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Lou Morin a écrit un nouvel article, Lost Girl : Interview d’Anna Silk, l’interprète de Bo Dennis il y a 11 ans
Que sa série et son couple aient gagné le concours Afterellen du meilleur couple télévisé peut peut-être paraître ringard pour Anna Silk, l’interprète de Bo de la série Lost Girl. Ceci dit, alors que la série débute sa cinquième et dernière saison, l’actrice canadienne nous a dit ne jamais prendre ses fans dévoués pour acquis. Anna a discuté avec nous de sa victoire au concours Afterellen 2015 du meilleur couple télévisé – victoire qu’elle partage avec sa partenaire de jeu, Zoie Palmer – et de ce que l’on peut attendre de la fin de Lost Girl et de Doccubus.
Après cinq saisons à jouer la succube sans appartenance, Bo Dennis, Anna a hâte que le public américain puisse voir le début de la fin de la série. En effet, vendredi Syfy diffusera le premier épisode la saison cinq. Notez que les seize épisodes finaux ont été séparés en deux parties et que la seconde partie sera diffusée sur Showcase en automne 2015. [Attention aux spoilers : lorsque l’on parlera d’intrigues de la première moitié de la saison cinq, nous vous mettrons un petit avertissement]
Félicitations ! Doccubus a encore gagné un prix Internet avec notre concours du meilleur couple télévisé ! Que ressentez-vous lorsque vous vous voyez en tête d’un sondage Internet ? Ça commence à devenir assez courant maintenant.
C’est génial, c’est vraiment génial. C’est vraiment sympa de débuter la diffusion de la dernière saison en étant toujours au top et en sachant que les gens sont toujours impatients de voir Bo et Lauren. Je suis aux anges.
À votre avis, qu’est-ce qui permet aux gens de s’identifier et de s’impliquer autant dans la relation entre Bo et Lauren ? Parce que je crois qu’à ce stade-là, dire que les fans sont passionnés est un euphémisme.
Je crois que tout part d’une bonne écriture et d’une super évolution des personnages et du couple. À mon avis, cette histoire a toujours été très sincère et vraie et c’est quelque chose que les gens peuvent comprendre et auquel ils peuvent s’identifier. Et puis, en plus, Zoie et moi avons toujours eu une bonne alchimie. Nous sommes de très bonnes amies. Je suis sûre que beaucoup de vos lecteurs seront d’accord avec moi pour dire que Zoie est quelqu’un de très séduisant [rires]. Elle est très charismatique et magnétique, et notre alchimie transparaît entre Bo et Lauren. Nous avons un très bon contact et je crois que ça se voit à l’écran et que les gens s’en rendent compte.
Bon, maintenant, je vais vous poser deux types de questions : certaines pour les fans de Syfy qui commenceront juste à regarder la saison cinq la semaine prochaine et d’autres pour les fans canadiens – ou virtuellement canadiens – qui attendent déjà la seconde moitié de la saison. Commençons par le premier type : selon vous, quelle est la ligne conductrice de cette dernière saison ?
Comme c’est notre dernière saison, il se passe beaucoup de choses. Beaucoup de choses doivent être conclues et expliquées. L’un des thèmes principaux est la famille : nous voyons davantage la famille de Bo, ses racines, ce qu’elle représente pour elle et nous avons une vue d’ensemble. Je parle aussi de la famille qu’elle a, qu’elle s’est construite, des personnes qu’elle a appris à connaître et à aimer. Je trouve Bo particulièrement forte cette saison-ci. Elle a les idées plus claires, davantage de motivation et une meilleure vision de l’avenir. Bo est pleine d’énergie cette saison-ci.
À votre avis, où en est Bo émotionnellement parlant à la fin de la saison quatre ?
La fin de la saison quatre était très importante : Bo a perdu Kenzi, et quiconque connait Bo sait qu’elle ne laissera pas cela se produire si facilement. Elle débute donc cette cinquième saison en essayant de retrouver Kenzi, car, oui, la saison cinq reprend peu de temps après la fin de la saison précédente. Elle est très énergique, extrêmement concentrée et ne pense qu’à ça pour l’instant. Elle doit récupérer Kenzi. Et c’est de cela dont je parlais quand je disais qu’elle avait l’esprit clair dans cette saison.
[Attention spoiler] Il est intéressant de noter que Ksenia Solo est absente presque toute la première moitié de la saison cinq. Quel impact cela a-t-il sur la série et sur Bo ? Pouvons-nous espérer la revoir dans les huit derniers épisodes ?
Ce qui est intéressant dans cette histoire c’est que c’est Kenzi qui a choisi de partir. Il faut faire face à beaucoup de choses dans le monde des Faes et comme Kenzi est humaine je trouve ça bien qu’elle fasse cette quête. C’est aussi une façon de se libérer, de comprendre l’origine de toute cette situation et de comprendre qu’il faut laisser les gens que l’on aime libres.
Donc, oui, quelque part, Bo redonne un peu de liberté à leur relation ; mais leur amitié n’est en aucun cas terminée. En réalité, c’est un joli moment qu’elles partagent, un moment nécessaire. Au niveau de la série, Bo a toujours dû prendre soin de Kenzi. Je veux dire, Kenzi est capable de beaucoup de choses, mais elle est humaine. Ce devoir de protection est donc un peu parti et Bo peut davantage se concentrer sur ce qu’elle a à faire, c’est-à-dire obtenir des réponses sur ses origines.
[Attention spoiler] Donc on verra bien Kenzi dans les derniers épisodes ?
Je ne sais pas si je peux vous le dire. Mais n’ayez crainte, il n’y a pas de raison de s’en faire, Bo et Kenzi sont toujours amies.
[Attention spoiler] Les dieux grecs, ou les anciens, sont vos adversaires dans cette cinquième saison, qu’en pensez-vous ? Me concernant, j’ai trouvé intéressant la manière dont ils ont amené ça dans la première partie de saison.
Tout à fait. J’étais impatiente de voir ça et j’adore les acteurs qui ont été embauchés. Ils ont fait du bon travail. Michael Grassi, notre showrunner de la saison cinq, a vraiment bien amené cette intrigue et s’en est vraiment très bien tiré. Je trouve ça super. Comment peut-elle devenir encore plus puissante que ce que vous avez déjà pu voir ? Comme ça, en faisant intervenir les anciens. Ils ont un passé commun ensemble. Qu’est-ce que cela représente pour Bo et les autres ? Cela représente beaucoup et a beaucoup de conséquences. La série prend un sens super cool.
[Attention spoiler] Votre père, interprété par Eric Roberts, vient juste de faire son arrivée. Les origines de Bo sont l’un des plus gros mystères de la série. Qu’est-ce que cela représente qu’Hadès soit votre père ? Quel rôle a-t-il dans la seconde moitié de la saison ?
C’est super important qu’il soit son père, et je ne pense pas que Bo ait imaginé que l’origine de son pouvoir soit si puissante et si noire. C’est une grosse révélation et il reste beaucoup de choses à dire dans ces huit derniers épisodes. J’adore Eric Roberts. C’était très marrant de travailler avec lui. Il est très intéressant et marrant sur le plateau. Il en impose beaucoup et du coup c’était vraiment génial de lui donner la réplique. C’était super de le voir travailler et de le voir amener ce personnage à la vie.
[Attention spoiler] Certaines relations changent et évoluent cette saison-ci. Dans les premiers épisodes, l’amitié améliorée/la relation naissante entre Bo et Tamsin a été mise en avant. Avez-vous été surprise de voir l’évolution de cette relation ? Bo ne se souciait pas des sentiments de Tamsin, du moins au début.
Ah, je sais, pauvre Tamsin ! Vous savez, Tamsin est un personnage très fort et assez prudent. Elle se révèle, s’ouvre à Bo. Je ne pense pas que Bo l’ait vue arriver. C’était plutôt blessant pour Tamsin, et ceux qui ont vu les huit premiers épisodes pourront en témoigner. Mais ce qui est génial dans la relation Bo/Tamsin, c’est qu’elles sont toutes les deux Faes, ce sont deux femmes très puissantes, chacune avec ses pouvoirs. Elles sont à égalité de ce point de vue. Au début, à l’arrivée de Tamsin, elles étaient adversaires. Leur relation a plutôt bien fonctionné et, dans un sens, ça continue. Je crois que Bo tient beaucoup à Tamsin, et l’aime d’une certaine façon, mais ce n’est pas ce que Tamsin espérait.
Bien évidemment, le couple Bo/Tamsin a ses propres fans. Aussi forte qu’est la communauté de fans Doccubus, la communauté Valkubus est aussi très passionnée. Est-ce marrant de voir ces communautés se développer ?
C’est marrant, c’est très marrant. J’ai toujours adoré les fans de Lost Girl pour leurs points de vue et avis si tranchés. Ils se font entendre et j’adore ça. J’adore lire les débats Valkubus/Doccubus sur Internet. Je trouve ça bien. Je veux dire, qui n’aime pas Zoie Palmer et Rachel Skarsten ? Elles sont toutes les deux d’excellentes actrices et de super femmes. Alors, oui, c’est assez cool.
[Attention spoiler] Votre relation avec Lauren est arrivée à un point où l’on se dit « Oh, la vache ! » Comment envisagez-vous la suite ?
Je crois que le triangle amoureux que l’on a établi dans la première saison a toujours été l’une des histoires principales de la série. Tout cela est lié à la nature même de Bo. J’ai l’impression que ce triangle est toujours un peu présent. Je ne peux pas vous dire ce qu’il va se passer, mais je peux vous dire que je suis vraiment contente de la tournure que prend la série et que je suis impatiente que les gens voient les épisodes. Je sais, je suis très vague.
[Attention spoiler] Est-ce que LE collier fera son retour ?
Mon Dieu ! Vous connaissez le collier ! On m’a déjà interrogée sur ce collier avant et je crois que l’important avec ce collier c’est ce qu’il représente. C’est un symbole de l’amour de Lauren pour Bo, de leur amour à toutes les deux. C’est un lien unique qu’elles partagent. Un lien qui dépasse celui de deux personnes amoureuses. Ce sont deux personnes amoureuses dans des circonstances dingues : leur lien est plus profond que ça. Je pense que ce collier en est le symbole. Je ne peux pas vous dire si on le revoit ou pas, mais je peux vous dire qu’avec ou sans collier, leur lien est toujours présent.
[Attention spoiler] La première moitié de la saison cinq se termine sur un cliffhanger avec la boîte. Je sais bien que vous ne pouvez pas nous dire ce qu’il y a dans la boîte, mais pouvez-vous nous parler des répercussions que cela aura, de ce qu’il va se passer ? Ou même juste une info sur la boîte ?
Eh bien, je peux vous dire que la boîte a été magnifiquement créée par notre équipe d’accessoiristes. C’est une jolie petite boîte artisanale.
[Attention spoiler] C’est vrai qu’elle est jolie. D’ailleurs, ne faisait-elle pas partie d’une promo pour l’une des premières saisons ?
Si. C’était pour la promo de la saison deux. Après, je ne sais pas si cela a été réfléchi en amont à ce point ou pas, mais toujours est-il qu’ils ont récupéré la boîte. Que puis-je vous dire sur la boîte ? Tout ce à quoi je pense ce sont les anecdotes marrantes que l’on a eues sur le plateau avec la boîte. Parfois la boîte devait faire des mouvements et, bien évidemment, elle ne les faisait pas. Ils devaient alors intervenir et bouger la boîte eux-même. Du coup, on a fait pas mal de blagues sur cette boîte.
[Attention spoiler] La seconde moitié de la saison reprend-elle juste après l’épisode huit ou y a-t-il un petit saut dans le temps entre l’épisode huit et neuf ?
On reprend juste après l’épisode huit. C’est dans la continuité.
Quand avez-vous fini de tourner ? Pouvez-vous me dire comment s’est passée la fin du tournage ? Je sais que, depuis le début, vous étiez un casting très uni.
Nous avons fini de tourner début octobre. Vous savez, on sentait la fin arriver. On savait qu’on devrait se dire au-revoir et dire au-revoir à l’équipe. C’est dur. Je me souviens avoir dit sur le plateau qu’on devait profiter de chaque seconde qu’il nous restait. Nous avons fini la série en beauté et comme on voulait. C’est sûr, la dernière scène a été dure à tourner. Nous l’avons d’ailleurs tournée en toute dernière. Souvent, nous tournons les scènes dans le désordre, mais là ils nous ont laissé la tourner en dernière pour que l’on puisse partager ça tous ensemble, le casting et l’équipe. C’était vraiment cool.
