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Lou Morin a écrit un nouvel article, Tierra De Lobos : interview d’Adriana Torrebejano, l’interprète d’Isabel Lobo il y a 14 ans et 1 mois
Comme beaucoup de lecteurs, j’ai été surprise lorsque Crisabel, de la série Espagnole Tierra de Lobos (TDL) diffusée sur Telecinco, a gagné l’élection récente du « Couple le plus mignon de la télévision » sur AfterEllen.com. Je n’avais jamais entendu parler de cette série, mais j’étais intriguée par ses prémisses – un western Espagnol du 19ème siècle ! – et une fois que j’ai commencé à regarder j’ai tout de suite compris toute l’agitation autour du couple.
Tierra de Lobos ne représente pas seulement l’un des couples homosexuels télévisés actuels les plus fascinants et développés qui soient, mais possède tout un univers magnifiquement et profondément produit, écrit et interprété. Les actrices qui forment Crisabel – Adriana Torrebejano (Isabel) et Berta Hernandez (Cristina) – transmettent une réelle authenticité, et leur complicité à l’écran est palpable. De plus, l’histoire Crisabel n’est pas qu’un détail par rapport aux autres histoires de la série. Elle est aussi compliquée, passionnée et intrigante que les autres relations.
[Attention spoiler si vous n’avez pas regardé la saison un et deux]
La relation entre Isabel, la fille du très puissant et tyrannique Antonio Lobo, et Cristina, une prostituée, qui a été la régulière d’Antonio, commence avec un début difficile bien que séduisant lorsque Cristina séduit Isabel pour se venger d’Antonio. En dépit de cette trahison, les deux femmes tombent amoureuses et quand Antonio les découvre toutes les deux dans les bois, il envoie Isabel en couvent. Isabel s’échappe finalement avec l’aide de ses sœurs et de Cristina. Cependant leur réunion ne dure pas longtemps et la saison deux se termine avec un cliffhanger qui fait se ronger les ongles et fera attendre anxieusement le début de la saison trois, qui commencera au printemps, à beaucoup de fans de Crisabel.
Pour retrouver la série, visitez le site web où certains fidèles lecteurs de AfterEllen.com ont monté un projet de traduction Espagnol-Anglais.
En même temps, nous avons retrouvé Torrebejano par e-mail pour l’interroger sur son rôle dans la série, sur la façon dont les téléspectateurs y ont répondu, et ce qu’elle attendait d’Isabel dans la saison trois.
(Remerciements spéciaux pour tous ceux qui ont aidé à monter cette interview, notamment l’internaute d’AfterEllen.com, Cougar, et le fan club anglais d’Adriana Torrebejano).
Crisabel a récemment gagné le prix AfterEllen.com du « Couple le plus mignon ». La victoire a rendu très heureux les fans de Crisabel et a fait découvrir Tierra de Lobos à beaucoup de lecteurs qui ne connaissaient pas la série. Qu’est-ce qui selon vous fait de l’effet sur autant de gens dans le couple Crisabel ?
Je pense que c’est parce qu’il traduit la réalité. Berta Hernández et moi avons toutes deux créé des situations très réelles, en prenant en compte que notre histoire est contrainte à cause du siècle dans lequel cela se passe.
À quel moment avez-vous appris qu’Isabel était lesbienne ? Comment vous sentiez-vous par rapport à ça ? Si vous aviez su dès la saison une, auriez-vous pris ça en compte dans le développement et l’interprétation de son personnage ?
C’était quelque chose dont les écrivains et moi avions parlé longtemps depuis le début. Donc, dans la première saison nous avons commencé en donnant des indices que seuls les spectateurs les plus attentifs ont reçus. Pour la façon de développer le personnage, Isabel est telle qu’elle est. Son orientation sexuelle n’a aucune conséquence. Si elle avait été hétérosexuelle, elle aurait agit de la même manière.
Comment l’Espagne a-t-elle réagit à l’histoire de Crisabel ?
[La réaction a été] très glorifiante. Nous avons reçu beaucoup d’affection de partout en Espagne et aussi de l’étranger. Ils ressentent et souffrent autant que Crisabel [rires].
Qu’est-ce qui est glorifiant et quel est le défi de jouer Isabel ?
Tourner les scènes de tortures dans le couvent a été un vrai cadeau pour moi, c’était le pied. La partie la plus dure serait d’interpréter une Isabel heureuse. On la voit à peine sourire.
Quelle est la question la plus ridicule que l’on vous ait posée sur votre rôle dans Tierra de Lobos ?
[Ce serait] si Isabel était amoureuse d’Aníbal. L’amour fraternel qu’ils partagent est génial. Ils n’ont pas beaucoup de scènes ensemble, mais quand ils en ont, c’est juste fait pour Isabel. Elle adorerait être comme lui.
