Isabelle B. Price

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  • Madeleine Olnek travaille dans la comédie depuis longtemps : elle a commencé en écrivant et en réalisant pour la scène, puis en produisant plusieurs courts-métrages hilarants (Hold Up, Make Room For Phyllis, Countertransference). Au festival de films de Sundance de 2011, Olnek est passée avec succès dans le royaume du long-métrage avec Codependent Lesbian Space Alien Seeks Same, qui a été diffusé pour la première fois lors de la séance « Park City at Midnight ». Le film, très drôle et vraiment adorable, a charmé le public du festival l’année dernière. Il est maintenant temps de charmer le public classique qui va au cinéma. Dans les jours précédant la sortie du film au reRun Gastropub, vendredi 6 janvier 2012, Holly Herrick de HTN a eu une discussion chaleureuse avec Olnek (lisez la chronique d’Holly « Pick of the Week » sur le blog du Filmmaker Magazine).
    Pouvez-vous nous parler du choix du titre ? C’est un titre très drôle qui attire l’œil, mais il est également très particulier puisqu’il pointe notamment l’homosexualité du film.
    La comédie se doit d’être drôle. Je suis toujours surprise lorsque les gens réalisent une comédie et que le titre est très dramatique. Ce que vous devez faire avec un titre… je veux dire, le titre sert à cadrer le film, mais vous donnez également un aperçu de ce que le public verra. Si vous souriez déjà en voyant le titre, vous vous dîtes « Ok, le titre est drôle, je me demande si tout le film est drôle ? ». C’est comme une carte de visite. J’ai l’impression que mettre « lesbienne » dans le titre est bien : ça sert de point d’information pour les gens qui ont du mal avec ça, mais ça attire également d’autres personnes. Quelqu’un qui a le même sens de l’humour que moi se dira « Oh, c’est marrant, je veux voir ce film ». Il y a quelques années l’une de mes amies est allée voir une pièce de Nicki Silver appelée My Marriage to Ernest Borgnine et je lui ai dit « Pourquoi est-ce que tu es allée voir ça ? » Elle a répondu « À cause du titre », j’ai dit « Juste à cause du titre ? ».
    Et c’est là que j’ai eu une illumination sur l’importance des titres. Que les gens soient très intrigués à l’idée de voir quelque chose juste à cause du titre peut aussi les amener à catégoriser le film, à ne pas le voir, à l’enterrer. Cependant, si vous avez un super titre il n’y a rien qui puisse être fait que votre titre ne pourra vaincre. Les gens ont toujours entendu parler de ce film grâce au titre. Le titre est l’arme secrète du réalisateur.
    Je crois que ça a marché. À Sundance on aurait dit que tout le monde savait que votre film allait être diffusé.
    Après le festival, le magazine Rolling Stone nous a dit que nous avions le meilleur titre de tout le festival. Comment est-ce que Rolling Stone aurait pu prêter attention à ce film sans ça ?
    Pouvez-vous nous dire ce que cela fait de présenter votre film dans un cadre gay, et comment était le soutien du circuit des festivals gays et de l’industrie gay en général ?
    Chaque festival a été différent. Notre diffusion lors du festival Rooftop Film était formidable. Tout dépend comment vous présentez le film. Ils nous ont donné un super créneau, ils en ont fait la promotion et mille personnes sont venues. Tout dépend de sa présentation au sein du festival. Rooftop était génial également parce que c’est cette nuit-là que la loi sur le mariage gay est passée, et elle est passée pendant la diffusion. Lorsque je suis allée répondre aux questions/réponses, je me suis pris le micro dans la figure. Et j’ai dit « Le mariage gay est accepté ». Et tout le monde a applaudit pendant un quart d’heure comme si c’était moi qui avait fait passé la loi. C’était génial. Puis une partie des acteurs m’ont dit que je ne pouvais même pas répondre aux questions pour l’instant. Jackie Monahan a dit « Je suis en couple depuis dix ans. Est-ce que je dois me marier maintenant ? ». Certaines personnes à qui j’ai parlé ont un peu paniqué après coup. Des femmes débranchaient leur télévision pour que leur copine ne sache pas que le mariage gay avait été autorisé. Donc c’était une nuit historique. Rooftop a beaucoup travaillé pour que le son soit bien diffusé partout sur le toit. C’était magique. C’était une soirée magique.
    Le manque de chance que l’on a eu avec le circuit des festivals gays est qu’un grand festival gay nous a programmés en matinée à cause d’un problème d’agenda avec Rooftop. Je ne me doutais pas que tous les autres festivals copieraient ce planning. Du coup on a beaucoup été projetés le matin, ce qui n’était pas bon du tout pour ce film. Parfois je me disais que c’était dû à autre chose : c’est un film très original, à petit budget, sans grandes stars. Mais il y a d’autres facteurs en jeu que cela dans la programmation des festivals gays. Le planning dépend, par exemple, du fait qu’untel, une star de ciné, a daigné nous faire part de sa présence, il y a aussi des problèmes de statuts, de valeurs de production. Les personnes qui programment les films prennent en considération certaines choses que le public ne voit pas. Le public adore le film et y a bien répondu. Pour les festivals qui lui ont donné une bonne heure de diffusion, ça a toujours été une expérience incroyable.
    En quoi avez-vous l’impression que les institutions gays (les médias, les festivals de films) ont été bénéfiques pour le film ?
    Eh bien, il faut que vous gardiez en tête que tout l’intérêt des festivals est de donner au public quelque chose de différent de ce qu’il voit d’habitude dans le monde commercial. Le monde commercial est un endroit où sept pourcent des films sont réalisés par des femmes.
    Je suis rendue à la moitié du bilan de 2011. Dans les six derniers mois, près de dix-sept pourcent des sorties cinéma était réalisées par des femmes. La majorité de ces sorties étaient des documentaires. C’est toujours terriblement déprimant.
    Exact. C’est aussi pour ça que les festivals existent, parce que vous ne pouvez pas voir ces films dans le « vrai monde », ha ha ! Les festivals offrent au public quelque chose de différent. C’est difficile. Une productrice avec qui j’avais été à Columbia avait travaillé avec un réalisateur qui avait fait un court-métrage gay : le court-métrage a fait le tour des [festivals]. Et ensuite, elle a travaillé avec un autre réalisateur qui avait fait un court-métrage qui n’était pas homo. Elle m’a dit « Il devrait y avoir un festival pour les réalisateurs hétéros ! ». Et j’ai eu envie de dire « Il y en a, cela s’appelle le monde entier ». [les deux rient] En plus, je n’ai pas trouvé que le second court-métrage était si bon que ça. Mais de toute façon, tout ce système de soutien dont vous parlez existe parce qu’il faut que les gens connaissent ces choses qu’ils ne connaîtraient pas autrement. Donc tout le soutien de la communauté gay ne constitue pas une exposition supplémentaire, c’est juste que vous pourrez voir le film dans votre ville…
    Donc au lieu d’être une promotion supplémentaire pour le film, c’est plutôt un égalisateur.
    Exact.
    J’ai quelques questions sur votre scénario. Vos courts-métrages sont très comiques. Vous commencez par parler des pathologies de ces personnages et cela devient de plus en plus drôle au fur et à mesure et vous les explorez plus profondément. Mais il y a beaucoup moins de pathos dans ce long-métrage. Les gens ne font pas part de leur folie aux autres, mis à part les agents du gouvernement. Pouvez-vous nous parler de la façon dont vous avez appréhendé la dimension comique de ce film, qui se démarque vraiment des courts-métrages ?
    Ce film est une comédie romantique. Par définition, nous ne voulons pas suivre une personne folle. Nous voulons nous accrocher à ce personnage et être ravis des événements qui lui arrivent. Cela nous mène à une fin heureuse. L’une des choses qui m’a frappée lorsque je travaillais sur ces thèmes, et pas seulement à propos de la science-fiction, c’est de voir à quel point les films indépendants reproduisent tout le temps les mêmes schémas. Je pense à tous ces vieux films indépendants en noir et blanc où l’on voit toutes ces choses que l’on est habitués à voir : les premiers rendez-vous, les moments où l’on est gêné, c’est quelque chose… Oh, on va recommencer à parler de films gays ! Je dois vous dire que je déteste tous les drames, pas seulement les drames gays. Vraiment. Mais ce que je déteste dans les drames gays c’est qu’il y a toujours ces personnages homophobes ridicules. Et même les homophobes de base du public se sentent supérieurs à eux. Et je pense qu’en rendant tout cela si dramatique, en réalité, vous donnez beaucoup de pouvoir à ces personnes-là. Nous vivons dans une société où il y a eu beaucoup d’avancées mais où elles restent tout de même limitées. Par exemple le mariage gay n’existe pas au niveau fédéral. [On arrive à une période où personne] à New-York, ou ailleurs, ne dirait qu’il est homophobe ou qu’il a des idées homophobes. Étrangement tout dépend de la position sociale de chacun… par exemple nous pouvons regarder Will & Grace et d’autres séries télé et nous identifier à elles. Donc l’homophobie est comme la science fiction, ce sont de vieilles croyances rétro. Avec les agents du gouvernement je voulais créer un personnage [homophobe] qui soit un bouffon, plutôt que quelqu’un de très puissant dont on a peur, parce qu’être homophobe est marrant pour nous, les gens ne croient plus à l’homophobie désormais. Ils ne sont pas d’accord avec ce point de vue.
    Mais c’est également satirique. Parfois nous regardons et écoutons ces personnages et pensons que c’est tellement triste et vrai ! Son mariage avec pour thème « sous l’eau », etc : il y a beaucoup d’oppression dans leurs mots. Parfois, vous ne savez pas s’il faut rire ou pleurer. Comment écrivez-vous les répliques pour qu’elles ne soient pas tristes ?
    C’est à ça que sert le montage. Je voulais qu’il y ait un contraste. Je voulais que les agents du gouvernement nagent dans le luxe, qu’ils étalent leurs droits. Cela contraste avec Jane et Zoinx qui doivent se battre pour rester ensemble et doivent se séparer. Je voulais ce contraste en plus de ces agents flippants qui suivaient les femmes.
    Revenons-en à l’écriture. Comment faites-vous pour que les blagues soient si culottées alors que vous jouez avec les extra-terrestres, ce qui est quand même la fascination enfantine la plus basique ?
    C’est intéressant la comédie… Woody Allen dit qu’il tourne deux fois plus de blagues que ce qu’il garde au final. Même si c’est bien à l’écrit ça ne fonctionne pas forcément à l’écran. Ce peut être dû au timing, à l’environnement qui casse la blague, à la direction que prend le personnage et à la manière de jouer des acteurs : ça peut ne pas marcher avec certaines personnes. Pour beaucoup de scènes comiques, le montage est vraiment l’étape la plus importante. Le montage a duré un an. Nous avons réellement fini la veille de notre départ pour Sundance ; nous sommes partis avec notre son et tout. Ce n’est pas que nous avons laissé le temps passer, nous étions vraiment là et continuions à regarder et regarder encore les images. C’était vraiment une étape intense. Lorsque les gens parlent des différences entre les courts et les longs-métrages, les différences en postproduction sont énormes. Je me rappelle ce réalisateur qui disait qu’il avait l’impression que les personnes qui faisaient un long-métrage étaient traitées différemment dans les festivals et par l’industrie, et ce, même si le film n’est pas si bon que ça. Mais faire un long-métrage, même un pas très bon, est très dur.

