And Then Came Lola : Interview d’Ashleigh Sumner, l’interprète de Lola

And Then Came Lola : Interview d'Ashleigh Sumner, l'interprète de Lola

Interview réalisée par l’équipe du site Univers-L le 28 Juin 2010 pour le site Univers-L.com

À la fois actrice et peintre, vous êtes une artiste accomplie. Pouvez-vous nous parler de votre parcours ? Comment en êtes-vous venue à vous partager entre ces deux métiers ?

Eh bien, j’ai toujours eu la fibre artistique, d’aussi loin que je me souvienne. Quand j’étais enfant, mon frère et moi passions notre temps à dessiner et travailler sur des livres de coloriage. Ma mère s’assurait aussi toujours qu’on ait un set de peinture à l’eau. J’ai bien eu quelques cours de dessin au lycée mais c’est à peu près à ça que se résume mon enseignement artistique officiel. Par contre, en tant qu’actrice, j’ai suivi un “entraînement” bien plus poussé. Je suis diplômée en Arts de la scène et aujourd’hui encore, je continue à suivre un cours de comédie. Bien que je n’aie pas fait de la peinture professionnellement avant 2009, j’ai toujours peint pour le plaisir. Ce n’est qu’au moment de la grève des scénaristes en 2009, quand tout ce qui touchait au cinéma a été paralysé pendant près d’un an à Los Angeles que j’ai commencé à étendre mes activités artistiques. J’avais besoin de développer un autre dérivatif créatif pendant que l’industrie du cinéma était à l’arrêt.

J’ai découvert que la comédie et la peinture s’équilibrent parfaitement. Lorsque je ne suis pas occupée par un projet de tournage, je suis occupée à préparer une expo d’art et vice versa. Pour jouer la comédie, vous devez passer des auditions ou suivre un cours pour être créatif. C’est un art de totale collaboration, ce qui est beau. Avec la peinture, vous êtes créatif sur votre temps libre. C’est solitaire. C’est une expression de soi totalement solitaire. Je trouve ça très puissant.

Comment vous êtes-vous retrouvée embarquée dans And Then Came Lola ?

En fait, c’est Jill Bennett qui m’a recommandée pour le rôle. Megan Siler et Ellen Seidler tenaient vraiment à engager de vraies lesbiennes pour pratiquement chaque rôle du film (ce qui n’avait jamais été vraiment fait jusque-là) et elles ont demandé à Jill si elle connaissait des actrices lesbiennes. Mon nom a été cité et les réalisatrices m’ont contactée pour une audition. La suite, tout le monde la connaît.

Avez-vous vu Cours, Lola Cours, dont le film s’inspire ?

Oui, je me souviens avoir vu Run, Lola, Run à la fac dans un cinéma d’art et d’essais. Ça m’a complètement bouleversée. Je n’avais encore jamais rien vu de pareil. C’était tellement angoissant et la musique de la bande originale était différente de tout ce que j’avais entendu avant. En plus, je suis complètement tombée amoureuse de la force et la vulnérabilité que Franka Potente a apportées au rôle.

Qu’est-ce qui vous a séduite dans le personnage de Lola ?

J’étais enthousiaste d’avoir finalement l’occasion de montrer mes talents comiques. En général, je suis plutôt engagée dans des films dramatiques donc c’était sympa de pouvoir enfin laisser s’exprimer mon côté plus léger. J’ai aussi été attirée par le rôle parce qu’il était très physique. D’habitude, les rôles physiques sont réservés aux garçons donc j’ai senti que ce rôle était une rare opportunité dans ce sens. Enfin, c’était une chance énorme pour moi d’avoir le rôle principal dans un long métrage. Je n’avais encore jamais eu cette opportunité donc j’étais vraiment très attirée par le challenge que ça représentait.

Avez-vous eu votre mot à dire sur le scénario, le montage ou les autres étapes de la production ?

Les réalisatrices, Megan Siler et Ellen Seidler, étaient très à l’écoute de tous leurs acteurs. Avant de commencer à tourner, on a eu plusieurs répétitions et elles étaient très ouvertes pour des suggestions de script ou des idées, ce qui est fantastique. Même durant le tournage, je demandais si je pouvais improviser quelques scènes et elles étaient totalement partantes. Elles faisaient confiance à tout ce qui me venait naturellement et me laissaient suivre cette piste.

Avez-vous préparé les scènes d’amour avec Jill Bennett de manière à faire ressortir l’alchimie entre les personnages ?

Jill et moi avions l’avantage de vraiment nous apprécier mutuellement en tant qu’actrices et en tant que personnes. On s’est senties toutes les deux à l’aise l’une avec l’autre dès le début, ce qui est bien quand vous jouez deux personnages qui entretiennent une relation romantique. Nous nous sommes appuyées sur l’alchimie déjà existante et on s’est juste amusées avec. Et les scènes d’amour, ce sont vraiment juste des scènes comme les autres dans le sens où il y a toujours une histoire à raconter ; il y a toujours les intentions et les objectifs des personnages. Au final, il est toujours question de raconter au public l’histoire qui se déroule entre ces deux personnages. Je pense que Jill et moi avons toujours gardé cette idée à l’esprit et l’avons amenée sur le tapis… ou dans le lit, dans ce cas précis.

