Recessive

Un énième film sur la peur d’être mère

Année de Production : 2010

Réalisation : Logan Kibens

Scénario : Logan Kibens

Avec : Abigail Boucher (Norah Aubry), Jessica Hudson (Shay Vetra)

Nationalité : Américaine

Genre : Moyen-Métrage

Durée : 31 : 00 minutes

Titre Original : Recessive

Recessive : Résumé

Cela fait plusieurs années maintenant que Shay et Norah forment un couple heureux. Pourtant depuis quelques temps, Norah ressent comme un manque : elle désire avoir un enfant avec sa femme. Mais Shay, dans la famille de laquelle il y a des antécédents de maladie génétique, n’est pas du même avis, selon elle l’adoption est une meilleure option. Chacune va donc tenter de convaincre l’autre du bien-fondé de ses convictions…

Cela fait plusieurs années maintenant que Shay et Norah forment un couple heureux. Pourtant depuis quelques temps, Norah ressent comme un manque : elle désire avoir un enfant avec sa femme. Mais Shay, dans la famille de laquelle il y a des antécédents de maladie génétique, n’est pas du même avis, selon elle l’adoption est une meilleure option. Chacune va donc tenter de convaincre l’autre du bien-fondé de ses convictions…

L'avis d'Univers-L

Scénario/Réalisation
Casting
Lez/Bi Quantité
Lez/Bi Qualité

Résumé : Oubliable rapidement.

Note des lectrices : Soyez la première !
30

Recessive est un moyen-métrage américain traitant des sujets de la maternité et de l’homoparentalité. Autant le dire tout de suite, je n’ai pas été totalement convaincue par ce film. Est-ce dû à un sujet mille fois abordé ? À un scénario à la fois classique et parfois incompréhensible ? Sans doute à un mélange de tout cela, ainsi qu’à d’autres éléments…

L’homoparentalité et la peur d’être mère sont des thèmes qui ont été traités à maintes reprises dans les films lesbiens, des sujets casse-gueule tant ils sont difficiles à renouveler. Ici on a pourtant tenté d’apporter un élément nouveau, avec cette possible maladie génétique qui hante notre héroïne, mais la mayonnaise ne prend pas…

Shay est amoureuse de Norah, mais elle ne veut pas donner de bébé à cette dernière. C’est dommage, et ce d’autant plus quand on s’aperçoit qu’en fait ce n’est pas tant qu’elle n’en désire pas, mais plutôt qu’elle a peur de lui transmettre une possible maladie génétique (d’où le titre !). Là où ça se complique, c’est lorsque l’on se rend compte, petit à petit, qu’à cause de cette situation, notre pauvre héroïne ne dort plus la nuit : elle sait que l’une de ses tantes avait souffert toute sa vie d’une maladie rare et dont elle est peut-être porteuse. Et en parallèle, sa femme a un fort désir d’enfant avec elle, un enfant qui lui ressemble. Vous imaginez le choix cornélien qui s’impose à elle !

L’occasion de remettre sur le tapis, comme dans bon nombre de fictions américaines, le sujet ultra rabâché de l’hérédité et de la filiation. Un enfant adopté est-il autant le vôtre qu’un bébé qui est issu de votre chair et de votre sang ? L’enfant est-il votre enfant par l’éducation ou par le sang ? Peut-on prendre le risque (relativement égoïste) de transmettre une maladie grave à un enfant, simplement car on souhaite pouvoir se reconnaître ou reconnaître un être aimé en lui ? Tout un tas de questions abordées dans cette longue demi-heure, mais dont on ne nous donne pas forcément les réponses.

Et c’est là l’un des reproches que je peux faire à ce moyen-métrage : à vouloir traiter trop de sujets – par ailleurs rincés tant ils l’ont déjà été auparavant – il se perd et nous perd avec lui. Difficile de trouver un fil rouge, une ligne directrice et cela s’avère très troublant, car quand la lumière se rallume, on se demande encore ce qu’a bien voulu nous dire Logan Kibens…

J’ai également été plus que dubitative devant l’intérêt de certaines scènes. Au risque de surprendre la réalisatrice, je savais déjà comment on fait les bébés ; donc le coup de l’histoire de la vie en accéléré (de la rencontre entre un homme et une femme, à la première nuit, jusqu’à l’accouchement, sans oublier l’évolution du fœtus à l’intérieur du ventre de sa mère), c’était plus que facultatif. Il en va de même avec les différences entre un homme et une femme, nous aurions pu nous en passer…! En somme, un scénario et une mise en scène plutôt brouillons et faiblards.

Autre élément qui ne joue pas en faveur de Recessive : le jeu des acteurs, qui n’ont pas l’air d’être au meilleur de leur forme. L’actrice qui interprète Shay a constamment cette même expression désespérée sur le visage et on a beaucoup de mal à déceler l’amour et la complicité qui l’unissent à sa compagne Norah.

C’est dommage, car il y avait pourtant de réelles bonnes idées qui parsèment le moyen-métrage, et notamment ce moment adorable où elle laisse sur son oreiller une bande dessinée les mettant en scène afin de se faire pardonner. Les dessins se révèlent plein d’humour et pertinents à ce moment du film, en apportant une touche de fraîcheur. C’est là d’ailleurs le point fort de cette oeuvre : la qualité visuelle et la recherche d’originalité dans certaines scènes, comme ces témoignages dans des photomatons au tout début ou la qualité des animations quand on nous réexplique le cycle de la vie.

En résumé, le moins que l’on puisse dire, c’est que Recessive est loin de révolutionner le genre et ne restera assurément pas dans les anales. Mais si le pathos coule un peu trop à flots à mon goût, il n’en reste pas moins que ce moyen-métrage dispose tout de même de qualités techniques indéniables. À vous de voir si vous souhaitez le visionner ou non.

Recessive : Extraits

SHAY : Tu es très belle.
NORAH : Promis ?
SHAY : Promis.

SHAY : T’es réveillée ?
NORAH : Non !
SHAY : Et maintenant ? J’arrête pas de réfléchir.
NORAH : La journée a été longue ?
SHAY : Ça fait plusieurs jours que ça dure.

SHAY (dans la BD qu’elle a dessinée pour sa femme) : Il devrait y avoir un mini toi sur cette planète.

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