    Pouvez-vous nous parler du fait d’être une femme réalisatrice d’une comédie féministe ?
    Doris Dorie a dit que lorsque vous êtes réalisatrice sur le plateau, les gens veulent s’assurer que vous êtes en contrôle total et que vous savez ce que vous faites, mais pour la comédie, savoir ce que vous faites n’est pas la chose la plus productive qui soit au niveau de la création.
    La comédie se rapproche de l’accessibilité. L’humour est un langage avec un résultat particulier : les gens rient. J’ai l’impression que la comédie est plus subversive. Vous dites des trucs, les gens y réagissent et ils rient, ils n’ont conscience de l’idée qu’il y a derrière que bien après. On vous nourrit avec des trucs ouvertement politiques alors que la comédie a le pouvoir d’être subversive.
    Il y a plus de fonds pour les documentaires que les films. L’importance des documentaires est plus directement visible : ce documentaire sauvera un village, aidera les gens, c’est important et nous avons besoin de votre aide. Tout le monde sait cela. Comprendre l’importance d’un film est plus difficile pour les gens : c’est une histoire inventée. En parlant de comédie, il y a une anxiété générale envers les femmes responsables de films. Tina Fey nous disait dans son livre que les gens venaient tout le temps la voir et lui demandaient à quel point il était dur d’être responsable d’autant de gens. Et elle dit quelque chose comme « Oui, ils posent tout le temps cette question à Donald Trump ! ». Lorsque vous êtes sur le plateau en tant que réalisatrice, vous êtes responsable. Donc il y a beaucoup d’angoisse : est-ce que cette personne est capable de le faire, est-ce qu’on peut avoir confiance en elle, est-ce qu’elle sait ce qu’elle fait ?
    Et un truc sur la comédie : c’est que vous repartez de zéro à chaque fois. Vous vous concentrez vraiment sur un truc et vous vous dites « c’est nul, ça ne fonctionne pas, ce n’est pas drôle ». Avec la comédie vous devez vous débarrasser de trucs. Je pense que le drame a plus de marge parce que vous n’êtes pas obligé de faire pleurer les gens dans chaque scène. La comédie a un résultat très particulier et l’on voit clairement quand cela fonctionne ou non. Pour moi, douter, savoir écouter : c’est ça la comédie. Il ne s’agit pas de prendre une position autoritaire. Je pense que les gens sont plus à l’aise avec les personnes autoritaires. Je pense qu’avoir une réalisatrice modeste qui s’efface et qui dit tout le temps « C’est nul ! Je suis nulle ! » – ce que font les comiques, ils disent « je suis nul » – est assez anxiogène pour les [financiers] qui ont investi neuf millions de dollars dans le film.
    Je ne pense pas que vous puissiez séparer la réalisation des autres formes d’art lorsque vous dîtes vouloir [voir plus de femme en position de pouvoir]. Tout le monde veut devenir un artiste, tout le monde veut faire un film. Au bout d’un moment, lorsque cela deviendra un boulot pourri comme assistant d’infirmière ou assistant de professeur, alors il y aura plein d’opportunités pour les femmes ! L’art est censé être le miroir de la société. Donc, à mon avis, l’art montre comment la société elle-même fonctionne.
    Vous pouvez trouver des tas de raisons à l’inégalité. Vous pouvez en trouver, mais la seule raison est l’iniquité : les gens qui ont le pouvoir ne veulent pas le donner à ceux qui ne l’ont pas.
    Vous filmez de manière très réelle. Vous essayez de ne pas vous appuyez sur trop d’équipements et de personnes. Qu’est-ce qui est primordial pour faire en sorte de bien filmer pour vous ?
    Il faut que j’aie un plateau centré sur les acteurs. Le jour où Mike Tully était sur le plateau [note de la rédaction : Madame Olnek a mentionné votre nom puisqu’elle savait où cette interview serait publiée], nous n’avions loué l’endroit que pour un jour. C’est dur. Il y a des scènes que je répète encore et encore. Je ne veux pas partir tant que je n’ai pas ce qu’il me faut. J’essaye de faire en sorte que tous les endroits soient des lieux sur lesquels je puisse revenir, pour qu’il y ait plus de richesse dans les jeux d’acteurs. Mon style en tant que réalisatrice évolue encore, mais c’est de cette façon que je travaille : nous nous relions directement à la caméra pour le son, et nous n’utilisons pas d’objectifs supplémentaires. Je pense juste qu’ajouter des trucs prend plus de temps et relâche l’attention portée aux jeux des acteurs et aux matériels. Nous avons commencé à tourner certaines scènes avec des lumières et nous avons fait quelques suppléments sans : la différence n’était pas notable !
    La chose que je déteste le plus sur les grands plateaux c’est que lorsque vous avez plein de personnes, il y a toujours quelqu’un qui mange des chips pendant qu’un acteur qui joue devant la caméra a faim. Vous savez ce que c’est d’avoir faim et de voir quelqu’un ouvrir un paquet de chips délicieusement parfumées. C’est logique que cela arrive parce que les gens s’ennuient et restent là pendant ces prises sans fin. Mais lorsqu’il y a un fossé entre les personnes fournissant un effort et les autres et qu’elles sont sur un niveau différent d’énergie et d’activité, alors, là, vous avez des problèmes. C’est ce que j’essaye d’éviter, avec une réussite variable.
    On tourne beaucoup. Je ne sais pas si je pourrais être sur un plateau où l’humour est imposé, du genre : « Nous allons faire trois prises pour chaque scène ». Que se passe-t-il si je fais trois prises et qu’aucune d’entre-elles n’est drôle ?
    Un jour sur mon plateau tout le monde croyait que la journée se passait très bien parce que l’on était dans les temps. Je savais que ça n’allait pas bien du tout. Rien ne m’avait fait rire de la journée. Cette idée d’efficacité prend un sens différent avec la comédie. Pour certaines personnes cela veut dire tout mettre en boîte. Mais qu’en est-il du potentiel comique ? Cela doit aussi entrer en compte.
    Lorsque vous travaillez avec votre petite équipe, comment faites-vous pour vous donner le temps d’être vraiment concentrée sur le jeu des acteurs et de ne pas vous soucier des autres détails ?