L’équipe me manque, les acteurs me manquent, mais je reste en contact avec beaucoup de gens. Zoie et moi sommes de bonnes amies et je lui parle souvent. Récemment, j’ai vu Kris, Emmanuelle, Rachel, et je continue à voir pas mal de monde. J’ai revu l’équipe il y a peu en allant sur le plateau de Dark Matter pendant mon séjour à Toronto. C’était super de les revoir. Cette série était une expérience forte en émotions mais c’est génial de pouvoir terminer un projet comme cela, de la façon et avec la force que vous vouliez. Les fans comptent aussi. Ils nous suivent depuis le début et nous voulons maintenant qu’ils en fassent l’expérience. Nous avons adoré tourner ensemble, puis nous nous sommes dit au-revoir. C’est au tour du public maintenant.
Avec du recul, au regard de Bo et de son évolution, quelles ont été les meilleures choses et les plus difficiles à jouer ?
Vous savez, elle a évolué de manière très naturelle pour moi. Elle devenait plus forte d’année en année. Bo a un côté humain et un côté Fae, et tout cela a évolué de façon très naturelle. C’était sympa de débuter la série avec un personnage comme cela et de la voir finir là où elle a fini. L’évolution du personnage a été une vraie bénédiction pour moi.
Concernant la série, de quoi êtes-vous la plus fière ?
De plusieurs choses. Déjà, simplement le fait de jouer Bo ; c’est un personnage tellement fort ! Quand elle était jeune, elle avait honte de son pouvoir, d’être une succube. Elle ne savait pas ce qu’elle était, elle ne connaissait pas l’existence des Faes. Puis, sa plus grande honte est devenue sa plus grande force. Maintenant, elle l’accepte totalement et se l’approprie. J’adore le message que cela fait passer. Beaucoup des lettres de fans que je reçois me parlent du courage de Bo. C’est super. Bo est tellement courageuse. Et c’est parce qu’elle montre sa vulnérabilité qu’elle est courageuse. C’est ça qui la rend si courageuse.
Un autre aspect de la série, que je sais que les lecteurs d’Afterellen apprécient, est le fait que le personnage principal soit bisexuel mais que personne ne prononce jamais le mot « bisexuel » dans la série. Elle est qui elle est. Il n’y a eu aucune grosse révélation autour de sa bisexualité. Ça a toujours été comme ça depuis le premier jour. Je suis fière de ça. Au début de la série, Zoie et moi parlions de la création de cette relation, puis les scénaristes ont mis en place quelque chose de tellement réel. Quand bien même les circonstances et le monde dans lequel elles vivent sont irréels et dingues, leur relation était vraiment réelle. Je suis très fière de cet aspect de la série.
Beaucoup d’acteurs de la série se sont engagés dans de futurs projets : vous avez fait mention de Zoie dans Dark Matter, Ksenia joue dans Turn et Rachel dans Reign. Qu’en est-il de vous ? Recherchez-vous de nouveaux projets ou faites-vous une pause ?
Je fais une pause, j’en avais besoin. Ça fait beaucoup cinq saisons ! C’est super mais, à un moment, il vous faut une pause. Il vous faut trouver ce qui vous inspirera, vous intéressera, ce qui vous correspondra pleinement par la suite. J’ai eu tellement de chance de pouvoir jouer Bo. Ce rôle me correspondait parfaitement. J’ai adoré cette expérience et j’adorerais la renouveler, mais je ne sais pas quelle sera ma prochaine opportunité.
Je jette un œil sur différents projets, je prends mon temps. Je veux vraiment faire une pause et être avec mon fils, qui aura deux ans en mai. J’ai besoin de passer un peu de temps « maman-enfant » avec lui, j’aime beaucoup ces moments.
J’espère que vous vous êtes préparée parce que Lost Girl a beau s’achever, nous, les lesbiennes et bisexuelles, sommes très fidèles, et je suis sûre que vos fans vous suivront dans vos prochains projets. Vous devriez créer un groupe avec Lucy Lawless et Jennifer Beals, elles vous le diraient ! On vous suivra dans votre prochain projet, sans aucun doute.
C’est super. Les lecteurs d’Afterellen ont été géniaux. Vous avez toujours soutenu notre série. Ça me touche vraiment et j’ai adoré connaître notre public, je vous en suis vraiment reconnaissante.
Du coup, même si je sais que vous ne pouvez pas nous dire grand-chose sur cette saison et sur ce à quoi l’on peut s’attendre pour la super fin de la série, y aurait-il quelque chose que vous pourriez nous dire sur cette dernière saison ?
Je sais, c’est super dur. C’est trop dur. Honnêtement, c’est vraiment dur d’en parler parce que le spoiler guette à chaque coin de phrase. J’ai hâte que les gens voient cette nouvelle saison. J’ai hâte d’entendre ce que les gens en pensent. D’ailleurs, je lis tous les tweets donc allez-y, tweeter et dîtes-moi ce que vous en pensez. Dîtes-moi tout. Je suis impatiente.
Interview Originale sur le site Afterellen.com -
Lou Morin a écrit un nouvel article, The Returned : Interview d’Agnes Bruckner, l’interprète de Nikki Banks il y a 11 ans et 1 mois
The Returned, diffusée sur la chaîne A&E, est une série thriller surnaturelle où, dans un petit village américain, les morts ne restent pas toujours morts. Agnes Bruckner interprète l’officier Nikki Banks, un flic coriace qui essaye de maintenir la paix au village en cette période de crise, tout en protégeant son ancienne petite-amie, Julie. Agnes Bruckner a gentiment accepté de répondre à nos questions sur The Returned, Once Upon a Time et les baisers avec les filles.
Tout d’abord, merci de prendre le temps de nous parler. J’apprécie vraiment The Returned pour l’instant !
Pas de quoi. Merci ! Je suis contente que vous appréciiez.
Je sais que la série copie très fortement une série française du même nom (Les Revenants). L’avez-vous regardée pour préparer votre rôle ?
Oui, je l’ai regardée. Je ne l’avais pas fait avant d’auditionner, mais après avoir obtenu [le rôle de Nikki], j’ai regardé la version française. Je crois que j’ai regardé tous les épisodes en deux jours. C’était tellement bien que je me suis fait une séance de binge-watching. Donc, oui, je l’ai regardée avant de commencer à travailler.
[The Returned] est très différente des histoires de zombies classiques mais je me demandais si vous vous étiez un peu inspirée de ce genre ?
Comme, à mon avis, ce n’est pas vraiment une série de zombies, nous avons créé notre propre univers. C’est beaucoup plus qu’une histoire de zombies : il faut réfléchir différemment pour savoir ce qu’il s’est passé et d’où [les revenants] viennent. J’ai donc eu ma propre vision des choses là-dessus.
L’épisode six a été diffusé cette semaine. Nous avons vu Nikki et Julie commencer à reprendre un peu contact. Pouvez-vous nous dire ce qu’il va se passer les concernant ?
Il est clair qu’elles ont un passé commun. Je crois qu’au fur et à mesure de l’avancée de la série, les gens en apprendront plus sur Nikki : c’est un flic coriace, elle interroge les gens, est très déterminée, mais lorsque cela concerne Julie, elle devient beaucoup plus vulnérable et beaucoup plus sensible. Elle tient beaucoup à Julie et essaie donc de prendre soin d’elle. Je trouve important de voir cette facette-là également : c’est un flic dur qui fait son travail mais qui fait également attention à Julie et s’inquiète pour elle.
J’ai une théorie, et je ne sais pas si vous pouvez la confirmer ou l’infirmer ou même si cela sera abordé plus tard dans la série, mais, dans ma tête, Nikki n’est devenue flic qu’après l’attaque de Julie, comme si elle l’était devenue à cause de cette attaque. Du coup, aujourd’hui, c’est une dure à cuire qui a aussi le cœur sur la main et qui ne sait pas comment l’exprimer. Est-ce vrai ? [Note de l’intervieweuse : Je crois que j’aime juste dire que les gens ont le cœur sur la main]
Hum, oui, c’est une bonne théorie, mais non.
[D’un air vaincu] Ah, ok. Mince !
[rires]
Enfin bref ! En parlant de Julie, Sandrine Holt [ndlt : l’interprète de Julie Han] a joué dans The L World, donc évidemment, à Afterellen, tout le monde l’aime. Comment est-ce de travailler avec elle ?
Ah ! En tant qu’acteur, vous espérez toujours avoir un partenaire de jeu, ou même juste des collègues en général, avec qui vous vous entendrez bien et avec qui vous pourrez vous amuser sur le plateau et en dehors du plateau ! Sandrine fait partie de ces acteurs qui adorent ce qu’ils font et qui ont également beaucoup d’humour. On riait tout le temps. [Rires] Je me souviens la première fois… Il me semble que c’était pour l’épisode trois, intitulé « Victor », nous étions en costume d’Halloween et c’était la première fois que je devais l’embrasser. J’étais très stressée – parce qu’on est toujours stressé avant une scène de baiser. Je me souviens avoir été très tendue parce que je voulais être respectueuse, genre sexy mais respectueuse. Je me disais « Ok, Agnes, c’est bon, tu gères ! ». On a tourné la première prise, je l’ai embrassée et c’était vraiment mignon, mais Charles [le réalisateur] – il est anglais – vient nous voir et nous dit [elle prend un accent anglais] « Tu vois Agnes, Sandrine porte cette superbe tenue de cuir, ça te dit de la toucher ? Je pense que tu devrais la toucher. » Tout de suite j’ai pensé « Oh mon Dieu, est-ce qu’il est en train de me dire de peloter Sandrine ? Je vais être tellement mal à l’aise. » On a donc fait la prise suivante et je ne me souviens même pas de ce que j’ai fait, c’est le noir complet, j’étais trop stressée. Mais Sandrine a été super cool. Tout était ok pour elle, elle m’a dit « Fais ce que tu veux, c’est bon. »
Elle a joué dans The L Word, elle avait sûrement l’habitude.
Oui, mais vous savez, j’ai joué dans Breaking the Girls où j’ai embrassé Madeline Zima, mais il n’empêche que ces scènes sont toujours stressantes. Peu importe que vous embrassiez une fille, un garçon, peu importe. J’étais stressée mais elle a été super. Elle a été comme ça tout le long du tournage, et nous sommes toujours de bonnes amies.
Et vous faites la transition avec ma nouvelle question ! [rires] Puisque votre personnage de Breaking the Girls, Sara, était aussi homosexuelle, prêtez-vous attention à l’orientation sexuelle des personnages qui vous sont proposés ?
Honnêtement, je ne m’intéresse pas du tout à l’orientation sexuelle de mon personnage. Tout dépend de l’histoire et de si je peux m’identifier au personnage d’une façon ou d’une autre. J’adore jouer des personnages et me retrouver un peu en eux. C’est presque thérapeutique pour moi d’exprimer les émotions d’un personnage quand je suis moi-même passée par-là avant. Vous savez, maintenant, avec Breaking the Girls et The Returned, j’ai de l’expérience. J’ai pu travailler avec des femmes très fortes et super cool, j’adore.
Autre chose concernant le couple Nikki et Julie : pour l’instant Nikki pourrait être vue comme la méchante du couple de bien des manières et notamment parce qu’elle restée loin de Julie des années durant et qu’elle a clairement tourné la page, du moins en ce qui concerne les relations physiques. Pourtant, à chaque fois, je me rends compte que je préfère Nikki et que je veux qu’elle se remette avec Julie. Je trouve que vous apportez beaucoup de vulnérabilité au personnage de Nikki et je me demandais : où pensez-vous que Nikki en soit rendue au niveau émotionnel en ce moment ?
À mon avis, elle n’a jamais cessé d’éprouver des sentiments pour Julie. Je crois que la relation qu’elle a eue après Julie servait juste à remplir un vide. Je pense qu’elle était très attachée à cette fille, mais je ne pense pas qu’elle ait été amoureuse d’elle. Elle n’a toujours eu d’yeux que pour Julie. Vous savez, je pense que lorsque l’on traverse des épreuves aussi extrêmes que celles qu’a vécues Julie, chaque relation – qu’elle soit amicale ou amoureuse – prend une autre dimension. Elle n’a toujours eu d’yeux que pour Julie mais elle est un peu perdue. Elle veut aider, mais elle ne veut rien forcer parce que je crois que Julie est le genre de personne à ne pas aimer être submergée d’émotions.
Pour l’instant Nikki semble encore très sceptique, elle est un peu la Scully de sa Julie/Mulder. La verra-t-on changer de comportement ? Commencera-t-elle à croire en tout ça ?
Je crois que Nikki fait partie des seuls personnages qui maintiennent le fait que tout ça n’est que… je ne sais pas. Elle constate tout ce qu’il se passe et d’une certaine manière elle l’accepte, mais elle est reste très sceptique. Beaucoup des autres personnages sont impliqués émotionnellement donc ils veulent croire ou essayent de se convaincre de quelque chose. Mais je crois que Nikki est sceptique à cause de l’espèce de triangle Victor-Julie-Nikki. Je crois qu’elle a vraiment peur que quelque chose arrive à Julie donc, à mon avis, elle reste sur sa position : c’est la merde, c’est bizarre et tout ne va pas pour le mieux.
