D.E.B.S. : Interview d’Angela Robinson, la scénariste et réalisatrice

D.E.B.S. : Interview d'Angela Robinson, la scénariste et réalisatrice

Interview accordée à Sarah Warn en juillet 2003 pour le site afterellen.com

Angela Robinson est la scénariste et réalisatrice du film mettant en scène des lycéennes agents secrets dans D.E.B.S. (et auparavant, la scénariste de la nouvelle série lesbienne de Showtime, The L-Word). Dans cette interview, elle confirme que la relation lesbienne du court métrage apparaîtra vraiment dans ce long métrage.

Quel est le titre de la version longue de D.E.B.S. et quand pensez-vous qu’il sortira dans les salles ?

Le titre est D.E.B.S. et le film sortira dans les salles au printemps/été prochain. Sara Foster (du film The Big Bounce avec Owen Wilson) joue Amy, Jordana Brewster (The Fast & Furious) interprète Lucy, Devon Aoki (2 Fast 2 Furious) est Dominique, Meagan Goode (Biker Boyz) est Max, Jill Ritchie (Break-up Handbook) Janet.

Jimmy Simpson (Loser) joue Scuds, le complice de Lucy, Michael Clarke Duncan (Green Mile, Daredevil) est Mr Phipps, et Holland Taylor (The Practice, Legally Blonde) interprète un nouveau personnage, Mrs Petrie, la directrice de l’Académie DEBS. Jill Ritchie est l’unique actrice du court métrage original dans ce film.

Est-ce que l’intrigue et le ton de la version longue vont beaucoup différer du court métrage ?

L’intrigue et le ton du film sont très similaires au court. L’intrigue s’étend sur l’aspect négatif de la romance entre Amy et Lucy – comment elles se sont rencontrées, ce qui arrive quand elles sont ensemble, etc.

Nous avons entendu que la relation lesbienne entre Lucy et Amy est encore partie intégrante de l’histoire mais est-ce que cette relation lesbienne sera adoucie dans ce long métrage ? Y a t il eu de nombreuses questions quand vous avez négocié avec Screen Gems pour faire ce long métrage (vous ont-ils demandé de minimiser ou de supprimer les scènes lesbiennes ou les personnages) ?

La relation entre Amy et Lucy est encore au cour du film, Screen Gems nous a outrageusement soutenu. Je n’ai subi aucune pression pour adoucir cette relation, d’aucune sorte, nous avons travaillé ensemble sur le script pour rendre cette relation plus complexe et intime.

Généralement, le court est plus bawdier que le film (il n’y a pas de blague sur un orgasme dans le long métrage, par exemple) parce que pour le court je travaillais avec l’idée d’un show très outrageux pour la WB et parce que la relation entre Lucy et Amy est différente de ce point de vue par rapport à cette première version.

Pensez-vous que le fait que ce film soit réalisé avec un grand distributeur et ces acteurs reflète un progrès en terme d’acceptation de personnages et de questions lesbiennes dans l’industrie cinématographique ? Est-ce que cela aurait pu être réalisé il y a cinq ans ?

Je pense que le fait que ce film ait été réalisé avec un studio et avec ces acteurs reflète un progrès. La réponse au script était réellement irrésistible. Screen Gems l’a très bien accepté et nous avons engagé des actrices qui voulaient faire le film. Les actrices que j’ai rencontrées étaient généralement peu inquiètes à l’idée de jouer des personnages gays ; elles voulaient savoir comment la relation serait traitée (s’il y aurait des scènes de nu.)

Je ne pense pas que ce film aurait pu être fait il y a cinq ans.

Avez-vous eu des difficultés lors des auditions et qu’est-ce qui vous a décidé à voir Brewster en tant que méchante ?