    Cela aide d’être minimaliste et d’être physiquement proche des acteurs, de ne pas être qu’une réalisatrice derrière un écran. Ça vous aide à faire confiance à votre petite voix intérieure et calme tous ceux qui vous détestent, ce qui signifie quasiment tout le monde sur le plateau à ce moment-là. Sur chacun de mes plateaux, je suis la plus haïe des personnes techniques.
    Il faut vous rappeler : tous les autres qui travaillent sur le film, une fois que le tournage est terminé, ils rentrent chez eux et sont libres. En gros, vous êtes mariés à ce tournage. Vous passerez dix milles heures avec ce tournage. Tout ce que vous n’avez pas demandé ou n’avez pas réussi à obtenir va revenir vous hanter encore et encore. Vous allez le visionner, le monter, vous allez le doubler en cassette, vous allez passer des heures à tout refaire pour être sûr que tout fonctionne parfaitement, vous allez l’emmener aux festivals, vous allez voir ce film des centaines de fois. Tous ceux qui sont si catégoriques sur le plateau, ils ne se marient pas avec le film comme le fait le réalisateur. Les gens étaient troublés les jours où je me repassais certaines scènes encore et encore : ces scènes je suis tellement fière de ce que j’en ai obtenu. J’ai fait le choix avec Space Alien de ne pas prendre un bout de scène par ci par là. Je voulais que les acteurs incorporent de manière organique les remarques que je leur faisais pour chaque scène, pour que ce ne soit pas un montage à la Frankenstein. Je voulais qu’ils ressentent le rythme. Cela a fait une grande différence. Même si vous tournez pendant un mois comme Woody Allen, ce n’est jamais qu’un mois. Ensuite ce film existe pour des années ! Les gens sur le plateau vont dire « Oh, il est dix-sept heures ». Savez-vous combien de dix-sept heures vont passer le temps que vivra ce film ? En tant que réalisateur vous êtes seul. Tout le monde part. Même s’ils sont stressés, vous êtes celui qui vit avec le film et avec ce qu’il se passe sur le plateau.
    Comment évaluez-vous financièrement votre temps ?
    Je travaille avec des volontaires. Donc, clairement cela diminue l’endurance des gens. Voilà ce qui arrive toujours : les gens s’embarquent là-dedans parce qu’ils connaissent et aiment mes films. Au fur et à mesure de l’avancement je reste moi : je suis la même personne ayant fait ces films avec ce processus de doutes. Mais au bout d’un moment les gens pètent un plomb, excepté les acteurs. Je fais comme si j’étais à une soirée et qu’ils étaient les seuls personnes qui m’importaient. Et ils sont à fond dedans. Leur énergie m’alimente. Il y a des nuances dans le jeu d’acteur que les gens ne voient pas lorsqu’ils sont concentrés sur autre chose, et l’équipe est concentrée sur autre chose. C’est leur travail.
    Est-ce qu’avoir une petite équipe garde cette énergie sous contrôle ?
    Puisqu’il s’agit juste de deux-trois personnes qui regardent, la productivité est meilleure et les gens perdent moins de temps. Mais je travaille toujours à être plus efficace. Je suis fascinée par les réalisateurs qui travaillent avec une équipe de trois personnes. Ce serait mon idéal.
    Répétez-vous ?
    Nous répétons beaucoup. Surtout pour les scènes de danse.
    Avez-vous peur de perdre la fraîcheur du scénario ou du potentiel comique lors des répétitions ?
    Non. Plus on le répète plus cela sera profond.
    Est-ce que cela vous vient de votre expérience théâtrale ?
    Oui. Il faut être prudent au théâtre. Peut-être que les gens font une bonne première lecture du scénario et puis au fur et à mesure cela tombe en morceaux, mais si vous allez plus loin cela devient plus profond. Les gens ont des problèmes s’ils répètent trop peu, parce qu’alors ils oublient leur première impulsion lors des représentations. Donc la plupart des gens ne s’entraîne pas du tout, ce qui est bizarre quand vous y pensez.
    Avez-vous réalisé toutes les pièces que vous avez écrites ?
    J’ai toujours réalisé. C’était un problème pour moi. Au fur et à mesure que je grimpais les échelons, on attendait de moi que je me mette de côté et laisse quelqu’un d’autre réaliser, et souvent cette personne ne saisissait pas tout le potentiel comique ou la chaleur de la pièce ou autre. Puisque mon sujet avait de l’importance, on me plaçait là. C’était frustrant. Au théâtre on n’attend pas de vous que vous soyez un scénariste/réalisateur. Au cinéma c’est la norme. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai commencé à travailler sur les films.
    Et alors, les films ? Visiblement cela rend votre manière de travailler possible.
    Oui, ça la rend possible.
    Vous aimez les films new-yorkais des années soixante-dix et quatre-vingts tournés sur pellicule et pourtant vous dites adorer l’esthétique de la vidéo.
    La pellicule est belle. La vie est plate. La vidéo est plus proche de la vie, parce qu’elle est plus plate. Si vous regardez autour de ce café on ne dirait pas que cela a été filmé sur pellicule. La lumière est un peu dure, j’ai quelques lumières sur moi, c’est plat et c’est un point de vue de piéton. Je crois qu’Aristote a dit que le drame embellit les Hommes et que la comédie les empire. La vidéo est bien pour la comédie.
    C’est une interprétation extrêmement philosophique de la pellicule contre la vidéo puisque beaucoup diraient que la richesse de la pellicule réside dans le fait qu’elle représente mieux la vie et les êtres vivants.
    Mais c’est du drame, n’est-ce pas ? « C’est un monde merveilleux. C’est si triste. Quelque chose arrive à cette personne dans ce monde si beau, n’est-ce pas triste ?! ».
    Donc vous détestez les drames et vous détestez les pellicules !
    Je crois que Stranger Than Paradise est peut-être le film le plus parfait ayant été réalisé. Lorsque j’ai vu ce film, ce fut la première fois que j’ai compris que le cinéma pouvait inclure ce genre de point de vue. Je me suis dit que je pouvais faire un film parce que s’il peut y avoir cette sensibilité-là, alors il y a de la place pour quelqu’un comme moi.
    Interview Originale sur le site Hammertonail.com

