La Rumeur

Tout cela à cause d'une rumeur

Année de Production : 1961

Réalisation : William Wyler

Scénario : Lillian Hellman, John Michael Hayes

Avec : Audrey Hepburn (Karen Wright), Shirley MacLaine (Martha Dobie), James Garner (Dr. Joe Cardin), Miriam Hopkins (Mrs. Lily Mortar), Fay Bainter (Mrs. Amelia Tilford), Karen Balkin (Mary Tilford), Veronica Cartwright (Rosalie Wells), Mimi Gibson (Evelyn)

Nationalité : Américaine

Genre : Drame, Romance

Durée : 1h 47min.

Titre Original : The Children's Hour

La Rumeur : Résumé

La Rumeur se déroule en 1961. Karen Wright et Martha Dobie sont deux jeunes enseignantes qui dirigent une école de filles. Elles vivent dans l’établissement et s’occupent des adolescentes pensionnaires.

Karen voit le Docteur Joe Cardin depuis plus de deux ans et a enfin accepté sa demande en mariage. Lorsqu’elle apprend la nouvelle à son amie, Martha, celle-ci réagit violemment. Elle se sent abandonnée.

Une élève surprend cette dispute et une autre, afin de quitter le pensionnat, invente une rumeur. Une rumeur concernant une relation homosexualité entre Karen et Martha. La rumeur se répand, les parents retirent leurs filles du pensionnat et traînent les deux jeunes femmes dans la boue.

La Rumeur se déroule en 1961. Karen Wright et Martha Dobie sont deux jeunes enseignantes qui dirigent une école de filles. Elles vivent dans l'établissement et s'occupent des adolescentes pensionnaires. Karen voit le Docteur Joe Cardin depuis plus de deux ans et a enfin accepté sa demande en mariage. Lorsqu'elle apprend la nouvelle à son amie, Martha, celle-ci réagit violemment. Elle se sent abandonnée. Une élève surprend cette dispute et une autre, afin de quitter le pensionnat, invente une rumeur. Une rumeur concernant une relation homosexualité entre Karen et Martha. La rumeur se répand, les parents retirent leurs filles du…

L'avis d'Univers-L

Scénario/Réalisation
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Résumé : Une lesbienne amoureuse de sa meilleure amie hétéro...

Note des lectrices : 4.75 ( 3 votes)
48

Cette version de 1961 est en réalité une adaptation d’un film tout d’abord écrit et tourné en 1930. Interprété par Lilian Helman, ce long métrage eut énormément de succès ce qui justifia ce remake. Mais il n’eut pas que du succès, il fut également entouré d’un doux parfum de scandale.

En effet, le sujet principal du film est la rumeur et comment elle peut détruire la vie des personnes qui en sont victimes. Mais en même temps, la réflexion va plus loin. Parce que cette rumeur dont sont victimes Karen et Martha trouve son origine dans une certaine vérité. Martha est bien amoureuse de sa meilleure amie. Seulement elle n’en prend conscience qu’après le mensonge de la petite fille.

Après avoir vu leurs vies ruinées, Martha qui a réalisé qu’elle était amoureuse de Karen lui avoue la vérité. Karen refuse tout d’abord de l’entendre puis elle semble se résigner et à la fin, on se demande si elle ne savait pas depuis le début.

Un film magnifique, tourné en noir et blanc qui traite du poids du mensonge. Et aborde la société dans ce qu’elle a de plus malsain, à savoir le refus de la différence et la stigmatisation de celle-ci. Les actrices sont exceptionnelles, les enfants, Karen Balkin et Veronica Cartwright sont parfaites, à la fois cruelles et innocentes, belles et démoniaques. Elles sont soutenues par deux grandes actrices de poids, des femmes à la carrière exceptionnelle, Fay Bainter et Mirian Hopkins. Que dire de la sublime Audrey Hepburn à part qu’elle est parfaite. Shirley Mc Lane, quant à elle, livre une prestation remarquable nuancée et désespérée mais toujours réaliste. En clair, The Children’s Hour bénéficie d’un casting impeccable, d’une réalisation inspirée et d’un scénario fort et dérangeant.

Bien sûr, The Children’s Hour, comme tout film traitant de l’homosexualité il y a de nombreuses années, se termine mal. Très mal même. L’héroïne lesbienne se suicide. C’est une fin tragique que l’on préfèrerait ignorer mais qui en même temps, il faut bien le reconnaître, trouve encore un écho de nos jours. Combien de vies sont gâchées, encore aujourd’hui, par la révélation vraie ou fausse de l’homosexualité ?

