Isabelle B. Price

  • Obsédées par Wentworth ? En tout cas, moi oui ! Cette série dramatique australienne noire, au réalisme cru et souvent violente est réellement captivante et fait sensation partout dans le monde ! Les personnages complexes, les histoires riches et la représentation crue de la vie en prison avec (ou sans) espoir de liberté conditionnelle ne vous décevront pas.
    Nicole da Silva y interprète superbement Franky Doyle (l’une des délinquantes les plus connues du Centre correctionnel de Wentworth), une détenue intelligemment vulgaire condamnée après avoir violemment attaqué le présentateur d’un jeu télé de cuisine auquel elle participait. À force de manigancer et trafiquer, Franky se retrouve dans de beaux draps à plusieurs reprises. Ah ! Et elle charme aussi ces dames enfermées avec elle derrière les barreaux (sans parler de ces dames qui regardent la télé chez elles). L’actrice australienne, qui a remporté l’ASTRA Award de la meilleure interprétation féminine avec Wentworth, nous envoûte grâce à son indéniable talent.
    Ne craignez rien vous qui vivez aux États-Unis, nous avons de bonnes (et quelques mauvaises) nouvelles ! Les saisons 1 et 2 sont disponibles sur Netflix aux États-Unis (il est temps de se préparer pour un petit marathon) et la saison 3 est actuellement diffusée en Australie (nope, pas de date de diffusion aux États-Unis… pour l’instant). Avec ce nouveau public international qui attend patiemment la suite de Wentworth, Nicole et moi sommes d’accord pour dire qu’il serait temps de diffuser mondialement et de manière synchronisée la série… on peut toujours rêver, hein ?
    Pour de vrai, c’était plus qu’agréable de discuter avec cette actrice pleine de vie, et pas seulement de l’évolution de Franky dans la série, mais aussi de tatouages, de talents cachés, de son rôle dans l’association UN Women Australia et de la défense de la représentation des LGBT.
    Comme le dit si bien Franky Doyle, « considère que tu t’es pris une torgnole ».
    Comment décririez-vous Wentworth ? Pouvez-vous nous parler un peu du personnage que vous interprétez ?
    Wentworth est un drame carcéral au réalisme cru. C’est un remake d’une série australienne des années 70, Prisoner. Je joue le rôle de Franky Doyle, l’une des détenues.
    Magnifique. Je veux dire, cette série est super. Je me suis fait un marathon de ouf de tous les épisodes !
    Génial !
    [Rires] Le monde entier – et particulièrement les États-Unis – apprécie la série. Vous attendiez-vous à ce qu’elle soit autant aimée hors Australie ?
    Non, pas du tout. Au début, lorsque nous avons commencé à tourner nous ne pensions pas une seconde qu’il y aurait un jour une diffusion internationale. Puis, une fois diffusée en Australie, la série a lentement conquis le terrain international. Le Royaume-Uni l’a choisie, puis l’Europe. Et puis, cerise sur le gâteau, Netflix l’a choisie pour les États-Unis.
    Oui et des personnes du monde du spectacle, comme Rosie O’Donnell, déclarent publiquement leur amour pour la série. Ça doit être génial pour vous tous que les gens surkiffent, qu’ils veuillent en voir plus.
    Oui, c’est vraiment une super sensation ! Vous savez, je trouve que le public devient de plus en plus exigeant en ce moment. Ils regardent la télé, des drames et s’y connaissent de mieux en mieux sur ce qui fait un bon programme. Donc c’est vraiment cool de faire partie des meilleurs.
    C’est génial. En quoi ressemblez-vous à votre personnage, si jamais vous lui ressemblez ? Y a-t-il de grosses différences entre vous deux ? J’en suspecte quelques-unes.
    Oh oui ! Oui ! [rires] Il y en a quelques-unes c’est sûr. J’espère être un peu moins violente qu’elle !
    [Rires]
    [Rires] Mais vous savez, on se trouve des points communs avec tous les personnages que l’on interprète. Et, oui, j’en ai avec elle. Franky jongle entre force et vulnérabilité. Elle a une personnalité assez vaste, et moi j’essaie d’apporter un peu d’humanité au personnage.
    Avez-vous fait quelque chose de particulier pour entrer dans le personnage ? Avez-vous discuté avec des détenues ou avez-vous juste trouvé vos marques naturellement ?
    Lorsque j’ai vu le personnage de Franky sur le papier, quelque chose en elle m’a parlé. C’est sûr, je pense qu’il y a eu des affinités immédiates entre nous, mais une fois que j’ai obtenu le rôle, j’ai insisté pour aller visiter des prisons pour pouvoir parler aux détenues et anciennes détenues. J’ai eu la chance de pouvoir le faire. Cela m’a vraiment ouvert les yeux. J’ai pu parler à une détenue en particulier qui m’a conseillé sur la façon de jouer Franky et m’a aidée à la modeler pour donner la Franky que vous connaissez.
    Vous faites un super boulot.
    Merci.
    De rien. Très bien, passons au côté croustillant des choses ! Les fans veulent savoir s’il y a de l’espoir pour Bridget et Franky ? Je veux dire, le dernier épisode était plein d’espoir et pourtant si décourageant. [ndlt : épisode 8 de la saison 3]

    Je suppose donc que vous regardez tous la série en ligne illégalement ?
    Euh… Je ne peux ni confirmer ni infirmer.
    [Rires] Ok, c’est cool. Y a-t-il de l’espoir pour Bridget et Franky ? Je ne vous dirai rien. Je ne vous dévoilerai pas mon jeu. La saison 3 est un vrai tournant pour Franky. Bridget incarne un certain espoir pour Franky, un certain espoir d’apaisement. Mais je ne dirai rien du tout sur le développement de cette relation et SI elle se développe.
    Ah, petite futée ! D’ailleurs, Franky semble avoir un type. Tout d’abord Franky et Erica. Maintenant Franky et Bridget. Pensez-vous que le personnage que vous interprétez est attiré par des figures d’autorité ou est-ce juste le hasard qu’elles aient ce statut ?
    Je crois que, comme Franky est une femme très intelligente, dans cet environnement, elle est à la recherche constante de stimulation. Elle gravite donc naturellement autour de personnes ayant un statut plus important, une éducation plus importante, avec qui elle puisse élever le débat et avoir de vraies conversations. Je crois que c’est une tendance naturelle chez elle.
    Pour en revenir au « téléchargement ou visionnage illégal » de la série, qu’en pensez-vous ? Je sais que beaucoup de personnes streament en direct. Pensez-vous que ce soit une bonne ou mauvaise chose que les gens essayent de suivre la série comme cela ? Pensez-vous que cela nuit à la série ?
    C’est marrant, c’est le serpent qui se mord la queue. J’ai vraiment deux positions là-dessus. D’un côté, c’est vraiment génial que les gens regardent la série et la soutiennent, peu importe la façon dont ils le font. En tant qu’artiste, sans public pour regarder ou apprécier votre travail, vous vous retrouvez réellement sans emploi et il n’y a alors aucun avenir pour vos projets. D’un autre côté, de cette façon-là, l’industrie ne gagne pas d’argent et ne peut plus soutenir d’autres créations. C’est donc un sujet délicat et je trouve ça intéressant de créer et d’ouvrir le débat là-dessus ; parce qu’il est évident que tout le monde le fait. De toute façon, je suis reconnaissante à l’ensemble des spectateurs de la série.
    Je pense aussi que ça ouvre le débat pour les sociétés, pas pour qu’elles se mettent au streaming, mais pour qu’elles rendent les contenus disponibles sur Hulu et Netflix, comme cela se fait déjà, pour que le monde entier puisse visionner un programme simultanément.
    Tous en même temps. Je sais, et vous soulevez un point important ici. Il faut que les réseaux télévisés intègrent le fait que le public est mondial maintenant, que c’est une communauté globale. Et il est certain que diffuser la série en même temps dans le monde entier aurait un impact merveilleux sur nous.
    On le dit haut et fort ! Avec un peu de chance, quelqu’un nous écoutera !
    Ouais !

    [Rires] Wentworth est souvent comparée à Orange is the New Black, mais ces séries sont extrêmement différentes. Le prenez-vous comme un compliment lorsque les gens font le rapprochement ? Êtes-vous, vous-même, fan de cette série ?
    Oui, tout à fait. J’ai regardé la plupart des épisodes d’Orange is the New Black. J’ai une amie dans cette série et je trouve que c’est vraiment une série exceptionnelle. J’adore que l’on compare les deux séries parce qu’Orange is the New Black est une comédie dramatique avec de très bons acteurs, une écriture géniale, et, pour être honnête, un budget bien supérieur au nôtre. [rires]
    Sincèrement, ça ne se voit pas. Vous tous sur Wentworth faites tellement du bon boulot en interprétant vos personnages ! Les scènes et personnages sont juste géniaux.
    Au final, ce sont deux séries très différentes. Je trouve qu’Orange is the New Black est parfaite dans la catégorie comédie dramatique, et en plus, les histoires sont vraiment centrées sur les personnages, ce que j’apprécie réellement. Alors que, d’un autre côté, Wentworth est assurément un drame, et est davantage centrée sur l’intrigue.
    Si vous pouviez devenir amie avec l’un des personnages d’Orange is the New Black, qui serait-ce ?
    Crazy Eyes !
    Yes ! Génial ! J’adore Crazy Eyes.
    C’est sûr. Elle m’amuse autant qu’elle me brise le cœur à chaque épisode.
    C’est tellement génial d’avoir cette dualité. Je suis sûre que les gens vous demandent tout le temps ce que ça fait d’interpréter une lesbienne, mais je pense que la vraie question est : avec la communauté LGBTQ si pauvrement représentée à la télévision, ressentez-vous une pression supplémentaire pour être à la hauteur des attentes des gens en tant qu’icône lesbienne ?
    Je crois que lorsque j’ai commencé à tourner, je n’avais pas réalisé que j’avais une espèce de responsabilité avec ce personnage ou qu’il y avait une différence avec tous les personnages que j’avais déjà interprétés. Puis, une fois la série diffusée, et une fois Franky soutenue à ce point par les gens, j’ai réellement pris conscience de la façon dont avaient été représentés les LGBT à la télé auparavant et le peu de représentation dont ils disposaient. Je suis devenue très enthousiaste et fière de pouvoir livrer cette représentation. Cela arrive à un moment important au niveau mondial où les discussions sur l’égalité au mariage et les droits des transgenres s’ouvrent. Et ce genre de représentation fait avancer les choses. Je suis fière de pouvoir en faire partie.
    Vous êtes vraiment au premier plan de cette évolution et on vous en est tous reconnaissant.
    Ouais !
    Parlons tatouages ! Combien de temps cela prend-il de mettre et de retirer tous les tatouages que votre personnage arbore à chaque épisode ? Et vous, en avez-vous des vrais ?
    Je n’en ai aucun en vrai ! Oui, c’est vrai, ça prend du temps, j’ai besoin d’au moins deux heures de maquillage tous les jours pour les installer. Du coup, je me suis un petit peu attachée à eux. J’ai commencé à vraiment comprendre tout le côté psychologique des tatouages et ce que cela fait d’avoir des œuvres d’art sur son corps, et d’affirmer son corps comme ça.
    Avez-vous déjà dit « Ok, laissez-les-moi aujourd’hui. Je les ramène à la maison avec moi. » ?
    Je l’ai fait ! Lorsque nous commencions à tourner, lors de la première saison, on me donnait souvent la possibilité de retirer les tatouages pour le week-end, mais j’ai souvent refusé, je commençais à les apprécier.
    Si vous pouviez être n’importe quel autre personnage de la série le temps d’un épisode, qui cela serait-il et pourquoi ?
    Oh, la vache, super question ! Qui serais-je ? Hum. Ah, mince, je dirais probablement Boomer.
    Ah, Boomer ! Yes !
    Oui, Katrina Milosevic apporte beaucoup de fun à ce rôle et j’adorerais faire ça le temps d’un épisode, je pense.
    Ce serait génial. Vous et Boomer êtes, sans aucun doute, deux de mes personnages préférés, donc je valide. Vous êtes plutôt active sur les réseaux sociaux. Trouvez-vous cela un peu oppressant parfois ? Je vous soupçonne de recevoir fréquemment des messages beaucoup trop chaleureux ou même des choses assez étranges.
    Oui, c’est vrai. Je choisis les moments où je vais sur les réseaux sociaux et ceux où je vais juste y jeter un œil. Ça demande une petite préparation mentale. Mais de manière générale, je trouve que c’est un bon espace de discussion, pas seulement concernant la série, mais aussi concernant les problèmes mondiaux actuels. Et j’ai des fans qui me soutiennent beaucoup.
    C’est super que vous puissiez être en contact avec le public du monde entier. Les gens font des recherches sur vous, ils voient que vous êtes connue et cherchent à vous connaître aussi. Du coup, c’est génial que vous soyez sur les réseaux sociaux, comme ça les gens peuvent vous retrouver et discuter avec vous.
    Oui, tout à fait. Et c’est grâce à cela qu’on a eu le commentaire de Rosie O’Donnell et que Dave Navarro m’a tweetée. Des choses comme ça filtrent à travers tous les commentaires et nous valorisent en tant qu’artiste d’une certaine façon, parce que, tout à coup, nous avons notre propre plateforme et sommes en contact avec notre propre public.
    C’est un nouveau monde.
    Complètement.
    Et il est en plein essor et vous ne pouvez rien y faire. Votre biographie sur Twitter dit que vous être une « créatrice de bêtises ». Pourriez-vous nous donner des précisions ? Êtes-vous un peu diabolique ou farceuse sur le plateau ?
    C’est vrai que j’aime blaguer sur le plateau. J’adore rigoler et surtout sur le plateau et surtout au travail. On traite d’histoires tellement dures et noires que des moments comme cela sont nécessaires pour redonner un peu de gaieté à tout le monde.
    Quelles sont les séries que vous regardez ? Ou bien juste des séries dans lesquelles vous aimeriez faire une apparition ?
    En ce moment, je regarde la seconde moitié de la seconde saison d’Orange is the New Black. Et je viens juste de commencer Unbreakable Kimmy Schmidt également !
    Cool ! Vous aimez pour l’instant ?
    J’adore !!! C’est tellement drôle et barjo et puis je suis une grande fan de Tina Fey.
    Ça fait partie de ces séries devant lesquelles vous vous asseyez, vous mettez votre cerveau sur pause et vous riez pendant des heures. C’est vraiment génial.
    Oui, tout à fait.

    Bon, maintenant quelque chose d’inopiné que peu de gens, ou peut-être vos fans, savent sur vous ?
    Oh ! C’est quoi quelque chose d’inopiné sur moi ? Ah, si !  Je suis vraiment douée pour couper les cheveux !
    Vraiment ?
    Oui ! Donnez-moi inopinément une paire de ciseaux et une tête chevelue et je pourrais donner à cette personne une coupe de cheveux plutôt correcte. Des amis et de la famille me demandaient de leur couper les cheveux, mais comme je trouve ça vraiment ennuyeux, je ne le fais pas souvent. Quoi qu’il en soit, j’ai dû être coiffeuse dans une autre vie.
    Et ça enchaîne un peu sur ma prochaine question. Si vous n’aviez pas été actrice, à votre avis, quel métier exerceriez-vous aujourd’hui ?
    Je crois qu’au début de ma carrière, je vous aurais dit que j’aurais fait des études de droit ou de psychologie, parce que c’était les deux trucs qui m’intéressaient vraiment. Aujourd’hui, je choisirais plutôt quelque chose comme la naturopathie. Mais, j’ai actuellement un ami charpentier qui m’apprend la charpenterie et dans une autre vie j’adorerais être maçon ou fabricant de meubles.
    Travaillez-vous sur un projet de charpenterie en ce moment ?
    Et bien, j’ai fini de faire ma table basse, ce qui est super cool et la semaine dernière, j’ai aidé mon ami à rénover sa cuisine.
    Oh ! Ça a l’air sympa ! Je n’avais jamais pensé à cette voie. Autre chose, vous êtes la première marraine de UN Women Australia. Pouvez-vous nous parler un peu plus de cette organisation et de la manière dont vous vous êtes impliquée dans ce projet ?
    UN Women est une faction des Nations Unies. Avant ça s’appelait UNIFEM. Alors que la saison 2 de Wentworth allait être diffusée, je me suis rendu compte que la série devenait populaire et j’ai délibérément décidé d’utiliser mon statut pour aider une cause et la faire connaître auprès du public. Et c’était tout vu pour moi : j’allais m’engager pour les droits des femmes et faire progresser le statu quo des femmes. J’ai donc fait quelques recherches et j’ai trouvé le comité national de l’UN Women Australia. Je leur ai téléphoné et leur ai dit « Bonjour. J’aimerais vous offrir mes services. On peut en discuter ? » Nous l’avons fait et un an plus tard nous avions défini mon rôle et le fonctionnement que nous allions adopter.
    Y a-t-il quoi que ce soit que l’on puisse faire pour aider ?
    Vous pouvez aller sur l’un des sites de l’UN Women pour découvrir les projets mondiaux qu’ils mènent sur le moment. Sinon, le plus sûr c’est toujours les donations. Et puis restez informés sur ces sujets.
    Pour finir, y a-t-il quelque chose que vous aimeriez ajouter ou quelque chose que vous aimeriez dire aux fans ?
    Je crois que toute opportunité de remercier les fans devrait être saisie, parce qu’ils sont tellement adorables et nous donnent tellement tellement d’amour. Je voudrais donc les remercier très sincèrement !
    Merci beaucoup. Ça a été merveilleux de discuter avec vous.
    Merci, McKenzie ! Merci pour cette conversation.
    Interview Originale sur le site Nowhitenoise.com

  • Vignette
    Épisode 5540 : Conflit mère, fille

    Jasmin n’en revient de ce que sa mère vient de lui dire. Elle décide de passer à l’offensive.