Oui, j’ai toujours aimé son point de vue parce qu’honnêtement, je trouve que les gens dans ce village sont beaucoup trop blasés que des gens reviennent à la vie. Du genre « Ah, encore un mort, cool ! ». Hein ? Quoi ?
[Rires]
C’est fou.
Oui, depuis le début, [Nikki] a vraiment été à fond. Comme lors de la scène d’interrogation avec Tony, elle y a mis toute son énergie. C’est ce que j’aime dans ce personnage. Elle a ce côté très dur par rapport au travail et tout particulièrement en ce qui concerne Julie, mais au fur et à mesure de la saison elle devient de plus en plus vulnérable et l’on voit de plus en plus son côté sensible. Puis, elle devient l’espèce de protectrice de Julie. C’est sympa à jouer, surtout avec Sandrine, parce que même lorsque vous ne devenez qu’ami avec quelqu’un vous avez tendance à être protecteur envers lui. Ça nous a rapprochées sur et en dehors du plateau. C’était vraiment cool.
The Returned n’est pas votre premier projet surnaturel. Est-ce un genre que vous aimez également regarder ?
Tout à fait. Vous savez, je ne regarde pas beaucoup la télé, mais en ce qui concerne les films, j’adore les films d’horreur. Ados, mon frère et moi étions obsédés par Jeu d’Enfant, Jason de Vendredi 13 et tous ces trucs. J’ai toujours aimé ce genre. Alien : Le Huitième Passager aussi. Tout ce qui est science-fiction fait partie de mon univers. Je suis un peu une gameuse, je joue à World of Warcraft et j’adore ce monde fantastique avec donjons, dragons, rois et reines, tout ça. Et aussi les trucs du genre Alien : Le Huitième Passager, qui est l’un de mes films préférés. Sigourney Weaver m’inspire. C’est une femme forte et magnifique.
Oui, elle est géniale. Vous jouez depuis pas mal de temps maintenant. Il me semble que vous aviez onze ans quand vous avez commencé à jouer dans Amour, Gloire et Beauté. Avez-vous des conseils pour ne pas faire de burn-out ?
[Expire] Eh bien, perso, je suis réellement et complètement obsédée par mon travail. Je l’aime et j’aime aussi ses galères. À un moment – je ne me rappelle même pas à quel âge – je voulais juste être une ado comme les autres et m’amuser, ne pas tout le temps me concentrer sur ce travail. J’ai alors quitté ce milieu pour un instant. Mais il m’a trop manqué, donc je suis revenue et j’ai eu la chance de pouvoir continuer à travailler. J’adore ce travail. Et je me suis construit une bonne cuirasse pour faire face aux rôles que je voulais vraiment mais que je n’ai pas eus. Cela me grandit et m’apprend de nouvelles choses sur moi. J’ai lu quelque chose une fois sur des personnes qui se disaient « Dieu merci, on est vendredi ! » Mais, moi, j’adore ce que je fais donc je n’attends pas le week-end. J’apprécie mes périodes de vacances et de travail.
J’aime mon travail même lors des expériences les plus folles ou les plus difficiles. Je me souviens, lors du tournage d’Anna Nicole : Star Déchue, nous avons tourné pendant quatre semaines à Atlanta. La quantité de maquillage utilisée était incroyable, il fallait quatre heures de maquillage le matin et deux heures le soir pour l’enlever. Il fallait changer de tenue six fois par jour et nous changions de site trois fois dans la journée. C’était un tournage très intense, mais c’était amusant. J’ai aimé faire ce tournage et voir le résultat à la fin. Donc, au final : aimez ce que vous faites, aimez la vie.
Whaou, c’est dingue. Ça fait énormément de maquillage !
[Rires] Oui !
J’ai remarqué que vous aviez fait des projets télévisés diffusés en journée, d’autres en première partie de soirée et aussi des films. Avez-vous un média préféré ?
[Bruit de réflexion] Les trois. J’ai vraiment aimé Amour, Gloire et Beauté parce que c’était mon premier travail et j’ai aimé travailler avec les acteurs : les personnes qui jouaient mes parents étaient super sympas. Je viens juste de reprendre contact avec Jacob Young sur Twitter. C’est fou, ça fait si longtemps ! On tournait un épisode par jour. Il faut donc être bien préparé et c’est vraiment grâce à ça que j’ai appris à retenir mes répliques aussi bien. Il faut que vous arriviez sur le plateau et soyez prêt tout de suite.
La télé en première partie de soirée c’est sympa. C’est beaucoup plus rapide, ce qui est également très exigeant, mais c’est bien. Et les films, j’adore les films. C’est peut-être mon média préféré parce que vous entrez dans un monde pour deux-trois mois, semaines, peu importe et vous vous créez cette petite famille, cette petite armée et réalisez quelque chose de vraiment cool. Et puis, vous vous faites certains amis, et, un jour, vous retrouverez peut-être ces personnes sur un autre plateau, tout comme les membres d’équipe et le personnel. J’adore tous ces types de tournage. J’aime les trois.
Je sais que vous allez bientôt jouer dans Once Upon a Time, qui fait partie des séries préférées des lecteurs d’Afterellen. Félicitations !
Oui, merci. Je suis impatiente. Je crois que mon épisode sera diffusé le 26 avril, je suis ravie, c’était encore un rôle de fou pour moi. C’était vraiment très sympa. Ça ce sont des acteurs super marrants ! Ces acteurs sont juste… la vache, on ne peut même pas appeler ça du travail. On s’amuse, je m’amuse tous les jours [rires].
C’est génial. Pouvez-vous nous parler un peu de ce qui est réservé à Lily, votre personnage ?
Je ne peux pas trop en dire pour l’instant parce que ça met en jeu beaucoup de révélations. Mais je peux vous dire que c’est un personnage très très passionné. Elle a reçu une éducation très barjot et maintenant elle prend les choses très au sérieux. Oui, j’ai pu travailler avec Lana et presque tous les acteurs pour l’instant, donc c’était vraiment super.
Cool !
Je ne peux pas trop en dire, je suis désolée !
Non, c’est bon. Ok, bon, à la fin de mes interviews j’aime bien faire une série de questions en rafale, parce que je suis super professionnelle et que c’est marrant. Je vais vous poser des questions et vous devrez répondre la première chose qui vous viendra à l’esprit, d’accord ?
D’accord.
Ok. Couleur préférée ?
Vert.
Vous préférez les zombies, les vampires ou les loups-garous ?
Les loups-garous.
Lève-tôt ou couche-tard ?
Couche-tard.
Quel est le plus difficile à tourner : une scène chargée en émotion avec beaucoup de pleurs ou une scène de sexe ?
Une scène de sexe.
Si vous n’étiez pas actrice, vous seriez…
Biologiste marin.
Vous préférez la bière, le vin ou les spiritueux ?
Les trois [rires].
[Rires] Quelle est votre chanson préférée en ce moment ?
Bitch Better Have my Money de Rihanna.
Talons, baskets ou tongs ?
Baskets.
Chien ou chat ?
[soupir d’indécision] Chat.
Elle était dure celle-là, hein ?
[Rires] Oui.
Vous préférez regarder du surnaturel comme The Returned ou du fantastique comme Once Upon a Time ?
[Encore un soupir d’indécision] Arf, je ne sais pas. Je dirais Once Upon a Time. Je ne sais pas. Je viens juste de regarder Game of Thrones, alors, en ce moment, je suis plus fantastique.
Quel rôle rêveriez-vous de jouer ?
Lara Croft : Tomb Raider, le remake ! [rires]
[Rires] Ok, et bien, c’est tout pour moi ! Merci beaucoup !
Ok, merci à vous. C’était marrant !
Interview Originale sur le site Afterellen.com -
Lou Morin a écrit un nouvel article, Kittens in a Cage : Interview d’Erin Anderson, l’interprète de Vickie il y a 11 ans et 1 mois
Si vous avez déjà regardé Kittens in a Cage (la série télé inspirée de la pièce de théâtre de Kelleen Conway Blanchard) vous êtes sans nul doute devenu fan du couple formé par Junie et Vickie. Ces codétenues devenues amantes forment maintenant un joli petit duo blond butch/fem des années cinquante. De plus, Erin Anderson interprète Vickie avec pile la bonne dose de swag.
Nous avons discuté avec Erin de cette série super queer qui, en plus, nous présente des personnages principaux féminins. Elle nous a dit aimer embrasser Rebecca Mozo [l’interprète de Junie], son amie dans la vraie vie.
Était-ce sympa de tourner cette série ?
Oh oui ! Et comme je n’ai pas peur des jeux de mots, je dirais même que c’était une tuerie ! Je n’ai pas honte du tout de mes jeux de mots et je continuerai à en faire. Nous avons passé des moments merveilleux et je savais que ça collerait entre Mozo et moi parce que nous étions déjà amies avant Kittens in a Cage, nous avions travaillé ensemble au théâtre et nous nous étions très bien entendues à l‘époque. Quand je me suis engagée dans cette série et que j’ai vu que tout se goupillait bien je me suis dit « Attends deux secondes, suis-je au Paradis ? » Ma famille ressemble beaucoup à cette équipe, c’était un monde que je comprenais déjà. J’ai grandi avec de vieux films, avec Stanwyck, Bette Davis et Fast-Talking Dames. J’ai gardé ça en tête toute ma vie, et là on me donnait l’occasion de jouer comme Barbara Stanwyck et Jimmy Cagney avec les personnes les plus drôles que j’ai jamais rencontrées ? C’est fou, je suis trop chanceuse !
Je sais que vous êtes arrivée dans la série un peu tardivement. Combien de temps avez-vous eu pour vous préparer et apprendre votre rôle ?
Comme nous avions déjà travaillé ensemble, que nous nous étions bien entendues et que nous avions eu une bonne alchimie en tant qu’actrices, Mozo a parlé de moi à Jill. J’ai donc rencontré Jill et les autres membres de l’équipe, nous avons tous bien accroché et nous nous sommes mis au travail. Jill me disait « Ok, tu veux nous rejoindre et jouer avec nous ? Alors embarque avec nous à bord de ce super bateau pirate. » Je lui ai dit que j’étais carrément prête à embarquer, et je crois que mon premier jour de plateau a eu lieu deux-trois semaines après cela. C’était rapide mais j’avais l’impression d’intégrer quelque chose, tout comme j’avais eu l’impression d’être en famille dès le début parce qu’on s’était tous très bien entendus. En plus, on était là pour jouer donc tout fut vraiment facile. Je crois que c’est toujours bon signe lorsque vous faites quelque chose et que tout coule de source.
Comment est-ce de tourner des scènes d’amour avec quelqu’un que vous connaissez déjà ? Est-ce plus facile ou plus gênant ?
Non, non, j’ai trouvé ça génial : on se connaissait très bien, on s’entendait bien et on était très en confiance, par rapport à notre amitié je veux dire. On s’est dit « Ok, ma puce, on y va ! » C’était facile à faire. C’était très marrant. Nous avons beaucoup ri.
Le plateau était composé de beaucoup femmes. Était-ce pareil avec l’équipe ?
Oui, en effet. Jilly [la directrice Jillian Armenante] nous a dit que Mozo et moi étions comme de jeunes chiots ! Très joueuses ! C’est l’impression qu’on a eue avec tout le monde. Il y avait toutes ces femmes et on se sentait juste… Ce n’est pas tous les jours que l’on a ce sentiment de camaraderie sur un plateau. J’ai eu l’impression de vivre la meilleure et plus longue soirée pyjama de ma vie : on était en soirée pyjama toute la journée et on la poursuivait également souvent la nuit. Puis, on a commencé à traîner ensemble et maintenant on est une bonne petite troupe. Ce sont des femmes que je vois tout le temps et que j’ai envie de voir. Si nous pouvions avoir la chance de refaire ça toutes ensemble, ce serait super. C’est vrai, le plateau était très chargé en œstrogènes. Il y avait bien quelques mecs par-ci par-là mais on était dans notre soirée pyjama et c’était génial.
Mis à part cette énergie à la Barbara Stanwyck, qu’est-ce qui, chez Vickie, vous a donné envie de jouer ce personnage ?
