de Mara Lee

Beautées Volées de Mara Lee

Titre Français : Beautées Volées

Titre Original : Ladies

Auteur : Mara Lee

Date de Sortie : 08 Avril 2010

Nationalité : Suédoise

Genre : Roman Contemporain

Nombre de Pages : 491 pages

Éditeur : Albin Michel

ISBN : 978-2-226-20835-4

Beautées Volées : Quatrième de Couverture

Léa la directrice d’une galerie d’art contemporain, Laura l’écrivain et Mia la danseuse ont toutes été, à un moment donné, fascinées par Siri, une photographe prête à tout pour aller au bout de son art. Aucune d’elles n’arrive à oublier cette artiste dangereuse qui a changé le cours de leur vie. Entre Stockholm et Paris, des ghettos culturels au monde factice de la mode, les chemins de ces quatre femmes se croisent, de leur adolescence à aujourd’hui, jusqu’à une confrontation fatidique. Un roman talentueux et provocant, où il est question d’apparence et de faux-semblants, mais surtout de blessures intérieures et de femmes prisonnières de leur corps et image.

Née en 1972 à Stockholm, Mara Lee, poète et essayiste, signe un premier roman hors norme que la critique suédoise a consacré comme une révélation.

Beautées Volées : Avis Personnel

Difficile de faire entrer ce roman dans une case ou tout simplement de le classer dans une quelconque catégorie tant il aborde de sujets très différents les uns des autres et pourtant tous liés aux femmes et surtout à la société actuelle. Dès le début de la lecture, on comprend parfaitement pourquoi il a été unanimement salué par la critique, en Suède, pays d’origine de l’auteure. L’écriture est élégante, rythmée et tendre. Et pourtant, au fil des pages et de l’évolution de l’histoire, elle va se faire plus incisive et plus dure.

L’histoire justement est incroyablement complexe. Difficile de la résumer en quelques mots tant le passé et le présent interagissent en permanence et tant les personnages sont nombreux. Et puis, certaines choses ne se révèlent qu’au milieu du roman et les raconter maintenant enlèverait tout son charme à cette œuvre. Ce que je peux révéler c’est ce qui est déjà connu.

Léa est une galeriste d’art qui a réussi, à force de travail. Elle vient de terminer une exposition qui a eu énormément de succès et s’apprête à en faire une qui devrait être encore plus exceptionnelle. Et pourtant, un grand mystère entoure cette future exposition d’une artiste nommée Iris C. Léa est une trentenaire dynamique et très belle et le sait. Les hommes passent leur temps à se retourner sur son passage et elle déteste par-dessus tout la laideur. Mia est la meilleure amie de Léa. Après avoir fait de la danse de manière intensive, elle fait aujourd’hui tout pour échapper à la discipline et aux obligations de la vie quotidienne. Se comportant comme une éternelle adolescente, elle n’a jamais oublié ses rêves de grandeur. Laura, elle, est une écrivaine. Elle a sorti plusieurs romans à succès mais souffre aujourd’hui du syndrome de la page blanche. Maigre, solitaire et dépressive, elle se terre chez elle et seule sa meilleure amie, Esther a encore une influence sur son comportement. Toutes les trois cachent des failles et des blessures dont certaines, très à vif, ont été causées, récemment ou des années plus tôt par une photographe égoïste et avide de beauté, Siri.

L’aspect lesbien est bien présent dans le livre puisqu’il y a une histoire d’amour entre deux jeunes femmes. Cette liaison n’est pas au centre du roman et pourtant elle a une importance capitale dans le déroulement de l’histoire. J’ai particulièrement apprécié la manière dont elle est représentée et dépeinte, exactement de la même façon que les liaisons hétérosexuelles. Aucun autre terme que celui d’amour n’est utilisé pour la caractériser et au-delà de l’inévitable coming out qui n’est pas abordé, j’ai trouvé la force, le côté dévastateur et la passion qui en ressortaient exceptionnels.

Un roman que je conseille vivement si vous attendez autre chose qu’une simple histoire d’amour romantique qui finit bien et que vous voulez découvrir une critique de la société actuelle à travers de la beauté et le regard d’autrui.

Beautées Volées : Extraits

« De cela, elle en était sûre : une beauté pareille, on n’en hérite pas. Léa Nord n’avait aucun désir de se reproduire. Un simple coup d’œil au vieil album photo relié en veau noir lui suffisait pour s’en convaincre. D’un côté, la lignée noueuse de sa mère : les travailleuses, les blanchisseuses, les pondeuses.
Léa passa rapidement en revue l’album qu’elle avait trimbalé dans la salle de bains : des photos jaunies, gondolées, d’hommes et de femmes vieillis avant l’heure. Du côté de sa mère, les bouseux avait un air de famille. Elle y voyait la terre grossièrement labourée. Toutes les femmes avaient les mains crevassées, calleuses ou rouges. Il n’y avait pas une seule surface lisse sur ces visages, pas une ligne souple. Du côté de son père, encore pire – si c’était possible. Ce n’étaient plus des nœuds ou des formes mal pétries qui brisaient les silhouettes, mais – le mot à lui seul provoquait un certain dégoût – l’adiposité. La corpulence. Le surpoids. Des directeurs, des banquiers bien-portants, des femmes au foyer tellement gavées que même leurs clavicules disparaissaient sous le lard. Tous les visages étaient plus ou moins recouverts d’une couche de graisse. Bref, toute la famille de Léa était laide à faire peur.
Elle regarda un long moment son visage dans le miroir, comme elle l’avait toujours regardé, aussi loin qu’elle se souvienne – avec un mélange d’arrogance et d’orgueil : Léa, le saut périlleux dans l’évolution. Génération après génération, on avait travaillé, peiné, on s’était reproduit, on avait souffert de la faim pour aboutir à ce point final : Léa. » (Pages 9-10)

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef. Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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