    JASMIN : Alors tu penses que ma relation avec Anni est ridicule ?
    KATRIN : […]

  • K. est amoureux de Sumire, mais celle-ci n’a que deux passions : la littérature et Miu, une mystérieuse femme mariée. Au sein de ce triangle amoureux, chaque amant est un satellite autonome et triste, et gravi […]

  • Vous allez être contentes de découvrir la chanteuse Sinclair (Julia Sinclair de son vrai nom). D’une part, ce n’est pas seulement une auteure-compositrice fabuleuse, elle joue aussi de plusieurs instruments de musique et son son électro-pop-folk est très contagieux. De plus, dans son nouvel EP, Sweet Talk, elle parle de son coming-out à sa famille très conservatrice et de Natalie, l’amour de sa vie devenue sa femme, avec qui elle vit actuellement à Nashville. Nous avons eu l’occasion de discuter avec Sinclair au téléphone, elle nous a parlé de la façon dont elle a trouvé sa voie, de sa nouvelle coupe de cheveux et de la façon dont elle a réussi à faire la paix avec elle-même et à se choisir une nouvelle famille.
    D’où m’appelez-vous ?
    De Nashville.
    Ah, génial ! En plus, c’est ma première question : pourquoi Nashville ?
    [Rires] Je sais, c’est un peu déconcertant vu ma musique. J’ai déménagé à Nashville en… voyons voir… mi 2011. Je suis venue ici pour fuir un [petit quartier] de New York. J’ai réellement fui chez moi et j’ai choisi Nashville parce qu’entre New York, Nashville, Los Angeles… Los Angeles était un trop grand pas à franchir, c’était la première fois que j’allais vivre toute seule, donc c’était un peu… et concernant New York, j’avais passé suffisamment de temps à Manhattan pour savoir qu’avec mon caractère et ma musique à temps plein, j’aurais eu l’impression d’étouffer. [Rires] J’adore New York, mais avec mon caractère, je crois que je me serais vite sentie submergée. Je n’étais pas tout à fait sûre pour Nashville, je n’y avais jamais vraiment réfléchi, ce n’était pas une ville où je rêvais de déménager, comparée à Los Angeles par exemple, où à chaque fois que j’y suis allée, je m’y suis sentie carrément bien. Mais quand je suis arrivée à Nashville, ça a fait tilt. Ça fait presque un an que je vis à Nashville maintenant et j’ai vraiment l’impression d’être chez moi et ce sentiment continue d’augmenter.
    Je n’y suis jamais allée, mais je n’ai lu que des bonnes choses. En plus, ma petite-amie est obsédée par la série Nashville. Du coup, il faut vraiment que j’y aille.
    Je n’ai regardé que deux épisodes. Il faut que je regarde davantage cette série.
    C’est bon, vous, vous vivez à Nashville !
    C’est vrai, c’est génial !
    En quoi vivre à Nashville vous inspire musicalement parlant ?
    Intéressant… très bonne question. Je crois que Nashville m’a inspirée pour les textes. Il y a une telle façon de raconter les histoires ici. Il y a des gens, juste des artisans, qui ont une vraie plume et qui peuvent écrire un refrain qui vous rendra l’œil humide, vous fera vraiment réfléchir ou vous donnera envie d’écouter le morceau en boucle tout l’été. Pourtant, honnêtement, je n’ai pas grandi en écoutant de la musique country et je ne suis toujours pas une grande fan de ce genre-là. Je pense qu’il y a de la bonne musique country et qu’il y a de la bonne musique dans tous les genres de manière générale. Bon, c’est vrai que je n’écoute pas souvent cette musique-là, mais les auteurs d’ici m’ont vraiment montré que les textes peuvent être magnifiques. J’ai essayé d’inclure un peu de leur talent de conteurs d’histoires dans ma musique ; un peu de cette simplicité, de cette honnêteté dans les paroles.
    Je ne suis pas une grande fan de country non plus, mais j’aime leur façon de raconter des histoires. Aimez-vous Brandi Carlile ?
    J’adore Brandi Carlile !
    C’est à ça que votre musique me fait penser. Il y a cette espèce d’ambiance américaine dans la façon d’écrire les paroles. C’est super que l’endroit où vous vivez vous ait inspiré cela.
    Oui, oui, exactement ! Vous avez tout à fait raison. Brandi fait cela parfaitement. Elle jongle parfaitement entre les différents types de textes. Certaines paroles sont chargées en émotions et vous font ressentir beaucoup de choses, d’autres paroles racontent une histoire que vous imaginez au fur à et mesure de la chanson. J’adore.
    À quel point vos chansons sont-elles personnelles ?
    Il y a un peu de tout. Mon EP est extrêmement personnel. Chaque chanson est vraiment tirée de mon vécu, de ma propre vie, de mes propres histoires. Et, vous savez, ça m’a semblé être la chose à faire parce que j’ai l’impression que les gens – et moi aussi lorsque j’écoute de la musique – ressentent l’honnêteté et la sincérité d’un chanteur. Je voulais donc être sûre que ce soit le cas ici, que les choses soient vraies et qu’à défaut d’autre chose, les gens sentent que je suis réglo. J’ai donc choisi les chansons qui touchaient le plus à ma grande vulnérabilité.
    Parlez-nous de ce pas de géant que vous avez fait en vous coupant les cheveux.
    Vous savez, ça faisait un moment que je me tâtais. Je l’ai fait juste avant de prendre les photos pour l’EP, et j’ai eu l’impression que je n’avais pas osé le faire avant par peur. Peur de quoi, je ne sais pas trop ; peut-être peur de ne pas savoir ce que les gens allaient en penser. Est-ce qu’ainsi je me rangerais dans une case ? Est-ce que les gens porteraient plus facilement un jugement ? C’est marrant comme réaction. Mais d’un point de vue mode, je voulais vraiment le faire et puis, en y réfléchissant, ça semblait être la bonne décision. Je l’ai aussi fait parce que ça semblait être bien pour l’EP. J’avais l’impression que ça correspondait bien avec ce que je proposais comme musique. C’est sûr que c’était osé. Vous savez, parfois, vous vous faites couper les cheveux et il vous faut bien une semaine pour enfin vous dire « Ah, oui, ça me va bien en fait ! », alors que là, c’est la première fois que je me suis fait couper les cheveux et que je n’ai pas eu besoin de plus d’une heure pour aimer le rendu, genre « Oh la vache ! C’est exactement ce que je voulais ! » Boum !
    Voulez-vous faire une petite dédicace à votre coiffeur ?
    Vous savez quoi ? C’est une super histoire : un musicien itinérant m’a fait cette coupe en échange d’un paquet de cigarettes. Maintenant c’est ma femme qui me la fait. Elle sait tout faire. La première fois, elle était vraiment nerveuse. Tiens, encore une histoire marrante ! Une fois, elle avait rasé un côté plus court que ce que l’on voulait à la base et elle a hurlé « Tu es horrible ! », j’ai répondu « Merci ! C’est sympa ! » C’est vrai que c’est pile ce que vous voulez entendre de la bouche de votre coiffeur. Puis, elle a fait le deuxième côté comme le premier et au final c’était super.
    Que fait votre femme ?
    Elle est peintre. Elle est incroyable. Elle a un super compte Instagram et a beaucoup d’œuvres de ses fans dessus. Le compte est NatalieRoseArt. Elle est géniale. Elle en fait beaucoup plus depuis deux ans. Elle a été dans un lycée en Caroline du Nord pour étudier les arts et pouvoir réaliser son rêve. Je suis vraiment très contente pour elle.
    Vous êtes-vous rencontrées à Nashville ?
    En effet, nous nous sommes rencontrées à Nashville. Elle était là depuis un an déjà et à Pâques 2012 elle a frappé à ma porte lors d’une fête que j’organisais. L’une de nos amies en commun l’avait invitée et j’ai eu l’impression de recevoir un coup de massue sur la tête en ouvrant la porte. Puis, on a commencé à sortir ensemble trois semaines après. Oui, c’était génial.

    Y a-t-il une grande communauté LGBT à Nashville ?
    Une très belle communauté. Il faut que nous nous y impliquions plus, d’ailleurs. Nous sommes allées à ce qu’ils appellent le QD Prom, je crois que ça veut dire Queer Dance Prom [ndlt : Le bal de promo Queer]. Ce fut l’un des meilleurs trucs auxquels Natalie et moi sommes jamais allées. Il y a avait à peu près 500 personnes, pour la plupart des couples homos, c’était vraiment cool. Je n’étais jamais allée aux bals de promo. Ma femme, elle, y était allée quelques fois, mais pas avec des filles. Je crois que c’était aussi le cas de la plupart des gens d’ici. S’ils étaient déjà allés à un bal de promo lors de leur scolarité, ils y étaient allés avec un ami en prétendant qu’ils n’étaient pas ensemble ou avec quelqu’un du sexe opposé. Nous avons donc passé un très bon moment et puis nous avons pris une photo de couple. En plus, les couples étaient tout à fait à l’aise lors des slows. Tout était très mignon. Ils organisent ça une fois par mois, c’est vraiment une communauté adorable.
    C’est génial. Vous savez, les États du sud peuvent avoir une sacrée réputation d’homophobes. Mais, vous, vous avez l’impression que Nashville est un endroit plutôt gay-friendly alors ?
    Je crois que je peux dire sans trop m’avancer que Nashville est bien plus progressiste que le reste du Tennessee. Honnêtement, je ne suis allée dans aucun autre État du Sud et je ne suis pas suffisamment allée à la campagne pour me faire une idée de la situation là-bas. Je sais qu’il n’y a pas trop de problèmes à Atlanta. Je suis allée en Alabama avec Natalie et nous n’avons reçu aucun signal clair nous indiquant quoi que ce soit. Je ne voudrais donc pas juger sans connaitre. Mais, en tout cas, oui, Nashville est une ville très chaleureuse.
    Maintenant que l’EP est sorti, êtes-vous en pleine écriture et enregistrement de la version longue ?
    Je suis en pleine écriture et ça va. Je pensais qu’à ce moment-là j’aurais été en manque d’inspiration, mais non. J’ai cru que j’allais planter l’EP. J’avais tellement peur de le sortir ! Et maintenant, je me retrouve à écrire l’album version longue. En fait, je crois que la sortie de l’EP m’a encore plus boostée. Les gens ont tellement bien reçu mon EP que je suis un peu sur un nuage. Du coup, je commence par écrire la version longue et je commencerai à enregistrer d’ici cinq mois je pense. J’espère que je ferai une petite tournée cette année. On parle de deux-trois trucs entre-nous, mais rien de sûr pour le moment. Ah, nous jouerons à la gay pride de Nashville, c’est le 5 juillet je crois. Ça va être d’enfer !
    J’ai vraiment apprécié la vidéo où vous parlez de votre coming-out à votre famille. Est-ce que les choses ont évolué ? Est-ce qu’ils ont un peu changé d’avis ?
    Et bien, c’est une très bonne question. L’une de mes sœurs m’a rendu visite récemment et c’était super, mais dans l’ensemble, ils ne m’acceptent toujours pas. Et c’est dur. Natalie et moi fêtons notre mariage le 1er mai avec nos amis et notre famille. Nous nous sommes mariées en Caroline du Nord en juin dernier et voulions fêter ça avec les personnes qui nous sont les plus proches, nous organisons donc une fête. J’ai invité toute ma famille et ils ont tous dit non, à cause de leur foi. Je crois qu’il y avait conflit d’intérêts pour eux. C’est dur. Je savais qu’ils répondraient non, mais c’est toujours un sentiment particulier à appréhender, surtout quand j’entends les gens me dire « Ah, tu sais, ce sont tes parents. Ils changeront d’avis ! » C’est dur de garder espoir qu’ils le feront. Enfin bon, j’ai appris que je n’ai pas besoin d’attendre qu’ils changent d’avis, parce qu’au fond je ne sais même pas si c’est correct d’attendre ça de leur part. En revanche, il faut que profite de la famille que je me suis choisie, et c’est ce que j’ai fait pour la fête. Je crois que là est ma réponse. Même si j’ai perdu ma famille, au niveau de l’amour et du soutien, j’ai une superbe famille et un soutien en béton ici, et je suis sûre qu’ils seront toujours là pour moi. C’est tout aussi inestimable.
    Beaucoup de gens traversent, ou ont traversé, cette situation. Entendre quelqu’un de connu, comme vous, en parler pourrait faire beaucoup de bien à certaines personnes. Avez-vous des conseils pour ceux qui sont dans une situation similaire à la vôtre ?
    Déjà, je dirais : ne retenez pas vos émotions. Autorisez-vous à ressentir ce que vous ressentez. Il faut qu’ils vous manquent, ne gardez pas ça pour vous en faisant semblant d’être au-dessus de tout ça. Et si, à côté de ça, vous avez besoin d’un conseil de la part d’un proche, forcez-vous à passer un coup de fil à un ami ou à quelqu’un qui sera d’accord pour en parler. Au début, ce ne sera pas la même chose puisque vous n’êtes pas de la même famille. Mais sachez que lorsque vous appelez quelqu’un et que vous l’invitez dans votre vie de cette façon, à un moment cette personne finira par devenir de la famille. Elle sera encore plus proche de vous. Il faut vraiment vous ouvrir aux personnes hors de votre cercle familial. Les gens ne vont pas forcément venir vous voir pour vous dire « Eh, je veux être ta mère ! » ou ta sœur, ou ton père. Mais si vous voulez que vos amis soient présents dans ces moments importants, qu’ils soient là pour vous réconforter lors d’une rupture ou lors de n’importe quel moment difficile, même un moment financier difficile, faites-le. Certes, ils ne vous aideront pas forcément inconditionnellement tout de suite, mais je vous assure que si vous sortez de votre coquille, les gens seront très heureux d’intervenir et de vous donner l’amour dont vous avez besoin.
    Beaucoup de personnes, tout particulièrement au sein de la communauté LGBT, ont choisi de nouvelles familles et, parfois, ce n’est pas plus mal. Les gens qui sont autour de vous sont la clef de votre bonheur et de votre acceptation personnelle. Y a-t-il quelque chose que vous aimeriez que les gens qui vous découvrent aujourd’hui sachent sur vous ?
    Je veux que les gens sachent que si j’ai choisi de faire de la musique, si j’ai choisi cette carrière, ce n’est certainement pas pour me faire plein d’argent. Je veux dire, honnêtement, j’y pense tout le temps : si j’avais voulu gagner beaucoup d’argent, ce n’est pas la voie que j’aurais choisie. Ce n’est pas un moyen très fiable pour gagner de l’argent. Et je sais qu’à un moment donné, cela engendre pas mal de difficultés : les gens vous observent et tout. Je fais la musique que je fais parce que c’est une nécessité pour moi. C’en est presque cathartique.
    Ensuite, je pense qu’il est très important de partager cette musique avec les autres. Vous l’avez dit, je pense que je suis très loin d’être la seule dans cette situation, il y a beaucoup d’autres personnes qui traversent ce que j’ai traversé, et ils doivent se sentir aussi seuls que moi à l’époque. This Too Shall Pass est un morceau important pour moi. Je suis vraiment contente d’avoir pu l’enregistrer et le sortir. Beaucoup de gens m’ont dit avoir aimé Heaven on Earth, et avoir compris la raison pour laquelle je l’ai écrit. C’est pour cela que je fais de la musique. Les gens sont amoureux et comprennent ce que je veux dire. « Eh, faisons-nous notre petit nid, un petit coin de Paradis, peu importe ce que les autres diront, ils ne savent pas ce que nous nous avons ». Je suis vraiment très heureuse de pouvoir donner un petit quelque chose aux gens, et c’est la raison de mon métier. Je me suis retrouvée tellement de fois complètement à plat, alors ma femme me disait « Tu dois te libérer de ces chansons ». Je crois qu’elle a raison. C’est pour ça que je fais ce que je fais.
    Interview Originale sur le site Afterellen.com

