And Then Came Lola : Interview de la co-productrice et co-réalisatrice Ellen Seidler

And Then Came Lola : Interview de la co-productrice et co-réalisatrice Ellen Seidler

Interview accordée à l'équipe d'Univers-L le 1er Novembre 2010 pour le site Univers-L.com

On a l’impression que si les deux personnages ne sont pas ensemble, toute femme croisant leur chemin est une tentation amoureuse potentielle. Loin des yeux, loin du cœur, c’est ça ?

Je ne sais pas. Je pense qu’on a essayé de traiter de la notion d’engagement, ce que ça signifie et quand est-on engagé. C’est pour ça que nous avons mis cette blague sur le fait de supprimer son profil d’un site de rencontres sur Internet. Quand fait-on ça ? Quand devient-on réellement un couple ? Je pense que ça aborde aussi cette espèce de nature incestueuse de la communauté lesbienne. C’est un petit patrimoine génétique malheureusement, au moins dans notre expérience, où tout le monde est déjà sorti et/ou a déjà couché avec les mêmes personnes. C’est une des choses que je n’aime pas dans le fait d’être lesbienne, donc je pense que dans un sens, nous reconnaissions les complexités de ça aussi.

Vous devez avoir plein d’anecdotes de tournage. Quel est votre meilleur souvenir ? Le pire ?

Mon meilleur souvenir est la première semaine de tournage. C’était assez formidable d’avoir travaillé tellement dur sur quelque chose et soudain, on y est. Produire est très stressant, mais cette première semaine était plutôt sans stress et marrante.

Mon pire souvenir, me tenir en haut d’un bâtiment pendant des heures dans un brouillard glaçant pendant que nous tournions la scène de la ruelle. Ça a duré jusqu’à 2h du matin et je devais me tenir sur le toit pour retenir le pied de la caméra pour éviter qu’elle ne bascule pendant qu’on tournait la scène. Vous voyez, la vie d’une réalisatrice est glamour (et froide parfois).

Casey est tiraillée entre deux femmes très différentes l’une de l’autre : Lola, la tête en l’air folle d’elle, mais qui a peur de s’engager et Danielle, la latine au sang chaud, prête à tout pour la reconquérir. Qui auriez-vous choisi ?

Lola je pense, parce que, dans un sens, Danielle a déjà prouvé par le passé que Casey n’était pas sa priorité. Elle a beau sortir le grand jeu, la raison pour laquelle Casey l’a quittée à la base, c’est parce qu’elle ne voulait pas vraiment s’engager. Lola se débat peut-être avec l’engagement mais je pense qu’elle a un cœur gros comme ça.

Les personnages (secondaires surtout) sont tous plus originaux les uns que les autres. Si vous deviez passer une soirée avec l’un d’entre eux, ce serait avec lequel ?

La fille dans le parc avec le gros chien noir. En vérité, le gros chien noir (Alex) est le mien, tout comme le chat (Elliot) qui a vraiment mordu l’orteil d’Ashleigh. Je passe toutes mes nuits avec eux, mais je pense que ce serait sympa de traîner avec la fille du parc. Il m’arrive de traîner avec Jenoa dans la vraie vie parfois, parce qu’elle n’habite pas loin, donc peut-être que je ne suis pas impartiale.

And Then Came Lola a-t-il une vocation militante ? Le film correspond-il à votre idée de départ ?

Je ne le qualifierais pas de film activiste. Je pense que Megan et moi voulions faire un film léger que les lesbiennes trouveraient marrant et sexy et qui se terminerait avec le sourire. Est-ce qu’on n’a pas eu assez de films lesbiens déprimants ? Je veux dire, juste une fois, les gens peuvent quitter la salle en souriant….

Vous possédez votre propre maison de production, Fast Girl Films. Travaillez-vous sur  des projets actuellement ? Est-il difficile de monter des projets et de trouver des financements pour des films uniquement destinés sur la communauté LGBT ?

Eh bien, croyez-le ou non, Megan et moi devons encore consacrer beaucoup de temps à And Then Came Lola chaque semaine. Tout ce truc de piratage a été une ÉNORME poisse. C’est particulièrement frustrant de voir une foule de sites lesbiens poster des liens illégaux vers le film. J’essaie de leur écrire et d’expliquer qu’on a financé ce film avec nos propres économies. Il n’y a pas eu de sortie en salle. La seule façon pour nous d’espérer éponger nos dettes, c’est grâce à la vente de DVD et à la VOD. Les lesbiennes se plaignent qu’il n’y a pas assez de films qui parlent de leurs vies, pourtant certaines n’y réfléchissent pas à deux fois avant de télécharger le film gratuitement. J’espère qu’on pourra éduquer celles qui le font (de façon gentille) pour expliquer que nous en tant que lesbiennes devons soutenir d’autres lesbiennes qui travaillent dur pour créer des films qui reflètent nos vies.

À la toute fin du générique, on peut lire que tous les animaux et les personnes apparaissant dans le film ont été traités humainement (sauf les réalisatrices).  Dites nous-en plus !

Je pense que vous pouvez trouver la réponse à ça dans mes réponses précédentes…. Disons juste que faire des films est un travail extrêmement difficile. Quand vous réalisez/produisez/ financez un projet sans aide extérieure, eh bien, c’est épuisant. Ce générique a été écrit à la fin de deux trrrrrès longues années de travail. :o)

Traduction Magali Pumpkin

Rendez-vous à l’adresse suivante pour voter pour le film

Ellen Megan

Megan Siler & Ellen Seidler

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