Correspondance 1923-1941 de Vita Sackville-West & Virginia Woolf

Correspondance 1923-1941 de Vita Sackville-West & Virginia Woolf

Titre Français : Correspondance 1923-1941

Titre Original : The Letters of Vita Sackville-West to Virginia Woolf

Auteur : Vita Sackville-West, Virginia Woolf

Date de Sortie : 24 Novembre 2010

Nationalité : Britannique

Genre : Biographie, Témoignage

Nombre de Pages : 576 pages

Éditeur : Stock

ISBN : 978-2-234-06502-4

Correspondance 1923-1941 : Quatrième de Couverture

C’est à Londres, en 1922, que Virginia Woolf rencontra pour la première fois, au cours d’un dîner, Vita Sackville-West qui allait être pour de nombreuses années une des deux ou trois personnes les plus importantes de sa vie. Après avoir lu leur correspondance qui se poursuit sur plus de dix-huit ans, on ne pourra plus douter de la profondeur de la passion qui lia ces deux femmes exceptionnelles – une passion qui, en dépit des orages de la jalousie et parfois de la fureur, leur apporta, jusqu’à la mort tragique de Virginia, le bonheur d’une tendresse et d’une réciprocité de désirs qui renaissaient, crise après crise, de leurs cendres indestructibles.
Vita Sackville-West excellait dans l’art de la correspondance. Qu’elle dépeigne des jardins anglais ou les steppes de la Prusse, les montagnes de la Perse ou les déserts de l’Arizona, sa démarche est alerte, imagée, avec un rien de malice dans la satire mondaine. Ses lettres nous transportent dans une époque où Gide et Proust choquaient, où un procès en obscénité était intenté à une romancière accusée de saphisme ; une période aussi où la littérature de langue anglaise, entraînée par de grands novateurs, continuait d’accorder la prééminence aux techniques de la fiction.
Virginia Woolf, pour sa part, n’allait cesser de se débattre dans les affres de l’enfantement de « sa » vérité de l’écriture qui, peu à peu, l’acculerait au seuil de la folie. Mais au coeur de cette recherche torturante allait jaillir, avec une fraîcheur de fontaine, Orlando, dédié à Vita.
À travers cette correspondance, c’est un nouvel aspect du fascinant et multiple visage de Virginia Woolf que nous apprenons à mieux connaître encore.

Virginia Woolf (1882-1941) est un écrivain qui occupe une place centrale au sein du mouvement moderniste du xxe siècle. Elle compte parmi les femmes les plus brillantes et libres de son temps.
Vita Sackville-West (1892-1962), poète, essayiste et romancière, devait être entre les deux guerres une des étoiles du fameux groupe littéraire et artistique dit « de Bloomsbury ». Intime de Virginia Woolf à qui elle a inspiré le personnage d’Orlando, elle a correspondu avec elle pendant plus de trente ans.

Correspondance 1923-1941 : Avis Personnel

Ce roman est plus qu’un simple roman. C’est un incroyable travail de restauration, d’entretien et de récupération de lettres que deux femmes se sont adressées pendant plusieurs années. On comprend toute l’importance que revêt, aux yeux des deux présentateurs, Louise DeSalvo et Mitchell A. Leaska ainsi que du traducteur, Raymond Las Vergnas, la collaboration de Nigel Nicholson, le fils de Vita et exécuteur littéraire de celle-ci et de Virginia Woolf. On ressent en effet ce fort besoin de reconstituer la chronologie et d’offrir un maximum d’explications sur des détails permettant de rendre cette correspondance moins opaque qu’elle pourrait l’être.

En effet, certaines déclarations notamment quant au « bébé noir » adopté par Vita pourraient être mal interprétées. Or quand la petite note au bas de page explique que c’est un bébé chien qu’elle avait trouvé et gardé, cette femme indépendante qui adorait les animaux et qui vivait entourée de chiens et de chats nous apparaît sous un jour encore plus généreux. Et c’est ainsi du début à la fin du roman.

J’ai particulièrement apprécié les cinquante premières pages qui nous décrivent en quelques lignes les fortes personnalités de Vita Sackville-West et de Virginia Woolf. Leurs différences sont ainsi palpables et en même temps on comprend toute l’importance que cet échange épistolaire représenta dans la vie deux ces deux femmes. Les romans de Virginia Woolf prennent une toute autre signification et notamment le fameux Orlando entièrement dédié à Vita.

Et puis il y a cette manière de raconter la vie à une autre époque finalement pas si lointaine de nous. Une époque où être une femme n’était pas simple et où l’indépendance se gagnait après de dures batailles. Vita Sackville-West, en tant que femme, n’héritera pas du domaine où elle a passé toute son enfance et qui représentait son refuge. Une injustice terrible. Tout comme son mariage de raison avec un homme, homosexuel comme elle.

Un livre fantastique que je recommande vivement mais dont finalement je n’ai pas envie de donner toutes les clés tant il est à mon sens plus important de le découvrir par soi-même. Quand on voit la maîtrise de la langue de ces deux femmes, on en vient presque à regretter qu’aujourd’hui le téléphone, les sms, les mails et la webcam ne nous permettent plus de conserver, dans un secrétaire, un tel trésor de la littérature.

Ne boudez pas votre plaisir et foncez investir dans ce travail incroyable qui ravive la mémoire de deux femmes aux destins exceptionnels.

Correspondance 1923-1941 : Extraits

« Oui, très chère créature, viens, viens demain, aussitôt que possible… et nous collerons des timbres ou nous irons voir les poissons – Mais je veux savoir pourquoi tu étais tourmentée et pourquoi tu m’as écrit dans une telle précipitation, et de quoi tu as devisé au coin du feu – oh et des tas d’autres choses.
Mais je suis horriblement pressée – je viens de mener Grizzle chez le vétérinaire dans Gray’s Inn Road et il faut que je file – Ah, si tu veux que je t’aime à jamais et à tout jamais, il te faudra avoir une éruption de boutons sur le dos…
Berg

Jeudi [7 janvier 1926] [52 Tavistock Square, W.C. I]

Ce mot simplement pour te demander comment tu te sens…. Sans doute très misérable, à demi somnolente, prenant ta petite tasse de thé avec un toast, et puis très probablement vers le soir devant plutôt lumineuse et lointaine, et évaporée. Tout cela se déroule dans une pièce au beau milieu de Knole – Que peut-il bien se passer dans toutes ces galeries et ces salles de bal, je me le demande ? Et aussi, que se passe-t-il dans la tête de Vita, allongée quelque part sous ses tentures, telle une minuscule amande dans une vaste coquille de noix ?
… Mais dis-moi ce que tu éprouves ? As-tu mal ? Et si l’on te demandait qui tu aimes le mieux de Canut [le chien de Vita, une race dressée pour la chasse à l’élan], de la femme de Canut, ou de Virginia, que répondrais-tu ?
J’ai laissé un imperméable, une règle en cristal, un journal pour l’année 1905, une broche et une bouillotte je ne sais trop où – soit à Long Barn soit à Charleston – et, en conséquence, envisage une nudité complète pour la fin de l’année.
Berg » (Pages 114-115)

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef. Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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