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    Épisode 5536 : Dans le métro

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  • Suite au succès de la websérie lesbienne Venice, Crystal Chappell s’est associée avec Bella Productions pour nous concocter Beacon Hill. Cette nouvelle websérie se déroule à Boston et raconte l’histoire de Katherine Wesley et Sara Preston, d’anciennes petites amies entre qui la flamme brûle toujours un peu, et ce malgré leur rupture dévastatrice.
    Dans les rôles de Sara et Katherine, nous retrouvons les stars du soap opera Alicia Minshew et Sarah Brown. Les fans de All My Children reconnaîtront en Alicia Minshew, la dure, mais adorable Kendall Hart. Sarah Brown a quant à elle a incarné la courageuse Carly dans Hôpital Central, rôle grâce auquel elle a remporté trois Emmy Awards. J’ai discuté avec elles de leur alchimie dans Beacon Hill, de leur patronne Crystal Chappell et du futur des soap operas.
    Comment avez-vous intégré l’équipe de Beacon Hill ? Était-ce dû au chant de sirène de Crystal Chappell qui semble attirer tellement de gens ?
    ALICIA MINSHEW : J’étais en plein milieu du tournage d’une autre websérie appelée Tainted Dreams, je suppose donc qu’elle m’a remarquée à ce moment-là. Nous n’avions jamais travaillé ensemble, mais nous nous entendions bien, nous nous suivions sur Twitter et nous nous étions rencontrées plusieurs fois au cours de ces dernières années. Elle m’a envoyé un message « Je voudrais te parler, j’aimerais te faire jouer dans un truc cool ». Elle m’a appelée et elle m’a tout dit. Et puis, comme j’étais une grande fan de son travail, que j’avais vu Venice et que je savais qu’elle était très douée, je me suis dit que ce serait génial de pouvoir travailler avec elle. Elle m’a dit que j’allais jouer la petite-amie de Sarah et j’ai toujours adoré le travail de Sarah depuis que je l’ai vue dans Hôpital Central. J’ai beaucoup d’estime pour Crystal et Sarah, ce sont deux femmes très talentueuses avec qui j’ai toujours voulu travailler.
    Je n’avais jamais interprété de lesbienne auparavant. Ça m’a plu, c’était un aspect du métier d’actrice que je n’avais pas exploré. J’étais très contente de pouvoir faire ça avec une actrice aussi douée. Puis, en lisant le scénario j’ai été totalement convaincue. C’était tout vu. En plus, j’ai passé une semaine à Boston lors du tournage – et comme je vis à New York, le trajet a été rapide – c’est une ville magnifique, j’aime beaucoup cette ville. J’aime cette ville et tout le casting du tournage, pas seulement Sarah ! Je suis amie avec Ricky Paul Golden et j’adore Melissa et Jessica. Quand j’ai vu le groupe de travail, j’ai dit « Je signe ! Non, vraiment, je signe ! »
    SARAH BROWN : Je suis la première personne que [Crystal] est venue voir une fois le scénario en main. Elle voulait que je joue Katherine. Il n’y avait encore aucun acteur d’engagé sur ce projet, mais le scénario m’a vraiment donné envie de travailler dessus. Je fais confiance à Crystal, je l’apprécie en tant que personne et j’aime vraiment beaucoup son travail. Du coup, je l’ai rappelée et lui ai dit « Je suis de la partie ! On y va ! Trouve-moi de bons collègues » Je lui ai fait confiance à 100 % et elle a déniché une équipe d’enfer. Je savais que je pouvais compter sur elle pour trouver des acteurs super motivés. Elle a fait un super boulot.
    À chaque fois que je parle de Beacon Hill à quelqu’un, l’on me parle de cette alchimie incroyable que vous dégagez à l’écran. J’ai discuté avec Crystal Chappell, je sais donc que vous n’avez pas eu de test d’alchimie ou d’autre test similaire. Du coup, lorsque vous vous êtes mises à travailler ensemble, vous êtes-vous dit « Waouh ! C’est fou comme le courant passe bien ! » ?
    ALICIA MINSHEW : C’est marrant, on ne s’était jamais vraiment rencontrées auparavant. Il me semble qu’on s’est rencontrées une fois, aux Emmy Awards, il y a quelques années. Concernant Beacon Hill, on en a discuté au téléphone, on a beaucoup parlé et on a de suite très bien accroché. On a toutes deux la même espèce d’éthique de travail. On a donc travaillé le scénario et les personnages par téléphone. Lorsqu’elle était à Los Angeles et que j’étais à New York, on répétait nos scènes au téléphone. On discutait du passé de nos personnages, de ce qu’il représentait l’un pour l’autre. On s’entendait très bien et on avait hâte de pouvoir enfin se rencontrer en vrai.
    Une fois que nous nous sommes rencontrées, nous étions très à l’aise l’une avec l’autre. On a un sens de l’humour similaire et on avait nos moments « détente » : on chantait et faisait les idiotes entre les prises. Concernant les moments forts en émotions, on répétait, on lisait nos lignes. On était toutes les deux très concentrées, on jouait vraiment ensemble. C’est vraiment agréable de travailler avec quelqu’un qui fonctionne comme vous. Au final, on s’est tellement bien entendu qu’on s’est dit que ça allait être facile. On est tout de suite plus rassurée auprès de quelqu’un comme ça. Tu assures mes arrières, j’assure les tiennes, on se soutient l’une l’autre. On a ressenti cela dès le premier jour, on savait qu’on avait trouvé la partenaire parfaite, du genre « Ok, je peux faire ça avec elle. Je peux m’imaginer la choisir, je peux m’imaginer au lit avec elle, je peux m’imaginer lui crier dessus, je peux m’imaginer pleurer avec elle. Je peux faire toutes ces choses émotionnelles. » Je savais qu’elle se donnerait à 100 %, et elle l’a fait.
    SARAH BROWN : C’est vrai qu’on y a un peu réfléchi. C’est fou que la personnalité d’Alicia soit telle qu’à la minute où je l’ai rencontrée, j’ai eu envie de prendre soin d’elle, de la protéger et de m’assurer qu’elle allait bien. Ça fonctionnait parfaitement pour le personnage. Quelque part, ça a merveilleusement bien installé la dynamique entre les personnages. Ça a donné à cette dynamique une direction que je n’avais pas pu anticiper, puisque je n’avais jamais réellement passé de temps avec elle. Nous en avons beaucoup ri. Crystal savait parfaitement ce qu’elle faisait en nous faisant travailler ensemble : je crois qu’intuitivement elle connaissait nos deux caractères, qui sont au final plutôt différents. Alicia est une vraie fille. Elle est vraiment marrante. Elle est adorable, drôle, vous ne pouvez que l’aimer et vouloir prendre soin d’elle ! Nous correspondons parfaitement aux personnages de Katherine et Sara.
    Alicia, votre apparition dans le reboot de All My Children a comblé les fans de bonheur ! Malheureusement, ce soap opera a été annulé avant qu’on ne puisse vous voir davantage. Cette expérience vous a-t-elle rapprochée d’une façon ou d’une autre du monde de la websérie ?
    ALICIA MINSHEW : En réalité j’avais signé pour Tainted Dreams avant d’apparaître dans le reboot de All My Children. Tainted Dreams ressemblait un peu à Beacon Hill dans le sens où il y avait seulement 12 épisodes et que la configuration était identique. Donc, lors de cette expérience, je me suis rendu compte que la websérie est un mélange de soap et de film. Le rythme est rapide, il y a beaucoup de dialogues, c’est bam, bam, bam ! Il faut vraiment être au taquet. J’ai vraiment beaucoup aimé. J’ai eu l’impression que l’on prenait le meilleur de chaque univers (l’univers du film et celui des soap operas) et ça m’a beaucoup plu. Ça a été beaucoup plus facile d’accepter de travailler sur Beacon Hill avec le souvenir de cette super expérience. Je savais que Crystal, et surtout sa société de production, gérait le truc. Je savais donc que ça irait comme sur des roulettes. J’avais aussi très envie d’essayer quelque chose de nouveau. J’avais joué Kendall pendant presque dix ans et je me suis dit qu’Internet représentait un peu l’avenir des séries. Les gens regardent des trucs en ligne maintenant, alors pourquoi ne pas essayer quelque chose de nouveau ?

    Vous avez toutes les deux joué des rôles emblématiques de soap operas et vos fans semblent vous être très dévoués, c’est d’ailleurs quelque chose que j’adore chez les fans de soap operas. À votre avis, qu’est-ce qui, dans ce genre, dans cet univers, permet aux fans de tant se lier avec vos personnages et vous-même ?
    SARAH BROWN : Je crois que tout est dû à la diffusion quotidienne. On est diffusés tous les jours pendant qu’eux font autre chose dans leur maison, ce qui nous fait presque passer pour un ami invité chez eux. Quand vos recevez vos amis chez vous et que vous êtes occupé à autre chose, vous écoutez leurs problèmes d’une oreille tout en faisant la vaisselle. C’est la même chose pour les soap operas, et en plus ils sont quotidiens, ça revient donc à recevoir ces amis dans votre salon, tous les jours. [Les fans] les écoutent, écoutent leurs histoires, ce qu’ils traversent, leurs problèmes.
    Bien entendu, maintenant on peut regarder les soaps en soirée. Enfin, on a toujours pu le faire, mais je veux dire qu’avec les DVD, maintenant, les gens se calent un moment, et pas nécessairement en journée, pour regarder leur soap opera. À la base, au début en tout cas, je me suis dit que les fans des soap operas étaient différents des autres, extrêmement dévoués et d’un soutien sans faille, parce qu’ils nous voyaient tous les jours. Les fans purs et durs nous regardaient tous les jours. Ce n’est pas la même chose qu’attendre une semaine pour revoir la star de votre série préférée. Je pense que ça leur donnait l’occasion de pouvoir se vider la tête, de penser à autre chose que leurs problèmes quotidiens pendant une heure, tous les jours. C’est une sorte de service que les soaps leur rendaient, c’est faire quelque chose qu’ils apprécient. Je pense qu’ils sont très sensibles aux acteurs diffusés à la télé en journée. C’est ce que j’ai pu remarquer. Ils nous soutiennent tellement et sont tellement adorables.
    ALICIA MINSHEW : Vous ne trouverez pas de fans plus dévoués que ceux des soap operas. Tout ça parce que nous sommes dans leur salon tous les jours. Ils traversent ce que nous traversons : la naissance de nos enfants, la mort de notre mari, nos tromperies, nos « coucheries », nos ébats. Ils nous voient traverser tout ça, de manière intime, tous les jours. Ce n’est pas la même chose que de regarder un film. Dans un film, il y a davantage de distance, vous ne suivez pas les personnages tous les jours, chez vous. Les soaps sont encore plus forts que certaines séries, car les fans voient les visages des acteurs tous les jours, donc ils ont vraiment l’impression de nous connaître. Ils nous suivent dans toutes nos émotions. Des gens m’ont dit « Lorsque Zach est mort, j’ai pleuré avec vous parce que mon mari est mort la même année ». Je pense qu’ils se reconnaissent en nous de bien des façons. J’ai reçu tellement de câlins et d’embrassades de leur part, à chaque rencontre de fans, je reçois tellement, mais tellement d’amour ! Comme ils ont l’impression de nous connaître, ils nous soutiennent dans tout ce que nous faisons. Peu importe ce que j’ai fait après All My Children, j’ai toujours eu un soutien des plus incroyables de la part des fans. J’adore ! Je pense qu’ils se sentent liés à moi, et à tous les autres acteurs de tous les soap operas.
    La transition doit être intéressante entre une série où votre histoire se déroule sur des semaines, des mois voire des années, et une histoire vraiment poignante qui dure une saison et peut-être une heure au total. Est-ce difficile de filmer au format websérie après avoir tourné un soap opera ?
    ALICIA MINSHEW : C’est un peu différent, mais en tant qu’acteur, vous intégrez un projet et faites avec ce qu’on vous donne. Il faut vous dire « Ok, c’est différent de ce que j’ai déjà fait. Maintenant, il va falloir que je fasse ça comme ça et que je case tout ça en très peu de temps ». Ça va être intéressant de voir ce qu’il se passe dans la saison 2. Et si les épisodes sont un peu plus longs, que va-t-il se passer ? J’ai vraiment hâte de voir ce qu’il va se passer, on a tous hâte de se retrouver et de retravailler ensemble.
    Cette amitié transparaît vraiment à l’écran.
    ALICIA MINSHEW : Et pourtant nous n’avons été ensemble que pendant très peu de temps, genre une semaine ! Tellement de trucs se sont passés pendant cette semaine. C’est fou. On traverse tous ces trucs forts en émotions et à la fin de la semaine « Ciao ! ». Ils m’ont manqué. Je me suis dit que cette semaine n’avait été qu’un avant-goût, du genre « C’était génial. On recommence ? »
    SARAH BROWN : C’est très différent, mais c’est aussi assez similaire. Dans un soap, si vous prenez chaque histoire et que vous comptabilisez son temps d’écran journalier, il sera autour de huit minutes. Dans Beacon Hill, certains épisodes se finissent en cliffhangers.
    Exact. Et on doit attendre la semaine suivante pour savoir ce qu’il se passe.

    SARAH BROWN : Oui, ils vous font patienter jusqu’à la semaine d’après pour découvrir la résolution du problème. C’est comme ça qu’ils vous font revenir de semaine en semaine. D’une certaine manière, c’est un soap condensé. Chaque histoire doit être condensée et comme tous les personnages disposent d’un total de huit minutes, chaque histoire ne bénéficie que d’une ou deux scènes. Dans la saison 2, la manière de tourner sera intéressante : on aura l’impression que le public écoute aux portes pour connaître la vie des personnages. Et puis, concernant la durée des épisodes, leur brièveté, il est évident que les épisodes seront plus longs dans la saison 2 et je ne pense pas que ça pose problème à qui que ce soit. Le public se demandera juste ce qu’il se passera dans le prochain épisode, genre « Oh mon Dieu, que va-t-il se passer ? ». Je sais que le public réagira de cette façon parce que tous les épisodes s’imbriquent bien et que la saison 2 est juste fantastique. Le scénario fait partie de ceux que je n’ai pu poser qu’après les avoir entièrement finis. Je ne sais pas combien de pages il fait, il est très long, mais je n’ai pas pu m’arrêter de lire avant 1 h du matin.
    Sarah, vous avez été un tel monstre dans le monde des soaps et ce pendant presque vingt ans. Je voulais savoir, comment avez-vous vécu, en tant que membre de cette communauté, de ce monde, le fait que ce format soit autant en difficulté ces dernières années ?
    SARAH BROWN : Lorsque j’ai commencé à faire des soaps, j’étais très jeune – mais pas aussi jeune qu’Amber Tamblyn – et je venais juste de finir de tourner un programme pour enfants. Je ne connaissais rien sur les soaps et j’en connaissais très peu sur la télé en général. Mais entre cette période et maintenant, j’ai constaté une évolution de la télévision de manière générale. Les gens ont changé. Les femmes travaillent maintenant. C’est devenu la norme aujourd’hui alors que, lorsque les soaps ont commencé à être diffusés, ce n’était pas le cas. Je crois que les formats télévisés changent avec la télévision et comme les femmes représentent une grosse part des téléspectateurs, les choses doivent évoluer. Voir ce format dégringoler a été difficile pour moi. Cependant, je crois que je suis arrivée dans les soaps alors qu’ils étaient déjà sur la pente descendante, parce qu’en arrivant j’ai entendu beaucoup d’histoires sur l’âge d’or des soaps « Ah ! On avait 75 millions de téléspectateurs qui regardaient le mariage de Luke et Laura à l’époque ». C’est fort ! La télévision n’atteint plus ces chiffres maintenant, sous n’importe quel format que ce soit. Ça a changé. Ça a été difficile, mais c’était assez prévisible. Ça a commencé à changer depuis mes débuts et rien ne reste jamais le même. Le changement est nécessaire, il faut s’adapter. Mais peut-être que les soaps sont numériques maintenant, peut-être que c’est ça le futur. Je ne sais pas.
    Je crois que c’est ce que Crystal essaie d’approfondir : comment garder ce genre, que les gens aiment tant, en vie. Je n’en suis pas sûre, mais j’ai l’impression qu’il y a un vrai public pour les soaps, et le peu de soaps encore diffusés aujourd’hui ont des fans dévoués, aimants et loyaux. J’ai l’impression que les chaînes savent qu’il est important de faire plaisir aux fans et de continuer à diffuser leurs soaps afin que, par la suite, ils regardent, peut-être, les autres séries de leur programmation. Il ne faut pas énerver les fans de soaps ! [rires] Vous savez, lorsque seulement quatre soaps sont diffusés à la télé, tous les quatre se doivent d’être au top niveau, avec les meilleurs acteurs possibles, et à partir de là, de nouveaux projets verront le jour.
    Interview Originale sur le site Afterellen.com

