Le Journal De Sarah

Un court-métrage aux relents d’homophobie

Affiche : Le Journal De Sarah

Année de Production : 2010

Réalisation : Jean-Baptiste Drouet

Scénario : Jean-Baptiste Drouet

Avec : Athénais Rondot (Sarah), Victorine Ronzon-Jaricot (Aurélie)

Nationalité : Française

Genre : Court-Métrage, Drame

Durée : 10 minutes

Titre Original : Le Journal de Sarah

Le Journal De Sarah : Résumé

Sarah, une lycéenne, prend conscience de son homosexualité et tombe amoureuse pour la première fois. Poursuivie par un homophobe radical, elle ne voit aucun autre choix que celui de se suicider avec sa petite amie pour lui échapper.

Sarah, une lycéenne, prend conscience de son homosexualité et tombe amoureuse pour la première fois. Poursuivie par un homophobe radical, elle ne voit aucun autre choix que celui de se suicider avec sa petite amie pour lui échapper.

L'avis d'Univers-L

Scénario/Réalisation
Casting
Lez/Bi Quantité
Lez/Bi Qualité

Résumé : Très mauvais. A éviter.

Note des lectrices : Soyez la première !
18

On trouve de tout sur Internet, du bon comme du moins bon, ce court-métrage fait partie du très mauvais. Quand on m’a amenée à découvrir ce travail, on m’a prévenue que la critique que j’allais faire ne serait pas facile, loin de là. Effectivement, comment voulez-vous faire pour parler de ce court-métrage sans insister sur l’image terriblement déprimante, négative et homophobe qu’il véhicule.

Sarah, une lycéenne, rêve en cours de SVT qu’elle rencontre une fille qu’elle embrasse. Waouh ! Le rêve ! Mais, parce qu’il y a un mais, elle rêve d’un baiser qui n’a pas lieu. La caméra prenant le temps de filmer les deux visages qui se rapprochent, la mèche de cheveux qui tombe devant les visages à quelques centimètres l’un de l’autre et black-out, Sarah se réveille. Le professeur met trois heures pour comprendre qu’elle s’était endormie parce que l’important est avant tout d’effectuer un parallèle avec le cours qui aborde la question de la sélection naturelle.

Et là où l’horreur intégrale se met en place c’est que l’on va nous comparer la mort de deux lesbiennes à la sélection naturelle qui élimine les espèces soit-disant inutiles et inadaptées. Et là je peux vous dire, ça fait très mal.

Déjà, la voix off n’est pas du tout réussie et aurait mérité d’être soignée. On sent que la personne qui lit, lit de manière ni motivée ni convaincue. La manière dont elle prononce le mot « homosexuelle » fait grincer des dents et des oreilles. La suite est totalement aberrante avec cette fille qui s’assoit à côté de Sarah et qui lui laisse son numéro de téléphone. Il est connu que les gays, avec leur panneau fluo clignotant sur le front se repèrent tous entre eux et n’ont même pas besoin de se parler. « Il n’y a pas écrit La Poste ici » mais plutôt « Lesbienne ».

Bref, comme on n’est pas à une incohérence près ni à une débilité supplémentaire, il faut continuer le visionnage pour arriver au summum de l’action dans ce court-métrage. Un homme téléphone à Sarah en expliquant qu’il la voit avec sa copine et qu’il va la tuer. Tout est mal joué, mal filmé, mal écrit mais le seul qui est crédible, c’est l’homophobe. Enfin crédible, son discours est tellement niais et demeuré qu’on a envie de se taper la tête contre l’écran mais l’acteur a l’air d’y croire et il donne le sentiment d’être plutôt habité par son rôle.

Et Sarah vous allez me dire. Ah Sarah ! Sa copine s’est fait virer de chez elle deux ans plus tôt et vit dans un appartement de l’association « Le Refuge », Sarah ne parle plus à sa mère mais quand un mec lui téléphone pour lui dire qu’il va la tuer, qu’est-ce qu’elle fait ? Elle répond et court en haut de l’immeuble comme dans les films d’horreur, pardon, en haut de la colline. Voilà, c’est-à-dire que forcément, elle est totalement gnangnan et que se retrouver à la rue, ça vous empêche de connecter vos deux neurones restant. Pas de police, pas d’amis, pas d’adulte du Refuge prévenus. La seule alternative pour ne pas se faire tuer c’est se suicider.

C’est tellement stupide comme fin, tellement homophobe et tellement mauvais qu’on a envie d’envoyer une boîte d’antidépresseurs à l’auteur en lui demandant s’il ne veut pas qu’on lui présente ses amies lesbiennes en couple depuis 20 ans et parfaitement heureuses avec leurs trois enfants. Ou alors qu’on l’invite à la Gay Pride.

Je tiens à prévenir tous les jeunes qui seront tentés par le visionnage de cette horreur. Le suicide n’est pas une solution. Il existe de nombreux adultes qui sont là, disponibles et à l’écoute si vous avez besoin de parler. Surtout n’hésitez pas à les contacter en cas de difficultés. Il existe aussi la ligne Azur si vous craignez d’en parler à votre entourage. Mais par pitié, oubliez ce genre de choses et allez plutôt découvrir de vrais courts-métrages sur la chaîne Logo qui les met gratuitement à disposition.

Le Journal De Sarah : Extraits

SARAH : Cela fait une semaine. Une semaine de néant que mon âme se perd dans le fond de mes pensées noyées par les questions et l’injustice de ce monde extérieur qui ne fait de moi, à présent qu’un élément de décor.

SARAH : Cela fait une semaine que j’ai dit à mon ex-meilleure amie, Samantha, que j’aimais les filles. Mais elle l’a très mal pris et elle s’est sentie obligée de le raconter à tout le monde qui depuis me rejette. De la même manière que la nature, la société fait une sélection et me laisse pourrir dans ma solitude. J’aimerais tellement que quelqu’un me comprenne et me sauve de cette noyade interminable.

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef. Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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