Esprits Criminels : Interview de l’actrice ouvertement lesbienne Kirsten Vangness

Kirsten Vangness

Interview accordée à Trish Bendix le 11 Août 2011 pour le site Afterellen.com

Quand Esprits Criminels reviendra sur CBS pour sa septième saison en septembre, Kirsten Vangsness sera là, comme d’habitude. En dépit des restructurations du casting de l’année dernière, l’actrice ouvertement « out » (et présente dans la série depuis ses débuts) est restée dans les parages, à jouer Penelope Garcia, l’excentrique analyste technique du FBI. Et entre deux saisons, elle est restée occupée en écrivant et jouant des pièces au théâtre le NOTE à Los Angeles, a été invitée sur deux webséries et a travaillé sur un film qu’elle avait à la base écrit pour la scène.
À côté de ça, elle passe son temps libre avec sa fiancée Mélanie Goldstein et assiste à des événements journalistiques, comme la soirée TCA (Television Critics Association) de CBS où je l’ai retrouvée la semaine dernière. Kirsten m’a parlé de son premier amour (le théâtre), de son excitation quant-au retour de ses co-vedettes AJ Cook et Paget Brewster et du moment où elle et Mélanie se diront « Je le veux ».

Vous avez des tas de projets secondaires en cours en ce moment.

KIRSTEN VANGSNESS : Je suis en train de faire une pièce écrite par mon meilleur ami, qui fut mon petit ami. C’est maintenant mon meilleur ami. C’est une sorte de Douglas Sirk tordu où je commence à coucher avec cette fille, qui a été une de mes amies depuis toujours, et c’est aussi déjanté qu’un David Lynch des années 50 – c’est complètement différent d’Esprits Criminels. J’arrive à jouer la folle. En gros, j’ai joué Marilyn Monroe, habillée comme une dinde. C’est comme si vous ne saviez pas ce qui se passe durant toute la pièce jusqu’à sa toute fin. Elle raconte toute cette histoire à propos de comment elle a brûlé ce poulet et giflé son enfant et vous ne comprenez pas ce qui se passe. Elle dit à la fille : « Je suis amoureuse de toi ». En gros, elles couchent ensembles et après elle intériorise son homophobie, et puis elle lui fout une sacrée raclée et c’est toute la pièce.
C’est intense. C’est une nuit d’affilée mais ma compagnie de théâtre est sacrément folle et j’aime ça et c’est mon chez moi. Donc c’est amusant ! Je suis sur le point de commencer le tournage de la saison 3 de Pretty, qui, je sais, est une habituée des webséries. Et puis, je suis en train de faire Kill Me Deadly, qui est mon bébé – dans lequel Paget a été d’accord pour jouer la photographe.

PAGET BREWSTER : J’ai eu de la chance !

KIRSTEN VANGSNESS : C’est une parodie de film noir. Je suis convaincue que ça va être le prochain Young Frankenstein. Mes amis du théâtre ont décidé que nous allions en faire un film et que nous allions le faire selon nos conditions donc à partir de là vous vous devez d’en être capable – esthétiquement parlant ça ressemble à du théâtre mais c’est un film. Tout est en noir et blanc et je suis la femme fatale et c’est super marrant et il y a de la musique dedans. Shemar est dedans. Je chante dedans et c’est dingue ! Je suis en train de produire ça et j’y joue et c’est fascinant et vraiment intéressant d’en apprendre davantage sur tous ces trucs.
Et puis nous commençons Esprits Criminels, ce qui est extraordinaire parce que les filles sont de retour. Je viens juste d’écrire un spectacle pour le Fringe Festival (festival du théâtre alternatif), un spectacle d’une personne. J’ai écrit une pièce appelée Potential Space qui parle de vagins – elle a une carte géante qui ressemble à Narnia, si Narnia était un vagin. Et en fait, ça ne l’est pas – bon elle a un truc de mec gay mais ça n’a rien à voir – ça va être joué le week-end prochain au NOTE et puis il y a quelques autres choses.
J’étais en train de tourner Vampire Mob. Ils viennent juste de sortir le second épisode de la saison 2 et ils viennent juste de finir de filmer la deuxième saison. Donc là maintenant, je suis actuellement en train d’apprendre les textes de cinq personnages.

Donc vous êtes présente dans tous les types de médias, mais il semble que le théâtre soit votre premier amour.

Vous connaissez la nouvelle série Two Broke Girls ? [Avec] Beth [Behrs] ? Je suis genre « D’où est-ce que je connais son visage ? D’où est-ce que je connais son nom ? » Elle était la placeuse quand j’ai fait Fat Pig au Geffen, il y a genre quatre ans. Je viens juste de la voir et elle était genre « Hey, je vous connais ! » j’étais très émue parce que c’est la meilleure des remarques, c’est genre « Je vous connais, je vous voyais au théâtre ! »

Le théâtre est mon premier amour parce que je pense que c’est – je fais beaucoup les choses par moi-même et – je pense que c’est le début du dialogue. Nous vivons dans une ville, dans un monde, où nous pouvons créer quelque chose et où n’importe qui peut le faire. Vous pouvez le faire dans votre jardin si vous voulez. Je crois que ce sont des héros mésestimés – c’est là qu’est la Bohème, c’est là que tout commence et j’adore l’idée du web parce que c’est la même chose : « On emballe nos affaires et on le fait ».

Kill Me Deadly est une série que nous transformons en film parce que je voulais que tous mes amis du théâtre, qui font un travail génial, soient réunis. Je pense que l’on va créer une communauté. J’ai espoir que cela devienne quelque chose de grand. Nous avons tellement de matière, ma petite troupe d’amis et moi voulons juste être le tremplin pour le truc suivant puis le truc suivant. Je joue un personnage très particulier. Je suis contente et je l’aime, mais si je ne fais pas d’autres projets, je vais jouer ce rôle pour toujours.