  • Vous l’avez peut-être lu dans Grazia, le nouvel-obs, le Parisien ou encore bien d’autres journaux. C’est officiel, Michelle Rodriguez et Cara Delevingne sont en couple !

    Les doutes s’étaient installés […]

  • La chaîne Arte nous fait un beau cadeau ce soir en diffusant le film Tomboy de Céline Sciamma. Sorti en avril 2011, le film Tomboy raconte l’histoire d’une petite fille qui se fait passer pour un garçon. […]

  • Heather Peace a eu pas mal de succès dans sa carrière mais l’actrice est vraiment entrée dans nos cœurs de lesbiennes grâce à la série télévisée écossaise Lip Service. Elle y interprétait la détective Sam Murray, la flic sexy, qui était à la fois dure et tendre. Alors que la série s’est arrêtée après la seconde saison, Heather Peace, elle, est restée dans notre viseur. Toute nouvelle en tant que chanteuse/compositrice, Heather a sorti, en 2012, son album Fairytales. Cette sortie a été suivie par une tournée à guichets fermés au Royaume-Uni et en Australie. L’actrice out joue actuellement dans la série populaire de BBC1, Waterloo Road. Elle y tient le rôle de Nikki Boston, une enseignante également lesbienne. Waterloo Road vient de donner le coup d’envoi de sa dixième saison et Heather a pris un peu de temps pour nous parler de Nikki, son personnage et de son tout nouvel album qui sortira au printemps.
    Dans la dernière saison de Waterloo Road, votre personnage, Nikki, a eu une sacrée surprise lorsque sa fille (Eve) qu’elle avait abandonnée des années auparavant se met à la rechercher. En quoi cela a-t-il affecté Nikki ?
    L’arrivée de la fille de Nikki a vraiment bouleversé son monde. Elle fuit réellement les problèmes lorsqu’ils sont personnels et je pense qu’elle devrait peut-être envisager une thérapie pour gérer cela ! Elle a transféré tous ses instincts maternels vers Kacey Barry, avant et après qu’Eve la retrouve, lors de son entraînement de boxe. Si Nikki répondait à cette question, elle ne dirait pas que leur relation a à voir avec ses sentiments maternels. D’où la thérapie.
    Eve était assez anéantie la dernière fois qu’on l’a vue : elle apprenait la raison de son abandon par Nikki. Y a-t-il au moins une possibilité d’évolution de la relation entre Nikki et Eve ?
    Oui, sans aucun doute. Elles essaient vraiment de construire leur relation. Il y a des scènes vraiment poignantes, que je trouve vraiment géniales, un peu plus loin dans la série entre Nikki, Eve et la nouvelle partenaire de Nikki. J’étais contente que Waterloo Road montre toute cette situation parce que cela n’a pas encore vraiment été exploré à la télévision au Royaume-Uni.
    À la fin de la dernière saison, il y avait de belles étincelles entre Nikki et Vix, la sœur de Sue. Pouvez-vous nous dire quoi que ce soit sur une éventuelle relation entre ces deux-là dans la saison dix ?
    La série commence avec ces deux-là ensemble et elles semblent très heureuses. Cela amène Nikki à faire part de sa sexualité avec sa classe et encore une fois, je suis vraiment fière de cette scène, je trouve que c’est très bien fait. Mais bien sûr c’est une série dramatique donc le chemin qui mène à l’amour n’est jamais sans embûche. Je pense que Nikki souffre d’un peu d’homophobie intériorisée. Elle n’est pas sûre d’elle-même, ce qui ne la rend pas claire sur la façon dont elle doit se comporter avec le reste du monde vis-à-vis de ça. Tout particulièrement lorsqu’elle doit en parler à Eve et qu’au début elle décide de la renier, elle, ainsi que sa relation avec Vix, au grand désarroi de sa petite-amie. En plus Vix est l’opposée de Nikki, elle est très « couple », elle sait qui elle est et elle en est fière. Nikki a un peu tendance à se mettre toute seule des bâtons dans les roues et nous la regardons malheureusement essayer de bousiller sa seule chance de bonheur. (Thérapie ?)
    Vous êtes out depuis un moment déjà et votre carrière se porte très bien. Au cours de ces dernières années, avez-vous remarqué un changement dans la façon dont l’industrie (et le public d’une manière large) perçoit les acteurs et actrices gays et lesbiennes, ou pensez-vous qu’il y a encore des progrès à faire ?
    Je ne sais pas vraiment. Ai-je joué un seul rôle hétéro depuis mon coming-out ?! Mais bon, peut-être que je ne cherche pas trop non plus puisque j’ai joué des rôles hétéros les douze premières années de ma carrière et que j’apprécie les rôles que j’obtiens en ce moment. Je pense que les choses changent de manière générale, dans les attitudes des gens. Il y a de plus en plus d’acteurs out à la télévision, donc avec un peu de chance ça continuera dans ce sens-là et je suis contente de faire partie de cette industrie au fur et à mesure de ces changements.
    Vous n’êtes pas seulement une actrice populaire, vous êtes également une musicienne talentueuse. Votre nouvel album sortira au printemps et vous avez des tournées prévues au Royaume-Uni et en Australie. Comment gérez-vous ces deux carrières ?
    Je me suis toujours dit : si tu ne sais pas quelle décision prendre alors ne te force pas à en prendre une, la réponse viendra d’elle-même. J’ai été actrice et chanteuse pendant trois ans et je savais que lorsque je devrai me concentrer uniquement sur un aspect de ma carrière alors cela deviendrait clair. C’est ce qu’il s’est passé. Je veux que mon deuxième album soit le meilleur possible et je ne peux le faire que si rien d’autre n’occupe mon attention. C’est pour cela que j’ai pris la décision de quitter Waterloo Road pendant ce temps-là. J’écrivais le soir pendant le tournage, mais je n’arrivais pas à être parfaitement satisfaite de ce que je faisais parce que, dans la journée j’apprenais mes répliques et je tournais beaucoup. Dès que j’ai arrêté et que je me suis concentrée sur la musique, les chansons ont commencé à venir. La créativité a besoin d’espace, elle ne peut pas avoir de contraintes de temps. Certaines chansons s’écrivent en une heure, pour d’autres il faudra que je travaille pendant des mois. Tout le monde de Waterloo Road me manque mais je suis super excitée par les nouvelles tournées et j’ai très envie d’aller en Australie.
    Qu’est-ce-que les fans peuvent attendre de ce nouvel album ?
    Il est beaucoup plus entraînant que le premier, probablement un peu plus pop et funky également. Nous avons un producteur génial, James Lewis, qui enregistre d’une manière très classique avec d’anciens micros, des amplis à lampes, en passant le son d’un micro à l’autre ; un peu comme ils faisaient dans l’ancien temps ! Donc c’est une impression très crue, très directe et intime. Je suis très fière des chansons et j’ai l’impression d’avoir beaucoup avancé et appris en tant qu’auteure. J’ai passé de merveilleux moments dans le studio à faire l’album et j’ai hâte que les gens l’écoutent.
    Félicitations pour vos récentes noces ! Voudriez-vous partager un peu de cette journée particulière avec nous ?
    Nous avons célébré notre PACS dans un magnifique kiosque à musique à Brighton Beach, ma ville natale. Et puis nous avons fait un barbecue et une bonne vieille soirée avec la famille et les amis proches et une relation intime. Le meilleur jour de ma vie. Je le recommande carrément.
    Beaucoup de fans font encore le deuil de Lip Service, moi incluse. Sam Murray était si complexe et fantastique et ce fut tellement décevant de ne pas voir son personnage évoluer sur une autre saison. L’alchimie entre Sam et Lexi était si intense. Si vous aviez pu choisir, quelle fin auriez-vous donnée à Sam ?
    Oh mon Dieu, ça remonte à un bout de temps maintenant. Une fin heureuse, sans aucun doute, c’était une personne tellement bonne. Sam Murray mérite un mariage, des enfants et une super promotion dans son travail. Après un peu d’agitation bien entendu. Oh, et une thérapie !
    Interview Originale sur le site Afterellen.com