  • Il est difficile de se rappeler le temps où Hannah Hart était juste une lesbienne très mignonne de Youtube, qui buvait du vin, faisait des jeux de mots et des sandwichs au fromage grillé. Sa chaîne, My Drunk Kitchen, a démarré en 2011 et entre-temps, Hannah a transformé sa série en tournée avec Hello Harto : The Tour Show, a coproduit et joué dans la comédie indépendante Camp Takota, a présenté les Streamy Awards, les GLAAD Awards, a délivré des milliers de repas chauds et de soupes, est devenue l’objet de fan fictions et… quoi d’autre ? Ah oui, c’est vrai : elle a écrit un best-seller pour le New York Times : My Drunk Kitchen : A Guide to Eating, Drinking and Going With Your Gut.
    Le livre, sorti il y a un peu plus d’un mois, se divise en quatre parties : 1) Les basiques de la cuisine, 2) L’adulescence, 3) Alors c’est ça l’amour, 4) La famille et les vacances. Chaque partie contient des recettes, des conseils, des photos jolies et drôles, le tout enrobé dans une sagesse pleine d’autodérision, devenue la marque de fabrique d’Hannah. Il y a même un passage sur le coming-out. J’ai lu My Drunk Kitchen d’une traite et j’ai adoré.
    J’ai rejoint Hannah ce week-end pour lui parler de son livre, de son statut de super star et de ce que cela signifie d’être une icône lesbienne dans l’ère digitale actuelle.
    Je viens juste de relire la première interview que j’avais faite avec vous. C’était il y a seulement trois ans, mais votre vie a énormément changé depuis.
    J’ai l’impression de vivre un rêve. Lors de notre dernière interview, il y a trois ans, je vivais encore à Brooklyn, je travaillais dans un bureau en croisant les doigts, me disant « Qui sait après tout ? » J’ai dû beaucoup travailler pour en arriver là, mais c’était un travail génial.
    Prenez-le comme un compliment, mais j’étais plutôt surprise que vous me contactiez pour votre livre. J’ai cru que j’avais encore reçu une pub. Vous êtes un genre de superstar internationale, quand même !
    Non, mais évidemment que j’allais vous contacter !!! Quand même ! C’est ça qui est génial avec Youtube : je reste moi. Tellement de gens du monde du spectacle sont cantonnés à leur simple talent. Lorsque vous gérez votre affaire, comme je le fais, il faut, évidemment, que vous contactiez des gens et que vous travailliez en équipe. Ceci dit, être célèbre doit être fatigant. Je veux dire, « célèbre » dans le sens « j’accepte des choses que je n’aurais pas acceptées en temps normal pour plaire au maximum à un public de masse ». Quel est l’intérêt de tout ça ? Si vous n’êtes pas vous-même, vous trahissez tout.
    Voilà une bien belle vérité, ma bonne dame. Bon, parlons de votre livre. Vous avez écrit un livre ! Félicitations !
    Merci !
    Je suis sûre que beaucoup d’éditeurs auraient voulu vous publier. Parlez-moi de l’origine de ce livre ?
    Lorsque j’ai commencé My Drunk Kitchen sur Youtube, je me suis dit « eh, peut-être qu’un jour je pourrais en faire un livre ! ». Vous vous rappelez de ma première interview, quand je vous avais dit que mes buts dans la vie étaient d’être une guest-star dans Glee et d’embrasser Naya Rivera ? En réalité, mon vrai rêve secret était de pouvoir écrire un livre. En 2011, je me suis associée avec un petit agent pour essayer de faire de My Drunk Kitchen, un livre. À l’époque, c’était juste une série de petits textes comiques issus d’expériences personnelles qui s’appelait Recipes for Disaster. Puis, j’ai déménagé à Los Angeles et il est devenu ce qu’il est d’aujourd’hui. En réalité, j’étais assez bornée, je ne voulais pas modifier ma première version du livre, mais s’il y a bien une chose que j’ai apprise c’est que les autres ont de très bonnes idées. Ça ne change pas le fait que ce soit moi qui aie écrit le livre, même s’il n’est pas exactement ce que j’aurais cru qu’il serait. Écrire un livre c’est vachement dur !
    Tellement de gens pensent qu’écrire un livre se résume à s’asseoir sous le soleil à attendre que l’inspiration arrive, alors qu’en réalité vous devez vous asseoir là où vous êtes, que vous en ayez envie ou pas, et atteindre le nombre de mots fixé.
    J’ai attendu sans arrêt le jour où cette cabane dans les bois apparaitrait, où tous mes projets seraient comme par magie momentanément suspendus et où je boirais du whisky au centre de la pièce tout en écrivant mon chef-d’œuvre.
    Et ce jour n’est jamais venu.
    Ce jour n’est jamais venu ! Le livre a été mis en vente en janvier 2013, puis j’ai décidé de partir faire le tour du monde, de faire un film et faire plein de trucs de fou !
    Avant de lire votre livre, j’avais entendu dire que c’était à moitié un livre de cuisine, à moitié un livre de développement personnel, mais personnellement, je le vois plus comme un livre qui raconte simplement vos expériences de façon généreuse et sincère. J’ai même pleuré en le lisant. Alors, oui, bien sûr j’ai adoré l’idée de faire fondre des morceaux de chocolat sur des chips, mais plus encore, j’ai adoré que vous vous révéliez.
    Parfait ! C’est exactement ce que je voulais qu’il soit. J’étais très stressée pendant l’écriture du livre, mais je voulais vraiment me confier. Les personnes qui m’ont vue exténuée et soucieuse à l’époque me disent maintenant « Eh, il est super ton livre ! C’est toi qui l’as écrit ? », et je leur réponds « Oui, c’est moi, j’ai écrit chaque mot ! ». Avant de déménager à Hollywood, je n’avais pas réalisé que beaucoup de personnes n’écrivent pas réellement leur livre.
    Eh oui. Très très peu de personnes à Hollywood écrivent réellement leur propre livre. Ce livre c’est un peu la meilleure vidéo de It Gets Better que l’on puisse faire, mais sous forme de livre [ndlt : It Gets Better est un mouvement mondial qui publie des vidéos sur Internet pour rassurer les jeunes LGBT du monde entier et leur dire que « ça ira mieux »].
    C’est fait exprès. Je ne peux pas m’en empêcher. Plus j’essaie de prendre de la distance avec l’écriture, pire c’est. Je ne suis pas une auteure née, mais les gens n’arrêtaient pas de me dire « tes vidéos sont bien parce qu’elles te ressemblent », « ton style est en adéquation avec tes valeurs personnelles ». Donc, j’ai juste écrit sur ce qui était important pour moi, en espérant que les gens en retireraient quelque chose. Disons que je voulais que les gens aient quelque chose à se mettre sous la dent.

    Vous et vos jeux de mots ! Je crois que les fans seront ravis de voir qu’il y a autant de jeux de mots dans votre livre que dans vos vidéos. Il y a même une double page de jeux de mots coquins sur le maïs.
    [Rires] Ces jeux de mots sur le maïs ont été ajoutés à la dernière minute. J’ai fait les illustrations du livre avec une de mes amies, Robin Roemer ; je l’ai épuisée. Nous avons réalisé toutes les recettes et toutes les photos nous-mêmes. Nous faisions ça dans sa cuisine ou la mienne. Je cuisinais, elle photographiait et je préparais le plat suivant, et puis on commençait à paniquer : il nous manquait un bol ! Il fallait faire la vaisselle !
    Le visuel joue tellement. Vous avez fait du super boulot. Mais parlons d’autre chose maintenant : vous êtes devenue une icône lesbienne ! Lors de notre première interview, juste après le lancement de votre chaîne Youtube, vous m’aviez dit qu’être out gênerait peut-être votre carrière, mais que vous vous en fichiez. Et aujourd’hui vous êtes l’une des lesbiennes les plus connues d’Internet, et une icône de mode par-dessus le marché !
    C’est dingue de vous entendre dire ça ! Je crois que mon style se situe quelque part entre celui de Seth Rogen et celui de Kanye West, mais version lesbienne.
    Avez-vous déjà été rejetée à cause de votre homosexualité ? Vous êtes out sans concession. Est-ce que les gens vous mènent la vie dure à cause de ça ?
    J’ai vraiment eu de la chance que les gens reçoivent aussi bien mes projets. À chaque fois il y a bien un imbécile ou deux, mais, de manière générale, tout a été super. Ceci dit, je traverse quand même les mêmes épreuves que toutes les lesbiennes traversent. Les problèmes liés au fait d’être homosexuelle dans un monde hétérosexuel ne changent pas, peu importe que vous écriviez un livre ou créiez une chaîne Youtube. Quand je suis en voiture avec une petite-amie dans la Californie rurale, je lui dis « euh, peut-être qu’on ne devrait pas se tenir la main en sortant de la voiture ». En revanche, comme le monde du spectacle est dirigé par les gays, tout va bien.
    Oui, mais vous étiez out avant que les coming-out à Hollywood soient totalement acceptés. Au tout début de votre carrière, vous étiez out alors que la DOMA [ndlt : Defense of Marriage Act, c’est-à-dire la Loi de Défense du Mariage, qui ne reconnaissait pas le mariage homosexuel] n’avait pas été en partie invalidée et que le « Don’t Ask, Don’t Tell » était encore d’actualité.
    J’aimerais pouvoir mettre en bouteille tout l’amour et l’acceptation que je reçois et les donner à ceux qui ne sont pas out ou qui ne le peuvent pas pour raison de sécurité ou d’acceptation religieuse. Lorsque j’ai commencé à travailler, je me suis dit « je suppose qu’il faudra que je fasse mon coming-out… un jour ? », et puis finalement j’ai réfléchi « et puis non ! Tu sais quoi, je vais faire mon coming-out sans en faire un problème. Du genre, voilà la vérité, d’accord ? D’accord ! » Et ça a été !
    J’aime vraiment beaucoup la partie « coming-out » de votre livre. Vous expliquez que c’est quelque chose que l’on fait tout au long de sa vie. Le plus dur est de faire son coming-out à soi-même, mais une fois que cela est fait, tout le reste devient plus facile.
    J’aime bien l’étape n° 4 : faire son coming-out à chacun, à chaque fois, à chaque discussion. Vous ferez votre coming-out éternellement. L’intensité des coming-out diminue simplement avec le temps parce que le plus dur a été fait.
    J’aime bien l’étape n° 5 : faire son coming-out à Dieu. Ce n’est pas un drame, il le savait depuis le début.
    Je devais le mettre. Vous et moi venons toutes deux de familles chrétiennes conservatives, donc vous comprenez à quel point il est important de dire aux gens que vous et Dieu êtes en bons termes.
    Avez-vous des retours de personnes religieuses conservatrices qui ont changé d’avis du fait que vous soyez lesbienne ?
    Mes retours préférés sont ceux de chrétiens qui étaient dans le placard, qui avaient peur de faire leur coming-out, mais qui, une fois fait, ont trouvé des communautés aimantes et acceptantes au sein même de leur église. Je leur explique comment j’ai réussi à concilier ma foi avec le monde moderne et ils me disent comment eux ont fait. Je ne pourrais en aucun cas faire ce que je fais sans ces gens qui partagent leurs histoires avec moi.
    Vous savez, Heather, je vous connaissais déjà lorsque j’étais dans mon placard. Ce sont des sites comme AfterEllen, qui sont de tels ambassadeurs de la communauté homosexuelle, qui m’ont aidée et m’ont inspirée. J’adore les communautés que l’on crée sur Internet, on peut y partager nos histoires, nos sentiments.
    Ouep, c’est bien ce partage de sentiments que j’imaginais. Une dernière question : beaucoup de personnes qui adorent votre chaîne Youtube, ne cuisinent pourtant pas. Quelle est, selon vous, LA recette de ce livre que tout le monde devrait essayer au moins une fois ?
    Le gâteau-pizza ! C’est un super plat pour les débutants !
    Interview Originale sur le site Afterellen.com

  • Nele, Dominik Ayla Riner, Cristel, Anni Jasmin
    Épisode 5558 : Absentéisme

    Tuner a été emmené à l’hôpital pour recevoir un nouveau cœur. Pendant ce temps, Anni et Jasmin s’occupent du Vereinsheim. Jasmin est très anxieuse et sert un apfelshorle (jus de pomme pétillant) à un client au lieu d’un cappuccino. Elle essaie d’envoyer un message sur son portable.

    JASMIN : La mail box !

    ANNI : Chérie, premièrement on ne doit pas téléphoner à l’hôpital et secondo lui a commandé un cappuccino et pas un apfelschorle.

    JASMIN : Dis-moi combien de temps dure une opération ?

    ANNI : Longtemps.

    JASMIN : Tu penses qu’ils sont déjà en train d’opérer ?

    Voyant que Jasmin n’arrive pas à penser à autre chose, Anni fait en sorte qu’elle se concentre sur autre chose… le travail. Elle lui donne deux boissons sur un plateau à aller servir. Mais Anni remarque que Jasmin ressert un apfelschorle au client qui voulait un cappuccino. Du coup Anni s’occupe du service.

    JASMIN : J’aimerais rester aussi cool que toi.

    ANNI : Une de nous deux doit garder ses nerfs.

    Dominik finit par leur envoyer un message pour dire qu’il ne peut pas téléphoner, mais qu’il donnera des nouvelles. Plus tard Mesut arrive pour dire qu’il n’arrive pas à joindre Nele. Anni lui explique qu’elle est à l’hôpital. Il commence à s’énerver quand il apprend qu’elle est auprès de Tuner.

    ANNI : Tu peux mettre ta jalousie de côté cinq minutes, Tuner est à l’hôpital et tu joues au macho.

    JASMIN : Ils ont un cœur pour lui.

    MESUT : Quoi déjà ? Il leur propose alors de s’occuper du Vereinsheim pour qu’elles puissent aller à l’hôpital. Anni et Jasmin prennent le métro. Jasmin remarque que sa petite amie est songeuse.

    JASMIN : Tu es nerveuse en fait !

    ANNI : Comment ça ?

    JASMIN : Tu n’es pas si cool que ça, comment tu as cassé Mesut.

    ANNI : Eh parfois on doit parler plus fort.

    JASMIN : Ah vraiment ?

    ANNI : Oui (elle se rapproche) J’aime quand tu parles plus fort.

    ANNI : Ah ?

    JASMIN : Uhm uhm. Anni reçoit alors un appel de sa mère mais elle ne veut pas répondre.

    JASMIN : C’est peut-être important.

    ANNI : Non elle veut juste que je vienne au soixantième anniversaire de mon père. Elle ne comprend toujours pas que je n’ai pas envie de voir ce… type.

    JASMIN : Pourtant c’est ton père.

    ANNI : Et alors ? Tant qu’il ne m’acceptera pas comme je suis, j’en ai rien à foutre.

    Les téléphones d’Anni et Jasmin sonnent en même temps. Nik appelle Jasmin et Ayla, Anni. Ils leur annoncent que finalement Tuner n’est pas opéré, car le cœur du donneur n’était pas compatible. De retour au WG, Jasmin est effondrée par cette nouvelle.

    JASMIN : Tout ça est si dur.

    ANNI : Oui, mais il va y arriver.

    JASMIN : Quand je pense que quelque chose comme ça pourrait t’arriver. Anni, je serais folle de peur.

    ANNI : Tu as tout simplement des nerfs plus fragiles.

    JASMIN : Oui.

    ANNI : Mais tu n’as pas de souci à te faire pour moi, je suis jeune et fertile. C’est ce que mon père me disait enfant : « Tu es jeune et fertile, trouve-toi un homme ! » Je n’ai aucune idée pourquoi je pense à ça maintenant.

    JASMIN : Je t’aime.

    ANNI : Moi aussi ma petite sensible.

    Après avoir prévenu Mesut par téléphone, Anni écoute le répondeur et elle entend que sa mère lui a laissé un message. « Allo Andrea, ça fait un moment que j’essaie de te joindre, tu ne réponds jamais à ton téléphone. Où es-tu, pourquoi tu ne réponds jamais ? Ton père serait si heureux si tu venais. Après tout c’est son soixantième anniversaire. Et il ne rajeunit pas. S’il te plaît, rappelle-moi, oui ? »

    JASMIN : Et tu vas rappeler ?

    ANNI : Pourquoi faire ?

    JASMIN : Ta mère a dit que ton père serait heureux de te voir. Peut-être qu’il veut un nouveau départ. Oui les parents deviennent plus détendus avec l’âge.

    ANNI : Jasmin il ne va jamais accepter le fait que je sois lesbienne.

    JASMIN : Qu’est-ce qui te rend si sûre ? Vous ne vous êtes pas vus depuis longtemps. En plus ta mère a raison ton père ne rajeunit pas. Et tu as vu avec Tuner comme tout peut aller vite. Allez va là-bas !!!

     

    Épisode 5559 : Réconciliation ?

