Elana Dykewomon

Elana Dykewomon

Biographie

Elana Dykewomon, de son vrai nom Elana Nachman, est une auteure, éditrice, activiste et enseignante américaine, née le 11 octobre 1949 dans la ville de New York. Elle y grandit auprès de son père, avocat et de sa mère, bibliothécaire, jusqu’à l’âge de 8 ans, où ils déménagent pour Porto Rico.

Après le lycée, elle entre au Reed College de Portland pour y étudier la littérature, puis termine ses études au California Institute of Arts.

Son diplôme de lettres fraîchement en poche, elle écrit sa première nouvelle, Riverfinger Women. À peine quelques années plus tard, en 1974, elle parvient à le faire publier par une petite maison d’édition féministe (et pionnière), Daughter’s Inc. Son texte met en scène une lesbienne au grand cœur à la recherche du bonheur, dans une ambiance très hippie. L’ouvrage, qui est l’une des premières nouvelles lesbiennes à présenter une fin heureuse, est un véritable succès et se vend très bien.

Deux ans plus tard, en 1976, elle publie They will know me by my teeth, un recueil de nouvelles et de poèmes. Au-delà du livre en lui-même, c’est un tournant, car elle décide non pas de le signer de son véritable patronyme, mais de le faire paraître sous le nom d’Elana Dykewoman. La raison ? Tout simplement une volonté d’afficher son engagement vis-à-vis de la communauté lesbienne, un moyen d’être plus transparente et de dire à tous (et en particulier à ses lecteurs) qu’elle est homosexuelle (littéralement, Dykewoman signifie « femme lesbienne »).

En 1981 paraît son troisième ouvrage, Fragments from Lesbos, un nouveau recueil de poèmes. La plupart sont des poèmes d’amour et certains font l’apologie du sexe et de la masturbation et le tout est rédigé sous la forme d’un recueil de pensées d’une globe-trotteuse. Elle le fait publier avec la mention « seulement pour les lesbiennes » et change encore son nom pour l’occasion ; elle transforme « dykewoman » en « dykewomon », pour enlever toute connotation aux hommes (« man » signifie homme en anglais).

Elle choisit d’endosser un nouveau rôle en 1987 en fondant un journal littéraire, Sinister Wisdom, créé pour stimuler « l’imagination lesbienne dans le domaine des arts et de la politique ». Elle n’a de cesse, au fil de ses éditos, de tenter de donner une voix aux lesbiennes et aux problèmes qui les touchent. La revue sera éditée jusqu’en 1995.

Elle reprend très vite ses activités littéraires et recommence à publier des ouvrages à partir de cette même année 1995, où sort un nouveau recueil de poèmes, Nothing will be as sweet as the taste. En 1998, elle s’essaye au récit historique avec Beyond the Pale, qui met en scène des femmes et lesbiennes juives en Russie de 1860 au début des années 1910. L’ouvrage est plusieurs fois récompensé et reçoit notamment le Ferro-Grumley Award de la Meilleure fiction lesbienne et le Lambda Literary Award de la Meilleure nouvelle lesbienne. Il a récemment été réédité, en 2007, par Raincoast Press, dans une collection à destination des jeunes adultes.

En bref, Elana a eu une forte influence à la fois sur les lesbiennes et sur les auteures des années 1970-1980 surtout ; elle est encore aujourd’hui reconnue comme une importante auteure lesbienne. Elle figure d’ailleurs, avec Riverfinger Women, dans la liste des 100 meilleures nouvelles lesbiennes et gay (à la 87ème place), établie par l’influente association The Publishing Triangle (association des lesbiennes et des gays dans la presse).

Nombre de ses textes ont été repris dans des journaux ou magazines et ont été réécrit pour les faire passer, et les faire découvrir à des amies ; ils ont donc une grande diffusion dans la communauté LGBT de l’époque. Ce qui est intéressant (et qui intéresse beaucoup à l’époque justement), c’est que ses textes mettent en scène des lesbiennes assumées et positives, à l’opposé de la norme hétérosexuelle. La plupart de ses héroïnes font partie des « marges » de la société : juives, obèses ou lesbiennes.

Elle vit aujourd’hui à Oakland, en Californie, et y enseigne la littérature.

Histoire d'un Coming-Out

Au cours d’une interview accordée au magazine américain Lodestar Quarterly, il a été demandé à Elana Dykewomon quelle image elle souhaiterait que les gens gardent d’elle ; au lieu de parler de ses œuvres, ou plus généralement de son travail, elle a exprimé une nouvelle fois son amour pour les femmes : “J’aimerais que les gens se rappellent de moi en tant qu’auteure qui a écrit pour les femmes, qui a toujours aimé les femmes, et respecté les femmes suffisamment pour leur donner le meilleur d’elle-même”.

Avec celle qui partage sa vie depuis une dizaine d’années, Susan Levinkind, elle participe à l’amélioration des conditions d’accès des personnes âgées ou souffrant de handicap à la San Francisco Dyke March.

Bibliographie

Moon Creek Road (2003)
Beyon the Pale (1997)
Nothing Will Be As Sweet As The Taste (1995)
Fragments from Lesbos: poetry (1981)
They Will Know Me By My Teeth, short stories and poetry (1976)
Riverfinger Women: a novel (1974)

Audrey Vilf et Magali Lehane

Répondre