  • Épisode 4199 : Mille attentions
    Marlène et Rebecca discutent de Kim. Elle a été retrouvée de justesse par Emilio alors qu’elle était enfermée dans un local. Marlène a trouvé sa sœur très pâle à l’hôpital. R […]

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  • Karen Williams était l’une des stars de Laughing Matters, et son one-woman show, I Need a Snack, a été diffusé sur Logo. Elle vit actuellement dans la région de Cleveland, enseigne la comédie à l’Université de Cleveland et est également la présidente et directrice de l’HaHA Institute (Institut international de l’humour et de la médecine douce). Lesbian Life a rencontré Karen lors de sa participation à une croisière d’Olivia. Nous avons parlé de son parcours en tant que comique et en tant que personne, de la religion qui l’a aidée à surmonter des obstacles et des changements qui ont eu lieu ces 25 dernières années.
    Parlez-moi de l’HaHA Institute.
    C’est mon bébé. L’institut international de l’humour et de la médecine douce, affectueusement appelé HaHA Institute est un institut virtuel, ce qui signifie que j’ai installé un atelier à l’arrière de ma maison. Occasionnellement j’organise des événements dans cet atelier. Tout se fait en ligne : les gens réservent en ligne pour faire tous types d’ateliers liés à l’humour. Il y a par exemple les ateliers humour et soins, humour et gestion du stress au travail, humour et écriture, et même rions sur le sexe. Je donne des cours de one-man show à l’université de Cleveland, donc je fais aussi de la comédie élémentaire.
    Les gens m’embauchent pour aller dans leur société ou leur entreprise, dans les lycées, les universités pour faire ces ateliers.
    Vous êtes bien occupée alors ?
    Parfois plus que d’autres. Bien que je donne beaucoup de cours, parfois l’institut peut prendre 60% de mon temps. Je peux faire un atelier sur une demi-journée avec le personnel d’un collège communautaire. C’est un entraînement à l’humour et à la diversité. J’ai une formation classique : j’ai un diplôme en apprentissage et développement de l’adulte. J’ai également un diplôme en gestion de la diversité.
    Je suis sûre que ça paye mieux que le circuit de la lesbienne comique…
    Pas nécessairement. Je suis quasi au top en tant que célébrité lesbienne. Donc je me débrouille bien en tant que comique lesbienne. Et « bien » est, bien évidemment, relatif. Je vis à Cleveland, je ne vis pas à Laguna Beach. [rires] Nous avons tous des capacités différentes. Je suis l’aînée de sept enfants et l’une de mes sœurs dit : « Elle nous ferait une montagne pour un dollar ». Et c’est vrai que j’utilise vraiment bien mon argent. Mes enfants sont grands maintenant et j’ai huit petits-enfants. Certains d’entre eux sont à l’université. C’est tellement excitant d’avoir autant de choses dans ma vie.
    Vous faites ça depuis 25 ans. Est-ce plus facile ou plus difficile d’être drôle après si longtemps ?
    Je dois dire que je suis dans de bonnes conditions avec mon jeu. Je veux dire que je suis arrivée à un plateau, mais le mot plateau semble immobile. Mais cela ne l’est pas. Cela signifie juste que je suis vraiment à mon top concernant ma confiance sur scène et mon confort avec le public et moi-même. Je me sens vraiment à l’aise avec ma vie et où j’en suis rendue, ce que j’ai à partager, mon capital-drôlerie, tout cela. Cela rend les représentations délicieuses. Je suis dans une phase délicieuse.
    Je n’avais jamais vraiment pensé à ça. Vous avez probablement dépassé le stade du « Suis-je drôle ? ».
    Eh bien, en fait, je ne suis jamais passée par ce stade-là. Je suis, en revanche, passée par le stade que toutes les personnes lesbiennes, gays et transgenres connaissent : « Où est ma place ? Ok, je fais de l’humour lesbien, comment cela sera-t-il accepté ? ». Nous qui sommes sur scène depuis un moment, nous voyons les nouveaux comiques arriver, et ils traitent les mêmes sujets que l’on a déjà traités. Je pense que, d’une certaine façon, on se plonge dans le lesbianisme lorsque l’on commence et en grandissant et en améliorant notre jeu nous couvrons une plus grande palette de sujets et nous n’avons pas à rester bloqué dans la vie lesbienne. Ça devient simplement une partie de ma vie et non pas ma vie en elle-même.
    Votre humour est drôle, mais il fait également réfléchir. Pensez-vous que votre humour puisse avoir un impact social dans n’importe quel sens que cela soit ?
    Je ne peux pas vraiment dire que je le vois de cette façon. On me dit que les gens trouvent mon travail pertinent, qui fait réfléchir, ce genre de choses : « En vous écoutant, cela m’a fait réfléchir ». Fondamentalement, pour moi, les one-man shows, sont ma sortie, ils sont mon moyen, en tant qu’artiste, de m’exprimer. Donc quand je monte sur scène c’est parce que je suis trop pleine et que j’ai l’impression d’avoir tellement à partager. Cela concerne des choses auxquelles je pensais, des choses que je voulais partager. Quand je monte sur scène je suis juste « boum » et je veux que tout sorte.
    Je me considère un peu comme une nouvelle femme. Je pense à des trucs, je n’accepte pas simplement le monde comme il est. Je pense que les gens apprécient ce genre de stimulations.
    C’est également un moyen de se défouler ?
    C’est moi, complètement. Je fais toutes les choses que j’adore. Je peux porter des vêtements de folie, avoir une coiffure folle, je peux dire des trucs fous. Vous savez que je me considère comme une banlieusarde/citadine et je retourne à ma petite vie de banlieue, avec mes voisins qui ne m’ont jamais vue jouer. Voir le spectacle sur Logo était super pour moi parce qu’en allant dans mon supermarché je croisais des gens qui me disaient « Je zappais et puis je vous ai vue à la télé ».
    Quelle est votre démarche dans l’écriture ? Que faites-vous pour être prête pour votre spectacle ?
    Comme la plupart des comiques, je suis très observatrice. Nos sens sont à l’affût. J’ai des trucs que je sais drôles. Tout le processus d’amélioration tient à une bonne structure, il faut une structure et ensuite pouvoir être libre dans cette structure. Donc c’est surtout comme ça que je procède.
    Concernant la préparation, si je sais que je travaille le jeudi, je commence à écrire des trucs, je les mets en ordre et après je m’amuse avec en quelque sorte.
    Qu’est-ce qui a changé en 25 ans ?
    Certaines choses que je dis peuvent être identiques ou similaires, mais c’est la manière dont je les dis qui change. Je peux balancer beaucoup plus de choses, je ne suis plus autant attachée aux mots que je l’étais. Vous comprenez ça en tant qu’auteure et à la base je suis une auteure. Je pense qu’au fur et à mesure que j’évolue en tant que personne, qu’être humain, mon travail évolue. Avant j’étais plus recluse dans ma façon d’être avec les gens, j’étais solitaire. Je me suis nourrie de cela : en tant qu’artiste cela vous est possible. Si vous voulez vraiment être solitaire, soyez artiste parce que vous pouvez vous enfermer dans votre bulle. Mais en évoluant en tant qu’artiste et en tant qu’être humain, j’ai eu davantage le désir de communier avec les gens, avec mon public. Et puis des gens m’ont dit « Vous êtes plus chaleureuse, vous êtes plus drôle, nous vous ressentons davantage ». Et c’est une bonne chose.
    Vous êtes bouddhiste n’est-ce pas ? Comment cela entre-t-il en compte dans votre travail ?
    Je suis bouddhiste de Nichiren. Beaucoup de personnes sont au courant grâce à Tina Turner. Nous invoquons Nam-myoho-renge-kyo. Elle était dans les environs quand j’ai commencé. Nous pratiquions près de Los Angeles ensemble. Ça fait presque quarante ans maintenant que je pratique le bouddhisme. C’est ici que tout le travail d’évolution intervient : je réalise que ce n’est pas suffisant d’être une bonne artiste, il est encore plus important d’être une bonne personne. J’ai ce don et c’est quelque chose pour lequel je prie « Comment puis-je toucher les gens ? Comment puis-je nous unir ? ».
    L’humour américain est traditionnellement fait de répliques cinglantes. Donc le truc avec les femmes comiques lesbiennes c’est que nous pouvons nous donner de la puissance entre nous. C’est comme tout. Les médicaments ont une maladie type, et bien maintenant il est temps d’avoir un exemple bien-être. L’humour américain avait pour modèle des répliques cinglantes, négatives, sarcastiques et nous sommes en train de dire « Hey, et si nous avions une sorte de responsabilité envers l’humour également ». Pourquoi ne pouvons-nous pas tous nous sentir bien, une fois cela finit. Au lieu de rester là à avoir l’impression d’avoir été dénigré.
    Je veux faire ressortir Bouddha des gens lorsque je les amène à rire. Je prie avant de monter sur scène, peu importe le temps que je passe sur scène, je prie pour apporter de la joie aux gens. Et ensuite je me sens si comblée et les gens ont l’impression d’avoir été touchés.
    Quels sont vos endroits préférés pour jouer ?
    Les endroits où l’on me paye. [rires] Je n’aime pas forcément les trucs à l’extérieur à cause de la portée de la voix mais j’ai tout fait. Jouer sur des croisières est un luxe, c’est un environnement fantastique avec un public très réceptif. Donc, c’est génial.
    Travaillez-vous toujours dans des boîtes hétéros ?
    Pas vraiment, mais avec mon travail à l’institut, je fais tous types de travail. Mais je ne reste jamais longtemps dans les boîtes, parce que je ne fume pas et ne bois pas.
    Il y avait une communauté lesbienne présente assez tôt pour pouvoir quitter les boîtes ?
    Oh, tout à fait. Nous étions en plein essor, c’était les années 80 : il y avait la ligue de San Francisco contre le viol des femmes et autres trucs du genre. Je fais toujours des trucs comme ça : du travail contre la violence.
    Je suis en plein milieu d’une tournée qui représente ma victoire contre la violence. Cette tournée s’appelle Humour et Soins, la Libération de la Peur. Elle est dédicacée à la victoire contre la violence sexuelle. Peu importe la ville dans laquelle je joue, je me rends toujours dans un refuge contre les violences, un refuge pour les femmes battues, un centre pour les viols, et je fais des ateliers gratuits d’humour et soins. Ça fait partie de la tournée.
    Cela apporte davantage d’activisme et c’en est le point de départ. Alors que nous nous battons pour le mariage gay et tout cela, les statistiques sur les agressions sexuelles atteignent des sommets.
    Oui, et dans notre communauté. Juste pour cette année, je ne peux même pas vous dire le nombre d’agressions de lesbiennes dont j’ai entendu parler.
    L’une des choses que j’apprends avec la pratique du bouddhisme c’est que c’est une chose d’essayer de vaincre tout ce qui est autour de nous, mais tant que nous n’avons pas vaincu les pulsions que nous avons à l’intérieur de nous, il est très très difficile de combattre les éléments extérieurs. Je ne peux pas m’en prendre à vous, il faut que je regarde en moi et que je comprenne ce qui me fait ressentir que c’est vous le problème. Et après il faut faire quelque chose pour dompter ces pulsions et pour les rediriger. La beauté de l’art est que nous pouvons faire cela.
    Interview Originale sur le site Lesbianlife.about.com

