Betrayal : Interview des actrices Sofia Black d’Elia et Elizabeth McLaughlin

Betrayal

Interview accordée à Kim Hoffman le 21 Octobre 2013 pour le site Afterellen.com

Vous pouvez compter sur les personnages lesbiens pour apporter la plus saine des relations à Betrayal. Si vous n’avez pas encore vu les trois premiers épisodes de la nouvelle saison d’ABC je vous suggère de regarder le prochain épisode de dimanche soir, dans lequel les personnages Jules et Valerie, joués par Sofia Black D’Elia et Elizabeth McLaughlin, ont un rendez-vous. Par la suite elles solidifieront cette relation fleurissante que les deux actrices disent douce, subtile et à qui chacun, gay ou hétéro, peut s’identifier. J’ai eu la chance de parler avec les stars de Betrayal au sujet de leurs rôles de Jules et Valerie, de ce couple ayant reçu une énorme quantité d’attention alors que les autres personnages n’en ont pas eu autant, et des efforts de Betrayal pour normaliser les dynamiques de cette romance à l’écran.

Ce qui est sûr c’est que Sofia et Elizabeth sont les premières fans de leurs personnages et elles promettent beaucoup de Julerie (oui, je viens juste de leur créer un diminutif) à venir dans la première saison.

Peut-être que pour nos lecteurs qui ne se sont pas encore mis à Betrayal, vous pourriez nous parler un peu de vos personnages dans la série.

ELIZABETH MCLAUGHLIN : Valerie est la petite fille de Thatcher Karsten, qui est un peu le magnat de l’immobilier de Chicago et a vraiment le sens du crime. Il est vraiment perçu comme un méchant. Beaucoup de choses sont couvertes par mon père [Jack McAllister interprété par Stuart Townsend], son avocat en interne. Mon personnage est vraiment intégré dans cette famille et Valerie est incroyablement aimante et très attachée à sa famille. Elle a un grand sens de la loyauté, tout en essayant de se cramponner à sa conscience, qui, au fur et à mesure de la série, sera mise à mal. Et puis, elle rencontre une jeune adolescente merveilleuse qui commence à se découvrir, Jules, qui est probablement, à mon avis, la première relation sérieuse qu’elle a.

SOFIA BLACK D’ELIA : Je joue Jules. C’est une mordue de l’informatique super geek qui est dans l’entreprise du père de Val et, en dépit de son âge, elle est sage, très intelligente, très fougueuse, vive d’esprit et un peu sarcastique ! Et je crois que Val est également sa première relation sérieuse parce que je pense que Jules s’amuse beaucoup, et ne considère pas beaucoup de filles de manière très sérieuse. Elle s’amuse. Et puis lorsqu’elle rencontre Val quelque chose en elle lui dit de considérer cela un peu plus sérieusement, et cela devient une relation légitime pour elle.

Donc, Elizabeth, j’ai une confession à vous faire. J’ai regardé votre film The Clique une bonne dizaine de fois ou plus. C’est le petit plaisir coupable ultime et je me fiche que ce soit pour des filles plus jeunes.

ELIZABETH MCLAUGHLIN : [rires] C’est génial !

Ceci dit, j’étais excitée de vous voir dans le rôle de Valerie dans Betrayal parce que c’est un rôle beaucoup plus adulte. Qu’est-ce qui vous a attirée dans ce personnage ?

ELIZABETH MCLAUGHLIN : Et bien, c’était une sorte de transition pour moi parce que The Clique m’a réellement donné une reconnaissance, Massie était un personnage très particulier. Il y a des petites filles qui sont toujours effrayées de me parler en pensant que je suis elle. Donc les dernières années de ma carrière ont réellement été concentrées sur des rôles de transition : des rôles qui sont davantage basés sur les relations humaines et qui me tiennent à cœur en tant que personne. La chose qui m’a initialement attirée dans Betrayal ce sont ces personnages incroyables, très réalistes et leurs relations. La série est centrée sur la façon dont ces personnes interagissent entre elles et la façon dont, par la force des choses, ces deux personnes se rencontrent et les conséquences de cela. À la base, lors de l’audition, ils ne savaient pas comment allait évoluer le personnage de Valerie.

