A Girl At My Door

Un drame coréen puissant

Année de Production : 2013

Date de Sortie : 22 mai 2014

Réalisation : July Jung

Scénario : July Jung

Avec : Bae Doona (Yeong-Nam), Kim Sae-Ron (Dohee), Song Sae-Byeok (Yong-ha Park), Jin-goo Kim (Jeom-soon Park, la grand-mère), Jong-gu Kim (Chef Choi), Jong-hak Son (Eom), Jong-min Na (Kim), Min-jae Kim (Jun-Ho), Arvind Alok (Bakim), Jang Hee-Jin (Eun-jung), Jin-woo Park (le détective)

Nationalité : Corée du Sud

Genre : Drame

Durée : 1h 59min.

Titre Original : 도희야 (Dohee-Ya)


Interview(s) :

Interview de July Jung pour le site Filmdeculte.com

A Girl At My Door : Résumé

A Girl At My Door est un long-métrage sud-coréen de 2014, réalisé et écrit par July Jung, et récompensé à Cannes dans la catégorie « Un certain regard ».

Une jeune commissaire de Séoul, Yeong-Nam, est mutée dans un petit village de pêcheurs de Corée du sud, ancré dans ses habitudes, préjugés et secrets. Elle y rencontre Dohee, une jeune fille battue par ses camarades et sa famille. Cette situation est connue de tous mais tolérée puisque le père de Dohee, Yong-Ha, participe activement au fonctionnement de la ville. Yeong-Nam décide alors d’héberger Dohee chez elle. Mais, malgré toutes ses bonnes intentions, sa relation avec Dohee très mal vue.

 

A Girl At My Door est un long-métrage sud-coréen de 2014, réalisé et écrit par July Jung, et récompensé à Cannes dans la catégorie « Un certain regard ». Une jeune commissaire de Séoul, Yeong-Nam, est mutée dans un petit village de pêcheurs de Corée du sud, ancré dans ses habitudes, préjugés et secrets. Elle y rencontre Dohee, une jeune fille battue par ses camarades et sa famille. Cette situation est connue de tous mais tolérée puisque le père de Dohee, Yong-Ha, participe activement au fonctionnement de la ville. Yeong-Nam décide alors d’héberger Dohee chez elle. Mais, malgré toutes ses bonnes intentions,…

L'avis d'Univers-L

Scénario/Réalisation
Casting
Lez/Bi Quantité
Lez/Bi Qualité

Résumé : Quand en campagne coréenne homosexualité rime avec pédophilie.

Note des lectrices : 4.75 ( 2 votes)
71

A Girl at my Door est le premier long-métrage de la réalisatrice July Jung. Et pour une première, elle s’est entourée de personnalités très connues : les actrices Bae Doona et Kim Sae-Ron (qui ont d’ailleurs fait le film sans être payées) et le producteur Lee Chang-Dong.

Ce drame nous raconte l’histoire d’une policière, Yeong-Nam, mutée dans un petit village de Corée du sud pour une raison que l’on ignore au début (enfin… avec un minimum de flair on sent arriver l’homosexualité). On sait simplement qu’il faut qu’elle se fasse discrète ici pendant une année pour pouvoir réintégrer la capitale. Elle rencontre alors Dohee, une jeune fille harcelée par tout le monde. Yeong-Nam décide alors d’héberger Dohee chez elle. Mais, malgré toutes ses bonnes intentions et sa prudence, son homosexualité sera révélée et sa relation avec Dohee très mal vue et associée à de la pédophilie.

Bien qu’en dehors de Yong-Ha personne ne dise rien, les regards, eux, en disent long : il suffit de voir la scène à la plage pour comprendre que le Chef Choi n’approuve absolument pas la situation. Alors certes, Yeong-Nam, n’est pas persécutée ou harcelée directement à cause de son homosexualité, mais la situation est bien plus insidieuse. On est mal à l’aise, on a constamment peur pour elle, on sait qu’à un moment où un autre, cette situation tournera mal, alors qu’elle essaye juste d’aider Dohee.