Dans ce genre d’environnement, tout le monde doit porter une sorte de masque, il le faut pour pouvoir survivre à cette situation plutôt désagréable. Vickie est très sûre d’elle. Elle ne cherche pas les ennuis mais il ne vaut mieux pas pour vous que vous la cherchiez trop parce qu’elle se défendra, protègera son territoire et c’est une dure à cuire. Ce que je trouve vraiment fort c’est que derrière tous ces masques se cache une certaine vulnérabilité. D’une certaine façon les gens ont souffert et ce masque leur sert de protection pour essayer de dissimuler leur douleur. Donc cette énergie-là, ces dialogues et cette façon d’agir de Vickie, tout cela cache sans aucun doute quelque chose. La série est ancrée dans la réalité et c’est vraiment important pour nous tous qu’elle le soit. C’est aussi ça la clé du succès. J’ai été attirée par la complexité d’un personnage comme celui-là. Lorsque vous êtes si seule, dès que vous rencontrez quelqu’un avec qui vous avez une sorte de connexion, tout votre monde peut rapidement s’écrouler : vous rencontrez une personne sympathique dans un endroit qui ne l’est pas. C’est pour cela que c’est intéressant. Comment gérer cela ? Que faire quand quelqu’un se rapproche indéniablement de vous ? Tout cela, de son espèce de petit cœur tout mou, à sa façon de se présenter aux gens en général et aux gens avec qui elle est enfermée en particulier, tout cela était fascinant pour moi.
Était-ce la première fois que vous jouiez une lesbienne ?
J’en avais jouées auparavant dans des films indépendants et dans quelques projets. Mais vous savez, ici, on sentait que c’était ouvert à tout le monde, que tout le monde pouvait s’y retrouver. On peut tous, d’une façon ou d’une autre, s’identifier au personnage. C’est juste super, c’est une histoire qui a du sens, une vraie histoire d’amour. Ce sont deux personnes qui essaient de se connecter, tout comme dans n’importe quelle autre histoire d’amour. Toute cette expérience me tient vraiment à cœur et je ronge mon frein en attendant de pouvoir recommencer.
Avez-vous eu de bons retours de la part de vos fans sur Twitter ?
Je suis toute nouvelle sur Twitter. J’étais sur les réseaux sociaux depuis longtemps mais pas sur Twitter, et Mozo me disait « Meuf, il faut que tu te mettes à Twitter ! » Si Mozo le dit ! Maintenant je reçois des messages de personnes que je ne connais pas. Ils sont vraiment contents, ils trouvent ça marrant, touchant ou alors ils s’identifient au couple Junie/Vickie. J’ai aussi reçu quelques tweets personnels. Ça en dit long, parce qu’en fin de compte, je crois que l’on tient aux personnes impliquées dans l’histoire, sinon où serait l’intérêt ? Représenter une relation à laquelle les gens peuvent s’intéresser, c’est ça qui nous lie avec le public et c’est pour ça que je l’ai fait. Mission accomplie, vous voyez ? Les acteurs font ce travail pour se lier avec les gens et les gens réagissent par rapport aux histoires racontées, du genre « Ah, mais alors je ne suis pas la seule dans cette situation. » Les gens s’identifient à certaines choses, c’est chouette ! Je commence donc tout juste à tremper les orteils dans le bain Twitter ; un nouveau monde s’ouvre à moi.
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Lou Morin a écrit un nouvel article, One Big Happy : Interview de la créatrice et scénariste Liz Feldman il y a 11 ans et 1 mois
Liz Feldman s’est fait connaître auprès de la communauté LGBT avec son émission This Just Out, diffusée de 2007 à 2010. En recevant des célébrités lesbiennes autour de sa table, la scénariste et comique a gagné un public important : les gens ont aimé son charme irrésistible, ses plaisanteries pleines d’esprit et sa collection de blazers excentriques. Mais avant This Jus Out, Liz a travaillé dans l’émission d’Ellen DeGeneres avec qui elle est devenue amie. Elles nous offrent maintenant une série télévisée en première partie de soirée librement adaptée de la vie de Liz, avec Ellen en productrice exécutive.
One Big Happy fait sa première demain soir sur NBC. La série suit Lizzy (interprétée par Elisha Cuthbert, qui possède le même charme, la même finesse d’esprit et le même penchant pour les blousons que Lizzy) dans son envie de créer une famille avec son meilleur ami, Luke (Nick Zano). Mais, mauvais timing – bien que ce soit une super idée pour une sitcom – Lizzy tombe enceinte au moment même où Luke rencontre la femme de sa vie, Prudence (Kelly Brook) et l’épouse.
La grossesse marque la fin des similitudes avec la vie de Liz. L’idée est cependant bien tirée de la vie qu’elle menait avant qu’elle ne rencontre sa femme actuelle : la musicienne Rachael Cantu. One Big Happy est la première sitcom télévisuelle à avoir un personnage principal lesbien depuis le coming-out d’Ellen en 1997. Nous avons discuté avec Liz Feldman lors de la conférence hivernale de la Television Critics Association. Elle nous a fait part de ses espoirs de garder le public d’AfterEllen à ses côtés et de le garder aussi diverti que lors de sa première émission.
La série est basée sur votre vie : à quel point Lizzy et Liz se ressemblent-elles ?
Et bien, vous savez, nous sommes un peu pareilles. Évidemment elle est lesbienne et je suis prête à sortir du placard et à vous dire que je suis aussi lesbienne. Elle est un peu coincée et a du caractère, ce qui me ressemble. Elle est également vraiment ridicule et un peu intello, ce qui vise encore juste. C’est clair qu’elle est inspirée de moi mais une fois que l’on a choisi Elisha on a vu à quel point les personnages se développent à travers les acteurs, c’est fabuleux. Elle était tellement douée pour le côté coincé et réservé que l’on s’est engouffrés là-dedans. Même si j’aime à penser que je ne suis pas coincée à ce point, lorsque ma sœur est venue à l’enregistrement du pilote, je lui ai dit « Bon, évidemment, le personnage est un peu plus coincé que moi » et elle m’a répondu « Tu es méga coincée ». « Ok, cool, génial, merci ! »
[rires] « Dans le mille ! »
Dans le mille.
Y a-t-il des choses très « vous » que vous essayez d’inclure dans la série ou bien est-ce inconscient ?
Je ne voudrais pas paraître cucul, mais tout est un peu « moi » et tout est vraiment sincère. Tout remonte à cette période de ma vie où je n’arrivais plus vraiment à gérer la situation. Donc, toute cette série est « moi », mais ce sont les acteurs qui la portent. C’était à l’époque où j’avais des sentiments vraiment bizarres : j’étais très jalouse de la nouvelle relation de mon ami. Mais je pense que c’est un sentiment assez commun. Je n’étais pas jalouse parce que je voulais avoir une relation avec lui, j’étais jalouse du temps et de l’attention qu’il obtenait. On avait aussi ce plan et je le voyais s’éloigner au fur et à mesure qu’eux se rapprochaient. C’est tellement bizarre d’être jalouse de la relation amoureuse d’un ami que je n’ai pas pu en parler. Je ne savais même pas comment amener ça dans une conversation, donc j’ai écrit un pilote.
Étiez-vous célibataire à l’époque ?
À l’époque ? Oui.
Donc vous vous sentiez un peu seule.
Oui, c’est vrai ! Nous étions de très bons amis, on était le « +1 » de l’autre, etc. Tout le monde à une personne de prédilection dans sa vie. Me concernant cette personne était un mec. Lorsqu’il a rencontré cette fille, ce fut le coup de foudre. La série est basée sur des faits réels. Mais à l’époque il n’y avait pas moyen que je puisse aimer sa copine. Peu importait qu’elle soit super et adorable, mes attentes, ma barre étaient placées trop haute. La pauvre ! Maintenant nous sommes de très bonnes amies.
Et lui, que pense-t-il de la série ?
Il est scénariste de la série et nous n’avons évidemment pas eu d’enfant ensemble. La série est une version fantasmée de la vraie vie. Cela se base sur une réalité et puis comme il faut rendre le sujet intéressant et dynamique j’ai imaginé ce qu’il se serait passé si nous avions été en train d’essayer d’avoir un enfant lorsqu’il l’a rencontrée. Mais vous savez, ma femme et lui et sa femme sont de très bons amis. D’ailleurs, ils ont un enfant et ma femme, Rachael, et moi sommes ses marraines.
Oh, super. Vous êtes quand même une grande famille heureuse alors [ndlt : One big happy en anglais].
Nous sommes réellement une grande famille heureuse avec eux.
Qui sont les scénaristes ? Y a-t-il une grande diversité au sein de leur groupe ?
C’est marrant, c’est une longue histoire mais, en gros, je voulais embaucher des scénaristes lesbiennes. Eux, voulaient que je sois entourée de scénaristes avec beaucoup d’expérience parce que c’est ma première série. Toutes ces scénaristes lesbiennes avec énormément d’expérience ont énormément de succès et il n’y avait pas moyen qu’elles veuillent travailler avec moi. Mais, oui, il y a beaucoup de diversité. Il y a un scénariste irano-américain, un noir gay, une femme hétéro. C’est un peu fou, non ? Ils existent !
Comprennent-ils tous les blagues et références lesbiennes ?
Erin Foley est scénariste pour la série, c’est elle qui écrit les blagues. J’apprécie vraiment qu’elle soit avec nous parce que nous avons juste à nous regarder et nous sommes immédiatement d’accord sur la blague à faire. Mon meilleur ami est un connaisseur en lesbiennes. Il les connait aussi bien que nous : il a eu affaire à une lesbienne une grande partie de sa vie. Évidemment, j’écris aussi beaucoup de blagues. Tout passe par moi. Chaque scénario passe par moi : je donne mon accord et je m’assure que cela semble réel et vrai. Et ça l’est.
Mais d’un autre côté, vous ne voulez pas que la série soit uniquement restreinte aux lesbiennes puisqu’elle est diffusée sur NBC et qu’il faut que tout le monde la regarde. Vous êtes-vous déjà dit « Je ne suis pas sûre qu’un mec hétéro comprenne cette blague » ?
Tout à fait. Et j’ai de la chance, ma carrière à la télévision a vraiment été tout public. Je suis issue de 2 Broke Girls qui vient de l’émission d’Ellen, de Blue Collar TV et de Hot in Cleveland. Ce sont des séries vraiment tout public, donc je visualise assez bien ce que le grand public comprendra et ce qui sera un « 2 % » c’est-à-dire une blague que 98 pourcent des gens ne comprendront pas. Je dirais que de temps en temps, dans la série, il y a des blagues que le public lesbien comprendra bien mieux que le reste des gens. Mais bien entendu, la série ne peut pas s’adresser uniquement à nous. Il faut qu’elle soit destinée à tout le monde. C’est la condition de sa survie.
Il se peut que certaines personnes critiquent la série en disant qu’il n’y a pas assez de lesbiennes. Que répondriez-vous ?
Et bien, je dirais qu’il y en a une pour l’instant et qu’il y en aura une autre dans l’épisode deux et encore une autre dans l’épisode quatre. Je dirais aussi que ce n’est pas une série qui parle de lesbiennes. C’est une série qui traite d’une famille non conventionnelle qui se trouve être composée d’une lesbienne, d’un hétéro et de sa nouvelle copine, vous voyez, une sorte de couple multiracial. Cette série n’est pas The L Word. Effectivement, il y aura d’autres personnages lesbiens, mais ce n’est pas le fil rouge de l’histoire. Je veux rendre notre public fier de nous. Par « notre public », j’entends le public d’Afterellen. Je viens d’Afterellen. Ces personnes sont comme moi et je pense à elles tout le temps quand j’écris et quand on tourne. Bien sûr j’espère que ce public aimera et acceptera mon travail, mais que puis-je y faire ? Je ne peux raconter que ce qui me vient.
Ce qui est génial c’est qu’en tant que lesbiennes nous sommes tellement habituées à chercher des lesbiennes subliminales dans les séries – comme dans Rizzoli & Isles et toutes ces autres séries – qu’on voit du subtext partout. Ici, il n’y a pas de subtext. Tout est vrai, ici c’est du texte tout court ! Mais je crois que parfois lorsque vous faites quelque chose d’ouvertement lesbien, la critique est encore plus dure, tout est passé à la loupe. Tout ce que je peux dire c’est que, pour moi, cette histoire est vraie et que personne ne m’a fait faire des choses que je n’approuvais pas ou que je ne croyais pas vraies vis-à-vis de notre communauté.
J’adore Elisha Cuthbert dans son rôle et comme je l’ai interviewée il y a peu, je sais qu’il y a quelques années elle était une alliée de la communauté LGBT. J’imagine qu’elle n’a eu aucune réserve à jouer un personnage lesbien.
Non, elle était super contente. C’était génial. Je ne sais pas si elle vous l’a dit mais lorsque l’on a discuté du rôle pour la première fois et qu’on le lui a offert en mode « Voilà, on veut que tu joues ça ! » elle a cru qu’on lui offrait le rôle de Prudence : elle était habituée à ne jouer que des bombes, des espèces d’objets sexuels et tout ça. Elle était impressionnée que l’on puisse la voir dans ce rôle, elle en était très contente. Elle n’a jamais été gênée. Elle nous a dit « S’il vous plaît, dites-moi si vous pensez que j’offre une bonne représentation ». Je trouve qu’elle joue vraiment très bien le rôle parce qu’elle l’approche comme une personne. Et en plus, je trouve sa garde-robe fantastique !