Je n’aurais jamais eu le rôle que je joue dans Kill Me Deadly, je dois le faire moi-même. Je dois le faire pour mes amis et ma communauté qui est vraiment importante pour moi. Je fais partie de ces folles là. Je vais toujours aux soirées et je m’habille pour aller chez eux et je me sens toujours comme si je ne rentrais pas dans le moule, mais je ne voudrais jamais me sentir comme si j’y rentrais parce que je pense qu’il y aurait quelque chose de vraiment pas normal si je me pointais à ces trucs et ne me sentais pas comme « Vous savez quoi ? Je me gratte le nez la nuit et ma peau s’écaille » et j’ai des tâches de sale sur ces bas nylons au niveau des chevilles donc j’ai dû porter des bottes.

J’adore être à l’origine de quelque chose. C’est pourquoi je n’ai jamais été bonne à avoir un styliste parce que ça ne me ressemble pas et ce n’est pas moi. Je suis très – j’ai toujours été le genre d’actrice qui aime m’occuper de ça.

Vous avez une petite amie, exact ?

Oui – une fiancée. Nous hésitons beaucoup pour le mariage parce que nous ne savons pas quand nous le ferons. Je ne sais pas – tout est merveilleux, il n’y a pas de problèmes donc c’est genre « Bof » [haussement d’épaules]. Nous ne savons pas si nous allons attendre jusqu’à ce que ce soit légal mais nous sommes vraiment folles amoureuses. Nous allons célébrer notre cinquième anniversaire à la fin août.

Félicitations ! Qu’est-ce qu’elle fait dans la vie ?

Elle travaille dans le cinéma numérique. Elle fait beaucoup de choses que Penelope Garcia fait. Elle travaille pour Technicolor. Elle fait beaucoup de trucs informatiques – comme créer des applications pour iPhone et des choses comme ça.

Comment prenez-vous le temps de vous voir quand vous êtes si occupée ?

Nous vivons ensemble donc nous nous voyons. C’est une sorte de « Quand as-tu nourri le chien ? Est-ce que je nourris le chien aujourd’hui, ou l’as-tu déjà fait? ». Nous trouvons des créneaux. Là maintenant, comme je suis en train de faire plein de choses à la fois, c’est un peu compliqué. Et ce sont les filles, donc c’est genre « Je veux m’envelopper autour de tes reins et vivre ici ! ». C’est bien.

Avez-vous déjà raté un travail à cause de votre ouverture d’esprit à propos de votre sexualité ?

Je me sens toujours très bizarre à propos de tout ça parce que la sexualité est une chose tellement bizarre. Clairement, je suis avec une femme et je l’aime et je suis très homosexuelle et, en même temps, je suis totalement capable d’apprécier les gars.

Je comprends complètement qu’il y ait des gens qui disent « Je ne m’intéresse qu’aux gars, je ne fais pas dans les filles ». Ce n’est pas comme ça qu’est établit mon échelle de Kinsey. Je ne pense pas être bisexuelle. Mais je suis très « Qu’importe ! ». Je trouve tous les types de gens attirants. Est-ce que j’ai tendance à me fourvoyer – est-ce que j’aime mes gars avec du maquillage ? Oui. Est-ce que j’ai tendance à aimer les filles qu’elles aient du maquillage ou non ? Oui ! Suis-je avec une femme ? Oui, je le suis. Donc vous pouvez en déduire « Oh, ok, vous êtes lesbienne ». Mais parfois je me surprends à ne pas réagir lorsque d’autres disent qu’elles sont lesbiennes. Je parlais à [ma partenaire] Mélanie il y a quelques semaines et elle déteste le mot « homosexuelle ». C’est mon mot préféré. Elle aime « lesbienne ». Ce mot n’est pas pour moi. Ça me définit d’une manière trop simple.

Donc je n’ai pas encore été confrontée à ça. J’ai l’impression que c’est mon boulot en tant qu’actrice – que si j’étais très pointilleuse là dessus je pense, j’espère, que je pourrais tenter de comprendre mon point de vue actuel. Je trouve cela fascinant avec certaines personnes : « Vraiment ? Vous ne trouvez pas les filles même vaguement attirantes ? Vraiment ? ». Je suis très ouverte sur ma sexualité et je pense que c’est un des prérequis pour être capable de jouer différents rôles. Je suis satisfaite de ma sexualité, des règles. Cependant, peu importe ce qui vous fait avancer. Peu importe ce que vous faites, c’est bon. Et je joue dans ce spectacle et je flirte tout le temps avec les garçons, je fais beaucoup de choses. Aussi je me prépare de différentes façons. En ce moment je suis dans une pièce où je couche avec une fille, et au travail je couche mentalement avec Shemar, donc je fais toutes sortes de choses. Personne ne va y attacher d’importance. Personne ne dira « Je ne peux pas m’empêcher de penser que tu es avec une fille ! » Ça n’arrivera pas.

Ça fait complètement partie de mon identité. Mélanie n’aime pas du tout se rendre à ce genre de trucs parce que je dois habituellement travailler, mais je sais que quand on parle de moi je me dis juste « Mon Dieu, je veux qu’elle soit là pour que je puisse lui tenir la main ! » pour que quelqu’un prenne une photo de nous. Je suis avec elle. Et comme pour tous les autres trucs, c’est juste marrant de faire tout ça. Ce n’est pas si bizarre – chacun fait son propre chemin.

Interview Originale sur le Site Afterellen.com

A propos de Lou Morin

Lou Morin
Traductrice Anglais/Français

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