Quelle question aimeriez-vous que les gens vous posent sur Isabel ou sur votre expérience d’actrice interprétant son personnage ?
[Ce serait] quelque chose en rapport avec l’évolution de son personnage. Je suis vraiment contente de la façon dont Isabel a grandi et comment, au fur et à mesure, elle a trouvé sa voie. Aussi, par exemple : quand est-ce que Berta et moi allons récupérer notre prix AfterEllen ? [rires].
Dites-nous quelque chose sur Isabel que l’on ignore.
Vous savez déjà tout d’elle. Elle est très transparente avec ses sentiments. Bien que la saison trois ne la laissera pas respirer.
Que peut-on attendre de la troisième saison ?
Touuuuuuuuuuut !!! Beaucoup de choses vont arriver. Des choses qui semblent impossibles.
Travaillez-vous sur autre chose que Tierra de Lobos ?
Je fais du microthéâtre. [Note du traducteur Espagnol-Anglais : Le microthéâtre est une expérience théâtrale innovante où un petit groupe de gens profite de plusieurs courtes pièces le temps d’une soirée]. Toutes les pièces tournent autour du même sujet. Vous pouvez en apprendre plus ici et ici.
Cette dernière question fait référence au célèbre projet Six Word Memoir. Si vous ne le connaissez pas, il s’agit d’écrire votre mémoire en six mots. Par exemple, l’humoriste Stephen Colbert a répondu : « Bien, j’ai trouvé ça marrant ». Quel est votre Six Word Memoir ? Quel est le Six Word Memoir d’Isabel ?
Isabel Lobo : « Je vis intensément assumant les conséquences » (« Vivo todo intensamente con sus consecuencias »).
Adriana Torrebejano : « J’étais là, me laissant transporter. Action ! » (« Aqui estuve yo, dejandome llevar. Accion ! »).
Questions des lecteurs d’AfterEllen.com :
De Moodified : Qu’est-ce que cela fait de donner vie à une femme du 19ème siècle aussi complexe qu’Isabel ? Elle semble avoir plus d’ambitions que ses sœurs. Elle n’accepte pas les règles de la société qui lui sont imposées, comme le mariage et les enfants. C’est une femme intelligente, capable et cultivée, pour ne pas mentionner lesbienne, qui, doit se soumettre au désir du système patriarcal, peu importe combien elle le déteste. Comment vous sentez-vous, en tant que femme du 21ème siècle dans la peau d’un personnage qui a dû vivre dans ces circonstances ?
WOAH ! Moodified, vous connaissez vraiment bien Isabel. En étant dans la peau d’Isabel, je pense que ce serait vraiment dur de vivre dans une société qui ne voit pas les choses de la même façon que vous. Tout ce qui entoure Isabel est contre elle. Malgré ça, je suis contente et j’adore la jouer, parce qu’elle n’arrête jamais de se battre pour ce qu’elle veut, et elle n’abandonne jamais. Tristement, les choses ne sont pas toujours si différentes de ça de nos jours.
De TikiGal : Si vous pouviez écrire le scénario, qu’est-ce que vous voudriez qu’il arrive à Isabel ?
Après tout ce que Crisabel a dû surmonter, ce serait bien pour elles de fuir ensemble. Mais cela engendrerait un spin-off, et je ne veux pas quitter Tierra de Lobos. [Rires].
De Cougar : Diriez-vous qu’Isabel est un bon modèle LGBT ?
Oui, pourquoi ne le serait-elle pas ? Même si Isabel n’est pas un exemple classique, elle vit à une période à laquelle je suis sûre qu’il y avait des lesbiennes et gays aussi.
De Jen : Qui est le plus grand clown/blagueur du plateau ? Avez-vous déjà joué un tour à un membre de l’équipe ?
Nous (Les sœurs Lobo) faisons beaucoup les andouilles quand nous avons des scènes ensemble. Mais le plus drôle c’est Juán Fernández (Lobo). Il est tout le temps en train de chanter sur le plateau, et il rend le tournage beaucoup plus agréable. [Rires].
De Jooo : Qu’avez-vous appris sur vous même en jouant Isabel Lobo ?
(J’ai appris) à comprendre mon cheval, à lui transmettre les émotions au moment où l’on tourne une scène. Vous n’avez besoin de rien d’autre, vous ne faites plus qu’un avec lui. Cette connexion est la meilleure partie du tournage. Dès que je monte sur le plateau, s’il est là, je lui apporte une pomme. Il me demande toujours de le chouchouter.