    Anni explique à Jasmin les raisons de sa colère envers son père.

    ANNI : Mon père ne veut pas d’une fille lesbienne.

    JASMIN : Mais il en a une.

    ANNI : Et tu ne sais pas comment c’est dans un village.

    JASMIN : OK appelle-le au moins, ta mère a dit que c’était important.

    ANNI : Eh chérie arrête, ça ne changera rien.

    JASMIN : Vous ne vous êtes pas vus depuis des années.

    ANNI : Il y a aussi des raisons pour ça. J’ai eu ma première petite amie, Judith. On était totalement amoureuses l’une de l’autre et complètement dépassées. Tu peux t’imaginer ce qui s’est passé avec nous, ce qui se passe en général. Un jour on s’est embrassées, j’étais vraiment amoureuse. Et là mon père nous a surprises. Il est rentré en furie « vous êtes des porcs, pervers, malades !! » que de la merde. Cette même nuit j’ai fait mes bagages et je suis partie. Je suis toujours « malade et pervers » donc il n’y aucune raison que je le dérange le jour de son anniversaire.

    Plus tard Anni se met à faire du rangement dans la cuisine.

    JASMIN : Qu’est-ce que tu fais là ?

    ANNI : Tu vois bien. Ce n’est pas bon que Turner soit seul.

    JASMIN : Il le voulait.

    ANNI : Peut être, mais.. (voyant la date de péremption d’une boîte de conserve) 2012 ! On ira lui rendre visite demain.

    JASMIN : À moins que tu sois chez tes parents à — c’est quoi déjà le nom de ce bled ?

    ANNI : Untermerzbach!

    JASMIN : Untermerzbach.

    ANNI : Jasmin !!!

    JASMIN : Anni !! Tu te rappelles quand ta mère était ici à Berlin.

    ANNI : Oui elle voulait que j’aille à une thérapie anti lesbienne.

    JASMIN : Et à la fin vous pouviez vous parler normalement.

    ANNI : Parler ?!

    JASMIN : Ton père va avoir 60 ans.

    ANNI : Pas 160 ans.

    JASMIN : Tuner a tout juste 25 ans et a eu une crise cardiaque.

    ANNI : Tu vois c’est une bonne chose que mon père n’ait pas de cœur.

    À ces mots Jasmin un peu choquée se retourne et part vers le frigo. Anni comprend que sa petite amie a raison.

    ANNI : Mais tu viens avec moi.

    JASMIN : Bonjour Mr Brehme je suis Jasmin Flemming, Anni …

    ANNI : Sœur de la lèche. (Jasmin lui donne une claque sur le bras) Non tu es officiellement ma petite amie, la femme que j’aime. Et tout le monde doit la savoir.

    Avant de partir Jasmin et Anni achètent quelques trucs à ramener en cadeau. Jasmin est enthousiaste, Anni moins et lui dit de choisir ce qu’elle veut. Elle prend cependant des Roues à la réglisse pour grignoter pour le voyage. Jasmin s’étonne que sa petite amie aime la réglisse. Anni prétend qu’elle en prend juste comme ça. Jasmin l’embrasse.

    ANNI : Et c’était pourquoi ça ?

    JASMIN : Eh bien dans 5 heures 46 minutes, je n’aurais plus le droit de t’embrasser. J’essaie d’en profiter encore.

    ANNI : Tu pourras m’embrasser à Untermerzbach comme tu le fais à Berlin. Mon vieux devra faire avec.

    JASMIN : Je ne sais pas, mais je voulais déjà laisser une bonne impression. Pas leur en mettre plein la vue dès le départ.

    ANNI : OK je saurais me tenir, mais jusque là. Anni embrasse à son tour Jasmin. Anni et Jasmin sont dans leur voiture en direction d’Untermerzbach. Anni conduit et demande à Jasmin s’il y a encore de la réglisse. Elle s’aperçoit alors que Jasmin est endormie. Elle prend elle même des roues de réglisse dans le sachet tout en conduisant. Anni se souvient alors qu’étant enfant elle mangeait des roues de réglisse et que son père lui apprenait à faire du vélo.

    MR BREHME : Allez essaye, super Andréa, une vraie cycliste.

    Il fait jour et elles sont presque arrivées à destination. Jasmin se réveille quand elle entend « dans 400 m tournez à droite ». Mais Anni ne tourne pas.

    JASMIN : On est déjà arrivées ? Eh à droite !! Anni !!

    ANNI : C’était une idée de merde de conduire jusqu’ici. Mon père est si têtu, il ne changera jamais.

    JASMIN : Têtu hein ? Ça me rappelle quelqu’un. Eh je suis avec toi.

    Jasmin et Anni arrivent à la salle des fêtes où est organisé l’anniversaire. Tous les amis de Mr Brehme sont là. Anni panique un peu et veut aller rechercher le cadeau dans la voiture. Mais Jasmin l’incite à ne pas fuir. Anni vient féliciter son père pour son anniversaire.

    MR BREHME : Andrea!

    MME BREHME : C’est bien que tu sois venue (elle prend sa fille dans ses bras) ; Tu as l’air bien. Comment était la route ? Je suis tellement contente. Tu as conduit toute la nuit ? Tu vois Rainer on aurait dû fêter ça le soir. C’est la colocataire d’Andrea, Mme Leroy. La femme de Kurt Leroy, tu la reconnais ? On l’a vue à la télé.

    ANNI : Jasmin est ma petite amie.

    JASMIN : Bonjour Mme Brehme. (à Mr Brehme) Félicitations pour votre anniversaire.

    MR BREHME : Merci. Asseyez-vous.

    Anni sourit un peu étonnée que pour l’instant tout se passe bien. La mère d’Anni est déçue que Jasmin ne soit plus actrice car elle la trouve très talentueuse. Jasmin précise qu’elle et Kurt sont divorcés et que son nom est Flemming.

    MME BREHME : Ah pardon, Et toi ta formation ça te plaît toujours ? Quand seras-tu ingénieur du son ?

    MR BREHME : Technicien de son.

    ANNI : Oui ça se passe bien, je vais avoir prochainement de nouveaux examens.

    JASMIN : Et Anni est si appliquée.

    MME BREHME : Quand Anni se met quelque chose dans la tête, elle va jusqu’au bout, elle a toujours été comme ça. Quand il y a eu la fête de l’école maternelle…

    ANNI (et son père en même temps) : Non pas cette histoire encore.

    Ils rient tous les deux.

    ANNI : C’était si drôle. Le père d’Anni ne sourit plus, ne voulant pas montrer de complicité avec sa fille.

    MME BREHME : Ah vous n’avez pas encore mangé.

    ANNI : Qu’est-ce que je dois te ramener ?

    JASMIN : Ce que tu veux, tu sais ce que j’aime.

    En partant Rainer voit sa fille mettre sa main sur l’épaule de Jasmin. Cette dernière lui touchant également la main. Puis il entend des invités discuter sur eux.

    UNE INVITÉE : Rainer et Cristel sont des gens si respectables, ils ont toujours voulu avoir des petits enfants.

    UNE AUTRE INVITÉE : J’ai entendu que c’était possible maintenant. C’en est trop pour Rainer il se lève et va voir sa fille.

    RAINER : Qu’est-ce que ça veut dire ? Tu veux me ridiculiser devant tout le monde ? Pourquoi es-tu ici ?

    ANNI : Parce que tu m’as invitée.

    RAINER : Moi ? Non.

    ANNI : Mais maman m’a…

    RAINER : Bien sûr ta mère. Mais moi elle ne m’a pas demandé. Moi je ne t’aurais pas invitée aussi longtemps que tu seras..

    ANNI : Aussi longtemps que je serais lesbienne ?

    RAINER : Andréa tu n’es pas normale.

    ANNI : Je suis ta fille.

    RAINER : Je n’ai pas de fille.

    Anni a le visage qui s’assombrit quand elle entend ce que vient de lui dire son père.

     

    Épisode 5560 : Erreur fatale

    Rainer le père d’Anni la rejoint au buffet.

    RAINER : Pourquoi tu n’es pas restée à Berlin ? C’est là que les gens comme toi sont.

    ANNI : Des gens comme moi ?

    RAINER : C’est mon anniversaire, peut être que ta mère t’a invitée, mais elle ne m’a pas demandé.

    Anni se dirige vers Jasmin la prend par la main et sort.

    ANNI : On s’en va !!

    Sa mère se précipite pour la rejoindre dehors.

    ANNI : Où sont ces putains de clé ?!

    CRISTEL : Andréa !!! Je suis désolée vraiment.

    ANNI : Merci maman, j’avais presque oublié combien papa pouvait être si con. J’avais besoin de ça merci. Merde pourquoi tu ne m’as pas dit qu’il ne voulait pas que je sois ici.. ? Je pensais que c’était son idée.

    CRISTEL : Mais il voulait que tu sois là ! Il était heureux quand il t’a vue.

    ANNI : Oui j’ai pu le voir.

    CRISTEL : Tu ne sais pas combien il parle de toi, tu lui manques.

    ANNI : Maman tu le souhaites peut-être, mais tout ce qui l’intéresse c’est ce que les gens disent de lui.

    CRISTEL : Andréa peut-être que ce n’était pas le bon moment.

    ANNI : Le mauvais moment ? Je vais te dire quelque chose, le moment était parfait. Il aurait dû se la fermer et les gens auraient pu voir combien il était cool avec ça.

    CRISTEL : Andréa ce n’était pas sa faute, c’était mon erreur. Il n’était pas préparé à ça.

    ANNI (hors d’elle) : Arrête ça, retourne voir tes gens et laisse-moi tranquille ! OK !!

    Cristel repart pendant que Jasmin prend une Anni complètement sur les nerfs, dans ses bras.

    ANNI : C’est un tel connard ! Anni et Jasmin ont repris la route. Anni roule vite ce qui inquiète Jasmin. Mais Anni lui affirme contrôler la situation.

    JASMIN : Oui tu avais raison ton père est un vrai idiot. Je suis désolée de t’avoir convaincue de venir. Je ne savais que ça existait des gens qui trouvaient ça « anormal ». Tu sais d’autres parents seraient fiers d’avoir une fille comme toi. Je serais heureuse quand on sera de retour à Berlin.

    ANNI : Mais qu’est-ce que je fais là, quelle lâche je suis. Je m’enfuis c’est tout.

    JASMIN : Tu n’es pas lâche, qu’est-ce que tu aurais pu faire ? Anni le sait déjà et décide de repartir vers Untermerzbach. Elle sort de la voiture et se dirige vers son père pour lui dire ses quatre vérités.

    ANNI : Tiens je voulais te l’offrir (un cadre de photo la représentant enfant sur un vélo) connard ! Tu as été mon héros et j’ai dû me rappeler pendant toute la route combien je t’aimais. Et maintenant tu traites ta propre fille d’anormale ? Tu sais quoi ? Je suis lesbienne, mais pas malade. Comprends-le enfin !! (aux gens derrière ses parents) Oui LESBIENNE, Rainer a une fille lesbienne, une qui aime les femmes et qui va au lit avec les femmes. Et elle là c’est ma petite amie, on habite ensemble, on dort ensemble dans le même lit (Jasmin fait un petit signe à la foule) et si vous trouvez ça dégoûtant je n’en ai rien à foutre.

    Anni remonte dans sa voiture avec Jasmin et repart en trombe laissant ses parents sans voix. Jasmin félicite Anni pour son speech et lui précise que maintenant tout le monde va être au courant qu’elle est lesbienne.

    JASMIN : Tout le monde va en parler, Anni Brehme lesbienne.

    ANNI : J’espère bien.

    JASMIN : Personne parmi les invités n’étaient au courant ?

    ANNI : Personne, mon père a fait en sorte que ça soit ainsi.

    JASMIN : Tu seras le sujet de conversation du village pour les 100 prochaines années.

    ANNI : J’aurais dû le dire depuis longtemps.

    JASMIN : Félicitations pour ton coming out.

    ANNI : Merci.

    JASMIN : Et comment tu te sens ?

    ANNI : Mieux que mon vieux.

    JASMIN : Je crois aussi. Mon Dieu que ça dû être humiliant pour lui quand tu es repartie en claquant la porte.

    ANNI : Euh Rainer on se reverra au prochain festival de tir, euh OK ? En fait j’aurais dû le dire dans le restaurant même.

    JASMIN : Oh tu es si hardcore, ton pauvre père !

    ANNI : Ça aurait été génial. Anni et Jasmin finissent par rentrer au WG. Anni est épuisée.

    JASMIN : Tu ne peux t’en prendre qu’à toi même je t’avais dit d’arrêter.

    ANNI : Quand je conduis je conduis !

    JASMIN : N’importe quoi, on aurait pu faire un stop pour boire un café ou manger quelque chose.

    ANNI : Je voulais juste sortir de cette province.

    Anni s’est directement allongée sur le canapé pour dormir. Pendant ce temps les parents sont assis sur un banc. Rainer retire de sa poche intérieure de veste le cadre que lui a offert sa fille.

    CRISTEL : C’était le bon temps.

    RAINER : Oui, comme elle était courageuse, j’étais vraiment fier d’elle.

    CRISTEL : Est-ce qu’elle est si différente aujourd’hui ? Anni reçoit un message sur son téléphone de son père. Elle refuse de lire ce qu’il a écrit. Jasmin lui pique son téléphone pour lui lire à haute voix le message.

    JASMIN : Il a écrit : « Merci beaucoup pour le cadeau, Papa ». Ton speech l’a impressionné. Regarde.

    ANNI : De toute façon c’est ma mère qui a écrit.

    JASMIN : Je ne crois pas.

    Anni veut effacer le message, mais Jasmin lui conseille de répondre pour garder la conversation. Mais Anni refuse. Jasmin s’en va et Anni ne peut s’empêcher de regarder son téléphone portable.
    Anni Jasmin

  • Vignette
    Article original écrit par Itay Hod le 26 mars 2015 pour le site Thewrap.com
    Une émission à forte audience, une énorme masse de fans sur les réseaux sociaux, des émissions en première partie de soirée, la […]

  • Que sa série et son couple aient gagné le concours Afterellen du meilleur couple télévisé peut peut-être paraître ringard pour Anna Silk, l’interprète de Bo de la série Lost Girl. Ceci dit, alors que la série débute sa cinquième et dernière saison, l’actrice canadienne nous a dit ne jamais prendre ses fans dévoués pour acquis. Anna a discuté avec nous de sa victoire au concours Afterellen 2015 du meilleur couple télévisé – victoire qu’elle partage avec sa partenaire de jeu, Zoie Palmer – et de ce que l’on peut attendre de la fin de Lost Girl et de Doccubus.
    Après cinq saisons à jouer la succube sans appartenance, Bo Dennis, Anna a hâte que le public américain puisse voir le début de la fin de la série. En effet, vendredi Syfy diffusera le premier épisode la saison cinq. Notez que les seize épisodes finaux ont été séparés en deux parties et que la seconde partie sera diffusée sur Showcase en automne 2015. [Attention aux spoilers : lorsque l’on parlera d’intrigues de la première moitié de la saison cinq, nous vous mettrons un petit avertissement]
    Félicitations ! Doccubus a encore gagné un prix Internet avec notre concours du meilleur couple télévisé ! Que ressentez-vous lorsque vous vous voyez en tête d’un sondage Internet ? Ça commence à devenir assez courant maintenant.
    C’est génial, c’est vraiment génial. C’est vraiment sympa de débuter la diffusion de la dernière saison en étant toujours au top et en sachant que les gens sont toujours impatients de voir Bo et Lauren. Je suis aux anges.
    À votre avis, qu’est-ce qui permet aux gens de s’identifier et de s’impliquer autant dans la relation entre Bo et Lauren ? Parce que je crois qu’à ce stade-là, dire que les fans sont passionnés est un euphémisme.
    Je crois que tout part d’une bonne écriture et d’une super évolution des personnages et du couple. À mon avis, cette histoire a toujours été très sincère et vraie et c’est quelque chose que les gens peuvent comprendre et auquel ils peuvent s’identifier. Et puis, en plus, Zoie et moi avons toujours eu une bonne alchimie. Nous sommes de très bonnes amies. Je suis sûre que beaucoup de vos lecteurs seront d’accord avec moi pour dire que Zoie est quelqu’un de très séduisant [rires]. Elle est très charismatique et magnétique, et notre alchimie transparaît entre Bo et Lauren. Nous avons un très bon contact et je crois que ça se voit à l’écran et que les gens s’en rendent compte.
    Bon, maintenant, je vais vous poser deux types de questions : certaines pour les fans de Syfy qui commenceront juste à regarder la saison cinq la semaine prochaine et d’autres pour les fans canadiens – ou virtuellement canadiens – qui attendent déjà la seconde moitié de la saison. Commençons par le premier type : selon vous, quelle est la ligne conductrice de cette dernière saison ?
    Comme c’est notre dernière saison, il se passe beaucoup de choses. Beaucoup de choses doivent être conclues et expliquées. L’un des thèmes principaux est la famille : nous voyons davantage la famille de Bo, ses racines, ce qu’elle représente pour elle et nous avons une vue d’ensemble. Je parle aussi de la famille qu’elle a, qu’elle s’est construite, des personnes qu’elle a appris à connaître et à aimer. Je trouve Bo particulièrement forte cette saison-ci. Elle a les idées plus claires, davantage de motivation et une meilleure vision de l’avenir. Bo est pleine d’énergie cette saison-ci.
    À votre avis, où en est Bo émotionnellement parlant à la fin de la saison quatre ?
    La fin de la saison quatre était très importante : Bo a perdu Kenzi, et quiconque connait Bo sait qu’elle ne laissera pas cela se produire si facilement. Elle débute donc cette cinquième saison en essayant de retrouver Kenzi, car, oui, la saison cinq reprend peu de temps après la fin de la saison précédente. Elle est très énergique, extrêmement concentrée et ne pense qu’à ça pour l’instant. Elle doit récupérer Kenzi. Et c’est de cela dont je parlais quand je disais qu’elle avait l’esprit clair dans cette saison.
    [Attention spoiler] Il est intéressant de noter que Ksenia Solo est absente presque toute la première moitié de la saison cinq. Quel impact cela a-t-il sur la série et sur Bo ? Pouvons-nous espérer la revoir dans les huit derniers épisodes ?
    Ce qui est intéressant dans cette histoire c’est que c’est Kenzi qui a choisi de partir. Il faut faire face à beaucoup de choses dans le monde des Faes et comme Kenzi est humaine je trouve ça bien qu’elle fasse cette quête. C’est aussi une façon de se libérer, de comprendre l’origine de toute cette situation et de comprendre qu’il faut laisser les gens que l’on aime libres.
    Donc, oui, quelque part, Bo redonne un peu de liberté à leur relation ; mais leur amitié n’est en aucun cas terminée. En réalité, c’est un joli moment qu’elles partagent, un moment nécessaire. Au niveau de la série, Bo a toujours dû prendre soin de Kenzi. Je veux dire, Kenzi est capable de beaucoup de choses, mais elle est humaine. Ce devoir de protection est donc un peu parti et Bo peut davantage se concentrer sur ce qu’elle a à faire, c’est-à-dire obtenir des réponses sur ses origines.
    [Attention spoiler] Donc on verra bien Kenzi dans les derniers épisodes ?
    Je ne sais pas si je peux vous le dire. Mais n’ayez crainte, il n’y a pas de raison de s’en faire, Bo et Kenzi sont toujours amies.
    [Attention spoiler] Les dieux grecs, ou les anciens, sont vos adversaires dans cette cinquième saison, qu’en pensez-vous ? Me concernant, j’ai trouvé intéressant la manière dont ils ont amené ça dans la première partie de saison.