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    Petit rappel :
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    Résumé :
    Dès le début de la saison 1, le match entre Dyson et Lauren commence. […]

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    Si on vous en parle su […]

  • Jasmin Anni Anni Jasmin
    Épisode 5462 : Confusion des sentiments

    Nele n’en revient pas de la surprise que lui on faite ses amis. Elle reçoit comme cadeau un weekend au Spa.

    NELE : Merci, vous êtes trop gentils !
    ANNI : Ouais.
    NELE : Enfin non en réalité, vous êtes méchants ! Comment avez-vous pu me leurrer comme ça ?
    JASMIN : Ben on a fait de notre mieux.
    NELE : C’est pas drôle.
    TUNER : Un petit peu quand même.
    NELE : Merci ! Je suis tellement excitée par ce cadeau !
    JASMIN : On s’est dit que tu pourrais juste aller chez Émilie pour les cosmétiques, mais tu es aussi supposée te reposer !
    NELE : Merci !
    MESUT : Eh, avec ce ravalement de façade tu vas augmenter tes chances !
    NELE : Abruti.
    DIDI : (s’approche et la prend dans ses bras) Viens ici ! Tout le meilleur pour toi.
    NELE : Aww merci ! Je suis si heureuse !

    Ils apportent le gâteau et chantent tous ensemble.

    DOMINIK : Souffle les bougies !
    MESUT : Eh les filles ! Vous êtes prêtes à faire la fête ?
    ANNI : Absolument, ce n’est pas moi qui devrais nettoyer demain.
    JASMIN : Je n’en serais pas si sûre si j’étais toi !
    ANNI : Attendons voir.
    MESUT : Eh, si tu as besoin de quelques conseils en amour, je peux te coacher.
    ANNI : Ouais… Merci.
    NELE : Fiestaaa ! Je suis si contente que vous soyez tous là ! Faisons là fête ! Anni monte le volume de la musique ! À la vôtre !
    JASMIN : À ta santé !

    Jasmin regarde Didi et Anni qui dansent, Dominik est à côté d’elle mais semble passionné par autre chose.

    DOMINIK : Et tout à coup, Tuner se tient devant ce lutteur sumo et il est prêt à mouiller son pantalon. (Remarquant où se porte le regard de Jasmin). Oui, je pense aussi qu’elles sont hot.
    JASMIN : Quoi ?
    DOMINIK : Ben, tu veux les rejoindre ?
    JASMIN : Nooon. Anni et moi avons ce pari en cours. Elle pense qu’elle peut me mettre dans son lit avant minuit.
    DOMINIK : Qui aurait une idée aussi absurde ?
    JASMIN : C’est juste pour s’amuser. Si elle perd elle devra nettoyer l’appartement pendant un mois complet.
    DOMINIK : Elle n’a pas particulièrement l’air d’essayer de gagner le pari.
    JASMIN : Ben c’est aussi bien pour moi non ? Je vais aller chercher quelque chose à manger.
    Elle s’éloigne et s’approche de Nele qui observe l’assemblée à l’écart, particulièrement Tuner.
    JASMIN : C’est ok qu’on ait invité Tuner ?
    NELE : Bien sûr ! Super fête !

    Elles trinquent et Nele s’éloigne.

    Un peu plus tard, Jasmin danse à côté d’Anni et Didi qui semblent obnubilées l’une par l’autre. Elle essaie de détourner leur attention mais sans grand succès. Nele la rejoint peu après.

    NELE : Eh les filles ! C’est l’heure de faire la fête !
    JASMIN : Enfin !
    ANNI : (Elle regarde Jasmin qui continue à se trémousser à côté d’elles puis se retourne vers Didi) Embrasse moi.
    DIDI : Avec plaisir.
    Elle l’embrasse, Anni vérifie entre deux baisers que Jasmin les regarde bien, ce qui est le cas.
    DIDI : J’ai fini ma coupe de champagne, tu en veux une autre aussi ?
    ANNI : Non, mais reviens vite.

    Elle tape sur les fesses de Didi qui s’éloigne. Puis elle s’approche du buffet de nourriture. Jasmin la rejoint et se penche au-dessus d’elle.

    JASMIN : Tic toc, tic toc
    ANNI : Je m’amuse.
    JASMIN : Tu essaies juste de me rendre jalouse.
    ANNI : Et ça marche ?
    JASMIN : Continue de rêver.

    Didi revient les mains vides.