Les DEBS ont été très faciles à trouver. Devon et Megan étaient parfaites pour les rôles et j’avais travaillé avec Jill que je considère comme un génie. Le plus difficile était de trouver une Amy et une Lucy qui conviendraient en tant que couple, j’ai vu des tonnes et des tonnes de personnes en essayant de trouver la bonne combinaison. Puis j’ai rencontré Sarah et Jordana et tout s’est mis en place.

Le cast du film est plus diversifié au niveau ethnique que la plupart des films hollywoodiens, était-ce intentionnel de votre part ou est-ce arrivé sans y réfléchir ?

C’est juste arrivé comme ça. C’est important pour moi d’avoir une diversité raciale au niveau du cast mais honnêtement, je n’ai pas cherché celle-ci, elle est juste arrivée.

C’est votre premier film en tant que réalisatrice ; à quoi est-ce que ça ressemble ? Quelque chose que vous avez trouvé particulièrement surprenant ? Un défi ? Une déception ?

L’expérience était incroyable. J’ai attendu et essayé de faire cela ma vie entière, donc avoir aujourd’hui cette opportunité est totalement exceptionnel pour moi. J’ai juste développé le film il y a cinq jours, donc je n’ai pas vraiment de recul pour décrire l’expérience. Je vous le dirai dans quelques semaines. En général, la pré production est très stressante et produire est une explosion.

Quelque chose que vous feriez différemment pour le court ou le long métrage si vous le pouviez ?

Non.

Vous avez écrit pour la nouvelle série de Showtime The L-Word pendant quelques temps ; quelle a été cette expérience, tout spécialement en comparaison de l’écriture d’un film ?

Ecrire pour The L-Word était une expérience réellement intense et amusante. C’est totalement différent d’écrire un film par vous-même. Ilene (la créatrice de la série) et Showtime étaient vraiment intéressés par l’exploration de la réalité de la vie lesbienne donc vous restiez assis pendant des heures dans une pièce et parliez d’histoires concernant votre vie ou celle de vos amis ou celles de personnes dont vous aviez entendu parler. C’était comme être payé à assister à un dîner réellement amusant. Pour moi, c’était la première fois que j’écrivais quelque chose de réaliste (j’écris toujours des situations explosives dans un concept high-tech de comic book) ce que j’ai vraiment apprécié.

Qu’est-ce que vous aimez dans The L-Word, et en quoi pensez-vous que les personnages lesbiens de la série sont différents de ceux des autres séries télévisées ?

Je pense que The L-Word sera vraiment incroyable. Je devais faire un break avec la série pour diriger D.E.B.S. donc je ne suis pas sûre de la manière dont a évolué la série depuis mon départ. Mais peu importe, ce sera incroyable parce que ce ne peut pas être autrement. Les personnages seront différents parce que les personnages lesbiens dans la plupart des séries télévisées sont toujours définis par leur homosexualité, et c’est la raison pour laquelle la série a vu le jour. Donc, le véritable défi est, qu’est ce qui les rend intéressants ? Je ne peux pas attendre pour voir.

Ce type de série entièrement lesbienne n’a jamais été fait, auparavant, à la télévision ; quel est l’aspect le plus difficile à écrire pour ce genre de show ? Le plus amusant ?

La partie la plus difficile est que cela n’a jamais été fait, vous ressentez une énorme pression/responsabilité à représenter tout le monde, ce qui est impossible. Donc vous savez que vous allez recevoir toutes ces lettres de colère parce que vous n’avez pas fait cela, ou que vous n’avez pas inclus cette personne mais au final, votre seule tâche est de créer une série télévisée divertissante. Le plus amusant, ce sont les gens.

Aucun autre projet à l’esprit maintenant que vous avez terminé  D.E.B.S. ?

Je n’ai pas encore eu le temps de faire ma lessive. Ensuite, je débuterai certainement D.E.B.S. 2 : Pink Thunder.

Traduction Isabelle B. Price

Interview Originale sur le Site Afterellen.com

Angela Robinson

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef. Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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