Lorsque l’on tournait le pilote, notre créateur, David Zabel, a été suffisamment gentil pour prendre du temps avec moi pour discuter des grands traits de mon histoire dans le cas où la série serait choisie pour faire une saison entière. Puis en mai, lorsque nous avons eu la confirmation de notre première saison, l’on m’a amenée dans la salle des scénaristes et l’on m’a dit qu’il y aurait un changement avec le personnage et que Valerie serait lesbienne. J’étais tellement excitée à cette idée parce que cela ajoutait une autre couche à ce personnage, et ce qui m’a tellement attirée dans la façon dont David et Lisa [Zwerling] géraient ça, était qu’ils n’en faisaient pas une affaire d’état : il ne s’agissait pas de Valerie découvrant sa sexualité, ni de ses parents en faisant tout un fromage. Ce n’est pas… vous voyez, aucune personne de l’extérieur n’en fait tout un plat. Ce qui, je pense, n’a jamais été vraiment fait avant… ce n’était pas important que cette fille de seize ans sorte avec une autre fille. Les problèmes qui surviennent dans la relation de Jules et Valerie sont les problèmes que toute nouvelle relation rencontre. Donc j’ai trouvé que c’était une vision moderne et fraîche pour le développement de ce personnage.

Vous mettez en lumière un bon point. Sofia, vous avez joué une lesbienne dans la série de MTV, Skins, et il y a beaucoup de personnes étroites d’esprit qui considèrent les « personnages lesbiens » comme une controverse. Il y a encore un plus avec les personnages LGBT : on leur donne une dose d’attention que les personnes hétéros n’ont pas. Et pourtant, Betrayal essaye de normaliser ces stéréotypes. Qu’en pensez-vous ?

SOFIA BLACK D’ELIA : Je pense que c’est vrai. Et je pense que, basé sur ma propre expérience depuis Skins jusqu’ici, cela s’améliore, ça a un peu changé. Nous avons fait couler beaucoup d’encre avec Skins quand c’est arrivé pour la première fois, l’explosion de la Grande-Bretagne nous a forcés à faire cela. J’ai été impressionnée par la quantité de questions dirigées sur le fait d’être lesbienne dans la série par rapport au fait d’être un homme gay dans la série. Même cela est considéré de manière différente… et ce que je trouve bien avec Jules et Val est qu’il n’y a pas de place pour ces questions. Comme Elizabeth l’a dit, il n’y a pas de scène de coming-out, il n’y a pas de « Ok, expliquons la sexualité de ces personnes au public ». Cela fait juste partie de l’histoire dès que vous les rencontrez. Donc, avec un peu de chance, ça aidera les gens à considérer cela pour ce que c’est, c’est-à-dire une romance adolescente vraiment douce, intéressante, et construite. Et avec un peu de chance, en allant plus loin, c’est comme cela que seront considérées toutes les histoires gays et lesbiennes plus tard.

Que pouvons-nous attendre d’autre de la part de Jules et Valerie ? Est-ce que leur histoire continuera dans les prochains épisodes ?

SOFIA BLACK D’ELIA : Eh bien, je m’en vais pour un petit moment, mais je reviens et l’on fait allusion à notre relation dans la série. Nous avons récemment tourné des scènes vraiment bien ensemble qui arriveront plus tard dans la saison.

ELIZABETH MCLAUGHLIN : Nous en parlions justement hier, et c’est assez ironique que les gens parlent autant du fait que ce soit une relation lesbienne et pourtant, si vous prêtez attention à la première saison, la relation de Jules et Valerie est la plus saine, la plus communicative de toutes ! Donc il y a à peu près trois ou quatre épisodes où Valerie, avec un peu de chance, arrive à sortir Jules du stress familial. Et la série se concentre en quelque sorte sur la dynamique de la famille pendant un temps, mais dans les scènes que nous avons tournées hier, c’est tellement flagrant qu’elles se soucient l’une de l’autre, et qu’elles veulent travailler sur leur relation.

SOFIA BLACK D’ELIA : Et je promets aux fans d’AfterEllen que je ne couche pas avec un garçon cette fois !

Oui, il n’y aura pas de Tony cette fois !

SOFIA BLACK D’ELIA : [rires] Oui, il n’y a pas de Tony dans Betrayal. Donc, ne vous en faîtes pas.

Mais cependant, il est vrai qu’avec tous les autres drames adultes qu’il y a dans la série, ce serait approprié et cela irait bien si ces deux filles restaient ensemble.