    DIDI : Il n’y a plus de champagne.
    NELE : Oh non, les garçons viennent juste de partir. Tant pis je vais aller en chercher.

    Elle part, Didi et Anni recommencent à danser. Didi regarde Jasmin de loin avec un petit sourire.

    DIDI : Alors, elle mord à l’hameçon ?
    ANNI : (confiante) Elle y a déjà mordu depuis longtemps.
    DIDI : Mais d’ici minuit… Il ne reste plus beaucoup de temps.
    ANNI : Au diable le pari.
    DIDI : Tu es vraiment tombée amoureuse d’elle au final hein ?
    ANNI : Ne t’inquiète pas.

    Elle embrasse Didi. Jasmin arrête de danser. Visiblement jalouse.

    Un peu plus tard Nele revient avec les boissons.

    NELE : Fiesta !
    ANNI : Rafraichissements venez à nous !
    NELE : À la santé des femmes !
    JASMIN : (Étonnée de la remarque de Nele) Qu’est ce qui t’arrive ?
    ANNI : Peut-être que tu devrais aller au Spätkauf-store toi aussi.
    NELE : Les femmes sont définitivement de meilleurs hommes… euuuh personnes ! Buvons à ça !
    ANNI : Nele, tu es sure que tout va bien ?
    NELE : (boit une longue gorgée à la bouteille) Pourquoi ?
    JASMIN : (s’approche d’elle et la prend par l’épaule) Nele, allez, c’est assez pour toi. Trente ans c’est le nouveau vingt ans.
    NELE : Ouais c’est ça.
    JASMIN : Vraiment ! Et concernant Tuner c’est juste…
    NELE : (l’interrompant) Tais toi et danse !

    Plus tard, Jasmin regarde sa montre s’approche d’Anni et Didi.

    JASMIN : (à Anni) Tu as regardé l’heure ?
    ANNI : Non, pas vraiment.
    JASMIN : Hey bien tu devrais, parce que ton mois de ménage est sur le point de commencer dans… maintenant ! (Elle crie de joie et danse autour d’Anni) Pas de ménage pendant un mois !
    ANNI : (qui semble s’en moquer) Ouais ben, tant que t’es contente hein !

    Elle reporte aussitôt son attention sur Didi. Mesut s’approche de Jasmin.

    MESUT : Hey, félicitations ! Vers la fin j’ai pensé que… Mais tu as choisi le bon côté hein !

    Jasmin l’ignore, elle observe Anni et Didi qui dansent lascivement.

    Après quelques instants elle semble ne plus le supporter et s’éloigne en direction de la salle de bain dans laquelle se trouvent déjà des invités.

    JASMIN : Vous permettez ? Merci.

    Anni se glisse à sa suite discrètement et lui glisse un glaçon dans le cou.

    ANNI : Glace premium extra, c’est assez froid ?

    Jasmin crie de surprise.

    JASMIN : Whoa, c’est trop froid !

    Elle essaie de se débattre mais Anni la tient fermement. Elle lui envoie de l’eau dans le visage. Elles rient puis finissent par tomber sur le sol de la salle de bain.

    ANNI : Merde. Tout va bien ?

    JASMIN : Oui.
    ANNI : OK !

    Jasmin devient soudain très sérieuse, elle ne rit plus. Elle se penche vers Anni et l’embrasse. Elles continuent de s’embrasser jusqu’à la chambre d’Anni, elles s’allongent sur le lit. C’est à cet instant que Dominik rentre pour récupérer sa veste. Il allume la lumière et interrompt les filles en pleine action.

    DOMINIK : Oh, pardon. Je ne voulais pas…
    ANNI :… déranger ?
    DOMINIK : Voilà, eh bien euh… poursuivez ! (Il éteint la lumière et quitte la pièce)
    ANNI : Oups…

    Elle recommence à embrasser la nuque de Jasmin, mais celle-ci la repousse.

    JASMIN : Anni…

    Elle se lève et rallume la lumière.

    ANNI : Qu’est-ce qu’il y a ?
    JASMIN : Anni… Je…
    ANNI : Tu m’as embrassée !
    JASMIN : Oui… C’était au-delà de ma volonté.

    Anni, blessée et en colère se relève et se dirige vers la porte.

    ANNI : OK !
    JASMIN : Anni, ne sois pas en colère d’accord ? C’était juste pour s’amuser.
    ANNI : Pas pour moi.
    JASMIN : Attends.

    Anni sort de la pièce en claquant la porte et se dirige vers Didi, toujours dans le salon.

    ANNI : Viens, on s’en va.
    DIDI : Tes vêtements sont trempés.
    ANNI : Ouais, je m’en fous.
    DIDI : Qu’est-ce qui se passe ?
    ANNI : J’ai eu ma dose.
    DIDI : OK !

    Elles s’en vont.

    NELE : (à Jasmin) Hey, je n’avais même pas fait attention. Le pari est terminé à présent ! Il faut fêter ça, où est Anni ?
    JASMIN : Anni est partie. Je suis fatiguée aussi. Je vais aller me coucher.
    NELE : Comment ça se fait que tu sois trempée ?
    JASMIN : (ignorant sa remarque) Profitez de la fête tout le monde !

    Le lendemain matin, Jasmin entre dans le salon, il est sale, elle marche sur des déchets de la veille.

    JASMIN : Oh merde.

    Anni rentre à l’appartement.

    ANNI : Bonjour.
    JASMIN : Hey. Tu faisais la fête jusqu’à maintenant ?
    ANNI : Oui. Ce n’est pas aussi sale que je le craignais. Ça a fini tard hier soir ?
    JASMIN : Aucune idée, je me suis couchée tôt. Tu ne vas pas commencer à faire le ménage maintenant quand même ?
    ANNI : Si bien sûr, les dettes de pari sont des dettes d’honneur.

    Elle enfile des gants et commence à nettoyer. Jasmin s’approche d’elle.

    JASMIN : Je suis désolée.
    ANNI : Hey, c’était un pari. Tu as gagné, j’ai perdu.
    JASMIN : Ce n’est pas ce que je veux dire. Je parle du baiser.
    ANNI : Hé bien tu t’es reprise juste à temps n’est-ce pas ?
    JASMIN : Tu veux bien arrêter ça s’il te plait ? Je sais que c’était mal de ma part… Je n’ai pas voulu…
    ANNI : Allez beauté, ne t’inquiètes pas à propos de tout ça. Ça donne des rides. C’était un pari, on l’a laissé se dérouler jusqu’au bout, hier il s’est terminé, tu as gagné, j’ai perdu. On est toutes les deux des grandes filles, tout va bien.
    JASMIN : Vraiment ?
    ANNI : Oui, on est OK ?
    JASMIN : Ouais…
    ANNI : Tu vois ? Aussitôt oublié. Bien que… bien sûr ça me fait vraiment mal, la façon dont tu as joué avec mes sentiments. Mais bon, si tu me donnes un coup de main, je peux oublier ça.

    Elle lui tend un sac-poubelle.

    JASMIN : Ay Ay !

    Épisode 5463 : La tentation

    Mesut et Nele viennent de coucher ensemble. Mais Nele ne veut pas que quelqu’un l’apprenne. Mesut est de son avis, il ne veut pas perdre sa réputation. Nele a un préservatif dans les mains quand Anni rentre dans la pièce.

    ANNI : Qu’est ce qu’il fait là lui ? (elle voit le préservatif) Oh oh !