Sans en faire trop non plus. Du genre « Ah, il y a une lesbienne, elle doit porter cette tenue ! »
Tout à fait. Parce que c’est moi. Ce n’est pas mon genre de faire ça. En plus, la costumière est une amie, je traîne avec elle, on sort ensemble et elle adore la façon de s’habiller de Rachael. Elle est souvent inspirée par sa façon de s’habiller et elle transpose ça sur Elisha par la suite.
Qu’espérez-vous que les gens retiennent de la série ?
Honnêtement, ma première intention est de faire rire les gens. Je trouverais ça tellement rafraîchissant qu’une série télévisée comique soit très drôle, vraiment drôle. Donc voilà mon objectif principal, mais j’espère aussi que la communauté lesbienne se rendra compte que j’aime vraiment cette série et que j’ai travaillé sans relâche dans le but d’essayer de nous représenter à la télévision. J’ai vraiment cet objectif : vouloir nous représenter davantage à la télé. Lorsqu’Ellen est sortie du placard en 1997, cela a changé ma vie. Je suis sûre que cela a changé la vôtre également. Si d’une certaine façon, quelle qu’elle soit, cette série pouvait aider des gens, alors j’aurais vraiment l’impression de faire quelque chose de bien.
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Lou Morin a écrit un nouvel article, Starting From… Now! : Saison 3 Épisode 06 il y a 11 ans et 1 mois
Kristen enchaine les shots dans un bar et en propose un à une inconnue. Lorsqu’elle se rend aux toilettes pour prendre de la drogue, l’inconnue la suit, lui met un couteau sous la gorge et lui réclame sa drogue et […]
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Lou Morin a écrit un nouvel article, Starting From… Now! : Saison 3 Épisode 05 il y a 11 ans et 1 mois
Au cabinet d’avocats, le patron de Kristen lui explique qu’elle est licenciée. Kristen lui fait donc part de ses réels sentiments sur son travail et ses collègues et quitte le bureau, ses affaires à la main.
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Lou Morin a écrit un nouvel article, Hart of Dixie : Interview de Brandi Burkhardt, l’interprète de Crickett Watts il y a 11 ans et 2 mois
Brandi Burkhardt est surtout connue pour son rôle de Crickett dans Hart of Dixie. Elle y joue une jeune femme attachante, adorable et tout juste sortie du placard et elle apporte une touche d’homosexualité bien nécessaire à la ville de Bluebelle dans l’Alabama. Nous l’avons vue faire son coming-out à toute la communauté lors du renouvellement de ses vœux de mariage avec Stanley, puis elle a accepté son tout premier rendez-vous avec une fille : la tout aussi adorable Jaysene. Maintenant qu’elle fait partie des Belles du sud, qu’elle est out et fière, nous mourons d’envie de voir Crickett avoir un peu d’action dans le domaine sentimental.
Nous avons parlé avec Brandi de son passage en tant que personnage régulier dans Hart of Dixie, de la surprise que Crickett soit lesbienne et du fait – rassurant – qu’il soit possible que son tout nouveau public lesbien ne soit pas déçu par la suite des événements.
Qu’est-ce qui, à la base, vous avait attirée dans le rôle de Crickett ?
À la base ce personnage ne devait apparaître que dans un seul épisode donc j’ai juste passé une audition et je l’ai eue. J’étais très contente parce que c’était une nouvelle série et instinctivement je me suis dit que je pourrais en faire partie parce que l’histoire se déroule dans une toute petite ville, toute mignonne. On sentait que le ton était très agréable, léger mais tout de même réfléchi. J’y suis allée et j’ai eu le rôle. Puis, finalement, l’énergie entre Lemon, Annabeth et Crickett était tellement forte qu’ils ont décidé de garder le personnage sur le long terme.
Vous avez commencé en pensant que vous n’apparaîtriez que dans un épisode et finalement ça a été bien plus. Quand avez-vous su que vous seriez lesbienne ?
C’est marrant parce que lorsque Crickett renouvelait ses vœux à la fin de la saison trois, à ce moment-là, tout ce que je savais c’était que j’allais renouveler ces vœux et essayer des robes de mariage. Ils ont gardé ça top secret.
Vous l’avez appris très tard alors. Vous pensiez que vous alliez renouveler vos vœux avec Stanley ?
C’est sorti de nulle part pour moi, surtout qu’ils jouent un peu avec le fait que Stanley soit probablement gay. J’allais à la réunion de lecture le lendemain et vers minuit je me suis dit « Je ferais quand même mieux de lire la fin du scénario. » Et en tournant les pages j’étais « Quoi ?! Qu’est-ce qui vient de se passer, là ? » C’était marrant. Personne ne l’a vu venir. À un moment, alors qu’on filmait la scène pour la première fois, un membre du casting qui n’avait visiblement pas lu cette partie du scénario a eu une sacrée réaction. C’était très drôle et je me suis dit « C’est aussi ce que j’ai pensé. »
Il devait sûrement y avoir d’autres réactions très sincères de la part des acteurs de la série.
Oui, exactement.
Qu’en avez-vous pensé ? Pensez-vous que ça ira ? Ou bien est-ce complètement hors de propos et pensez-vous que ça ne marchera pas ? Êtes-vous à l’aise avec le fait de jouer une lesbienne ?
Ma plus grande inquiétude a été de me demander comment j’allais jouer ça. Le truc super c’est qu’elle ne change pas. Elle ne se met pas, tout à coup, à porter du rose, des rangers cirées ou quoi que ce soit que l’on associe aux lesbiennes. Le point positif c’est que rien n’a changé, elle sort juste avec des femmes maintenant. C’est pas mal qu’on en soit arrivé là.
C’est ce que j’aime dans son histoire. J’ai toujours été féminine et lorsque j’ai fait mon coming-out je croyais avoir besoin de ressembler à une lesbienne. Donc je suis passée par une phase « rangers » et je n’ai jamais eu l’impression d’être moi. Au final, je suis juste revenue à ce que j’avais toujours été, c’est-à-dire une femme féminine qui sort avec des femmes. Je suis très contente que Crickett ait sauté cette étape que beaucoup de nous avons traversée avant de pouvoir complètement nous accepter.
C’est bien de vous entendre dire ça parce que même en temps qu’hétéro j’essayais de me poser les questions que je me serais posées à la place de Crickett. C’est rassurant de savoir que vous vous êtes posé les mêmes questions, même si nous ne voyons pas Crickett se les poser. Je ne savais pas si j’étais capable de jouer cela aussi bien que quelqu’un l’ayant vécu. Donc, c’est rassurant de vous entendre dire ça.
Pensez-vous que la façon dont vous interprétez Crickett devrait changer ou changera maintenant qu’elle est lesbienne et out ? Hum, je crois que nous avons déjà répondu à cette question. Vous avez dit que vous aviez continué d’être la Crickett que l’on connait, c’est juste qu’elle sort avec des femmes maintenant.
Je n’étais pas sûre que ce soit la chose à faire. À chaque nouvel épisode je me disais « Que se passera-t-il ensuite ? Comment je fais ça ? » Parce qu’encore une fois, je n’ai pas vécu ça. Je ne veux pas mal représenter quelque chose d’aussi important pour les gens. Je n’avais pas prévu de faire ça, c’est en partie dû aux scénaristes et à leur façon d’écrire. J’essayais de faire attention et de m’appliquer, donc chaque épisode représentait une nouvelle opportunité de représentation. Au fur et à mesure que la saison progressait je commençais à me dire « Je comprends ce qu’il se passe. » C’est facile de dire tout ça maintenant, mais sur le moment je me disais « Hum, comment est-ce que tout ça est censé arriver ? » Au final, j’ai juste joué une personne amoureuse d’une autre personne.
Les personnes LGBT ont tendance à être très loyales envers les acteurs et actrices qui jouent des rôles gays. Que pensez-vous du fait de potentiellement avoir une base de fans lesbiennes à vie ?
Et bien, c’est super !
C’est tout nous, ça. Vous jouez un rôle homo une fois et on va probablement être intéressées par tous vos projets et vous suivre partout juste parce que vous avez joué Crickett.
Génial. Je suis allée à Broadway et je sais que les gens recherchent ce genre de fans dans chaque média. Je suis flattée et enchantée.
Avez-vous eu des retours négatifs de la part des téléspectateurs depuis le coming-out de Crickett ?
Non, d’ailleurs ça m’a surprise. Je vis à Los Angeles et j’ai vécu à New York donc je ne suis pas trop confrontée à la discrimination. Ça ne m’a pas surprise. En fait, je n’y avais pas pensé avant que vous ne me le demandiez. Dieu merci je n’ai eu aucun mauvais retour. Je n’aurais pas été préparée à en recevoir.
Vous avez très bien su représenter ce que peut être la vie à la sortie du placard pour certaines d’entre nous. À qui ou quoi devez-vous cette facilité à jouer cela ? Est-ce que ça vous est venu naturellement, avez-vous fait des recherches ou bien avez-vous utilisé l’expérience de quelqu’un d’autre ?
En fait, je me suis dit « Qu’est-ce que je ferais dans cette situation ? » Et comme je ne savais pas ce que je ferais, c’était sympa de découvrir cela avec elle. Je ne savais pas à quoi tout cela ressemblerait avant la fin de la saison. Maintenant je peux avoir une vision d’ensemble. J’ai essayé de franchir les étapes comme n’importe qui l’aurait fait en faisant son coming-out dans une petite ville telle que celle-ci. À un moment je fais remarquer qu’elle a peu de possibilités de rendez-vous.
Oui, j’ai adoré ce moment. C’était très marrant !
C’est genre : « Waouh, Dieu merci on a une sapeur-pompier ! » Elle ne sait pas encore ce qu’elle fait, elle essaie juste de trouver des réponses. Je crois que c’est ce qui est marrant justement : voir ce côté maladroit, la voir passer par toutes ces émotions et s’en sortir, finalement, avec une bonne relation.
Je suppose que c’est plus logique de découvrir cela en même temps qu’elle, c’est plus sincère. C’est la première fois pour Crickett mais aussi pour vous, donc vous vivez ça comme elle plutôt que d’essayer de représenter ça de la meilleure manière qui soit ou de faire comme tout le monde. En pratique, c’est différent pour tout le monde.
C’est sympa parce que je n’avais vraiment aucune arrière-pensée. J’essayais juste d’être vraie et de faire attention à ce que je jouais. Je n’essayais pas de raconter ma propre histoire, j’essayais juste d’être authentique.
Chaque semaine on espère voir son rendez-vous. Dans l’épisode de la semaine dernière elle allait vous emmener dans un bar gay et vous parliez de la tenue que vous alliez porter. C’est une impatience que nous avons toutes ressentie à un moment ou à un autre.
Oui, tout à fait. J’aurais aimé qu’on puisse voir ce moment. Ça aurait été très drôle. On la verra faire pas mal d’autres choses, ne vous inquiétez pas.
Pouvez-vous nous parler de ce qu’il va se passer entre Crickett et Jaysene ?
Allumez la télé vendredi soir ! Mais en tout cas, le côté lesbien est bien présent !
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Lou Morin a écrit un nouvel article, Une vidéo de promotion et des bêtisiers pour la saison 4 de Starting From… Now! il y a 11 ans et 2 mois
Il y a quelques semaines, afin d’aider à financer la quatrième saison de la websérie australienne Starting From… Now!, les dons avaient été ouverts directement sur le site Internet de la websérie.
La semaine […] -
Lou Morin a écrit un nouvel article, Starting From… Now! : Saison 3 Épisode 04 il y a 11 ans et 2 mois
Kristen se rend chez Emily pour s’excuser et l’invite à aller boire un verre pour se faire pardonner.
Darcy rentre chez elle un bouquet de fleurs à la main et découvre Steph en train de cuisiner le repas du soir. […] -
Lou Morin a écrit un nouvel article, Starting From… Now! : Saison 3 Épisode 03 il y a 11 ans et 2 mois
Alors qu’elle rentre chez elle, Darcy reçoit un appel : sa mère a fait une crise cardiaque. Steph lui propose d’aller la voir mais Darcy refuse : elle a coupé les ponts depuis bien trop longtemps. Steph décide alors de ne pas aller travailler pour soutenir Darcy, mais cette dernière lui dit que tout va bien et qu’elle l’appellera si besoin est.
Ne réussissant pas à réellement s’occuper, Darcy appelle Jackie pour aller boire quelques verres. Les shots s’enchaînent, les heures passent et Darcy refuse un appel de Steph. Au moment de rentrer chez elle, Darcy refuse l’invitation à danser de Jackie et évite le baiser qui se profilait entre elles.