De Foxdith : Quand est-ce qu’Isabel est tombée amoureuse de Cristina ?
Le tout premier moment où elle est entrée dans cette pièce et l’a vu prendre son bain, dès qu’elles se sont regardées.
Si vous pouviez donner un conseil à Isabel, quel serait-il ?
Je ne donnerais aucun conseil à Isabel, je l’adore telle qu’elle est. Peut-être qu’elle agit avant de réfléchir parfois, mais sa vie n’est pas facile du tout. Ce serait plutôt à elle de me donner des conseils. [Rires].
De Kiana94 : Y-a-t-il un rôle que vous ayez déjà refusé de prendre ? Si oui, quel était ce rôle et pourquoi ?
Oui. En tant qu’acteur, on peut être sans travail de temps en temps, mais tout d’un coup, deux rôles arrivent en même temps. Ce n’est pas tant que vous en rejetez un, c’est plus que vous devez faire un choix.
De pegske : Pensez-vous que les difficultés économiques auxquelles l’Espagne fait face auront un impact sur les investissements, sur les rôles et les propositions de travail pour les jeunes actrices espagnoles ?
Oui, je le pense, parce que les choses ont beaucoup changées récemment. Et, si on arrête de produire des projets, la demande va augmenter. Mais, pour prendre la situation à la légère, j’espère que Tierra de Lobos restera produite pendant longtemps. Si elle ne l’est pas, il faudra que j’apprenne l’anglais et cherche un travail par ici. 😉
Interview Originale sur le Site Afterellen.com -
Lou Morin a écrit un nouvel article, The L-Word : interview de Jane Lynch, l’interprète de Joyce Wischnia il y a 14 ans et 2 mois
Jane Lynch doit être l’une des travailleuses les plus occupées d’Hollywood. Elle est apparue dans plus de cent films et émissions télévisées, y compris The L-Word, The 40 Year Old Virgin, CSI, The Gilmore Girls, Friends and Best in Show. Et cerise sur le gâteau, cette actrice lesbienne « out » n’a jamais senti le besoin d’être dans le placard.
J’ai eu l’opportunité de parler avec Jane Lynch à propos de ses quelques projets en cours y compris son apparition au Dinah Shore. Elle a également donné quelques bons conseils pour ceux qui ne savent pas s’ils doivent ou non sortir du placard.
Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?
J’ai fini un film mercredi dernier. Son titre provisoire est Ticket to Ride. Il y a Michael Keaton, Carol Burnett et Alexis Bledel des Gilmore Girls.
Woah, Carol Burnett.
Je sais. Elle joue ma belle-mère. Ça a été le gros temps fort de ma vie. Michael Keaton est merveilleux aussi. Mais mazette qu’est-ce que nous avons aimé Carol Burnett !
Que pouvez-vous me dire du film ?
Je suis la mère. Alexis essaie désespérément de commencer sa propre vie et les circonstances la font échouer. Ça parle du fait que le voisin est l’amour qu’elle a toujours attendu et que l’on n’est jamais aussi bien que chez soi.
Donc, une comédie romantique ?
Oui. C’est une comédie romantique délirante.
Depuis combien de temps travaillez-vous à Hollywood ?
Je suis là depuis quatorze ans. J’ai suivi mon cours.
Vous avez été partout : films, publicités. Êtes-vous la travailleuse la plus active d’Hollywood ?
Je ne sais pas. J’ai été très chanceuse, je travaille beaucoup.
Préférez-vous la comédie ou le drame ?
Je préfère travailler. Juste travailler. J’adore être occupée.
Avez-vous un rôle que vous préférez ?
Laurie Bohner dans A Mighty Wind. J’ai vraiment aimé interpréter ce personnage. J’adore chanter dans un groupe. Et nous avons fait une tournée. La meilleure partie fut de jouer la bombe sans complexes, à l’aise avec sa féminité.
On dirait que beaucoup de personnages que vous interprétez fanfaronnent, comme dans 40 Year Old Virgin et The L-Word. Êtes-vous comme cela ?
Non. C’est moi dans un TRÈS bon jour.
Il y a quelques années, vous avez gagné un prix de POWER UP pour être l’une des Dix Merveilleuses Femmes Homosexuelles d’Hollywood. Ce fut la première fois que j’ai réalisé que vous étiez « out ». Je voulais vous demander à ce propos, est-ce que faire votre coming out fut une décision que vous avez prise à un moment donné ?
Non, c’était très naturel. Je n’ai pas cessé d’aller aux événements gays lorsque ma popularité a un peu augmentée, j’ai juste continué à vivre ma vie. J’ai eu la chance d’avoir, au travail, des gens courageux comme Ellen, Melissa et Rosie. Elles ont fait le sale boulot et j’ai joyeusement suivi le chemin tracé, en sifflotant. C’était plus facile pour moi.
