JACK : Salut. Comment ça va là dedans ? (Il s’assoie à côté d’elle)
RACHEL : Bien merci.
JACK : Je suis l’agent Malone du FBI. Vous voulez pas me dire ce qu’il y a.
RACHEL : Je dois rester là 6 heures de plus et après je serais guérie.
JACK : Vous vous n’avez qu’à me dire ce qui c’est passé la nuit où Peter est parti. (Elle lui jette un regard interrogateur) Bon écoutez, je sais tout, d’accord. Je sais pour le détenu, le gars du linge, le mafieux. Et pour quelqu’un qui est resté cloîtré dans son appartement pendant deux ans, votre vie est drôlement plus intéressante que la mienne.
RACHEL : Ha ! Vous n’en connaissez pas le quart.
JACK : Alors dites-moi tout, ça me changera de ma paperasse.
RACHEL : J’ai attendu que Peter se repointe ici en jouant au bowling (Flashback : On découvre que la boule de bowling s’est coincée, qu’elle a voulu la débloquer et qu’elle est restée prisonnière de la machine toute la nuit) Durant 8 heures, j’ai attendu que Peter revienne. J’ai cru que j’allais y rester.
JACK : Vous savez, je crois que ça suffit comme ça. Vous n’avez pas le droit d’être ici. Allez, dehors ! Sortez tout de suite de là !
RACHEL : Qu’est-ce qui ne va pas chez vous ?
JACK : Nous n’avons pas le temps de discuter à ce sujet. Qu’est-ce qui ne va pas chez vous ?
RACHEL : Je suis agoraphobe !
JACK : Vous habitez à 25 km d’ici ! Vous devez être la plus nulle de toutes les agoraphobes ! Écoutez, la seule raison de votre présence ici c’est que vous ne savez pas comment dire à votre… votre copine que vous l’aimez.
RACHEL : Je n’ai jamais été lesbienne. Je ne sais pas quoi faire.
JACK : Moi non plus, j’ai jamais été lesbienne. (Elle tourne la tête) Encore que justement j’ai fait ce rêve, une fois. Bon enfin ça, c’est une autre histoire. Bon, Je peux rien pour vous, d’accord. Mais j’ai comme l’impression que vous parviendrez à lui dire. Maintenant, sortez de là.
Rachel sort de la machine aux côtés de Jack. Alors qu’elle avance sur la piste, Bianca se jette dans ses bras.
BIANCA : Rachel ! Rachel ! Tu as quitté ton appartement ?
RACHEL : C’est vrai.
BIANCA : Pour moi.
RACHEL : Je veux rentrer maintenant.
BIANCA : Ah non ! Non.
Là, le père de Bianca arrive. La jeune femme se précipite vers lui. Il la prend dans ses bras. Rachel les observe de loin et le mafieux fait alors signe à celle-ci de les rejoindre. Il prend les deux femmes dans ses bras et les enlace.
Jack rejoint Danny et demande au propriétaire du bowling d’ouvrir les pistes. Là, Danny déclare à son patron.
DANNY : C’est pas normal, Jack.
JACK : Qu’est-ce qu’est pas normal ?
DANNY : Ben si quelque chose de très grave n’arrive pas à quelqu’un, ça ressemble pas une journée de travail.
JACK : Oui mais je crois que tu dois savoir que sous ce costume noir je cache un éternel optimiste.
DANNY : Hum ! Tout ce que je veux dire c’est que ça nous change.
JACK : Ouais. Personne n’est mort. (Jack met le juke-box en marche et chante avec Danny, ils ont l’air de fous heureux et Jack finit par dire « Tirons nous »)
Sur la piste, tout le monde joue sauf Bianca et Rachel qui s’embrassent. Fin.
Sincèrement, cet épisode est l’un des plus réussis de la saison. Je ne dis pas cela parce qu’il y a une histoire lesbienne (quoi que ça n’enlève rien). Je dis cela parce que l’humour est omniprésent, parce que les héros dévoilent quelques unes de leurs peurs, parce qu’ils retrouvent la disparue vivante, parce qu’il y a une très belle histoire d’amour qui finit bien, parce qu’il y a un parrain de la mafia humain et chaleureux, parce que c’est un très bel épisode de fête et j’en passe.
A aucun moment les agents ne jugent Bianca qui leur a révélé dès le début qu’elle est lesbienne. Le second interrogatoire, plus musclé ressemble à de nombreux autres et n’est en rien homophobe. Ils cherchent à comprendre. Jack est génial quand il parle à Rachel après l’avoir retrouvé. Il se contente de lui dire que tout va s’arranger, qu’elle est forte et qu’elle trouvera les moyens d’avouer son amour à son amie. Il ne lui dit pas de tout plaquer et de partir en courant. Ça, c’est beau. La façon dont Danny et lui sont proches, quand ils jouent à pierre, papier, ciseau, quand ils chantent, quand ils se chambrent avant de partir, donne une dimension humaine et chaleureuse à l’histoire.
Eux-mêmes avouent qu’il s’agit d’une belle histoire.
La progression de l’épisode se fait de manière soutenue et sans temps mort. Vous pensez d’abord à un enlèvement puis à une vengeance de détenu, en passant par la disparition mafieuse avant de réaliser qu’il s’agit d’une femme qui a peur de dévoiler ses sentiments à la personne qu’elle aime. Et cela nous est arrivé à tous. Elle s’est isolée pour réfléchir mais le FBI était à ses trousses. Je crois que ce qui donne toute sa saveur à cet épisode, c’est que Rachel aurait pu aussi bien pu être amoureuse d’un homme. Le problème étant qu’elle vit recluse depuis deux ans et qu’elle est tout simplement horrifiée et paniquée à l’idée d’être amoureuse. Elle ne sait pas comment faire face à ses sentiments.
Je crois qu’aucun épisode lesbien occasionnel dans une autre série n’a autant banalisé et normalisé l’homosexualité. Bien sûr, la peur du rejet reste présente notamment avec le coming-out raté de Bianca mais au final, elle donne le sentiment de s’être elle-même exclue de sa famille à cause de sa différence, dans le but de ne pas les blesser. Son père l’aime en effet toujours. Même si elle a disparu pendant des années, il a continué à se renseigner sur sa vie (comme en témoigne le fait qu’il connaisse Rachel et qu’il sache qu’elle est agoraphobe) et n’attend qu’une chose, retrouver sa petite fille. Ça c’est du papa !
On pourrait encore épiloguer sur les réactions du reste de l’équipe ou plutôt leur absence de réaction. Viviane ne réagit pas quand Bianca lui dit qu’elle est lesbienne, tout comme Sam. Il s’agit simplement d’une information complémentaire. Le fait que les agents pensent que les fleurs étaient destinées à la jeune femme rend également l’histoire banale et naturelle. L’idée leur vient rapidement à l’esprit, sans qu’ils ne soient choqués ou heurtés. C’est simplement l’éventualité la plus plausible.
Honnêtement l’épisode lesbien le plus réussi et enjoué que l’on ait vu ces dernières années. Incontournable parce qu’il banalise et normalise ce qui reste encore aujourd’hui un sujet relativement tabou. Les femmes qui se découvrent attirées par d’autres femmes à 30 ans, après plusieurs relations hétéros. A voir absolument.
Univers-L Toute la Culture Lesbienne