En arrivant à l’appartement, Darcy voit Steph, assise à la table, qui l’attend. Alors que Darcy dit juste avoir passé une bonne soirée en compagnie d’une amie, Steph la mitraille de questions. Darcy lui fait remarquer que toute cette jalousie n’a pas lieu d’être, Steph lui rétorque alors que qui a trompé, trompera… -
Lou Morin a écrit un nouvel article, Survivor’s Remorse : Interview d’Erica Ash, l’interprète de Mary Charles « M-Chuck » Calloway il y a 11 ans et 2 mois
Erica Ash est une habituée de la comédie grâce à ses rôles réguliers dans Mad TV et The Big Gay Sketch Show. Elle a maintenant la chance de mettre en avant ses talents d’actrice dramatique en interprétant M-Chuck dans Survivor’s Remorse, une série amusante mais également réconfortante. Cette actrice et chanteuse talentueuse a discuté avec Afterellen du passé de M-Chuck et des espoirs quant à son futur romantique.
Qu’est-ce qui vous a attiré dans le rôle de M-Chuck ?
Pour être honnête, j’étais attirée par la série plus que par le personnage lui-même. À la base, j’avais auditionné pour le rôle de Missy. Ils m’avaient envoyé le scénario et la description de Missy une semaine avant l’audition. Puis, dans la soirée précédant l’audition, ils m’ont envoyé les papiers du personnage de M-Chuck en me disant « Oh, tiens au fait, travaille ce personnage également ». J’ai lu le rôle de M-Chuck mais je n’avais pas le temps de me mettre dans sa peau, de le travailler autant que celui de Missy. Lorsque je suis entrée dans la salle, j’ai passé l’audition pour Missy et ai joué un peu de M-Chuck. Donc, bien sûr, je suis sortie en me disant que j’avais cartonné pour Missy. Je pensais être Missy, point barre. Deux-trois mois plus tard, mon agent m’a appelée et m’a dit qu’ils voulaient me prendre à l’essai pour le rôle de M-Chuck. J’en suis restée comme deux ronds de flan. Puis je me suis remise au travail, j’ai relu le scénario et ai travaillé le personnage de M-Chuck.
J’aime ce personnage parce qu’elle est dure sans être stéréotypée, je ne trouve pas qu’elle soit stéréotypée de quelque façon que ce soit. Elle est assez agressive dans ses relations tout simplement parce qu’elle est agressive dans la vie. C’est ce qu’elle est. J’apprécie aussi qu’elle ne paraisse pas trop effrayée. Cette absence de peur, mélangée à sa naïveté, montre qu’elle ne laisse pas les circonstances, l’endroit où elle se trouve ou l’argent que sa famille gagne désormais changer qui elle est vraiment. Elle est imposante, culottée et elle dit ce qu’elle pense. Elle dit les choses telles qu’elles sont et elle est grossière. Et puis, elle aime les filles, et voilà. Elle a les pieds sur terre, voilà qui elle est.
C’est intéressant que vous ayez auditionné pour le rôle de Missy. Maintenant que j’ai vu la série, je ne peux imaginer d’autres acteurs dans ces rôles. On dirait que le rôle était écrit pour vous. J’essaye d’imaginer à quel point la série serait différente si vous étiez Missy.
Je ne crois pas que ce serait la même série. Je ne pense pas. J’ai discuté de ça avec Teyonah [ndlt : Teyonah Parris, l’interprète de Missy]. Je ne peux imaginer personne d’autre dans le rôle de Missy, je n’y arrive pas. Et je ne peux sûrement pas imaginer quelqu’un d’autre dans le rôle de M-Chuck. Elle est à moi !
Apparemment vous avez dit que, comme la plupart des acteurs, vous mettiez un peu de vous dans tous vos rôles. Par exemple, le comique est quelque chose qui vous vient naturellement de par votre éducation et votre relation avec vos frères et sœurs ; vous ne pouvez donc pas vous empêcher d’apporter une petite touche comique à vos rôles. Qu’est-ce qui, dans votre vie personnelle ou dans votre personnalité, vous sert d’inspiration pour le rôle de M-Chuck ?
Sans aucun doute la diarrhée verbale. Je dis souvent tout haut des choses que les autres pensent tout bas. Alors les regards se tournent vers moi : « Vraiment ? T’as vraiment dis ça ? » Quand j’étais petite, ma mère me lançait toujours des regards furibonds, « Tais-toi ! Tout de suite ! » Je me dis qu’on le pense tous, alors pourquoi ne pas le dire ? C’est différent de l’humour parce que parfois ce que l’on dit n’est pas drôle du tout. Parfois on met en lumière une vérité que les autres ne sont pas près à voir. Ou alors vous révélez des choses que les gens essayent de cacher. Ce n’est pas malveillant du tout, on se demande juste pourquoi personne n’en parle. Pourquoi personne ne dit rien ? Je préfère que les choses soient dites clairement.
M-Chuck vient juste d’être nommée à la tête des relations publiques, et avec son franc-parler je pense que le potentiel comique de la série va monter en flèche. Quels genres de problèmes à mourir de rire pouvons-nous envisager pour M-Chuck ?
Je crois qu’elle va surtout poser problème à Reggie. Il va devoir limiter les dégâts. Tout du moins au début. Je crois que ça lui sera profitable d’avoir Missy à ses côtés pour qu’elle lui apprenne les bonnes manières – parce qu’il est clair que Missy est la meilleure de la famille sur ce sujet. Je sais que M-Chuck fera son maximum mais sa façon de faire n’est pas des plus traditionnelles, politiquement correctes ou même légales, comme on peut le voir dans l’épisode trois. Elle doit trouver un équilibre entre la solution M-Chuck – qui ne tient pas compte de ce qui est bien ou mal – et l’obéissance aux règles, à la réglementation, qui lui seront rappelées par Reggie ou Missy. Ce sera marrant. Je suis un peu nerveuse à l’idée que les spectateurs me suivent dans ces péripéties.
On dit souvent que M-Chuck est grossière, insensible et dure, mais ce que j’aime vraiment chez elle, ce qui m’a fait tomber amoureuse d’elle, c’est qu’elle semble être aussi tendre que dure. Elle a un côté vulnérable qui se dévoile petit à petit. Pourriez-vous nous parler de cela ? Quels sont les côtés tendres et vulnérables de M-Chuck que vous essayez de faire ressortir ?
Elle a une tendresse particulière pour sa famille, tout comme moi pour la mienne dans la vraie vie, et je crois que l’on développe de plus en plus ses petits faibles au fur à et mesure des épisodes. Ça fait partie des choses que j’aime voir dans le développement de ce personnage. J’aimerais montrer davantage sa vulnérabilité, sa tendresse et ses petits faibles. Je crois que sa dureté a été bien mise en avant dans cette saison. Non pas que vous ne la verrez plus par la suite, ça reste une grande part de qui elle est, c’est une grande part de qui elle a toujours dû être. Mais je crois que cette vulnérabilité et cette tendresse lui permettraient de s’approprier un public plus large.
Peut-être qu’elle comprendra que les raisons pour lesquelles elle se devait d’être aussi dure n’ont plus lieu d’être maintenant, et qu’elle peut se laisser aller à son côté plus vulnérable. Je crois que c’est dans ce sens-là que j’aimerais voir évoluer ce personnage. Je pense que M-Chuck peut aussi être vulnérable en amour. Elle joue la dragueuse invétérée parce qu’elle n’a pas encore trouvé la bonne personne. Et si elle la trouvait ? Si elle trouvait la bonne personne, vous verriez peut-être une autre facette de M-Chuck.
D’ailleurs, dans la famille de M-Chuck sa sexualité n’est jamais en question, jamais un problème, ça fait partie des choses rafraîchissantes de cette série. Elle est lesbienne. Sa famille l’aime. Point. J’adore quand, dans l’épisode quatre, Cam défend M-Chuck et essaye de lui trouver une place dans l’église pour qu’elle puisse être elle-même. Pourtant la série aborde des sujets importants comme la discrimination ou le croisement entre spiritualité et sexualité, mais cela vient de l’extérieur de la famille.
Je trouve cela vraiment important. Je trouve ça super qu’on soit une famille noire. Parce que venant moi-même d’une région du sud des États-Unis regroupant de nombreux chrétiens fondamentalistes, je sais que cela peut-être difficile au sein de la communauté noire. Vous savez, que tout le monde dans la famille soit si ouvert que personne n’en parle jamais. Ça peut être particulièrement dur dans une église noire. J’en avais parlé avec les scénaristes lors de l’une de nos premières réunions. En tant que fille de deux pasteurs, je leur ai dit « Il faut que nous parlions des églises ».
D’ailleurs, pour votre gouverne, dans l’épisode quatre à la base nous avions beaucoup de figurants. Au final, dans les scènes d’église il y a peut-être la moitié ou les trois-quarts des figurants présents au départ. Certaines personnes sont parties parce qu’elles n’approuvaient pas le contenu de l’épisode et n’aimaient pas le sujet. Elles ne voulaient pas faire partie de ça. Je crois que ça veut tout dire.
Ça en dit beaucoup effectivement. Et ça fait écho à la fin de l’épisode : il y aurait pu avoir une fin heureuse quand le pasteur réalise ses erreurs et change la façon de faire de l’église, mais ça n’aurait pas reflété la réalité. Merci aux scénaristes de ne pas avoir choisi la facilité.
Je crois que la série fait beaucoup ça, on ne choisit pas la solution de facilité. Mike O’Malley a tout le mérite, c’est lui qui fait tout ça.
Une autre chose que j’aime dans l’écriture de la série : la complexité des personnages. M-Chuck est clairement très profonde.
Elle est aussi très intelligente. J’aimerais que gens voient à quel point elle est intelligente. Ne vous laissez pas avoir par son langage vernaculaire. Elle a la tête bien pleine.
Oui, on le voit au fur et à mesure de la saison. On a l’impression que tous les personnages sont plus complexes que ce que l’on croyait au début. Je dois admettre qu’au début je la trouvais très caricaturale, une sorte de coureuse de jupons juste là pour coucher avec tout le monde. Puis, j’ai réalisé qu’elle était bien plus que ça. Donc, je me demandais…
Est-ce qu’en fait je pourrais vous parler de ça ?
Oui, bien sûr. J’allais justement vous demander de le faire.
Je n’ai jamais eu l’occasion d’en parler dans aucune des interviews que j’ai pu faire, et je crois que c’est quelque chose d’important. Je crois que, parfois, lorsque quelqu’un possède une caractéristique qui n’est pas globalement acceptée, nous avons tendance à ne pas nous intéresser à cette personne. Donc il a fallu que je m’interroge sur ce qu’avait dû être la vie de M-Chuck : elle a grandi dans un quartier sensible en devant faire avec des mecs très intéressés par elle alors qu’elle était intéressée par les filles. Ça n’a pas dû être du gâteau pour elle. À un moment, elle a bien dû avoir affaire à un abruti de Dorchester projects qui a dû se sentir méprisé parce qu’il ne pouvait pas sortir avec elle. Peut-être même qu’il a cherché à se venger. Peut-être que pour détourner l’attention d’elle, elle a dû rejoindre les bandes de garçons. Du coup, ils se sont probablement tous concentrés sur les filles [qu’ils couraient]. Du genre « Eh, ne vous moquez pas de moi, je suis des vôtres, les mecs ! » Peut-être était-ce un mécanisme de défense pour elle ? Et finalement c’est un peu ce qu’elle est devenue. Est-ce logique ?
Oui, tout à fait. Merci d’avoir anticipé ma question.
Et c’est ce que je voulais dire quand je parlais d’aller de l’avant : une fois qu’elle aura réalisé qu’elle n’est plus dans cette situation, elle n’aura plus à se protéger ou à détourner l’attention de qui elle est, peut-être qu’alors elle pourra se montrer plus vulnérable, et aussi plus vulnérable en amour.
Pouvez-vous nous donner quelques indices sur ce qu’il va se passer dans le dernier épisode ou peut-être nous donner une petite idée de ce à quoi l’on peut s’attendre dans la seconde saison vis-à-vis des relations amoureuses de M-Chuck ?
Malheureusement, je ne peux pas parce que je suis aussi curieuse que vous. Je me réjouis de ce qu’il va se passer. Il y aura d’autres filles dans cette saison, mais quant à savoir quelles relations seront secondaires et qui reviendra dans sa vie, ça je vais devoir le garder secret.
Interview Originale sur le site Afterellen.com -
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Après le départ de Darcy, Kristen enchaîne l’alcool, la drogue et les histoires d’un soir avec des inconnues rencontrées dans les bars.
Emily, elle, passe ses soirées avec ses amies mais se sent seule et ignore les appels de Bec.
