Le Pur et l’Impur de Colette

Le Pur et l’Impur de Colette

Titre Français : Le Pur et l’Impur

Titre Original : Le Pur et l’Impur

Auteur : Colette

Date de Sortie : 1932 (sous le titre Ces Plaisirs…)

Nationalité : Française

Genre : Roman Contemporain

Nombre de Pages : 159 pages

Éditeur : Hachette

ISBN : 978-2-253-04639-4

Le Pur et l’Impur : Quatrième de Couverture

Colette a cinquante-neuf ans quand elle publie, en 1932, ces pages où elle s’interroge sur l’opium, l’alcool et les autres plaisirs qu’on dit charnels, à travers le souvenir de quarante années de vie parisienne. « On s’apercevra peut-être un jour que c’est là mon meilleur livre », disait-elle.

Le Pur et l’Impur : Avis Personnel

Le Pur et l’Impur se trouve à la croisée des genres. Dans tous les sens du terme.

Entre essai et mémoires, entre masculin et féminin : réflexions, souvenirs, femmes tentatrices et « monstres » hybrides s’entremêlent et esquissent, sous la plume d’une Colette à l’acuité sans faille, les traits d’une époque et d’un milieu alors en voie de disparition.

Parcourant les différents cadres de sa vie, Colette dresse ici le portrait de celles et ceux qui les peuplèrent et nous livre une galerie de personnages hors du commun, célèbres ou inconnus.

Ainsi, vous croiserez l’ombre, entre autres, de la poète Renée Vivien, longuement décrite à travers ces pages.

L’intérêt de ce livre est multiple et réside autant dans le témoignage de Colette que dans les remarques qui accompagnent celui-ci. À travers le récit, c’est tout un pan de la société parisienne que l’on découvre, société « underground » faite de fumeurs d’opium, de compagnies d’homosexuels de tous âges, d’amazones lettrées et d’androgynes comédiennes.

Mais le point de vue de Colette, singulier, souligne à la fois la liberté de ton si propre à l’auteur et l’époque dans laquelle, presque malgré elle, elle demeure profondément ancrée.

Car si les homosexuels – hommes donc – constituent pour elle des modèles d’intégrité, ses propos sur les lesbiennes reflètent les idées d’alors, selon lesquelles l’amour entre femmes est une douce amitié bien plus qu’une réelle passion.

Si cela peut paraître surprenant de la part de celle qui n’hésita pas elle-même à goûter aux plaisirs féminins, il n’en demeure pas moins que sa parole reste aujourd’hui un précieux souvenir de cette atmosphère !

D’autant plus que l’écriture de Colette est, comme toujours, un vrai régal où l’ironie affleure sans cesse sous l’émotion… À moins que ce ne soit l’inverse.

Un petit joyau de la littérature, à découvrir absolument !

Car Colette avait raison : c’est sans doute là son meilleur livre…

Le Pur et l’Impur : Extraits

« Qu’y a-t-il donc de changé entre l’amour et moi ? Rien, sinon moi, sinon lui. Tout ce qui procède de lui porte encore sa couleur et la répand sur moi. Mais cette jalousie, par exemple, qui lui fleurissait au flanc comme un œillet noir, ne la lui ai-je pas trop tôt arrachée ? La jalousie, les bas espionnages, les inquisitions réservées aux heures de nuit et de nudité, les férocités rituelles, n’ai-je pas trop tôt dit adieu à tous ces toniques quotidiens ? On n’a pas le temps de s’ennuyer avec la jalousie, a-t-on seulement celui de vieillir ? »

« Ne peux-tu, petit sein indiscret, nous laisser au-dessus de toi rêver en égoïstes, évoquer les pulpes, les aurores, les monts, divaguer entre les planètes, – ou ne penser à rien ? Que n’es-tu de marbre tiède, anonyme, respectueux de la paume caressante et sans desseins ? Nous ne te demandions pas ton avis, mais tout de suite te voilà sans mystère, quémandeur, et viril que c’en est une honte… »

A propos de Julia Clieuterpe

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Chroniqueuse occasionnelle

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