    Tout à fait. J’étais impatiente de voir ça et j’adore les acteurs qui ont été embauchés. Ils ont fait du bon travail. Michael Grassi, notre showrunner de la saison cinq, a vraiment bien amené cette intrigue et s’en est vraiment très bien tiré. Je trouve ça super. Comment peut-elle devenir encore plus puissante que ce que vous avez déjà pu voir ? Comme ça, en faisant intervenir les anciens. Ils ont un passé commun ensemble. Qu’est-ce que cela représente pour Bo et les autres ? Cela représente beaucoup et a beaucoup de conséquences. La série prend un sens super cool.
    [Attention spoiler] Votre père, interprété par Eric Roberts, vient juste de faire son arrivée. Les origines de Bo sont l’un des plus gros mystères de la série. Qu’est-ce que cela représente qu’Hadès soit votre père ? Quel rôle a-t-il dans la seconde moitié de la saison ?
    C’est super important qu’il soit son père, et je ne pense pas que Bo ait imaginé que l’origine de son pouvoir soit si puissante et si noire. C’est une grosse révélation et il reste beaucoup de choses à dire dans ces huit derniers épisodes. J’adore Eric Roberts. C’était très marrant de travailler avec lui. Il est très intéressant et marrant sur le plateau. Il en impose beaucoup et du coup c’était vraiment génial de lui donner la réplique. C’était super de le voir travailler et de le voir amener ce personnage à la vie.

    [Attention spoiler] Certaines relations changent et évoluent cette saison-ci. Dans les premiers épisodes, l’amitié améliorée/la relation naissante entre Bo et Tamsin a été mise en avant. Avez-vous été surprise de voir l’évolution de cette relation ? Bo ne se souciait pas des sentiments de Tamsin, du moins au début.
    Ah, je sais, pauvre Tamsin ! Vous savez, Tamsin est un personnage très fort et assez prudent. Elle se révèle, s’ouvre à Bo. Je ne pense pas que Bo l’ait vue arriver. C’était plutôt blessant pour Tamsin, et ceux qui ont vu les huit premiers épisodes pourront en témoigner. Mais ce qui est génial dans la relation Bo/Tamsin, c’est qu’elles sont toutes les deux Faes, ce sont deux femmes très puissantes, chacune avec ses pouvoirs. Elles sont à égalité de ce point de vue. Au début, à l’arrivée de Tamsin, elles étaient adversaires. Leur relation a plutôt bien fonctionné et, dans un sens, ça continue. Je crois que Bo tient beaucoup à Tamsin, et l’aime d’une certaine façon, mais ce n’est pas ce que Tamsin espérait.
    Bien évidemment, le couple Bo/Tamsin a ses propres fans. Aussi forte qu’est la communauté de fans Doccubus, la communauté Valkubus est aussi très passionnée. Est-ce marrant de voir ces communautés se développer ?
    C’est marrant, c’est très marrant. J’ai toujours adoré les fans de Lost Girl pour leurs points de vue et avis si tranchés. Ils se font entendre et j’adore ça. J’adore lire les débats Valkubus/Doccubus sur Internet. Je trouve ça bien. Je veux dire, qui n’aime pas Zoie Palmer et Rachel Skarsten ? Elles sont toutes les deux d’excellentes actrices et de super femmes. Alors, oui, c’est assez cool.
    [Attention spoiler] Votre relation avec Lauren est arrivée à un point où l’on se dit « Oh, la vache ! » Comment envisagez-vous la suite ?
    Je crois que le triangle amoureux que l’on a établi dans la première saison a toujours été l’une des histoires principales de la série. Tout cela est lié à la nature même de Bo. J’ai l’impression que ce triangle est toujours un peu présent. Je ne peux pas vous dire ce qu’il va se passer, mais je peux vous dire que je suis vraiment contente de la tournure que prend la série et que je suis impatiente que les gens voient les épisodes. Je sais, je suis très vague.
    [Attention spoiler] Est-ce que LE collier fera son retour ?
    Mon Dieu ! Vous connaissez le collier ! On m’a déjà interrogée sur ce collier avant et je crois que l’important avec ce collier c’est ce qu’il représente. C’est un symbole de l’amour de Lauren pour Bo, de leur amour à toutes les deux. C’est un lien unique qu’elles partagent. Un lien qui dépasse celui de deux personnes amoureuses. Ce sont deux personnes amoureuses dans des circonstances dingues : leur lien est plus profond que ça. Je pense que ce collier en est le symbole. Je ne peux pas vous dire si on le revoit ou pas, mais je peux vous dire qu’avec ou sans collier, leur lien est toujours présent.
    [Attention spoiler] La première moitié de la saison cinq se termine sur un cliffhanger avec la boîte. Je sais bien que vous ne pouvez pas nous dire ce qu’il y a dans la boîte, mais pouvez-vous nous parler des répercussions que cela aura, de ce qu’il va se passer ? Ou même juste une info sur la boîte ?
    Eh bien, je peux vous dire que la boîte a été magnifiquement créée par notre équipe d’accessoiristes. C’est une jolie petite boîte artisanale.
    [Attention spoiler] C’est vrai qu’elle est jolie. D’ailleurs, ne faisait-elle pas partie d’une promo pour l’une des premières saisons ?
    Si. C’était pour la promo de la saison deux. Après, je ne sais pas si cela a été réfléchi en amont à ce point ou pas, mais toujours est-il qu’ils ont récupéré la boîte. Que puis-je vous dire sur la boîte ? Tout ce à quoi je pense ce sont les anecdotes marrantes que l’on a eues sur le plateau avec la boîte. Parfois la boîte devait faire des mouvements et, bien évidemment, elle ne les faisait pas. Ils devaient alors intervenir et bouger la boîte eux-même. Du coup, on a fait pas mal de blagues sur cette boîte.
    [Attention spoiler] La seconde moitié de la saison reprend-elle juste après l’épisode huit ou y a-t-il un petit saut dans le temps entre l’épisode huit et neuf ?
    On reprend juste après l’épisode huit. C’est dans la continuité.
    Quand avez-vous fini de tourner ? Pouvez-vous me dire comment s’est passée la fin du tournage ? Je sais que, depuis le début, vous étiez un casting très uni.
    Nous avons fini de tourner début octobre. Vous savez, on sentait la fin arriver. On savait qu’on devrait se dire au-revoir et dire au-revoir à l’équipe. C’est dur. Je me souviens avoir dit sur le plateau qu’on devait profiter de chaque seconde qu’il nous restait. Nous avons fini la série en beauté et comme on voulait. C’est sûr, la dernière scène a été dure à tourner. Nous l’avons d’ailleurs tournée en toute dernière. Souvent, nous tournons les scènes dans le désordre, mais là ils nous ont laissé la tourner en dernière pour que l’on puisse partager ça tous ensemble, le casting et l’équipe. C’était vraiment cool.
    L’équipe me manque, les acteurs me manquent, mais je reste en contact avec beaucoup de gens. Zoie et moi sommes de bonnes amies et je lui parle souvent. Récemment, j’ai vu Kris, Emmanuelle, Rachel, et je continue à voir pas mal de monde. J’ai revu l’équipe il y a peu en allant sur le plateau de Dark Matter pendant mon séjour à Toronto. C’était super de les revoir. Cette série était une expérience forte en émotions mais c’est génial de pouvoir terminer un projet comme cela, de la façon et avec la force que vous vouliez. Les fans comptent aussi. Ils nous suivent depuis le début et nous voulons maintenant qu’ils en fassent l’expérience. Nous avons adoré tourner ensemble, puis nous nous sommes dit au-revoir. C’est au tour du public maintenant.
    Avec du recul, au regard de Bo et de son évolution, quelles ont été les meilleures choses et les plus difficiles à jouer ?
    Vous savez, elle a évolué de manière très naturelle pour moi. Elle devenait plus forte d’année en année. Bo a un côté humain et un côté Fae, et tout cela a évolué de façon très naturelle. C’était sympa de débuter la série avec un personnage comme cela et de la voir finir là où elle a fini. L’évolution du personnage a été une vraie bénédiction pour moi.

    Concernant la série, de quoi êtes-vous la plus fière ?
    De plusieurs choses. Déjà, simplement le fait de jouer Bo ; c’est un personnage tellement fort ! Quand elle était jeune, elle avait honte de son pouvoir, d’être une succube. Elle ne savait pas ce qu’elle était, elle ne connaissait pas l’existence des Faes. Puis, sa plus grande honte est devenue sa plus grande force. Maintenant, elle l’accepte totalement et se l’approprie. J’adore le message que cela fait passer. Beaucoup des lettres de fans que je reçois me parlent du courage de Bo. C’est super. Bo est tellement courageuse. Et c’est parce qu’elle montre sa vulnérabilité qu’elle est courageuse. C’est ça qui la rend si courageuse.
    Un autre aspect de la série, que je sais que les lecteurs d’Afterellen apprécient, est le fait que le personnage principal soit bisexuel mais que personne ne prononce jamais le mot « bisexuel » dans la série. Elle est qui elle est. Il n’y a eu aucune grosse révélation autour de sa bisexualité. Ça a toujours été comme ça depuis le premier jour. Je suis fière de ça. Au début de la série, Zoie et moi parlions de la création de cette relation, puis les scénaristes ont mis en place quelque chose de tellement réel. Quand bien même les circonstances et le monde dans lequel elles vivent sont irréels et dingues, leur relation était vraiment réelle. Je suis très fière de cet aspect de la série.
    Beaucoup d’acteurs de la série se sont engagés dans de futurs projets : vous avez fait mention de Zoie dans Dark Matter, Ksenia joue dans Turn et Rachel dans Reign. Qu’en est-il de vous ? Recherchez-vous de nouveaux projets ou faites-vous une pause ?
    Je fais une pause, j’en avais besoin. Ça fait beaucoup cinq saisons ! C’est super mais, à un moment, il vous faut une pause. Il vous faut trouver ce qui vous inspirera, vous intéressera, ce qui vous correspondra pleinement par la suite. J’ai eu tellement de chance de pouvoir jouer Bo. Ce rôle me correspondait parfaitement. J’ai adoré cette expérience et j’adorerais la renouveler, mais je ne sais pas quelle sera ma prochaine opportunité.
    Je jette un œil sur différents projets, je prends mon temps. Je veux vraiment faire une pause et être avec mon fils, qui aura deux ans en mai. J’ai besoin de passer un peu de temps « maman-enfant » avec lui, j’aime beaucoup ces moments.
    J’espère que vous vous êtes préparée parce que Lost Girl a beau s’achever, nous, les lesbiennes et bisexuelles, sommes très fidèles, et je suis sûre que vos fans vous suivront dans vos prochains projets. Vous devriez créer un groupe avec Lucy Lawless et Jennifer Beals, elles vous le diraient ! On vous suivra dans votre prochain projet, sans aucun doute.

    C’est super. Les lecteurs d’Afterellen ont été géniaux. Vous avez toujours soutenu notre série. Ça me touche vraiment et j’ai adoré connaître notre public, je vous en suis vraiment reconnaissante.
    Du coup, même si je sais que vous ne pouvez pas nous dire grand-chose sur cette saison et sur ce à quoi l’on peut s’attendre pour la super fin de la série, y aurait-il quelque chose que vous pourriez nous dire sur cette dernière saison ?
    Je sais, c’est super dur. C’est trop dur. Honnêtement, c’est vraiment dur d’en parler parce que le spoiler guette à chaque coin de phrase. J’ai hâte que les gens voient cette nouvelle saison. J’ai hâte d’entendre ce que les gens en pensent. D’ailleurs, je lis tous les tweets donc allez-y, tweeter et dîtes-moi ce que vous en pensez. Dîtes-moi tout. Je suis impatiente.
    Interview Originale sur le site Afterellen.com

  • Sara est une jeune femme forte, ambitieuse et très belle. Alex, sa camarade de classe tout aussi jolie la prend sous son aile. Les deux femmes se rapprochent de plus en plus…