De son côté, Darcy a emménagé avec Steph et continue d’écrire, mais la situation n’est pas aussi idéale que ce qu’elle avait espéré : Steph travaille de nuit et les placards sont vides. Lorsque Darcy confie à Steph qu’elle lui manque et qu’elle aimerait passer la soirée avec elle, Steph lui rappelle qu’elles ne peuvent pas se le permettre d’un point de vue financier.
À la sortie d’un bar avec ses amies, Emily aperçoit Kristen totalement ivre, allongée sur un canapé. Elle décide alors de prendre ses clés et de la ramener chez elle. Lorsque Emily la pose sur son lit, Kristen lui vomit dessus, rit et s’endort. -
Lou Morin a écrit un nouvel article, Around the Block : Interview de la réalisatrice et scénariste Sarah Spillane il y a 11 ans et 2 mois
Ce soir, le nouveau drame de la réalisatrice australienne gay et out, Sarah Spillane, fait sa première à Los Angeles. Dans ce film australien, Christina Ricci interprète une enseignante américaine ayant emménagé avec son petit-ami à Redfern, un quartier pauvre de Sydney en grande majorité aborigène. Le personnage de Ricci, Dino, tourne ses étudiants vers la production de la pièce de théâtre Hamlet, espérant les motiver et les éloigner du monde criminel, pauvre et raciste dans lequel ils vivent. Entre-temps elle se rend compte qu’elle-même vit dans le mensonge et part fréquemment espionner son ex-petite amie, Kate (Andrea Demetriades), par la fenêtre du restaurant dans lequel celle-ci travaille. Ruby Rose fait une apparition dans le film en tant que patronne d’un bar lesbien dans lequel Dino se rend. Leur scène d’amour de plusieurs minutes est d’ailleurs le seul contenu sexuel d’Around the Block.
Nous avons parlé avec Sarah de la réalisation de cette scène, de son inspiration pour ce film et de ce qu’elle a pensé de La Vie d’Adèle.
Vous avez écrit le scénario d’Around the Block. Pouvez-vous nous parler de votre inspiration pour l’histoire ?
Je suis une très grande lectrice de philosophie. J’ai écrit le scénario il y a des années et j’étais très intéressée par le concept d’existentialisme ou de liberté existentielle. En gros, on s’interroge : sommes-nous, en tant qu’individus, avons-nous la faculté d’être libres, de réellement faire les choix qui détermineront notre vie, en dépit de notre passé, notre religion, notre sexualité et de toutes les choses qui semblent nous définir ?
Vous voyez, l’idée m’est aussi venue parce que je vivais à Redfern à l’époque – c’est là que le film se passe – et que j’étais entourée par la communauté aborigène, qui est une communauté assez désavantagée économiquement et socialement parlant. Mes amis et les gens avec qui je vivais dans ce quartier étaient encore plus loin de ce concept de liberté individuelle que ce que j’imaginais. C’est donc devenu une toile de fond parfaite pour examiner ce problème.
Et puis, évidemment, il y a une espèce de relation entre le personnage qu’interprète Christina Ricci et moi-même. Il se trouve que j’ai enseigné à Redfern donc j’ai vraiment pu faire le parallèle entre son histoire et la mienne et comprendre les questions sociales qui l’empêchaient d’être libre. Du coup, le film est devenu une espèce d’examen de la vérité, de ce que l’on attend d’elle et de la façon dont elle se libère de ces attentes.
Il devient évident que Dino, bien qu’étant avec un homme, est amoureuse d’une femme et semble, sexuellement parlant, plus intéressée par les femmes. Que pouvez-vous nous dire là-dessus ?
Encore une fois, Dino subit ses propres changements existentiels et cela lui permet de trouver un moyen d’être honnête envers elle-même et envers ce qu’elle est. Ce que suggère le passé de Dino c’est que cette femme, Kate, est son véritable amour et qu’elle est complètement et éperdument amoureuse de cette femme. Mais à un moment donné, elle a choisi de mettre fin à cette relation et de suivre une vie conventionnelle : se marier à un blanc de classe moyenne ; ils parlent même d’acheter une maison, ils parlent d’aboutissement. Elle a un mode de vie très conventionnel. Elle arrive à un point où elle s’inspire de ce qu’elle enseigne à ces jeunes, elle en arrive au point de dire « Vous savez quoi ? Je suis hypocrite. Il faut que j’accepte qui je suis, et cela signifie aussi être honnête envers la personne que j’aime », qui est une femme, Kate.
Comment en êtes-vous venue à choisir Christina Ricci ?
Lorsque j’ai écrit le scénario je savais que je voulais une étrangère dans le rôle principal. Quand je dis « étrangère », je veux dire non-australienne. Il était très important que ce personnage puisse aborder l’histoire et cette communauté sans passif, qu’il puisse avoir une espèce de regard nouveau et presque une espèce d’idéalisation. J’ai alors tout de suite commencé à envisager des actrices américaines, et Christina est une actrice que j’admire énormément. Elle s’investit réellement dans ses rôles et ils sont tous toujours intéressants et différents les uns des autres. Chaque rôle qu’elle joue est différent du précédent. En plus, elle a un petit quelque chose qui permet de faire croire qu’elle ait pu vivre à Redfern. Il y a d’autres actrices que j’admire, mais je n’arrivais pas à les visualiser dans une école d’un quartier pauvre de Sydney. Christina était juste parfaite en ce sens et j’étais aux anges quand elle a accepté. Je travaillais ici, sur un autre projet. Je ne suis pas installée à Los Angeles mais j’y vis depuis les cinq dernières années.
Nous nous sommes posées et avons parlé. Elle avait quelques questions. Nous voulions toutes deux être sûres que l’on était sur la même longueur d’onde, que l’on voyait l’histoire et le personnage de la même façon. Elle était carrément d’accord et j’étais aux anges.
Et Ruby Rose ?
Ruby Rose et moi sommes amies depuis très longtemps maintenant. Nous sommes de bonnes amies et nous avons collaboré sur deux-trois projets, pas forcément des longs-métrages mais d’autres projets. J’ai en quelque sorte écrit ce rôle pour Ruby parce que… je l’admire tellement et à mon avis nous n’avons vu qu’une infime partie de ce dont elle est capable. Elle s’intéresse vraiment à la comédie, même si elle est beaucoup plus connue comme présentatrice ou personnalité. Elle avance à pas de fourmis, il ne faut pas mettre quelqu’un de déjà très médiatisé dans un rôle principal. Il faut créer un rôle qui soit vrai et authentique, mais qui lui donne aussi un aperçu de ce qu’est le drame. Donc je lui ai écrit ça et elle était super contente de travailler si intimement avec Christina.
« Voilà ton premier film. Et maintenant, tu couches avec Christina Ricci ! »
[Rires] Ce n’est pas un mauvais départ pour une carrière, hein ?
Je n’avais jamais réalisé une scène telle que celle-là auparavant. Pour être honnête, c’était le truc le plus stressant du film, parce que toute l’histoire est assez personnelle mais cette séquence était… Je savais exactement ce que je voulais, mais d’un côté on travaillait avec Christina, qui est une actrice très expérimentée et hétéro, et de l’autre côté on avait Ruby qui n’a pas beaucoup d’expérience mais qui est gay. Donc, pour être franche, j’avais un peu peur de faire cette scène. Au final, ce qu’on a fait c’est que j’ai parlé à Christina et Ruby individuellement. On a eu une petite répétition avant le tournage juste pour éviter tout moment gênant et pour leur expliquer toute la scène de façon très technique. Du genre « Ok, il y a ces trois points en particulier que je veux appuyer ». C’est pour ça que lorsque Christina entre dans la pièce, il y a toujours cette espèce de résistance, et à partir du moment où elle se retourne vers Ruby et s’engage réellement, cela devient incroyablement sensuel, passionné et, encore une fois, très authentique quant à la raison pour laquelle Dino veut être avec cette femme. Je voulais vraiment que cette sensualité féminine se voie.
En réalité, on s’est beaucoup amusées, c’était un plateau fermé et on avait viré tous les mecs de la salle. On était juste toutes les trois sur notre beau plateau et l’on s’est vraiment amusées. Quand l’équipe est rentrée tout était très professionnel et même très technique pour que l’on obtienne le type d’action que l’on voulait et quand on a commencé à lancer la machine, Christina et Ruby y sont vraiment allées à fond, sans mauvais jeu de mots, et c’était plutôt sexy.
Avez-vous vu La Vie d’Adèle ?
Oui.
Je me demandais, en tant que réalisatrice lesbienne tournant une scène de sexe lesbien, que pensez-vous des scènes de sexe dans ce film, réalisé par un homme hétéro ?
Écoutez, j’admire vraiment ce film, je l’ai vraiment beaucoup aimé. Je sais qu’il y a eu une espèce de controverse autour de ces scènes de sexe. Pour ma part, je les ai trouvées très authentiques. Je ne vais pas trop entrer dans les détails mais il a sans aucun doute dû parler à beaucoup de femmes gays et faire ses propres recherches. De même pour les actrices. Le sexe c’est du sexe, n’est-ce pas ? Nous avons tous notre propre style et nous savons tous ce que nous aimons. Ces actrices ont trouvé leur vérité et il faut qu’il y ait une sorte de connexion et d’alchimie entre les acteurs dans ces scènes. Je crois que le tout est de travailler avec ce qui est vrai et ce qui existe. Je ne connais pas personnellement le réalisateur de La Vie d’Adèle, mais j’ai l’impression qu’il a créé la chose la plus importante qui existe sur un plateau, et c’est aussi valable pour Around the Block, à savoir : un environnement sécurisant pour que les acteurs puissent trouver l’authenticité de ces moments. Il a dû faire ça vraiment très bien pour réaliser ces performances.
En tant que réalisatrice out, pensez-vous que tous vos projets auront des aspects LGBT ou cela variera-t-il selon l’histoire ?
C’est selon l’histoire. J’ai vraiment hâte : mon prochain projet est de beaucoup beaucoup plus grande ampleur que celui-ci et il n’y a pas particulièrement de personnage gay. Mais en même temps, je suis toujours attirée par les outsiders. Qu’ils soient outsiders à cause de leur sexualité, d’une persécution quelconque ou d’une discrimination due au genre, à la race ou à la religion, peu importe. Je suppose qu’on en revient à cette question de liberté existentielle : peut-on surmonter les obstacles qui nous entourent ?
Interview Originale sur le site Afterellen.com -
Lou Morin a écrit un nouvel article, I Luv U But… : Épisode 7 – Did You Have to Get Married Cuz? il y a 11 ans et 3 mois
Sam reçoit son cousin gay chez lui. Les deux jeunes hommes discutent de leurs prochaines sorties, du mariage de Sam et de sa lune de miel. Celui-ci affirme aimer être marié : il s’entend bien avec Mouna, sa fe […]

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Lou Morin a écrit un nouvel article, The Duke of Burgundy : Interview du réalisateur et scénariste, Peter Strickland il y a 11 ans et 3 mois
Commençons par une petite digression. Il y a bientôt six ans, j’étais au Fantastic Fest d’Austin où Jess Franco, le réalisateur phare de l’exploitation sexuelle, a reçu tous les honneurs du festival. Il était accompagné de Lina Romay, son premier rôle féminin depuis presque trente ans et à qui il s’était marié un an seulement avant le festival de 2008. Leur lune de miel n’était clairement pas terminée au vu de la passion qui se dégageait de leurs regards. Vous pouvez même sentir cette passion à travers la façon que Franco avait de filmer Romay lorsqu’elle faisait des choses pas très catholiques dans des films tels que La Comtesse Noire ou Les Expériences Érotiques de Frankenstein.
The Duke of Burgundy de Peter Strickland m’a fait penser à ça, non pas qu’il soit un hommage aux escapades sexuelles de Franco, malgré sa nette influence, mais plutôt dans sa façon de narrer une vraie romance plutôt que d’en raconter ses origines. Un peu comme Berberian Sound Studio, le précédent film de Strickland, s’était inspiré du genre du giallo mais explorait une facette différente de l’horreur.
Je vous raconte ça puisque ce serait un crime de vous raconter plus en détail l’histoire de The Duke of Burgundy. Strickland y évoque de manière diabolique et intelligente l’exploration de l’amour et de toutes ses complications à travers l’histoire de Cynthia (Sidse Babett Knudsen) et Evelyn (Chiara D’Anna), deux flâneuses qui vivent dans une villa européenne à l’abri des regards et passent leur temps à s’occuper d’une collection de papillons rares et à prendre soin l’une de l’autre. Se prélassant dans la décadence et le paradoxe des productions softs à petit budget des années soixante et soixante-dix, lorsque les réalisateurs et producteurs aspiraient à une excitation différente, le film parodie à la perfection la nature ridicule des films d’exploitation sexuelle tout en accomplissant ce qu’ils ne pouvaient faire en se prenant au sérieux : il évoque la passion au lieu de se contenter de scènes d’amour gratuites.
