Lightswitch : Interview de la Réalisatrice Emma Keltie

Lightswitch : Interview de la Réalisatrice Emma Keltie

Interview accordée à Isabelle B. Price et Magali Lehane le 04 Janvier 2010 pour le site univers-L.com

Pouvez-vous nous parler de votre carrière (vos études, votre formation, vos projets antérieurs…) ?

J’ai un diplôme de Communication dans les Médias de Production. Je suis également diplômée en Art et Études Culturelles, et je viens juste d’entamer un doctorat en Communication. J’ai fait de nombreux petits courts-métrages, des clips musicaux et j’ai travaillé sur des documentaires. J’enseigne également la Communication et le journalisme, mais à ce jour, Lightswitch est mon plus gros projet.

Comment avez-vous entendu parler du script de Lightswitch ? Aviez-vous déjà rencontré Natalie et Penny avant ce projet ?

Je connaissais Natalie et Penny à travers d’autres projets sur lesquels nous avions travaillé par le passé. Elle m’ont demandé de réaliser le film, en se basant sur nos précédentes collaborations et m’ont fait lire le script.

Comment s’est passé le travail en équipe ? Avez-vous travaillé ensemble sur le tournage ?

Le travail d’équipe était génial. On a tous passé de merveilleux moments ensemble sur le tournage. Nous n’avions encore jamais collaboré ensemble en occupant ces fonctions, mais nous avions eu largement le temps de nous y préparer et chacun connaissait son rôle et ce qu’on attendait de lui.

Pourquoi avez-vous accepté de réaliser ce court-métrage ? Qu’est-ce qui, dans le scénario, vous a convaincue ?

J’ai accepté de le réaliser en me basant sur le script. L’histoire m’a plu, j’aimais la perspective de ce que je pourrais en faire visuellement. Ayant travaillé avec Natalie et Penny auparavant, je savais que ce serait une expérience agréable. Elles étaient dévouées à ce projet d’une façon que je n’avais encore jamais vue pour un court-métrage.

Avez-vous pris part à la distribution des rôles ? Étiez-vous présente durant les auditions ?

J’ai participé du début à la fin. La sélection revenait aux productrices, mais j’étais là pour donner mon avis. J’ai également pris part aux auditions. Je savais combien il était crucial d’avoir la bonne alchimie entre les actrices dans les scènes qu’elles devraient jouer. Je m’étais aussi fait une idée précise des personnages, donc il était très important pour moi d’être impliquée de bout en bout. Au final, nous sommes toutes tombées d’accord sur le fait que Lara et Kylie étaient exactement celles qu’il nous fallait pour les rôles.

Quand on pense court-métrage, on pense immédiatement petit budget. La plupart du temps, vous avez besoin de producteurs motivés pour réussir à tourner. Comment avez-vous trouvé l’argent ? Était-ce difficile de réunir les fonds ? Avez-vous été aidées financièrement ?

Le financement, c’était en grande partie le travail de Natalie et Penny. Je sais qu’elles ont redoublé d’efforts pour trouver des sponsors et des financements. En Australie, il est difficile de trouver des crédits quand il s’agit de courts-métrages. Donc elles ont réalisé un travail énorme afin de réunir l’argent dont nous avions besoin.

Combien de temps le tournage a-t-il duré ? Combien de temps avez-vous travaillé sur le projet depuis le début –lorsque vous avez reçu le script-, jusqu’à la fin –la sortie du film- ?

Au total, on a tourné le film en 8 jours : 7 jours d’affilée puis on est revenus 3 semaines plus tard pour refaire une scène à nouveau. Je pense qu’il m’a fallu environ 8 mois de préparation avant le tournage. Nous avons tous un travail ou poursuivons des études donc ça devait être fait en supplément. Après le tournage, Rory Kelly et moi avons passé 2 mois à monter le film avant sa sortie.

Comment avez-vous trouvé tous ces lieux et ces paysages qui tiennent une place importante dans l’histoire ?

Tous ces lieux sont proches de là où nous vivons, donc ça n’a pas été si difficile. Natalie a écrit de nombreuses scènes en ayant déjà des lieux précis en tête et quand je les ai vus, j’ai su qu’ils étaient parfaits pour le film. Certaines scènes ont même été tournées dans ma maison. Les plages que nous avons filmées comptent parmi nos lieux de vacances en fait. Donc le film a été écrit en ayant ces scènes à l’esprit. Je pense que dans une certaine mesure, les paysages qui nous entourent ont en fait inspiré l’histoire.

La photographie est soignée et magnifique dans ce court-métrage. Y avez-vous accordé un soin particulier ?