  • The Returned, diffusée sur la chaîne A&E, est une série thriller surnaturelle où, dans un petit village américain, les morts ne restent pas toujours morts. Agnes Bruckner interprète l’officier Nikki Banks, un flic coriace qui essaye de maintenir la paix au village en cette période de crise, tout en protégeant son ancienne petite-amie, Julie. Agnes Bruckner a gentiment accepté de répondre à nos questions sur The Returned, Once Upon a Time et les baisers avec les filles.
    Tout d’abord, merci de prendre le temps de nous parler. J’apprécie vraiment The Returned pour l’instant !
    Pas de quoi. Merci ! Je suis contente que vous appréciiez.
    Je sais que la série copie très fortement une série française du même nom (Les Revenants). L’avez-vous regardée pour préparer votre rôle ?
    Oui, je l’ai regardée. Je ne l’avais pas fait avant d’auditionner, mais après avoir obtenu [le rôle de Nikki], j’ai regardé la version française. Je crois que j’ai regardé tous les épisodes en deux jours. C’était tellement bien que je me suis fait une séance de binge-watching. Donc, oui, je l’ai regardée avant de commencer à travailler.
    [The Returned] est très différente des histoires de zombies classiques mais je me demandais si vous vous étiez un peu inspirée de ce genre ?
    Comme, à mon avis, ce n’est pas vraiment une série de zombies, nous avons créé notre propre univers. C’est beaucoup plus qu’une histoire de zombies : il faut réfléchir différemment pour savoir ce qu’il s’est passé et d’où [les revenants] viennent. J’ai donc eu ma propre vision des choses là-dessus.
    L’épisode six a été diffusé cette semaine. Nous avons vu Nikki et Julie commencer à reprendre un peu contact. Pouvez-vous nous dire ce qu’il va se passer les concernant ?
    Il est clair qu’elles ont un passé commun. Je crois qu’au fur et à mesure de l’avancée de la série, les gens en apprendront plus sur Nikki : c’est un flic coriace, elle interroge les gens, est très déterminée, mais lorsque cela concerne Julie, elle devient beaucoup plus vulnérable et beaucoup plus sensible. Elle tient beaucoup à Julie et essaie donc de prendre soin d’elle. Je trouve important de voir cette facette-là également : c’est un flic dur qui fait son travail mais qui fait également attention à Julie et s’inquiète pour elle.
    J’ai une théorie, et je ne sais pas si vous pouvez la confirmer ou l’infirmer ou même si cela sera abordé plus tard dans la série, mais, dans ma tête, Nikki n’est devenue flic qu’après l’attaque de Julie, comme si elle l’était devenue à cause de cette attaque. Du coup, aujourd’hui, c’est une dure à cuire qui a aussi le cœur sur la main et qui ne sait pas comment l’exprimer. Est-ce vrai ? [Note de l’intervieweuse : Je crois que j’aime juste dire que les gens ont le cœur sur la main]
    Hum, oui, c’est une bonne théorie, mais non.
    [D’un air vaincu] Ah, ok. Mince !
    [rires]
    Enfin bref ! En parlant de Julie, Sandrine Holt [ndlt : l’interprète de Julie Han] a joué dans The L World, donc évidemment, à Afterellen, tout le monde l’aime. Comment est-ce de travailler avec elle ?
    Ah ! En tant qu’acteur, vous espérez toujours avoir un partenaire de jeu, ou même juste des collègues en général, avec qui vous vous entendrez bien et avec qui vous pourrez vous amuser sur le plateau et en dehors du plateau ! Sandrine fait partie de ces acteurs qui adorent ce qu’ils font et qui ont également beaucoup d’humour. On riait tout le temps. [Rires] Je me souviens la première fois… Il me semble que c’était pour l’épisode trois, intitulé « Victor », nous étions en costume d’Halloween et c’était la première fois que je devais l’embrasser. J’étais très stressée – parce qu’on est toujours stressé avant une scène de baiser. Je me souviens avoir été très tendue parce que je voulais être respectueuse, genre sexy mais respectueuse. Je me disais « Ok, Agnes, c’est bon, tu gères ! ». On a tourné la première prise, je l’ai embrassée et c’était vraiment mignon, mais Charles [le réalisateur] – il est anglais – vient nous voir et nous dit [elle prend un accent anglais] « Tu vois Agnes, Sandrine porte cette superbe tenue de cuir, ça te dit de la toucher ? Je pense que tu devrais la toucher. » Tout de suite j’ai pensé « Oh mon Dieu, est-ce qu’il est en train de me dire de peloter Sandrine ? Je vais être tellement mal à l’aise. » On a donc fait la prise suivante et je ne me souviens même pas de ce que j’ai fait, c’est le noir complet, j’étais trop stressée. Mais Sandrine a été super cool. Tout était ok pour elle, elle m’a dit « Fais ce que tu veux, c’est bon. »
    Elle a joué dans The L Word, elle avait sûrement l’habitude.
    Oui, mais vous savez, j’ai joué dans Breaking the Girls où j’ai embrassé Madeline Zima, mais il n’empêche que ces scènes sont toujours stressantes. Peu importe que vous embrassiez une fille, un garçon, peu importe. J’étais stressée mais elle a été super. Elle a été comme ça tout le long du tournage, et nous sommes toujours de bonnes amies.
    Et vous faites la transition avec ma nouvelle question ! [rires] Puisque votre personnage de Breaking the Girls, Sara, était aussi homosexuelle, prêtez-vous attention à l’orientation sexuelle des personnages qui vous sont proposés ?
    Honnêtement, je ne m’intéresse pas du tout à l’orientation sexuelle de mon personnage. Tout dépend de l’histoire et de si je peux m’identifier au personnage d’une façon ou d’une autre. J’adore jouer des personnages et me retrouver un peu en eux. C’est presque thérapeutique pour moi d’exprimer les émotions d’un personnage quand je suis moi-même passée par-là avant. Vous savez, maintenant, avec Breaking the Girls et The Returned, j’ai de l’expérience. J’ai pu travailler avec des femmes très fortes et super cool, j’adore.
    Autre chose concernant le couple Nikki et Julie : pour l’instant Nikki pourrait être vue comme la méchante du couple de bien des manières et notamment parce qu’elle restée loin de Julie des années durant et qu’elle a clairement tourné la page, du moins en ce qui concerne les relations physiques. Pourtant, à chaque fois, je me rends compte que je préfère Nikki et que je veux qu’elle se remette avec Julie. Je trouve que vous apportez beaucoup de vulnérabilité au personnage de Nikki et je me demandais : où pensez-vous que Nikki en soit rendue au niveau émotionnel en ce moment ?
    À mon avis, elle n’a jamais cessé d’éprouver des sentiments pour Julie. Je crois que la relation qu’elle a eue après Julie servait juste à remplir un vide. Je pense qu’elle était très attachée à cette fille, mais je ne pense pas qu’elle ait été amoureuse d’elle. Elle n’a toujours eu d’yeux que pour Julie. Vous savez, je pense que lorsque l’on traverse des épreuves aussi extrêmes que celles qu’a vécues Julie, chaque relation – qu’elle soit amicale ou amoureuse – prend une autre dimension. Elle n’a toujours eu d’yeux que pour Julie mais elle est un peu perdue. Elle veut aider, mais elle ne veut rien forcer parce que je crois que Julie est le genre de personne à ne pas aimer être submergée d’émotions.

    Pour l’instant Nikki semble encore très sceptique, elle est un peu la Scully de sa Julie/Mulder. La verra-t-on changer de comportement ? Commencera-t-elle à croire en tout ça ?
    Je crois que Nikki fait partie des seuls personnages qui maintiennent le fait que tout ça n’est que… je ne sais pas. Elle constate tout ce qu’il se passe et d’une certaine manière elle l’accepte, mais elle est reste très sceptique. Beaucoup des autres personnages sont impliqués émotionnellement donc ils veulent croire ou essayent de se convaincre de quelque chose. Mais je crois que Nikki est sceptique à cause de l’espèce de triangle Victor-Julie-Nikki. Je crois qu’elle a vraiment peur que quelque chose arrive à Julie donc, à mon avis, elle reste sur sa position : c’est la merde, c’est bizarre et tout ne va pas pour le mieux.
    Oui, j’ai toujours aimé son point de vue parce qu’honnêtement, je trouve que les gens dans ce village sont beaucoup trop blasés que des gens reviennent à la vie. Du genre « Ah, encore un mort, cool ! ». Hein ? Quoi ?
    [Rires]
    C’est fou.
    Oui, depuis le début, [Nikki] a vraiment été à fond. Comme lors de la scène d’interrogation avec Tony, elle y a mis toute son énergie. C’est ce que j’aime dans ce personnage. Elle a ce côté très dur par rapport au travail et tout particulièrement en ce qui concerne Julie, mais au fur et à mesure de la saison elle devient de plus en plus vulnérable et l’on voit de plus en plus son côté sensible. Puis, elle devient l’espèce de protectrice de Julie. C’est sympa à jouer, surtout avec Sandrine, parce que même lorsque vous ne devenez qu’ami avec quelqu’un vous avez tendance à être protecteur envers lui. Ça nous a rapprochées sur et en dehors du plateau. C’était vraiment cool.
    The Returned n’est pas votre premier projet surnaturel. Est-ce un genre que vous aimez également regarder ?
    Tout à fait. Vous savez, je ne regarde pas beaucoup la télé, mais en ce qui concerne les films, j’adore les films d’horreur. Ados, mon frère et moi étions obsédés par Jeu d’Enfant, Jason de Vendredi 13 et tous ces trucs. J’ai toujours aimé ce genre. Alien : Le Huitième Passager aussi. Tout ce qui est science-fiction fait partie de mon univers. Je suis un peu une gameuse, je joue à World of Warcraft et j’adore ce monde fantastique avec donjons, dragons, rois et reines, tout ça. Et aussi les trucs du genre Alien : Le Huitième Passager, qui est l’un de mes films préférés. Sigourney Weaver m’inspire. C’est une femme forte et magnifique.
    Oui, elle est géniale. Vous jouez depuis pas mal de temps maintenant. Il me semble que vous aviez onze ans quand vous avez commencé à jouer dans Amour, Gloire et Beauté. Avez-vous des conseils pour ne pas faire de burn-out ?
    [Expire] Eh bien, perso, je suis réellement et complètement obsédée par mon travail. Je l’aime et j’aime aussi ses galères. À un moment – je ne me rappelle même pas à quel âge – je voulais juste être une ado comme les autres et m’amuser, ne pas tout le temps me concentrer sur ce travail. J’ai alors quitté ce milieu pour un instant. Mais il m’a trop manqué, donc je suis revenue et j’ai eu la chance de pouvoir continuer à travailler. J’adore ce travail. Et je me suis construit une bonne cuirasse pour faire face aux rôles que je voulais vraiment mais que je n’ai pas eus. Cela me grandit et m’apprend de nouvelles choses sur moi. J’ai lu quelque chose une fois sur des personnes qui se disaient « Dieu merci, on est vendredi ! » Mais, moi, j’adore ce que je fais donc je n’attends pas le week-end. J’apprécie mes périodes de vacances et de travail.
    J’aime mon travail même lors des expériences les plus folles ou les plus difficiles. Je me souviens, lors du tournage d’Anna Nicole : Star Déchue, nous avons tourné pendant quatre semaines à Atlanta. La quantité de maquillage utilisée était incroyable, il fallait quatre heures de maquillage le matin et deux heures le soir pour l’enlever. Il fallait changer de tenue six fois par jour et nous changions de site trois fois dans la journée. C’était un tournage très intense, mais c’était amusant. J’ai aimé faire ce tournage et voir le résultat à la fin. Donc, au final : aimez ce que vous faites, aimez la vie.
    Whaou, c’est dingue. Ça fait énormément de maquillage !

    [Rires] Oui !
    J’ai remarqué que vous aviez fait des projets télévisés diffusés en journée, d’autres en première partie de soirée et aussi des films. Avez-vous un média préféré ?
    [Bruit de réflexion] Les trois. J’ai vraiment aimé Amour, Gloire et Beauté parce que c’était mon premier travail et j’ai aimé travailler avec les acteurs : les personnes qui jouaient mes parents étaient super sympas. Je viens juste de reprendre contact avec Jacob Young sur Twitter. C’est fou, ça fait si longtemps ! On tournait un épisode par jour. Il faut donc être bien préparé et c’est vraiment grâce à ça que j’ai appris à retenir mes répliques aussi bien. Il faut que vous arriviez sur le plateau et soyez prêt tout de suite.
    La télé en première partie de soirée c’est sympa. C’est beaucoup plus rapide, ce qui est également très exigeant, mais c’est bien. Et les films, j’adore les films. C’est peut-être mon média préféré parce que vous entrez dans un monde pour deux-trois mois, semaines, peu importe et vous vous créez cette petite famille, cette petite armée et réalisez quelque chose de vraiment cool. Et puis, vous vous faites certains amis, et, un jour, vous retrouverez peut-être ces personnes sur un autre plateau, tout comme les membres d’équipe et le personnel. J’adore tous ces types de tournage. J’aime les trois.
    Je sais que vous allez bientôt jouer dans Once Upon a Time, qui fait partie des séries préférées des lecteurs d’Afterellen. Félicitations !
    Oui, merci. Je suis impatiente. Je crois que mon épisode sera diffusé le 26 avril, je suis ravie, c’était encore un rôle de fou pour moi. C’était vraiment très sympa. Ça ce sont des acteurs super marrants ! Ces acteurs sont juste… la vache, on ne peut même pas appeler ça du travail. On s’amuse, je m’amuse tous les jours [rires].
    C’est génial. Pouvez-vous nous parler un peu de ce qui est réservé à Lily, votre personnage ?
    Je ne peux pas trop en dire pour l’instant parce que ça met en jeu beaucoup de révélations. Mais je peux vous dire que c’est un personnage très très passionné. Elle a reçu une éducation très barjot et maintenant elle prend les choses très au sérieux. Oui, j’ai pu travailler avec Lana et presque tous les acteurs pour l’instant, donc c’était vraiment super.
    Cool !
    Je ne peux pas trop en dire, je suis désolée !

    Non, c’est bon. Ok, bon, à la fin de mes interviews j’aime bien faire une série de questions en rafale, parce que je suis super professionnelle et que c’est marrant. Je vais vous poser des questions et vous devrez répondre la première chose qui vous viendra à l’esprit, d’accord ?
    D’accord.
    Ok. Couleur préférée ?
    Vert.

    Vous préférez les zombies, les vampires ou les loups-garous ?
    Les loups-garous.
    Lève-tôt ou couche-tard ?
    Couche-tard.
    Quel est le plus difficile à tourner : une scène chargée en émotion avec beaucoup de pleurs ou une scène de sexe ?
    Une scène de sexe.
    Si vous n’étiez pas actrice, vous seriez…
    Biologiste marin.
    Vous préférez la bière, le vin ou les spiritueux ?
    Les trois [rires].
    [Rires] Quelle est votre chanson préférée en ce moment ?
    Bitch Better Have my Money de Rihanna.
     Talons, baskets ou tongs ?
    Baskets.

    Chien ou chat ?
    [soupir d’indécision] Chat.
    Elle était dure celle-là, hein ?
    [Rires] Oui.
    Vous préférez regarder du surnaturel comme The Returned ou du fantastique comme Once Upon a Time ?
    [Encore un soupir d’indécision] Arf, je ne sais pas. Je dirais Once Upon a Time. Je ne sais pas. Je viens juste de regarder Game of Thrones, alors, en ce moment, je suis plus fantastique.
    Quel rôle rêveriez-vous de jouer ?
    Lara Croft : Tomb Raider, le remake ! [rires]
    [Rires] Ok, et bien, c’est tout pour moi ! Merci beaucoup !
    Ok, merci à vous. C’était marrant !
    Interview Originale sur le site Afterellen.com

