Fais-moi oublier de Brigitte Kernel

Fais-moi oublier de Brigitte Kernel

Titre Français : Fais-moi oublier

Titre Original : Fais-moi oublier

Auteur : Brigitte Kernel

Date de Sortie : 03 Janvier 2008

Nationalité : Française

Genre : Roman Contemporain, Roman d'Amour

Nombre de Pages : 252 pages

Éditeur : J'ai Lu

ISBN : 978-2-290-01475-2

Fais-moi oublier : Quatrième de Couverture

Quatre amis, deux couples, dînent sur une terrasse. Ce soir d’été, Louise, la compagne de Léa, se prépare à partir en reportage dans un pays en guerre. On parle de l’éclipse qui passera bientôt sur la France. Personne n’imagine alors que ce sera la dernière soirée avec Louise. Personne n’imagine alors qu’il faudra affronter le deuil et ses lames de fond, la violence de l’actualité et le revirement des passions.

Un roman d’amour, celui d’une femme tiraillée entre l’homme de sa vie et le charme troublant d’une amie qui vient de perdre sa compagne, celui d’une femme confrontée au plus grand des tabous… Que devient le désir quand un drame survient ?

Productrice-animatrice d’émissions littéraires sur France Inter, Brigitte Kernel présente « Noctiluque » et « Un été d’écrivains ». Elle a déjà publié plusieurs romans, dont Autobiographie d’une tueuse, Tout sur elle ou Ma psy, mon amant.

Fais-moi oublier : Avis Personnel

Fais-moi oublier est un livre bouleversant qui contrairement à son titre, reste gravé longtemps dans la mémoire du lecteur une fois la dernière page refermée.

Nous sommes en 1999. La vie s’écoule tranquillement et deux couples sont réunis pour un dîner entre amis. Léa et sa compagne Louise ont été invitées par Laurence, la narratrice qui est là avec son mari, Olivier. L’été va sur sa fin, tout est paisible, le temps s’égraine avec douceur.

On découvre à travers les yeux de la narratrice Léa, sa jeune amie. Une jeune femme rayonnante, heureuse, qui leur fait partager son bonheur et son nouvel amour avec une journaliste comme elle. On sent toute la joie qui se dégage de ce repas et de ce moment simple mais pourtant si exceptionnel. Louise doit partir pour un reportage dans un pays en guerre. Léa a quelques craintes, comme d’habitude mais Louise les balaye d’un revers de la main.

Malheureusement Louise est victime d’une fusillade. Elle est assassinée. Lorsqu’elle l’apprend de ses amis, Léa s’effondre. Ce n’est pas possible. Pas elle, pas la femme qu’elle aime. Incapable d’affronter seule la situation, elle se réfugie chez la narratrice et Olivier qui acceptent de l’héberger.

Et là, Brigitte Kernel nous fait vivre tout le désespoir de Léa et toute la dureté d’un deuil. C’est poignant, bouleversant et d’une justesse comme peu de livres savent le faire. On vit le deuil. On s’enfonce dans la détresse, dans l’incompréhension, dans le refus, la lutte et cette vie qui continue sans les personnes que l’on aime. Pourquoi ? Comment ?

Il est question de désir dans ce livre. De désir entre femmes. Il est aussi question d’amour. D’amour entre femmes. Mais la manière dont tout est traité prouve la banalité de ces derniers. Léa se heurte à l’incompréhension du père de Louise et à son homophobie mais le reste du temps, tout est banalisé jusqu’à rendre cela normal.

Une œuvre forte et touchante à découvrir.

Fais-moi oublier : Extraits

« Nous venions de dîner, quatre amis, un lundi, en août. Nous avions bu, ri ensemble, sur la terrasse. Nous parlions de tout, de rien, du chat roux qui s’était installé en face, sur un toit, dans le dernier reflet du coucher de soleil et qui semblait nous épier, de ce reportage que nous avions tous vu sur les femmes sibériennes, comme si nous n’avions pas autre chose à faire ce week-end que regarder la télévision. Nous avions évoqué l’actualité, le voile en France. Louise aimait parler actu. C’était la veille de son départ pour le Moyen-Orient, elle avait repris du poulet massala en parlant du régime qu’elle ferait en rentrant. Elle n’était pas inconsciente, n’ignorait pas qu’elle partait en pleine guerre, elle le disait, je ne suis pas une tête brûlée, bien sûr il y a eu des journalistes tués, je le sais, mais il ne faut pas imaginer que ça arrive tout le temps, les journalistes ne sont pas des soldats qui vont au front ! Enfin quoi il ne faut pas paniquer sinon personne ne traite plus de l’actualité !

Ses yeux s’affolaient dans la pénombre. Olivier s’est levé, a placé des petites bougies rondes dans les deux photophores rouges que Louise et Léa venaient de nous offrir. Un vent frais s’insinuait. Louise se massait la nuque en parlant. Ce conflit, elle voulait y aller, témoigner. Pas question de rester à Paris. S’y rendre, c’était important, pour l’info. Informer les auditeurs de sa radio, dire au jour le jour ce qui se passait là-bas, sa profession, sa mission, et puis, c’était peut-être le début d’une Troisième Guerre mondiale, qui sait ? Il faut en parler, la parole médiatisée arrête parfois la machine… Enfin, je l’espère. » (Pages 13-14)

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef. Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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