La Captive

Une adaptation de la prisonnière de marcel proust

Année de Production : 2000

Date de Sortie : 27 Septembre 2000

Réalisation : Chantal Akerman

Scénario : Chantal Akerman, Eric de Kuyper d’après l’ouvre de Marcel Proust

Avec : Sylvie Testud (Ariane), Stanislas Merhar (Simon), Olivia Bonamy (Andrée), Aurore Clément (Léa, l’actrice), Liliane Rovère (Françoise), Francoise Bertin (La grand-mère), Ellizzette Duvall (Simone), Bérénice Bejo (Sarah), Anna Mouglalis (Isabelle)

Nationalité : Franco-Belge

Genre : Drame

Durée : 1h 48min.

Titre Original : La Captive


Interview(s) :

Interview de Chantal Akerman

La Captive : Résumé

Dans La Captive, Ariane et Simon sont amoureux et vivent ensemble dans l’immense appartement parisien de ce dernier en compagnie de la grand-mère du jeune homme. Simon est possessif et insatisfait. Il veut tout connaître de sa compagne et pour ce faire, la suit lorsqu’elle sort avec ses amies ou la fait accompagner. Il la soumet également à un questionnement incessant, l’obligeant à lui mentir.

Simon a connaissance des préférences sexuelles d’Ariane qui aime les femmes. Persuadé qu’elle le trompe et qu’elle mène une double vie, Simon décide de rompre, éperdu de douleur et impuissant à garder celle qu’il aime.

Dans La Captive, Ariane et Simon sont amoureux et vivent ensemble dans l'immense appartement parisien de ce dernier en compagnie de la grand-mère du jeune homme. Simon est possessif et insatisfait. Il veut tout connaître de sa compagne et pour ce faire, la suit lorsqu'elle sort avec ses amies ou la fait accompagner. Il la soumet également à un questionnement incessant, l'obligeant à lui mentir. Simon a connaissance des préférences sexuelles d'Ariane qui aime les femmes. Persuadé qu'elle le trompe et qu'elle mène une double vie, Simon décide de rompre, éperdu de douleur et impuissant à garder celle qu'il aime.

L'avis d'Univers-L

Scénario/Réalisation
Casting
Lez/Bi Quantité
Lez/Bi Qualité

Résumé : Moyen. Bof.

Note des lectrices : Soyez la première !
45

Un film froid et distant qui garde le spectateur à distance et reste opaque et glaçial. Les acteurs sont superbes, touchants et parfaits, le scénario est simple, dur et terrible mais la réalisation n’est pas à la hauteur.

J’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans le film. Il m’a ennuyée la plupart du temps sauf lorsqu’Ariane échange un superbe duo a cappella avec sa voisine de palier et lorsque Simon rencontre deux lesbiennes afin de connaître la différence entre les relations homos et hétéros. C’est mince pour un film de deux heures.

Du point de vue de l’homosexualité, Ariane est une ancienne lesbienne qui est aujourd’hui amoureuse d’un homme et donc en couple avec Simon. Rien dans le comportement d’Ariane n’est équivoque ou laisse supposer qu’elle trompe Simon avec une femme. Mais le jeune homme est persuadé du contraire et les mensonges d’Ariane qui recherche un peu de liberté ne font que renforcer cette impression.

N’y tenant plus, Simon se rend chez deux anciennes amies d’Ariane, Sarah et Isabelle, deux lesbiennes en couple. Elles forment un couple fusionnel, l’une terminant les phrases de l’autre, l’une pensant une chose, l’autre la même chose. Elles sont collées l’une à l’autre et écoutent avec patience, sérieux et attention les questions de Simon qui sont (de mon point de vue), totalement hilarantes. Ses interrogations sont certes justifiées mais ses demandes sont amusantes parce qu’elles n’ont justement aucune réponse.

N’attendez pas de baiser lesbien ou de scène d’amour passionnée. Il n’y a rien de tel dans ce film et pourtant, en moins de cinq minutes, Bérénice Bejo et Anna Mouglalis composent deux beaux portraits de lesbiennes. Elles sont franches, honnêtes, intelligentes, belles, sexy et vives d’esprit. Tout cela avec un certain sens de l’humour qui manque terriblement au film. Deux excellentes prestations malheureusement trop courtes qui marquent le long-métrage de leur empreinte.

À noter tout de même qu’Ariane, l’héroïne bisexuelle de ce long-métrage, décède non pas parce qu’elle a aimé des femmes mais qu’elle s’est éprise d’un homme qui l’a gardée prisonnière. Une fin certes tragique mais loin des clichés habituels.

À vous de juger.

La Captive : Critiques Presse et Récompenses

« Le degré d’exigence esthétique de La Captive et les enjeux fondamentaux de mise en scène qu’il prend en charge font du film un aboutissement en matière de modernité cinématographique. En un mot : un chef-d’oeuvre. » Frank Beauvais (Chronic’art.com)

« De ce voyage où l’angoisse pénètre par effraction l’intime et le familier, Chantal Ackerman tire un film radical, aussi aride que magnifique et mystérieux. » J-Ph.Tessé (Urbuz.com)

« (…) La Captive parvient à faire oublier le défi cinématographique qui le sous-tend pour devenir le grand film d’aujourd’hui sur le constant mystère du lien amoureux. » Frédéric Bonnaud (Les Inrockuptibles)

« (…) La Captive est sans doute le plus beau film de Chantal Akerman […] un film sidérant. » Jacques Mandelbaum (Le Monde)