SOFIA BLACK D’ELIA : Et je trouve que c’est tellement cool. En tant que grande fan de télé, je vois tellement souvent des relations surchargées et dramatisées auxquelles je ne pourrais jamais m’identifier. Je crois que la relation entre Jules et Val est très réelle, subtile et douce et c’est très sympa pour une série comme ça, sur ABC, de faire quelque chose comme cela. Je suis très contente d’en faire partie.

C’est vrai que parfois, les relations entre femmes à la télévision ne sont pas développées ou ne sont pas réalistes, et Jules et Valerie ont vraiment le potentiel d’aller au-delà de cela. Quels sont vos espoirs pour ces deux personnages alors ?

ELIZABETH MCLAUGHLIN : Pour Valerie, Jules est vraiment différente de son monde et de tout ce qu’elle a vécu avant, c’est juste Jules en tant que personne. Comme Sofia a dit, elle est très intelligente et rebelle en quelque sorte et j’adorerais que Valerie étreigne cela davantage. Il y a une part d’elle-même qui reste très liée à sa famille et j’espère qu’au fur et à mesure de la série, Valerie saura et voudra bien s’en écarter un peu et dira « Écoutez, je ne vais pas soutenir ce que vous faîtes et apporter ma contribution à la famille ». Elle sait qu’elle a cette force et ces bases dans sa relation avec Jules. J’adorerais la voir se servir de sa relation avec Jules pour grandir et s’épanouir de façon plus individualiste. J’espère que Jules et Valerie resteront ensemble parce que je suis sûre que les scénaristes vont nous amener quelques problèmes ! [Les deux rient]

SOFIA BLACK D’ELIA : Je suis complètement d’accord avec toi. Je trouverais ça vraiment bien que Val déteigne sur Jules également, parce qu’elle est son équivalent en douce. Je trouve que Jules est un petit peu dure sur les bords, peut-être a-t-elle grandi trop vite ou autre, et je pense que ce serait bien de la voir adoucie, parce que je trouve qu’elle est instinctivement douce dans ses scènes avec Val. Pour mon personnage, j’aimerais également voir plus de choses avec le personnage de Stuart Townsend : Jack. C’est un acteur tellement génial et un garçon adorable, c’est tellement sympa de travailler avec lui. Nous avons des moments très drôles ensemble. Nous avons une petite relation père-fille sympa en plus de celle qu’il a avec ses propres enfants. J’espère aussi que Jules et Val resteront ensemble et je crois que ce serait charmant et sympa que ce soit la seule relation qui tienne jusqu’à la fin.

Beaucoup de personnes semblent vraiment époustouflées lorsque Jules aborde quelqu’un en lui disant « Hey, je te trouve mignonne ». Beaucoup de gens ne feraient pas ça, homo ou hétéro. Il faut avoir du cran ! Que l’on soit homo ou hétéro, c’est une sacrée initiative à prendre.

ELIZABETH MCLAUGHLIN : Absolument ! Lorsque j’ai lu le scénario pour la première fois et que j’ai vu la façon dont Jules abordait Valerie j’ai trouvé que, de nos jours, il y avait vraiment quelque chose de perdu sur la façon de prendre des initiatives dans les relations romantiques. Et j’ai eu l’impression que, homo, hétéro, peu importe, quelqu’un qui prend cette initiative est tellement charmant et simplement adorable, et c’est l’une de ces choses tellement attirantes. Et pour [Jules] qui se dévoile être ouvertement romantique… j’ai twitté là-dessus lors des tweets en direct des auditions, j’ai dit « Comment pouvez-vous refuser ? ». Et c’est tellement sympa, personne ne tourne autour du pot ; comme vous disiez c’est flagrant, franc « Je t’aime bien, faisons ça… ».

SOFIA BLACK D’ELIA : Je crois que Jules n’a vraiment pas froid aux yeux [rires]. Il faut beaucoup de cran pour faire ça. Je ne pourrais certainement pas le faire, et je connais beaucoup de filles dans mon cas. C’est cool de voir ça et de se dire que peut-être je pourrais le faire et avoir autant de courage.

Interview Originale sur le site Afterellen.com

A propos de Lou Morin

Lou Morin
Traductrice Anglais/Français

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