  • Si vous avez déjà regardé Kittens in a Cage (la série télé inspirée de la pièce de théâtre de Kelleen Conway Blanchard) vous êtes sans nul doute devenu fan du couple formé par Junie et Vickie. Ces codétenues devenues amantes forment maintenant un joli petit duo blond butch/fem des années cinquante. De plus, Erin Anderson interprète Vickie avec pile la bonne dose de swag.
    Nous avons discuté avec Erin de cette série super queer qui, en plus, nous présente des personnages principaux féminins. Elle nous a dit aimer embrasser Rebecca Mozo [l’interprète de Junie], son amie dans la vraie vie.
    Était-ce sympa de tourner cette série ?
    Oh oui ! Et comme je n’ai pas peur des jeux de mots, je dirais même que c’était une tuerie ! Je n’ai pas honte du tout de mes jeux de mots et je continuerai à en faire. Nous avons passé des moments merveilleux et je savais que ça collerait entre Mozo et moi parce que nous étions déjà amies avant Kittens in a Cage, nous avions travaillé ensemble au théâtre et nous nous étions très bien entendues à l‘époque. Quand je me suis engagée dans cette série et que j’ai vu que tout se goupillait bien je me suis dit « Attends deux secondes, suis-je au Paradis ? » Ma famille ressemble beaucoup à cette équipe, c’était un monde que je comprenais déjà. J’ai grandi avec de vieux films, avec Stanwyck, Bette Davis et Fast-Talking Dames. J’ai gardé ça en tête toute ma vie, et là on me donnait l’occasion de jouer comme Barbara Stanwyck et Jimmy Cagney avec les personnes les plus drôles que j’ai jamais rencontrées ? C’est fou, je suis trop chanceuse !
    Je sais que vous êtes arrivée dans la série un peu tardivement. Combien de temps avez-vous eu pour vous préparer et apprendre votre rôle ?
    Comme nous avions déjà travaillé ensemble, que nous nous étions bien entendues et que nous avions eu une bonne alchimie en tant qu’actrices, Mozo a parlé de moi à Jill. J’ai donc rencontré Jill et les autres membres de l’équipe, nous avons tous bien accroché et nous nous sommes mis au travail. Jill me disait « Ok, tu veux nous rejoindre et jouer avec nous ? Alors embarque avec nous à bord de ce super bateau pirate. » Je lui ai dit que j’étais carrément prête à embarquer, et je crois que mon premier jour de plateau a eu lieu deux-trois semaines après cela. C’était rapide mais j’avais l’impression d’intégrer quelque chose, tout comme j’avais eu l’impression d’être en famille dès le début parce qu’on s’était tous très bien entendus. En plus, on était là pour jouer donc tout fut vraiment facile. Je crois que c’est toujours bon signe lorsque vous faites quelque chose et que tout coule de source.
    Comment est-ce de tourner des scènes d’amour avec quelqu’un que vous connaissez déjà ? Est-ce plus facile ou plus gênant ?
    Non, non, j’ai trouvé ça génial : on se connaissait très bien, on s’entendait bien et on était très en confiance, par rapport à notre amitié je veux dire. On s’est dit « Ok, ma puce, on y va ! » C’était facile à faire. C’était très marrant. Nous avons beaucoup ri.
    Le plateau était composé de beaucoup femmes. Était-ce pareil avec l’équipe ?
    Oui, en effet. Jilly [la directrice Jillian Armenante] nous a dit que Mozo et moi étions comme de jeunes chiots ! Très joueuses ! C’est l’impression qu’on a eue avec tout le monde. Il y avait toutes ces femmes et on se sentait juste… Ce n’est pas tous les jours que l’on a ce sentiment de camaraderie sur un plateau. J’ai eu l’impression de vivre la meilleure et plus longue soirée pyjama de ma vie : on était en soirée pyjama toute la journée et on la poursuivait également souvent la nuit. Puis, on a commencé à traîner ensemble et maintenant on est une bonne petite troupe. Ce sont des femmes que je vois tout le temps et que j’ai envie de voir. Si nous pouvions avoir la chance de refaire ça toutes ensemble, ce serait super. C’est vrai, le plateau était très chargé en œstrogènes. Il y avait bien quelques mecs par-ci par-là mais on était dans notre soirée pyjama et c’était génial.
    Mis à part cette énergie à la Barbara Stanwyck, qu’est-ce qui, chez Vickie, vous a donné envie de jouer ce personnage ?
    Dans ce genre d’environnement, tout le monde doit porter une sorte de masque, il le faut pour pouvoir survivre à cette situation plutôt désagréable. Vickie est très sûre d’elle. Elle ne cherche pas les ennuis mais il ne vaut mieux pas pour vous que vous la cherchiez trop parce qu’elle se défendra, protègera son territoire et c’est une dure à cuire. Ce que je trouve vraiment fort c’est que derrière tous ces masques se cache une certaine vulnérabilité. D’une certaine façon les gens ont souffert et ce masque leur sert de protection pour essayer de dissimuler leur douleur. Donc cette énergie-là, ces dialogues et cette façon d’agir de Vickie, tout cela cache sans aucun doute quelque chose. La série est ancrée dans la réalité et c’est vraiment important pour nous tous qu’elle le soit. C’est aussi ça la clé du succès. J’ai été attirée par la complexité d’un personnage comme celui-là. Lorsque vous êtes si seule, dès que vous rencontrez quelqu’un avec qui vous avez une sorte de connexion, tout votre monde peut rapidement s’écrouler : vous rencontrez une personne sympathique dans un endroit qui ne l’est pas. C’est pour cela que c’est intéressant. Comment gérer cela ? Que faire quand quelqu’un se rapproche indéniablement de vous ? Tout cela, de son espèce de petit cœur tout mou, à sa façon de se présenter aux gens en général et aux gens avec qui elle est enfermée en particulier, tout cela était fascinant pour moi.
    Était-ce la première fois que vous jouiez une lesbienne ?
    J’en avais jouées auparavant dans des films indépendants et dans quelques projets. Mais vous savez, ici, on sentait que c’était ouvert à tout le monde, que tout le monde pouvait s’y retrouver. On peut tous, d’une façon ou d’une autre, s’identifier au personnage. C’est juste super, c’est une histoire qui a du sens, une vraie histoire d’amour. Ce sont deux personnes qui essaient de se connecter, tout comme dans n’importe quelle autre histoire d’amour. Toute cette expérience me tient vraiment à cœur et je ronge mon frein en attendant de pouvoir recommencer.
    Avez-vous eu de bons retours de la part de vos fans sur Twitter ?
    Je suis toute nouvelle sur Twitter. J’étais sur les réseaux sociaux depuis longtemps mais pas sur Twitter, et Mozo me disait « Meuf, il faut que tu te mettes à Twitter ! » Si Mozo le dit ! Maintenant je reçois des messages de personnes que je ne connais pas. Ils sont vraiment contents, ils trouvent ça marrant, touchant ou alors ils s’identifient au couple Junie/Vickie. J’ai aussi reçu quelques tweets personnels. Ça en dit long, parce qu’en fin de compte, je crois que l’on tient aux personnes impliquées dans l’histoire, sinon où serait l’intérêt ? Représenter une relation à laquelle les gens peuvent s’intéresser, c’est ça qui nous lie avec le public et c’est pour ça que je l’ai fait. Mission accomplie, vous voyez ? Les acteurs font ce travail pour se lier avec les gens et les gens réagissent par rapport aux histoires racontées, du genre « Ah, mais alors je ne suis pas la seule dans cette situation. » Les gens s’identifient à certaines choses, c’est chouette ! Je commence donc tout juste à tremper les orteils dans le bain Twitter ; un nouveau monde s’ouvre à moi.
    Interview Originale sur le site Afterellen.com

  • Edwine Morin a écrit un nouvel article, La secte il y a 11 ans et 1 mois

    Pour enrayer son extinction, une secte de vampires lesbiennes, menée par la sexy et mystérieuse Anna, doit trouver une victime innocente et consentante. Elles mettent donc en place un site de rencontres sur Internet. Sydney St James, jeune journaliste ambitieuse mais réservée, à la recherche d’un sujet accrocheur, tombe dans leur piège. Van Helsing, le célèbre chasseur de vampires, arrivera-t-il à sauver Sydney et à vaincre Anna qu’il essaye de tuer depuis des décennies ?

    • J’adore vraiment tes critiques de films gore/série B. Même quand tu conseilles de les éviter, ça donne presque envie, rien que pour voir la perfection du degré zéro. ^_^

      • Merci pour ton retour Sylvie, j’avoue c’est à voir dans le genre nul même si c’est vu et revu ! Je suis toujours preneuse mais des fois, il y a des limites ! Enfin, comme je le disais, tout n’est pas si noir vers la toute fin, si tu as le courage… 😉

  • Liz Feldman s’est fait connaître auprès de la communauté LGBT avec son émission This Just Out, diffusée de 2007 à 2010. En recevant des célébrités lesbiennes autour de sa table, la scénariste et comique a gagné un public important : les gens ont aimé son charme irrésistible, ses plaisanteries pleines d’esprit et sa collection de blazers excentriques. Mais avant This Jus Out, Liz a travaillé dans l’émission d’Ellen DeGeneres avec qui elle est devenue amie. Elles nous offrent maintenant une série télévisée en première partie de soirée librement adaptée de la vie de Liz, avec Ellen en productrice exécutive.
    One Big Happy fait sa première demain soir sur NBC. La série suit Lizzy (interprétée par Elisha Cuthbert, qui possède le même charme, la même finesse d’esprit et le même penchant pour les blousons que Lizzy) dans son envie de créer une famille avec son meilleur ami, Luke (Nick Zano). Mais, mauvais timing – bien que ce soit une super idée pour une sitcom – Lizzy tombe enceinte au moment même où Luke rencontre la femme de sa vie, Prudence (Kelly Brook) et l’épouse.
    La grossesse marque la fin des similitudes avec la vie de Liz. L’idée est cependant bien tirée de la vie qu’elle menait avant qu’elle ne rencontre sa femme actuelle : la musicienne Rachael Cantu. One Big Happy est la première sitcom télévisuelle à avoir un personnage principal lesbien depuis le coming-out d’Ellen en 1997. Nous avons discuté avec Liz Feldman lors de la conférence hivernale de la Television Critics Association. Elle nous a fait part de ses espoirs de garder le public d’AfterEllen à ses côtés et de le garder aussi diverti que lors de sa première émission.
    La série est basée sur votre vie : à quel point Lizzy et Liz  se ressemblent-elles ?
    Et bien, vous savez, nous sommes un peu pareilles. Évidemment elle est lesbienne et je suis prête à sortir du placard et à vous dire que je suis aussi lesbienne. Elle est un peu coincée et a du caractère, ce qui me ressemble. Elle est également vraiment ridicule et un peu intello, ce qui vise encore juste. C’est clair qu’elle est inspirée de moi mais une fois que l’on a choisi Elisha on a vu à quel point les personnages se développent à travers les acteurs, c’est fabuleux. Elle était tellement douée pour le côté coincé et réservé que l’on s’est engouffrés là-dedans. Même si j’aime à penser que je ne suis pas coincée à ce point, lorsque ma sœur est venue à l’enregistrement du pilote, je lui ai dit « Bon, évidemment, le personnage est un peu plus coincé que moi » et elle m’a répondu « Tu es méga coincée ». « Ok, cool, génial, merci ! »
    [rires] « Dans le mille ! »
    Dans le mille.
    Y a-t-il des choses très « vous » que vous essayez d’inclure dans la série ou bien est-ce inconscient ?
    Je ne voudrais pas paraître cucul, mais tout est un peu « moi » et tout est vraiment sincère. Tout remonte à cette période de ma vie où je n’arrivais plus vraiment à gérer la situation. Donc, toute cette série est « moi », mais ce sont les acteurs qui la portent. C’était à l’époque où j’avais des sentiments vraiment bizarres : j’étais très jalouse de la nouvelle relation de mon ami. Mais je pense que c’est un sentiment assez commun. Je n’étais pas jalouse parce que je voulais avoir une relation avec lui, j’étais jalouse du temps et de l’attention qu’il obtenait. On avait aussi ce plan et je le voyais s’éloigner au fur et à mesure qu’eux se rapprochaient. C’est tellement bizarre d’être jalouse de la relation amoureuse d’un ami que je n’ai pas pu en parler. Je ne savais même pas comment amener ça dans une conversation, donc j’ai écrit un pilote.
    Étiez-vous célibataire à l’époque ?
    À l’époque ? Oui.
    Donc vous vous sentiez un peu seule.
    Oui, c’est vrai ! Nous étions de très bons amis, on était le « +1 » de l’autre, etc. Tout le monde à une personne de prédilection dans sa vie. Me concernant cette personne était un mec. Lorsqu’il a rencontré cette fille, ce fut le coup de foudre. La série est basée sur des faits réels. Mais à l’époque il n’y avait pas moyen que je puisse aimer sa copine. Peu importait qu’elle soit super et adorable, mes attentes, ma barre étaient placées trop haute. La pauvre ! Maintenant nous sommes de très bonnes amies.
    Et lui, que pense-t-il de la série ?
    Il est scénariste de la série et nous n’avons évidemment pas eu d’enfant ensemble. La série est une version fantasmée de la vraie vie. Cela se base sur une réalité et puis comme il faut rendre le sujet intéressant et dynamique j’ai imaginé ce qu’il se serait passé si nous avions été en train d’essayer d’avoir un enfant lorsqu’il l’a rencontrée. Mais vous savez, ma femme et lui et sa femme sont de très bons amis. D’ailleurs, ils ont un enfant et ma femme, Rachael, et moi sommes ses marraines.
    Oh, super. Vous êtes quand même une grande famille heureuse alors [ndlt : One big happy en anglais].
    Nous sommes réellement une grande famille heureuse avec eux.

    Qui sont les scénaristes ? Y a-t-il une grande diversité au sein de leur groupe ?
    C’est marrant, c’est une longue histoire mais, en gros, je voulais embaucher des scénaristes lesbiennes. Eux, voulaient que je sois entourée de scénaristes avec beaucoup d’expérience parce que c’est ma première série. Toutes ces scénaristes lesbiennes avec énormément d’expérience ont énormément de succès et il n’y avait pas moyen qu’elles veuillent travailler avec moi. Mais, oui, il y a beaucoup de diversité. Il y a un scénariste irano-américain, un noir gay, une femme hétéro. C’est un peu fou, non ? Ils existent !
    Comprennent-ils tous les blagues et références lesbiennes ?
    Erin Foley est scénariste pour la série, c’est elle qui écrit les blagues. J’apprécie vraiment qu’elle soit avec nous parce que nous avons juste à nous regarder et nous sommes immédiatement d’accord sur la blague à faire. Mon meilleur ami est un connaisseur en lesbiennes. Il les connait aussi bien que nous : il a eu affaire à une lesbienne une grande partie de sa vie. Évidemment, j’écris aussi beaucoup de blagues. Tout passe par moi. Chaque scénario passe par moi : je donne mon accord et je m’assure que cela semble réel et vrai. Et ça l’est.
    Mais d’un autre côté, vous ne voulez pas que la série soit uniquement restreinte aux lesbiennes puisqu’elle est diffusée sur NBC et qu’il faut que tout le monde la regarde. Vous êtes-vous déjà dit « Je ne suis pas sûre qu’un mec hétéro comprenne cette blague » ?
    Tout à fait. Et j’ai de la chance, ma carrière à la télévision a vraiment été tout public. Je suis issue de 2 Broke Girls qui vient de l’émission d’Ellen, de Blue Collar TV et de Hot in Cleveland. Ce sont des séries vraiment tout public, donc je visualise assez bien ce que le grand public comprendra et ce qui sera un « 2 % » c’est-à-dire une blague que 98 pourcent des gens ne comprendront pas. Je dirais que de temps en temps, dans la série, il y a des blagues que le public lesbien comprendra bien mieux que le reste des gens. Mais bien entendu, la série ne peut pas s’adresser uniquement à nous. Il faut qu’elle soit destinée à tout le monde. C’est la condition de sa survie.
    Il se peut que certaines personnes critiquent la série en disant qu’il n’y a pas assez de lesbiennes. Que répondriez-vous ?
    Et bien, je dirais qu’il y en a une pour l’instant et qu’il y en aura une autre dans l’épisode deux et encore une autre dans l’épisode quatre. Je dirais aussi que ce n’est pas une série qui parle de lesbiennes. C’est une série qui traite d’une famille non conventionnelle qui se trouve être composée d’une lesbienne, d’un hétéro et de sa nouvelle copine, vous voyez, une sorte de couple multiracial. Cette série n’est pas The L Word. Effectivement, il y aura d’autres personnages lesbiens, mais ce n’est pas le fil rouge de l’histoire. Je veux rendre notre public fier de nous. Par « notre public », j’entends le public d’Afterellen. Je viens d’Afterellen. Ces personnes sont comme moi et je pense à elles tout le temps quand j’écris et quand on tourne. Bien sûr j’espère que ce public aimera et acceptera mon travail, mais que puis-je y faire ? Je ne peux raconter que ce qui me vient.
    Ce qui est génial c’est qu’en tant que lesbiennes nous sommes tellement habituées à chercher des lesbiennes subliminales dans les séries – comme dans Rizzoli & Isles et toutes ces autres séries – qu’on voit du subtext partout. Ici, il n’y a pas de subtext. Tout est vrai, ici c’est du texte tout court ! Mais je crois que parfois lorsque vous faites quelque chose d’ouvertement lesbien, la critique est encore plus dure, tout est passé à la loupe. Tout ce que je peux dire c’est que, pour moi, cette histoire est vraie et que personne ne m’a fait faire des choses que je n’approuvais pas ou que je ne croyais pas vraies vis-à-vis de notre communauté.
    J’adore Elisha Cuthbert dans son rôle et comme je l’ai interviewée il y a peu, je sais qu’il y a quelques années elle était une alliée de la communauté LGBT. J’imagine qu’elle n’a eu aucune réserve à jouer un personnage lesbien.
    Non, elle était super contente. C’était génial. Je ne sais pas si elle vous l’a dit mais lorsque l’on a discuté du rôle pour la première fois et qu’on le lui a offert en mode « Voilà, on veut que tu joues ça ! » elle a cru qu’on lui offrait le rôle de Prudence : elle était habituée à ne jouer que des bombes, des espèces d’objets sexuels et tout ça. Elle était impressionnée que l’on puisse la voir dans ce rôle, elle en était très contente. Elle n’a jamais été gênée. Elle nous a dit « S’il vous plaît, dites-moi si vous pensez que j’offre une bonne représentation ». Je trouve qu’elle joue vraiment très bien le rôle parce qu’elle l’approche comme une personne. Et en plus, je trouve sa garde-robe fantastique !
    Sans en faire trop non plus. Du genre « Ah, il y a une lesbienne, elle doit porter cette tenue ! »
    Tout à fait. Parce que c’est moi. Ce n’est pas mon genre de faire ça. En plus, la costumière est une amie, je traîne avec elle, on sort ensemble et elle adore la façon de s’habiller de Rachael. Elle est souvent inspirée par sa façon de s’habiller et elle transpose ça sur Elisha par la suite.
    Qu’espérez-vous que les gens retiennent de la série ?
    Honnêtement, ma première intention est de faire rire les gens. Je trouverais ça tellement rafraîchissant qu’une série télévisée comique soit très drôle, vraiment drôle. Donc voilà mon objectif principal, mais j’espère aussi que la communauté lesbienne se rendra compte que j’aime vraiment cette série et que j’ai travaillé sans relâche dans le but d’essayer de nous représenter à la télévision. J’ai vraiment cet objectif : vouloir nous représenter davantage à la télé. Lorsqu’Ellen est sortie du placard en 1997, cela a changé ma vie. Je suis sûre que cela a changé la vôtre également. Si d’une certaine façon, quelle qu’elle soit, cette série pouvait aider des gens, alors j’aurais vraiment l’impression de faire quelque chose de bien.
    Interview Originale sur le site Afterellen.com

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