« Non, La Captive n’est pas ” le film qu’il faut avoir vu “, ou ” Proust enfin rendu à lui-même “, mais plus modestement un nouveau film de Chantal Akerman dont la petite musique s’adresse à qui veut l’écouter, comme un septuor de Vinteuil. » Jean Roy (L’Humanité)

« Au terme de cette errance existentielle (…), le spectateur se laisse porter par les envolées d’une mise en scène qui contraste singulièrement avec le jeu retenu des acteurs (…) » Jean-Philippe Guerand (Le nouveau cinéma)

« Entre une tenace impression d’irréalité et la neutralité voulue des dialogues ou des situations, le film avance sur un fil, avec une force hypnotique qui fait sa grâce particulière. » François Gorin (Télérama)

« Captivant, forcément captivant. » Michel Eltchaninoff (Synopsis)

« Film rare réservé à un public exigeant et curieux, il surprendra les clients de Mission Impossible qui se seraient égarés dans des dédales d’un multiplex, leur carte permanente à la main. » Daniel Toscan du Plantier (Le Figaro Magazine)

« Comme son titre l’indique, le nouveau film de Chantal Akerman est un film de prison. Une prison qui n’est pas physique car sans barreau et avec ouverture sur le monde extérieur. Une prison qui se veut morale. » Yves Le Corre (Fluctuat.net)

« (…) le film met en scène une admirable cartographie du mouvement de l’âme amoureuse (…) » Claire Vassé (Positif)

« (…) pour aussi sincère que soit cette cinéaste, il y a dans cette histoire d’un garçon qui veut posséder entièrement sa fiancée (…) quelque chose qui est figé, glacé et nous laisse indifférents. » Thierry Klifa (Studio Magazine)

« Cette adaptation de La Prisonnière de Proust, cérébrale, abstraite et intelligente, est un film aussi déroutant que passionnant. » Xavier Leherpeur (Ciné Live)

« La complaisance nombriliste des personnages à construire minutieusement leur propre perte (…), si elle était autrement traitée, pourrait nous questionner à défaut de nous séduire mais elle ne génère ici qu’une exaspération sans limite. » Sylvie Lachat (Cplanète)

« Chantal Akerman traite de l’opacité du désir (…). Avec Stanislas Mehrar en aristocrate au calme olympien et Sylvie Testud en dame de la haute (…), elle cantonne cependant son projet au seul fantasme intellectuel. Proust, lui, reste universel. » n.c. (Repérages)

« A force de plans fixes et de dialogues-interrogatoires ponctués de longs silences (…), Akerman rend la souffrance de la jalousie, exacerbée et fondamentale chez Proust, bien ennuyeuse. » Stéphanie Lamome (Première)

« Bienheureux ceux qui reconnaîtront Proust et sa Prisonnière. Bienheureux aussi ceux qui comprendront et ressentiront autre chose que l’ennui face à cette non-histoire (…), non-joué (…) » Philippe Piazzo (Aden)

« C’est peut-être suffisant pour l’amateur d’oeuvres conceptuelles, mais un peu court pour le cinéphile, frustré en outre par une utilisation minimaliste d’excellents Comédiens. » Alain Riou (Le Nouvel Observateur)

La Captive : Extraits

SIMON  : Je suis fou de curiosité. Je vais sans doute vous paraître absurde mais qu’est-ce qui se passe entre femmes ? Enfin qu’il n’y a pas entre un homme et une femme ? Je m’imagine. Non, je ne sais pas. Je veux surtout parler des sentiments. Mais pas seulement, les gestes aussi. J’ai déjà vu des femmes ensemble bien sûr.
SARAH  : Les sentiments, mais y a rien à comprendre et comment expliquer ? Tu pourrais toi, Isabelle ?
ISABELLE  : Ça s’explique pas. Tu pourrais, toi Sarah ?
SARAH  : Non, je pourrais pas.
SIMON  : Est-ce que c’est possible, par exemple, en faisant l’amour, qu’une femme puisse oublier qu’elle est avec un homme ?
SARAH  : Ça t’est déjà arrivé, à toi, Isabelle ?
ISABELLE  : Non, mais j’ai pas essayé, mais je suis sûre que ça peut arriver.
SARAH  : Tu te souviens avec Gérard.
ISABELLE  : Oui, je me souviens. Je l’ai aimé, mais ce n’était pas du tout la même chose.
SIMON  : En quoi ?
ISABELLE  : Je sais pas, j’étais moins émue de me sentir avec… Je sais pas, émue n’est pas le mot.
SIMON  : Quel est le mot alors, moins quoi, alors ?
ISABELLE  : Sincèrement, je sais pas. C’était pas du tout la même chose.
SIMON  : Et vous avez pu l’aimer quand même ?
ISABELLE  : Oui, pourquoi pas ?
SIMON  : Ce n’est pas une fatalité, alors.
ISABELLE  : Non, mais je préfère Sarah quand même.
SIMON  : Est-ce que c’est qu’une histoire de corps ? Je comprendrai, moi aussi je préfère le corps des femmes et je me sens mieux avec les femmes.
ISABELLE  : Pas que, non. Ce n’est pas qu’une histoire de corps. Enfin pas que de toute façon. J’ai plus confiance, nous ne sommes pas des ennemies.
SIMON  : Jamais.
SARAH  : Si, ça doit arriver, j’imagine, mais… C’est pas la même chose.
SIMON  : Pourtant vous vous quittez, parfois.
ISABELLE  : Ouais mais quand on se quitte, ce n’est pas pareil.
SIMON  : Et pourtant, vous vous fâchez, vous aussi.
SARAH  : Mais ce n’est pas pareil.
SIMON  : Je n’ai donc aucune chance avec Ariane.

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef. Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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