À l’instar de Lola, votre personnage, êtes-vous du genre à faire à peu près n’importe quoi, même au péril de votre vie, par amour ?

Vous savez, je suis sans aucun doute un esprit libre mais je suis aussi Capricorne. Nous avons tendance à adopter un pas plus lent et plus réfléchi quand il s’agit d’amour.

Un des sujets abordés est la thérapie de couple. Pensez-vous qu’une relation doive s’analyser ou se vivre à l’instinct ? Les deux peut-être ?

Je dirais un peu des deux.

La ville de San Francisco est magnifiquement mise en valeur. La connaissiez-vous avant de tourner And Then Came Lola ?

Non. Je n’avais jamais vraiment eu l’occasion de passer beaucoup de temps à San Francisco avant de tourner Lola. Je dois dire que maintenant, j’AIME San Francisco. J’adore vraiment cette ville et je me suis fait tellement d’ami(e)s liés au film. Je visite cette ville très souvent.

Entre Jill Bennett, Cathy DeBuono, Jessica Graham et vous, le casting compte de nombreuses actrices “out et fières de l’être”. Avantage ou inconvénient quand on fait un film lesbien ?

S’il y a un inconvénient à faire un film lesbien, je n’en ai vu aucun lorsque j’ai joué dans And Then Came Lola. Je n’ai eu que des retombées positives suite à mon expérience avec ce film.

Ashleigh Sumner

Pensez-vous que le fait d’être “out” puisse nuire à votre carrière ?

Je pense qu’Hollywood discrimine de tellement de façons, et pas seulement sur l’orientation sexuelle. Honnêtement, je pense que davantage d’actrices sont victimes de discriminations à cause de leurs corps que pour leur orientation sexuelle. Comme je vois ça, à l’heure d’Internet, soit vous choisissez d’être ouvertement homo, soit quelqu’un d’autre vous dénoncera, tout simplement. Si vous choisissez d’être out, vous gardez le pouvoir. C’est vous qui faites votre choix et vous sortez du placard selon vos règles et pas celles de quelqu’un d’autre. Ceci étant dit, je pense que si vous êtes acteur et que vous choisissez d’être out, vous vous devez d’être encore meilleur en tant qu’artiste. Vous devez travailler encore plus dur en tant qu’acteur. Si on faisait plus attention à mon orientation sexuelle qu’à mes performances d’actrice dans un rôle, je pense qu’il serait temps pour moi de retourner à mes dessins – retourner prendre des cours de comédie et retravailler mes compétences. C’est l’attitude que j’essaie d’avoir.

L’absence totale d’hétéros était-elle voulue dès le départ ? Ne vous a-t-elle pas gênée ?

C’était un choix des réalisatrices, Megan et Ellen, d’engager de vraies lesbiennes ou bisexuelles pour les rôles lesbiens du film. Ça ne m’a pas dérangée du tout. En fait, j’ai trouvé ça rafraichissant. La vérité c’est que, particulièrement à la télévision, au lieu d’homos, ce sont des hétéros qui sont encore majoritairement engagés pour jouer des rôles gay. Je trouve ça formidable de voir des actrices talentueuses et ouvertement lesbiennes engagées pour ces rôles. Du début à la fin, ce film a été réellement fait pour la communauté et par la communauté. C’est un élément auquel le public est réellement sensible. Ce projet ce n’était pas des actrices faisant semblant pour de l’argent, pas du tout.

Toutes les actrices ont l’air de s’être vraiment amusées pendant le tournage. Des anecdotes à nous confier ?

Disons juste que de tous mes projets, c’est celui sur lequel je me suis le plus amusée.

Vous courez énormément dans le film. Avez-vous subi un entraînement particulier avant le début du tournage ?

Je suis plutôt sportive et je m’entraîne régulièrement. J’ai essayé de courir presque tous les jours pour me préparer pour le film, mais ça n’était pas encore assez. En fait, je n’avais aucune idée de combien le film allait être exigeant physiquement.

Vous avez laissé toutes les cascades plus ou moins dangereuses à un personnage de bande dessinée. Pas trop déçue ?

Après être tombée de vélo lors d’une prise, j’étais plutôt ravie que Jeff Atwood dessine tous les trucs dangereux.

La rumeur disait vrai alors : les hétéros gardent leurs chaussettes et les lesbiennes leurs sous-vêtements…

Ouais, je suppose que c’est vrai.

Pouvez-vous nous parler de votre travail en tant que peintre ?

Mon travail est abstrait. Je suppose que la meilleure façon de le décrire c’est un genre de touche moderne à l’expressionisme abstrait. Vous pouvez jeter un œil à mon site web www.sumnerartstudio.com

Quels sont vos projets pour le futur ?   

J’ai une exposition qui arrive le mois prochain donc je travaille à fond là-dessus. Je viens juste de finir une pièce de théâtre à Los Angeles dans laquelle je tenais le premier rôle, donc j’essaie de récupérer un peu et de reprendre mon souffle. Quant aux projets à venir, j’ai quelques marrons sur le feu… J’espère être de retour face à la caméra très bientôt.

Traduction Magali Pumpkin

Ashleigh Sumner

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef. Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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