La Rumeur : Critiques Presse et Récompenses

Nomination en 1962 de Fay Bainter pour l’Oscar du Meilleur Second Rôle Féminin

Nomination en 1962 de Fernando Carrere et Edward G. Boyle pour l’Oscar des Meilleurs Décors Noir et Blanc

Nomination en 1962 de Franz Planer pour l’Oscar du Meilleur Cinéaste Noir et Blanc

Nomination en 1962 de Dorothy Jeakins pour l’Oscar de la Meilleure Costumière

Nomination en 1962 de Gordon Sawyer pour l’Oscar du Meilleur Son

La Rumeur : Extraits

MARTHA : Il ya des gens qui y croient, qui le veulent, qui l’ont choisi pour eux. Nous ne sommes pas comme ça. Ce doit être très différent. On… n’est pas amoureuses l’une de l’autre. On est proches l’une de l’autre. Bien sûr, je… je t’aime comme une amie. Comme des milliers de femmes apprécient d’autres femmes.
KAREN  : J’ai froid.
MARTHA : Tu étais une amie chère et aimée. C’est tout. Il n’y a absolument rien de mal à ça. C’est parfaitement naturel ce que je ressens pour toi. On se connait depuis que l’on a 17 ans et j’ai toujours pensé que…
KAREN  : Pourquoi dis-tu tout cela ?
MARTHA : Parce que je t’aime.
KAREN  : Bien sûr. Je t’aime aussi.
MARTHA : Mais… peut-être que je t’aime de la manière dont ils ont dit que je t’aimais. Je ne sais pas. Écoute-moi ! Je t’aime de la manière dont ils l’ont dit ! Il y a toujours eu quelque chose de mal. Toujours, aussi longtemps que je me souvienne. Mais je n’ai jamais su ce que c’était jusqu’à ce que tout ceci se produise.
KAREN  : Arrête ça Martha ! Arrête cette conversation complètement folle !
MARTHA : Tu as peur de l’entendre mais je suis encore plus effrayée que toi.
KAREN  : Je ne t’écouterai pas !
MARTHA : Non ! Tu dois savoir ! Je dois te le dire ! Je ne peux pas le garder pour moi plus longtemps. Je suis coupable !
KAREN  : Tu n’es coupable de rien !
MARTHA : Je ne me le suis avouée à moi-même que la nuit où j’ai entendu les enfants le dire. Je me suis mentie nuit après nuit en priant pour que ce ne soit pas vrai. Mais je sais ce qu’il en est maintenant. C’est là. Je ne sais pas comment, je ne sais pas pourquoi. Mais je t’ai aimé ! Je t’aime ! J’étais offensée par ton idée de mariage. Peut-être parce que je te désirais. Peut-être parce que je t’ai désirée toutes ces années. Je ne pouvais pas l’appeler par son nom avant, mais peut-être est-ce là depuis le premier jour où je t’ai connue.
KAREN  : Mais ce n’est pas la vérité, pas un mot de tout cela n’est vrai ! Nous n’avons jamais pensé l’une à l’autre de cette façon.
MARTHA : Non, pas toi, naturellement. Mais qui dit que je ne l’ai pas fait ? Je n’ai jamais ressenti ça pour personne avant toi. Je n’ai jamais aimé aucun homme. Je n’ai jamais su pourquoi avant, peut-être est-ce pour cela.
KAREN  : Tu es fatiguée et épuisée.
MARTHA : C’est drôle. Tout est confus. Il y a quelque chose en toi et tu ne sais absolument rien à son sujet parce que tu ne sais pas que c’est là. Et puis soudain, une nuit, une petite fille qui s’ennuie dit un mensonge et là, pour la première fois, tu le vois. Alors tu te dis à toi-même, l’a-t-elle vu ? L’a-t-elle ressenti ?
KAREN  : Mais tu sais que tout cela est parti d’un mensonge. Elle recherchait n’importe quoi.
MARTHA : Mais pourquoi ce mensonge ? Elle a trouvé un mensonge avec une once de vérité. Tu ne le vois pas ? Je ne peux pas supporter quand tu me touches ! Je ne peux pas supporter quand tu me regardes ! Oh, c’est ma faute. J’ai ruiné ta vie et j’ai ruiné la mienne. Je jure que je ne savais pas ! Je n’ai pas voulu ! Oh, je me sens si malade et sale et je ne peux plus le supporter !

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef. Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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