J’y ai apporté beaucoup de soin. Rory (la caméraman) et moi, savions combien il était important que l’interprétation raconte l’histoire. Le film est tellement centré sur les non-dits que nous voulions saisir les visages des jeunes femmes. Nous avons passé beaucoup de temps à planifier l’esthétique de chaque scène et à soigner les transitions. Pour nous, le cœur de l’action tenait dans ce que chaque personnage ne disait pas ; comment chacune réagissait envers l’autre donc c’est cela que nous voulions rendre. Le film s’articule aussi énormément sur comment trouver sa propre voie et expérimenter ce que le monde a à offrir donc nous voulions capturer les paysages, la plage et la moto qui sont des éléments importants de l’histoire, particulièrement pour le personnage de Shauna.

Avez-vous dû travailler afin d’obtenir cette alchimie entre les actrices ?

Pas autant qu’on pourrait le croire. Par chance, elles se sont tout de suite bien entendues. L’alchimie entre elles était pour ainsi dire naturelle. Nous avons travaillé certaines scènes afin de trouver quel sentiment le personnage ressentait et quel était son vécu, mais l’alchimie était là dès le premier bout d’essai qu’elles ont fait ensemble.

Quelle a été la scène la plus difficile à tourner ? Pourquoi ?

La plus difficile à tourner a été la scène de la rupture. C’était une scène importante avec beaucoup de plans et nous tournions en extérieur, ce qui implique de devoir gérer les changements de lumière ainsi que la circulation des voitures. C’était aussi la scène la plus chargée émotionnellement. J’ai donc passé un long moment avec les actrices ce jour-là à parler de la scène et à la préparer. Ensuite, quand le moment est venu de filmer, nous n’avions qu’une seule caméra, donc elles devaient continuer à dire leur texte et faire que chaque interprétation soit concluante. La deuxième scène la plus difficile a été celle du bar parce que c’étaient des scènes tellement cruciales avec tellement de plans différents et beaucoup d’acteurs et nous ne disposions pas de beaucoup de temps pour le faire.

Quel est votre meilleur souvenir de tournage pour Lightswitch ?

Probablement la scène du baiser, je pense. Nous avions eu un peu de temps libre avant de tourner cette scène et tout le monde avait retrouvé son énergie. C’était presque comme des retrouvailles. De plus, la lumière et l’eau ; tout était parfait pour la scène. La nuit entière a été très sympa. Le deuxième meilleur souvenir serait la scène du bar, à nouveau, parce que Jay a ajouté une dimension toute nouvelle au casting et à l’équipe. C’était aussi un vrai défi : une scène complexe à organiser et à planifier que nous avons filmée l’avant-dernier jour ce qui fait que tout le monde était vraiment fatigué. Donc rétrospectivement, je suis plutôt fière du résultat.

À votre avis, avoir une équipe si jeune, est-ce un avantage ou un handicap ?

Je pense que pour ce type d’histoire, c’était un avantage. Ce que nous voulons tous, c’est faire des films et juste raconter des histoires, donc cet enthousiasme, malgré le manque d’argent et de moyens, apporte encore plus au projet selon moi. Nous voulions tous faire le meilleur film possible.

Pensez-vous avoir une quelconque responsabilité à l’égard de la communauté homosexuelle et bisexuelle ?

Je ressens une immense responsabilité envers la communauté homosexuelle et bisexuelle. Une des raisons pour lesquelles je fais des films, c’est pour partager les histoires de cette communauté. En tant que réalisatrice lesbienne, je souhaite utiliser les films pour partager des histoires et représenter cette communauté du mieux que je peux.

Selon vous, quel est le principal message du film ? Si les gens ne devaient se souvenir que d’une chose, qu’est-ce que ce serait ?

Je pense que le principal message du film est que parfois, nous devons nous ouvrir et explorer de nouvelles possibilités ; que parfois des personnes entrent dans notre existence et la bousculent pour une raison. Parfois, c’est pour le mieux, et parfois ça peut être de façon négative mais tout est une question d’apprentissage de la vie afin de nous en apprendre plus sur nous-mêmes et le monde qui nous entoure. D’un point de vue plus pratique, je pense que le film parle d’être assez courageux pour oser aimer quelqu’un aussi longtemps que vous le pouvez, quelle qu’en soit l’issue.

Qui sont vos réalisateurs préférés ?

John Woo, Steven Spielberg, Brian Singer, Jean-Pierre Jeunet, Michael Rymer, Sam Raimi, Michael Hurst.

Pouvez-vous nous parler de vos projets actuels ? Travaillez-vous sur un nouveau film ou autre ?

En ce moment, je travaille sur plusieurs projets. Un nouveau court-métrage et plusieurs web projets.

Traduction Magali Pumpkin

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef. Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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