    Dominik sert un café à Jasmin.
    DOMINIK : Tiens voilà.
    JASMIN : Merci.
    DOMINIK : Alors ?
    JASMIN : Quoi ?
    DOMINIK : Eh bien, comment c’était hier soir ?
    JASMIN : Sympa.
    DOMINIK : Je veux dire, avec Anni ?
    JASMIN : Rien… C’était rien. Elle est partie juste après que tu sois entré dans la pièce.
    DOMINIK : J’ai gâché ce moment entre vous alors ?
    JASMIN : On s’embrassait juste OK ? Ça n’aurait pas été plus loin que ça de toute façon.
    DOMINIK : C’est pas ce qu’on aurait dit pourtant…
    JASMIN : Non. Je ne suis pas lesbienne.
    DOMINIK : Je sais. C’était agréable ?
    JASMIN : Mec…
    DOMINIK : Non mais ça m’intére…
    JASMIN : Oui, plutôt agréable.
    DOMINIK : Anni est vraiment canon.
    JASMIN : Définitivement.
    DOMINIK : Mais ?
    JASMIN : Je ne veux pas coucher avec une femme !
    DOMINIK : OK, OK, j’ai saisi !
    JASMIN : Tu ne trouverais pas ça étrange si Anni et moi on…
    DOMINIK : Tout le monde a le droit de vivre ses expériences. Ça ne fait pas de toi quelqu’un d’étrange.
    JASMIN : On est amies. C’est comme si toi et Tuner vous…
    DOMINIK : Oh mon dieu…
    JASMIN : Tu vois ?
    DOMINIK : Mais après vous êtes toutes les deux des adultes, vous savez ce que vous faites. Et apparemment tu es intriguée par la chose.

    Il s’éloigne et laisse Jasmin songeuse.

    Nele et Anni refont le lit.

    NELE : Je peux le faire toute seule.
    ANNI : Ça va, en plus tu peux tout me dire Nele, je connais bien les abimes de l’être humain.
    NELE : Ce n’est pas marrant.
    ANNI : Pourquoi c’était si horrible ?
    NELE : Aucune idée, je ne sais même pas comment je suis rentrée ici.
    ANNI : Et Mesut ?
    NELE : Il prétend aussi qu’il ne se rappelle de rien.
    ANNI : Ça laisse au moins la place à un peu d’imagination.
    NELE : Je me rappelle juste qu’on s’est disputé sur la piste de danse, il était mécontent car Katrin l’avait laissé tomber. On était sur les nerfs. Ah mon dieu, cet idiot !!
    ANNI : Et ainsi on passe de l’un à l’autre.
    NELE : Mais !!!
    ANNI : Tu ne te rappelles de rien, il ne se rappelle de rien ; Rockn’roll !!! Qui ça pourrait intéresser ?
    NELE : Moi, c’était mon trentième et j’ai.. avec ce stupide…

    Anni lui tend un coussin.

    ANNI : Laisse tout sortir Nele, allez !!!

    Nele tape alors frénétiquement sur le coussin.

    NELE : Clodo… macho !!!
    ANNI (tout sourire) : Tu vois, t’es mieux ?
    NELE : Je ne boirais plus jamais d’alcool. Il a certainement profité que j’étais complètement bourrée.
    ANNI : Ah n’importe quoi !! Peut-être que c’était très beau.
    NELE : Certainement pas
    ANNI : Uhm les idiots baisent le mieux.

    Nele balance un coussin sur Anni.

    NELE : Arrête !!!

    Mais soudain elle se rappelle avoir embrassé Mesut.

    NELE : Ah non.
    Plus tard dans le salon. Nele est étendue sur le canapé, elle a clairement la gueule de bois.

    ANNI : (qui continue à faire le ménage) Nele ? Une petite bière ?

    NELE : Mon dieu non, je la vomirais.
    ANNI : Ne t’avise pas de vomir. Je viens juste de tout nettoyer. Tu ferais mieux de garder les yeux ouverts sinon les souvenirs d’hier soir vont te revenir à nouveau.
    NELE : Tu as tout nettoyé par toi-même ?
    ANNI : Ben, c’est mon job. J’ai perdu le pari.
    NELE : Oh c’est vrai, j’avais complètement oublié. Alors ?
    ANNI : Alors, un « non » et quatre semaines de ménage.
    NELE : Allez…
    ANNI : Quoi ?
    NELE : Ne fais pas comme si ça ne t’atteignait pas.
    ANNI : Comme si ça changeait quelque chose.
    NELE : Tu craques pour elle. Tu n’es pas si forte que ça.
    ANNI : Je suis plus forte que toi.
    NELE : Si tu le dis.
    ANNI : Ceci-dit, on s’est embrassées à nouveau hier… Et la température est vraiment montée d’un cran. (Elle vient s’asseoir sur le canapé à côté de Nele) Ouais, je sais. Jasmin est hétéro, elle vient juste de rompre avec Kurt, elle est un peu confuse et bla bla bla…
    NELE : Quelle soirée de merde.
    ANNI : Au moins tu n’as pas eu à nettoyer. OK tu devrais prendre un peu de glace, ou pleurer ou un autre truc du genre de ceux que font les hétéros. Moi je vais sortir les poubelles. Et je pense que je devrais passer un petit coup de fil à Didi. Elle est hot aussi. Même si elle ne peut surement pas lutter contre Mesut hein ?
    NELE : Oh Anni… (Elle a un flashback de la veille)
    ANNI : Je n’ai rien fait !
    NELE : Mais moi si ! Oh bon saaang…

    Scène suivante, Anni est dehors, elle sort les poubelles, elle rentre dans un homme qui passait par là à vélo.

    ANNI : Tu peux pas faire attention ?
    L’homme : (s’énervant un peu) Quoi ??
    ANNI : Quoi ?? Allez, viens ! Je suis de mauvaise humeur !
    L’homme : Salope ! (Il s’éloigne sans demander son reste)
    ANNI : Ouais… Branleur !

    Elle traverse la rue, Jasmin la regarde depuis l’autre côté, avec l’air de réaliser soudain quelque chose. Lorsqu’elle arrive sur le trottoir elle lâche une des caisses de bouteilles qu’elle tenait.

    ANNI : Merde !
    JASMIN : Je peux t’aider ?
    ANNI : Si tu continues à me suivre comme ça je vais commencer à penser que tu es déçue de ne pas avoir perdu ce pari.
    JASMIN : Je trouve ça plutôt hot quand tu dis des gros mots.
    ANNI : (tout en continuant sa route) Tu peux en avoir d’avantage si tu veux…

    Plus tard dans la salle de bain, Anni est accroupie dans la baignoire et décolle des étiquettes de bouteilles collées par les invités la veille contre la faïence. Jasmin entre dans la pièce.

    ANNI : Putain de conneries.
    JASMIN : Je peux t’aider ?
    ANNI : (sèchement) Non ! (Puis après un instant elle semble se raviser) Bon, passe-moi une éponge mouillée ou quelque chose du genre.
    JASMIN : Bien sûr.

    Elle attrape une éponge puis s’approche de Jasmin et lui colle une étiquette mouillée dans le cou. Mais Anni n’a pas envie de jouer cette fois.

    ANNI : On a déjà joué à ça hier, tu as oublié ?
    JASMIN : Je pensais juste…
    ANNI : Ouais ben arrête de penser. Tu m’as suffisamment aidée. Merci.
    JASMIN : Anni…
    ANNI : Bon sang ! Jasmin ! Tu sais, je n’ai vraiment pas envie d’être méchante. Mais peut-être que tu peux comprendre que tout ça n’est pas exactement facile à vivre pour moi. Non ?
    JASMIN : Mais j’ai envie de ça…
    ANNI : De quoi ?
    JASMIN : Toi et moi…
    ANNI : Bien sûr… Je n’ai pas franchement besoin que tu joues avec moi une deuxième fois en vingt-quatre heures.
    JASMIN : Je le pense vraiment.
    ANNI : S’il te plaît, fais attention à ce que tu dis.

    Mais Jasmin est très sérieuse. Elle commence à déboutonner sa chemise. Anni daigne enfin lui adresser un regard.

    JASMIN : (elle enlève complètement sa chemise et se tient devant Anni, mal à l’aise mais souriante) Ta-da !

    Anni sort de la baignoire et s’approche de Jasmin. Elles s’embrassent et le reste se passe de commentaires.

    Musique pendant THE scène : Ólafur Arnalds ~ Þú Ert Sólin

     
    Anni Jasmin Dominik Jasmin

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