De ce que vous pouvez en dire, est-ce qu’être « out » a affecté votre carrière ?
Non. Si cela l’a été, c’était dans mon dos. Mais vous savez quoi, je ne joue pas les ingénues. Je pense que si j’étais un genre de Julia Roberts, attendez, non ce n’est pas vrai, je connais quelques femmes à la télévision qui sont gays et cela ne semble pas les affecter. Mais je pense que si vous êtes vraiment une grande star, alors cela peut vous affecter. Mais il me semble que c’est en train de s’améliorer.
Avez-vous des conseils pour les jeunes lesbiennes qui cherchent à poursuivre une carrière à Hollywood ?
Je dirais, ne soyez pas une jeune lesbienne à la recherche d’une carrière à Hollywood. Ces identifications dans lesquelles nous nous enfermons : je suis grande, je suis lesbienne, je suis africaine, américaine ; oui, ces choses là ont une incidence sur la façon dont les gens nous perçoivent. Mais depuis mon enfance je ne me suis jamais enfermée dans aucune de ces désignations. Donc je pense que c’est pour cela que j’ai toujours plus assumé ce qui était possible pour moi. Donc je dirais, si vous voulez être acteur, sortez et jouez. Le truc c’est que le monde a changé. Comme j’ai dit, il y a eu des gens vraiment courageux, puissants avant nous qui ont établi ces fondations, qui se sont sacrifiés et ont eu des temps difficiles. Mais du travail a été accompli, donc lancez-vous et profitez de cela. Tout est question de la façon dont vous vous sentez. Faites ce avec quoi vous êtes à l’aise. Certaines personnes sont plus à l’aise en étant dans le placard. Vous devez les laisser l’être. Cela ne fait pas d’eux de mauvaises personnes, ni des hypocrites. Ils doivent se demander : où suis-je à l’aise ? C’est un processus.
Parlons du Dinah Shore. Y êtes-vous déjà allée auparavant ?
J’y suis allée l’année dernière. C’était ma première fois. J’y suis seulement allée pour deux-trois jours. C’est fou et marrant. Je regrette juste de ne pas y être allée en étant plus jeune.
Quel rôle aurez-vous là-bas ?
J’y vais juste pour 24 heures. Je vais faire un défilé de mode. Je vais me pavaner sur le podium.
On passe à The L-Word. J’adore votre personnage Joyce dans The L-Word.
Moi aussi. J’adore la jouer.
Comment est-ce de jouer en face de Cybill Sheperd ?
En un mot, c’est le paradis. Je pense qu’elle fait de moi une meilleure actrice. C’est généralement une scène par épisode donc on joue et on stoppe assez rapidement, mais c’est tellement appréciable. Ça vaut largement le voyage jusqu’à Vancouver. C’est le meilleur.
Êtes-vous là haut pour une semaine ?
24 heures.
Vous faites toutes vos scènes en 24 heures ?
Oui.
Est-ce donc comme cela qu’est votre vie ?
Parfois. Je suis une bosseuse. Je pose ma valise dans différents endroits. C’est ma vie depuis un moment maintenant.
On dirait que c’est une vie vraiment cool. Est-ce que vous l’appréciez ?
Oui. Je l’adore. Il y a une partie de moi – vous savez vous voulez toujours ce que vous n’avez pas – qui voudrait poser mes bagages quelque part pendant un moment, mais de temps en temps je le fais. Je viens juste de tourner ce film pendant cinq semaines, et j’ai habité là durant tout ce temps.
Que serait le rôle idéal de Jane Lynch ?
Je le fais chaque jour. J’ai été tellement chanceuse. Chaque rôle que j’obtiens est nouveau et est une partie de moi que je n’ai pas encore découverte. Je n’ai plus de buts maintenant. Non pas que j’ai fait tout ce que je voulais faire, mais avoir des buts est trop stressant. Je suis plutôt heureuse de la façon dont se déroulent les choses. Si je me dis que je devrais avoir un but, cela me stresse, et je pense que je n’ai pas besoin de but, je me débrouille bien.
Où pouvons-nous espérer vous voir dans le futur ?
Un film appelé Spring Breakdown. Nous l’avons tourné il y a un an. Il devrait sortir en Octobre. Ce film que j’ai fait Ticket to Ride, ne sortira probablement pas avant l’année prochaine. En fait je suis en train de correspondre avec une amie en ce moment, nous avons une idée que l’on va monter. Une comédie.
Nous allons attendre cela avec impatience. Merci Jane Lynch.
Interview Originale sur le Site LesbianLife.com
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