La Rupture Était Presque Parfaite

Vous ne verrez plus jamais vos ex comme avant

Affiche : La Rupture Était Presque Parfaite

Année de Production : 2011

Réalisation : November Wanderin

Scénario : November Wanderin

Nationalité : Israélienne

Genre : Comédie, Court-Métrage

Durée : 18 : 00 minutes

Titre Original : Dial EX for Drama

La Rupture Était Presque Parfaite : Résumé

Justine, une jeune Parisienne, est terrifiée à l’idée de croiser l’une de ses anciennes copines à chaque coin de rue. Shelly, une jeune Israélienne, n’a quant à elle rien contre ses ex. Les deux jeunes femmes n’en sont pas moins très amies et correspondent régulièrement via leurs téléphones portables. Un jour, Shelly décide de rendre visite à Justine à Paris, un séjour dont ni l’une ni l’autre ne sortira totalement indemne…

Justine, une jeune Parisienne, est terrifiée à l’idée de croiser l’une de ses anciennes copines à chaque coin de rue. Shelly, une jeune Israélienne, n’a quant à elle rien contre ses ex. Les deux jeunes femmes n’en sont pas moins très amies et correspondent régulièrement via leurs téléphones portables. Un jour, Shelly décide de rendre visite à Justine à Paris, un séjour dont ni l’une ni l’autre ne sortira totalement indemne…

L'avis d'Univers-L

Scénario/Réalisation
Casting
Lez/Bi Quantité
Lez/Bi Qualité

Résumé : Réussi. A découvrir.

Note des lectrices : Soyez la première !
68

La Rupture était presque parfaite est un court-métrage israélien unique en son genre puisqu’il a été entièrement filmé avec un iPhone, sans aucun budget. Un projet improvisé qui n’a jusqu’à présent été diffusé que dans le circuit des festivals LGBT – qui sont la plupart du temps les seuls lieux où certains artistes ont l’occasion de présenter leurs travaux et où peuvent « vivre » bon nombre de films (et notamment  de courts-métrages) atypiques. C’est d’ailleurs lors de la 23ème édition de Cineffable, le festival de cinéma lesbien et féministe de Paris, que nous avons pu le visionner, en présence de l’actrice qui interprète le personnage de Justine.

L’histoire est à la fois simple et originale. Faire des ex le centre de l’intrigue est une idée excellente et l’occasion d’aborder un nombre faramineux d’idées reçues et de blagues liées aux lesbiennes. On croise, au cours de ce court-métrage, tous les profils possibles et imaginables de lesbiennes : de la dingue de chiens, à la végétalienne, en passant par celle qui est obnubilée par les bébés. Une manière de se moquer de stéréotypes qui pour la plupart ont la dent dure. Mais le détournement de clichés n’est pas le seul élément à faire travailler les zygomatiques.

Le film regorge en effet d’humour du début à la fin et on rit beaucoup lors de ces dix-huit minutes qui passent à la vitesse de l’éclair. Et cela commence dès la première scène (très kitsh !), que l’on croirait tout droit sortie d’un film de série B, où deux femmes s’embrassent dans la douche. On s’attend presque à voir débarquer un tueur psychopathe dans le champ à tout moment ! C’est là l’un des éléments forts de ce film : cette succession de situations cocasses qui s’enchaînent sans temps mort. Comment ne pas citer également cette scène où, alors qu’elles viennent de faire l’amour, une femme explique d’une voix empreinte de nostalgie à sa petite amie, qu’elle lui rappelle son ex…! Voilà le genre de réplique que toute femme rêve d’entendre (ou pas !) de la part de sa dulcinée !! Ou encore celle où les deux jeunes femmes sont poursuivies par une ex, traqueuse psychopathe (un peu à l’image de Leslie, l’ex folle furieuse de Geri dans 3Way – mais en moins déséquilibrée tout de même !!), sur fond de musique de film d’horreur, sans oublier les ombres angoissantes, qui font immanquablement penser à une œuvre d’Hitchcock ! Autre chose hilarante : ces discussions via SMS qui jalonnent le court-métrage et donnent lieu parfois à des situations réellement incongrues (comme cette scène de rupture par écrans interposés). D’ailleurs, le titre original du film est bien plus explicite que sa traduction française de ce point de vue-là : « Dial EX for drama », que l’on pourrait traduire (avec quelques difficultés tant il est ardu de rendre justice à cette expression quand on la transpose en français) par « taper EX pour embrouilles ». En outre les répliques elles aussi font mouche la plupart du temps – et ce grâce à un nombre impressionnant de jeux de mots, comme l’ex-olique ou l’ex-ophobe par exemple (!!!).

Si, contrairement à l’ordinaire, le film n’a pas fait l’objet d’un projet en bonne et due forme – pas de budget, ni de réel scénario –, il n’en est pas moins maîtrisé de bout en bout. Et c’est l’une des choses les plus frappantes quand les lumières se rallument : certes le court-métrage a un côté très bricolé avec trois bouts de ficelle (de par la qualité de l’image notamment, pas toujours très nette), mais l’histoire tient la route et atteint son but : faire rire et tourner en dérision bon nombre de clichés. Autre élément important qui participe à la qualité de cette œuvre, les actrices sont toujours justes et il transparaît à l’écran à quel point elles se sont amusées à la tourner et à imaginer toutes ces situations abracadabrantes.

La réussite du film tient avant tout à sa réalisatrice, November Wanderin. Loin d’être une débutante dans l’univers du cinéma, elle a en effet étudié la science des scénarii et de la réalisation et occupe actuellement un poste à la Cinémathèque de Tel Aviv. Elle a aussi travaillé sur un grand nombre de projets très divers et dont beaucoup ont un lien avec la thématique de l’homosexualité (Itty Bitty Titty Committee, Paragraph 175). Par ailleurs, son dernier court-métrage, Désarmés, faisait partie de la sélection de la Berlinade 2009. Ici, elle est de toutes les étapes de conception de La Rupture était presque parfaite, qu’elle mène à son terme d’une main de maître.

En bref, La Rupture était presque parfaite est une véritable pépite, malgré ses quelques petits défauts dus en grande partie à l’absence de financement. Original aussi bien par le fond que par la forme (ayant été filmé avec un iPhone, il a un format plutôt étrange, une sorte de 16/9ème renversé au grain grossier), il est bourré d’humour et totalement décalé. Après l’avoir vu, plus jamais vous ne verrez vos ex comme avant…

Une œuvre aussi surprenante qu’hilarante à découvrir !

La Rupture Était Presque Parfaite : Extraits

JUSTINE : T’as besoin des ex-oliques anonymes.
SHELLY : Voilà pourquoi on n’est jamais sorties ensemble toi et moi : t’es trop ex-ophobe !

JUSTINE : Je vois mes ex partout !
SHELLY : Oh allez, t’es parano !

(Après avoir aperçu une ombre, Justine force son amie à se cacher.)
AMIE : Qu’est-ce que tu fais ?
JUSTINE : Elle me poursuit !
AMIE : Qui ?
JUSTINE : Mon ex, elle me poursuit !
AMIE : C’est ton imagination !
(Justine la force à rester accroupie, tandis que son ex rôde toujours.)
JUSTINE : Mais non, elle me poursuit !!!

(Tandis qu’elles sont allongées au lit.)
JUSTINE : Tu penses à quoi ?
AMIE (Elle rit) : Tu me rappelles mon ex.
JUSTINE (Se retourne, fâchée) : Quoi ??!!

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