Buffy Contre les Vampires : Interview d’Amber Benson, l’interprète de Tara Maclay

Interview liée à la série Buffy Contre Les Vampires

Buffy Contre les Vampires : Interview d'Amber Benson

Interview accordée à Lindsey Byrnes le 8 Juin 2010 pour le site Afterellen.com

Amber Benson a figuré chaque année dans le classement par AfterEllen des 100 femmes les plus sexys – et elle en fera certainement toujours partie. Elle est l’une des préférées de ces dames et pour une bonne raison. L’actrice est principalement connue pour son rôle de Tara (la petite amie de Willow) dans Buffy mais il ne faut pas la réduire à ce rôle et il est bon de rappeler qu’elle a, depuis, étendu son activité de comédienne à l’écriture, à la production et à la réalisation.

AfeterEllen.com s’est entretenu avec Amber afin de parler de son interprétation d’une lesbienne lorsque c’était encore tabou, de la raison pour laquelle elle a dû se battre pour embrasser Alyson Hannigan à l’écran et pourquoi elle refuse rarement des rôles.

Que saviez-vous du personnage de Tara avant d’auditionner pour le rôle dans Buffy ?

Rien. Je ne savais absolument rien. Tara était juste supposée être une amie du personnage dAlyson Hannigan, Willow, et ça devait seulement être pour genre deux épisodes. Et puis tout a en quelque sorte débouché sur cette toute autre histoire.

Tout le monde semblait savoir que ça allait devenir une relation lesbienne sauf moi. Je n’en avais absolument pas conscience et Alyson non plus. Ce n’est que quand tout le monde dans l’équipe a commencé à dire : « Vous deux, vous avez beaucoup d’alchimie » qu’on s’est dit : « Qu’est-ce que vous entendez par “beaucoup d’alchimie” » ?

Et puis Joss [Whedon] nous a prises à part et nous a dit : « Au fait, les filles, à partir de maintenant vous allez devenir plus qu’amies. » et on s’est dit : « Ok… » mais  c’était inattendu. On ne nous avait rien dit, d’aucune façon ni sous aucune forme au préalable donc c’est venu un peu de nulle part.

Donc vous aviez beaucoup joué avant ça ? Quel avait été votre plus grand rôle à ce jour ?

Je pense que le film que j’ai préféré faire est King of the Hill qui a été réalisé par Steven Soderbergh. Je l’ai fait quand j’avais 15 ans et ça a été la meilleure expérience de ma vie. Le réalisateur puisait dans ses deniers pour faire jouer tous les acteurs et l’équipe au softball pendant les weekends et il apportait de la bière, de la nourriture et plein de trucs cools et les gens venaient juste pour traîner ensemble. Et je me disais : « Oh, c’est comme ça que sont tous les plateaux de tournage. Tout le monde est comme une grande famille, il n’y a pas de cris et personne ne se donne de grands airs. » C’était vraiment une expérience formidable.   

J’étais loin de me douter que j’avais été très chanceuse pour ma première expérience. Je suppose que c’est un peu comme quand vous avez votre premier rapport sexuel et que c’est une expérience positive et par la suite, vous découvrez que ça peut être un peu dégueu.

Il y avait beaucoup de grands noms dans ce film, Adrian Brody et Katherine Heigl ; êtes-vous restée en contact avec eux ?

Les acteurs sont des individus très occupés et je ne suis pas le mouvement, donc pas vraiment.

Donc votre première expérience de tournage a été comme une expérience sexuelle positive ?

On pourrait dire ça – et puis tout a découlé de là. J’ai auditionné pour ce film et j’ai été choisie par hasard. Je me souviens que j’avais cette robe que j’avais achetée et que j’adorais. Bien sûr, avec le recul, c’était une robe hideuse. Elle ressemblait à une blouse. Elle était bleue et noire et une espèce de violet. C’était une robe complètement hippie et j’en étais tellement fière que je l’ai portée et je pense qu’ils m’ont prise parce que j’avais l’air mal fagoté et bizarre. Le personnage était très étrange. Tout était vraiment intense. Mais j’aimais vraiment cette robe et ça a été le premier gros truc que j’ai décroché. Et tout ce dont nous avons parlé avec le réalisateur, c’était de prendre le train au lieu de l’avion. J’étais une gosse étrange.

Quand vous avez eu le rôle dans Buffy et qu’ils ont décidé que vous alliez avoir une relation homosexuelle, comment vos parents ont-ils réagi ?

Eh bien, mes parents sont très libéraux – “plus de pouvoir pour toi”, vous voyez le genre ? Mes grands-parents d’Alabama n’étaient pas au courant parce qu’ils étaient très croyants. Donc, juste le fait que je sois dans une série appelée Buffy contre les Vampires était beaucoup plus d’informations qu’ils n’en demandaient.

Ils ne l’ont jamais su ? Ils ne savent toujours pas ?

Non, non – j’ai joué une lesbienne dans la série et ils n’en avaient aucune idée. Vous savez, vous ne pouvez pas changer les gens. Ils sont ce qu’ils sont, surtout les personnes âgées très croyantes. Ce sont des gens biens – le sel de la terre, ils vous donneraient leur propre chemise, mais pour eux, ça pose problème.

On a juste gardé ça pour nous. Vous imaginez : « Amber joue une sorcière à la télé ? Oh non, c’est la fin du monde. » Ajoutez sorcière lesbienne au scénario et ça leur aurait sûrement donné une crise cardiaque. On s’est arrêté à “sorcière”.

Il y a eu une interview de vous en 2007 sur AfterEllen.com dans laquelle vous disiez que Tara vous avait ouvert quelques portes et en avait fermé d’autres. Qu’entendiez-vous par là exactement ? Quelles étaient ces portes ? Avez-vous encore le sentiment que certaines portes vous restent fermées ?

Je pense que c’est mieux maintenant. C’était le début des intrigues lesbiennes à la télévision. Avant nous, Ellen avait eu un baiser dans le Ellen Show, que ma ville natale de Birmingham en Alabama n’a pas diffusé. Ils ont été un des seuls endroits à ne pas le diffuser, mais c’était bien après que j’aie déménagé.

Comment avez-vous ressenti ça?

Eh bien, vous savez, c’est le Sud. C’est juste une autre mentalité. Et c’est en partie pour ça que j’habite en Californie maintenant. Je veux vivre dans un endroit où c’est normal d’être soi même.

Je ne peux pas imaginer être homosexuelle et vivre dans le Sud à l’heure actuelle ou même dans le Midwest. C’est vraiment difficile, vous savez.

Saviez-vous, au moment où vous l’avez fait, que vous faisiez quelque chose d’important ?

Oui, absolument. Je sentais qu’on présentait cette relation à la télé et qu’on disait: « Ce n’est pas grave d’être gay. » On disait que c’était une relation viable, que ces personnes s’aimaient et que ça n’a pas d’importance s’il s’avère que ce sont deux femmes. Elles s’entendent bien, elles se respectent mutuellement – bon sang, elles ont pratiquement élevé la sœur de Buffy, Dawn, dans la série. Donc j’ai eu l’impression que nous repoussions les inégalités.

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