Les personnages sont forts et touchants et l’on est simplement témoin de leur vie sans qu’aucun jugement ne soit émis de la part de la réalisatrice. J’avoue avoir apprécié cette neutralité. Les personnages sont aussi plus complexes qu’ils n’y paraissent. Ne serait-ce qu’au départ, lorsque l’on rencontre la grand-mère et Yong-Ha, on aurait tendance à les considérer comme des personnages drôles, un peu perchés. Pas du tout. Ce sont des alcooliques violents qui n’ont rien d’amusant. Yeong-Nam, quant à elle, semble être une policière, certes un peu en retrait, discrète et réservée, mais bien sous tout rapport. Et pourtant, elle aussi noie sa solitude dans l’alcool.

La petite Dohee, elle, évolue au fur et à mesure du film. Au départ, elle est soumise et encaisse tout ce que lui font subir ses camarades et sa famille sans jamais broncher. Elle vit dans l’angoisse et la peur permanente, mais plus rien ne la perturbe, elle reste impassible. Pour preuve, lorsque la voiture l’éclabousse c’est tout juste si elle réagit.

Sa rencontre avec Yeong-Nam va tout changer. Dohee comprendra qu’elle a le droit d’être aimée, qu’elle n’a pas à être tapée et qu’elle ne doit plus se laisser faire. Un changement profond va s’effectuer en elle. Mais en même temps, un léger doute plane et l’on se demande si elle est si innocente que ça, si elle ne serait pas un peu manipulatrice. Même un policier avoue qu’elle lui fait peur et lui fait penser à un « petit monstre ».

Ne voulant plus retrouver son quotidien d’avant, Dohee prendra des décisions radicales et pour le moins contestables pour s’en sortir et rejoindre Yeong-Nam. Certes, la morale n’est pas sauve, mais qu’aurait-elle dû faire ? Il ne nous reste plus qu’à espérer que Dohee sauvera Yeong-Nam de l’alcoolisme, tout comme cette dernière a sauvé l’adolescente de sa situation.

Au final, A Girl at my Door est un film dur, fort et stressant. Et l’on apprend malheureusement que battre sa fille reste plus acceptable qu’être gay dans ce village.

Pour finir, comment ne pas parler des acteurs ? Ils sont tout simplement excellents, les deux actrices principales en tête : elles sont justes et touchantes. Avec une mention particulière pour Kim Sae-Ron l’interprète du rôle difficile de Dohee, qui, du haut de ses quatorze ans, nous livre une prestation tout bonnement bluffante.

En bref, un premier film très réussi de Julie Jung, qui mérite largement d’être vu.

A Girl At My Door : Critiques Presse et Récompenses

Prix « Un Certain Regard » au festival de Cannes 2014.

A Girl At My Door : Extraits

Chef Choi : Au moins, ne roule pas bourrée. Écoute un peu.

Jeom-soon Park : On en parlera autour d’un verre, petit !

Yong-ha Park : Je me crève le cul pour le village c’est tout.

Dohee : Si tu es en colère, tu dois me battre.

Yeong-Nam : Je ne suis pas en colère. Arrête !

Dohee : Tu n’es bon qu’à battre les femmes !

A propos de Lou Morin

Lou Morin
Traductrice Anglais/Français

2 commentaires

  1. J’ai beaucoup aimé ce film (film coréen ET qui aborde l’homosexualité….. wouhou !!!). J’aime bien les développements sur la relation mère/fille. En fait, j’ai l’impression que la réalisatrice veut nous en convaincre tout le long du film… Et c’est le spectateur qui se retrouve à « juger » cette relation. A la fin, je trouve que la relation mère/fille s’impose (d’ailleurs la scène se passe au bord de la mer). Après je ne comprends pas pourquoi les services de police n’interviennent pas concernant Dohee. Je me demande si ça se passe vraiment comme ça dans la Corée « rural ». La réaction machiavélique de Dohee apparaît aussi un peu exagérée je trouve… Des explication ?^^

  2. ah, alors là je suis preneuse. Ca fait longtemps que je n’ai pas vu de film coréen et j’aime beaucoup ce qu’ils font. Dans le film transparaît aussi, ce côté étrange, dur, violent, brillant, que j’apprécie.

    Je sais que la distribution ne fait pas tout mais qu’une actrice aussi célèbre que Bae Doona prête caution a un film de ce genre, me plait aussi beaucoup et laisse augurer de bonnes choses (en plus j’ai adoré the Host !).

    La bande annonce est aussi très chouette…

Répondre