Après sa première au AFI Fest de Los Angeles en automne, Strickland m’a parlé du fait de dépasser ses influences, de pourquoi il est préférable d’être aussi extrême que possible dans l’écriture d’un scénario et de la découverte qu’il n’est pas forcément nécessaire de souffrir pour faire de l’art, même en réalisant un film sur le sadomasochisme.
Au début tous vos films semblent appartenir à un certain genre, à une certaine époque, puis ils évoluent vers quelque chose de totalement différent. Avez-vous besoin d’un point de référence pour créer vos films ?
C’est une bonne question parce que c’est vrai que c’est quelque chose que j’ai fait pour mes trois films, mais pour celui-ci, pour une fois je voulais mettre ça de côté et voir si je pouvais ignorer mes références. Je ne veux pas juste faire ce genre de films, puis celui-ci, celui-là. Je veux essayer de mettre ça de côté et voir ce qu’il se passe. Dieu seul connait le résultat, mais je veux essayer.
Lorsque vous avez décidé de vous attaquer à l’exploitation sexuelle, est-ce qu’une histoire d’amour vous est naturellement apparue ?
Ce que j’aime dans [le genre de l’exploitation sexuelle] c’est que les films ne sont quasiment pas connus du grand public, ou alors ils sont connus et ont mauvaise réputation, sont méprisés. Ce n’est pas à cause de la violence, on peut toujours trouver de la violence n’importe où, mais c’est juste que le sexe est toujours un peu honteux au cinéma, donc ces films sont mis dans un coin. Ce qui est intéressant dans le genre de l’exploitation sexuelle c’est, qu’à mon avis, les producteurs – Radley Metzger, Just Jaeckin, etc. – ne s’intéressent qu’au sexe. Ils s’emballent et vous avez six, sept, huit scènes [de sexe] sans qu’ils ne se préoccupent du reste, ils se fichent du reste. C’est ce que j’ai trouvé intéressant. Les [réalisateurs] peuvent faire ce qu’ils veulent ; ou alors peut-être qu’ils ne font pas attention et qu’on leur fait tout le boulot, ce qui est très intéressant également. Dans le fond, on peut vraiment s’en inspirer.
[Jess] Franco a fait des films très mauvais. Je ne vais pas les défendre, surtout pas les films de prisons, mais les trucs du début des années soixante-dix sont vraiment poétiques. Je ne sais pas si c’est intentionnel ou non mais il a vraiment trouvé quelque chose d’unique que je n’ai vu nulle part ailleurs. Mon film n’a rien à voir avec Franco. Tout a commencé en prenant quelques éléments évidents : le sadomasochisme, les lesbiennes et quelques trucs fantastiques, puis j’ai placé ces éléments dans un contexte très domestique. Je voulais que ce soit un film très tendre, sur l’amour. J’espère que je ne pousse pas le public à croire que ça devient de plus en plus noir au fur et à mesure du film. C’est noir parfois, mais cela a toujours à voir avec le consentement et la tendresse. Quand est-ce que l’intimidation s’installe ? Vous persuadez quelqu’un de faire quelque chose qu’il ne veut pas, par exemple — même si cela peut paraître un peu extrême — l’urine ou toute autre chose que l’un des deux partenaires trouve répugnantes. Il ne veut pas le faire, mais il le fait, et bien souvent il ne le fait même pas sous la contrainte. Il est dans la nature humaine de faire des choses que l’on n’apprécie pas pour quelqu’un d’autre, juste pour ce bonheur par procuration : vous voulez que l’autre soit heureux. Mais qu’en est-il lorsque l’échange est à sens unique ? C’est cela qui m’intéresse. Si les deux [partenaires] entraient dans le jeu, cela ne m’intéresserait pas autant.
En réalité, vous ne nous en dites pas trop sur l’histoire de la relation entre Cynthia et Evelyn, ce qui est plutôt rafraîchissant, mais avez-vous pensé à le faire ?
Je ne voulais pas qu’il y ait un quelconque passé psychologique sur les raisons des désirs de Cynthia. Dans beaucoup de ces films, lorsqu’un personnage a des besoins sexuels non conventionnels cela remonte toujours à son enfance ou quelque chose du genre. Ce n’est pas pertinent, je m’en fiche de ces raisons. Entrons dans le vif du sujet, ce sont les dynamiques qui m’intéressent. Ce n’est pas un film sur le pourquoi du comment du film. [Elles ont] des besoins différents, et parce qu’elles s’aiment, elles traversent beaucoup de choses.
Vous avez travaillé précédemment avec Chiara dans Berberian Sound Studio, mais Sidse est nouvelle dans l’équipe. Est-ce que vous avez fait des tests d’alchimie pour trouver ce couple ?
Oui, nous avons fait des lectures pour évaluer l’alchimie qui se dégageait entre les actrices. Nous nous sommes tous rassemblés. Chiara était là dès le début alors que Sidse est arrivée assez tard : Shaheen Bake, notre directrice de casting, me l’avait recommandée et lorsqu’elle me dit que quelqu’un est bon, je la crois sur parole. C’est difficile de trouver des quadragénaires partants pour retirer leurs vêtements. C’était un gros risque pour elle, tout particulièrement après avoir fait Borgen, une femme au pouvoir où elle a acquis une certaine image. Tout à coup, elle passe de première Ministre danoise à ces jeux bizarres. Elle a été très courageuse en faisant ça. Elle a énormément en elle et elle peut exprimer tout son potentiel sans dire un mot. Cela prend du temps de trouver la bonne personne, particulièrement une fois les quarante ans passés.
Vous avez dit que le scénario de base était plus extrême que celui que vous avez tourné afin de pouvoir retirer certains passages. En quoi est-ce utile ?
C’est juste un truc pas mal à faire avec les acteurs. Il n’y a rien de pire pour un acteur qu’un réalisateur lui disant [nonchalamment] « Tiens, est-ce que tu pourrais enlever ton pantalon ? ». C’est toujours mieux pour eux que ce soit moins pire que ce qu’ils s’étaient imaginé. J’essaye toujours de rendre ça plus impressionnant sur le papier, comme ça, au pire, [je peux leur dire] « Eh, c’est dans le scénario, tu l’as lu », et puis, quand je les rencontre ça m’évite d’avoir à poser des questions gênantes. Nous n’avons pas besoin d’en parler. S’ils disent oui, il est clair pour eux qu’ils feront ce qui est écrit dans le scénario.
C’est peut-être un raccourci facile, mais après avoir travaillé si en détail sur la bande-son de votre dernier film, Berberian Sound Studio, vous êtes-vous donné comme objectif d’explorer davantage l’aspect visuel avec The Duke of Burgundy ?
Oui, je crois que le son est vraiment passé au second plan dans ce film-ci. On en a pris soin, bien entendu, mais nous n’avons pas concentré tous nos efforts dessus. Dans Berberian Sound Studio, nous nous sommes vraiment éclatés avec le son, mais [là] nous avions l’impression que ça aurait été contre-productif. Ça aurait retenu l’attention, ça aurait été gratuit. Il y a deux-trois scènes qui justifient l’utilisation de son, notamment les moments d’anxiété et de frustration avec les papillons de nuit qui paniquent, mais globalement nous voulions installer une ambiance sonore assez stérile, assez sensuelle et tactile. Le gros de notre travail a consisté à enlever le son et donner de l’espace au film pour qu’il puisse respirer. Je ne voulais pas que les gens soient distraits par le son.
Visuellement il y a plus de choses parce qu’il y a davantage de lieux. Dans Berberian Sound Studio, il n’y avait qu’une seule pièce, en gros. On se rend compte de ça lorsque l’on commence à tourner sur le plateau. J’ai tendance à beaucoup aimer les zooms, en particulier les zooms lents, et certains de ces zooms ont une espèce de magnétisme en eux. Nick [Knowland, le caméraman] trouvait le meilleur moyen de transmettre cet envoûtement. Nick a beaucoup travaillé avec les miroirs, bien que nous ayons essayé de nous restreindre aux scènes où Evelyn est sous l’influence [de Cynthia]. C’est un code. Par exemple, lorsque le menuisier vient pour mesurer le lit et qu’Evelyn est excitée à l’idée que Cynthia la cadenasse au lit, ce qui n’arrive jamais bien sûr, il s’agit d’un code. Dès qu’Evelyn se sent excitée, nous avons essayé d’utiliser les miroirs pour transmettre cette intensité. Nick a mis un tube devant une lentille et a ajouté de petits accessoires pour qu’ils pointent directement vers un miroir. Parfois ils étaient de biais et pointaient vers un autre miroir pour que tout cela soit plus privé.
Après c’était juste du tâtonnement. On positionnait les actrices comme ci, comme ça. Au hasard, sur le plateau, on a découvert que l’on pouvait utiliser une machine qui floutait un peu l’image pour obtenir une image un peu adoucie et vieillie. Ce n’était pas inscrit dans le scénario. Nous nous sommes dit que si nous nous restreignions uniquement à ces scènes ça aurait l’air plus vrai.
Vous ne situez votre film ni dans le temps ni dans l’espace. Est-ce plus facile alors de créer des détails pour enrichir ce monde ?
C’est plus facile. Vous n’avez pas à vous soucier de la cohérence temporelle, de ce qui est en accord avec l’époque ou non. C’est assez rafraîchissant. C’est un cauchemar de tout le temps devoir se demander ce qui est authentique ou ce qui ne l’est pas. Selon moi, ce film pourrait se dérouler dans le futur lorsque le pétrole vient à manquer. Elles ne se déplacent qu’à vélo, alors ça pourrait aussi se passer n’importe quand depuis les années cinquante. Je voulais que ce film soit une histoire tout simplement, et beaucoup des histoires que je lisais étant enfant n’avaient pas réellement de lieu ou de date précis. Il faut juste se plonger dans l’histoire, oublier le lieu, le temps, le genre des personnages et leurs emplois. C’est absurde. Comment pourraient-elles se permettre ce genre de maison ? Elles ne font rien. Les Insectes sont leur passion mais ce n’est même pas leur travail. Elles lézardent toute la journée et font l’amour. C’est absurde, mais avec un peu de chance c’est tellement absurde que vous l’acceptez et vous vous concentrez sur leur relation.
En fait [de manière globale], c’est le film pour lequel la réalisation a été la plus décontractée. Mes deux derniers films étaient très difficiles à réaliser pour des raisons bien différentes et je m’étais mis en tête qu’il fallait souffrir pour réaliser quelque chose d’accepté par le public. J’avais vraiment peur que celui-là ne soit pas accepté, mais heureusement il l’a été. D’accord, je ne vais pas gagner d’Oscar, mais je suis content de la manière dont il est fait et ça me prouve à moi-même que je n’ai pas besoin de souffrir pour réaliser quelque chose. Je veux dire, de tous mes films, celui-là aurait dû être le pire niveau souffrances puisqu’il parle de masochisme et que le tournage était très exigeant : nous avons eu vingt-quatre jours pour tout faire. Mais heureusement, tout le monde y a mis de sa personne, nous avons eu beaucoup de chance.
Monica Swinn joue certes un petit rôle mais un rôle important dans le film. A-t-elle partagé de bonnes histoires du temps de sa collaboration avec Jess Franco ?
Tout à fait. Je ne peux pas vous les répéter mais c’était génial. Nous sommes allés diner et ce qu’elle racontait de [son temps avec Franco] était vraiment intéressant. Ils étaient un peu exclus, comme à l’écart de la société, à l’écart du cinéma. Le monde du cinéma ne les acceptait pas vraiment. Les films étaient presque un moyen de financer ce mode de vie et elle a dit que parfois elle jouait dans un film sans savoir que ce qu’elle tournait servirait aussi pour un autre film, elle était genre « Ah, je joue dans plus de films de Franco que ce que je croyais. » Il me semble qu’elle a joué dans vingt-trois des films de Jess Franco. Elle est vraiment adorable.
J’étais au courant de certaines des connexions qu’il a pu avoir… Je crois qu’à un moment donné Franco a travaillé avec Orson Welles et [Luis] Bunuel, mais je ne suis pas un spécialiste de Franco. Les vrais experts sont Pete Toombs [l’auteur de Immoral Tales] et Steven Thrower [l’auteur de Murderous Passions : The Cinema of Jesus Franco]. Je n’ai vu qu’une poignée de ses films. J’ai vraiment trouvé fascinante la période des années soixante-dix, époque où il était le plus prolifique. Je crois qu’il faisait alors sept films en une année. Je n’arrive tout simplement pas à me [l’imaginer]. Tout était encore plus lent à l’époque, ils utilisaient une Steenbeck [comme table de montage]. Je me souviens avoir utilisé une Steenbeck pour mon premier film : ça prend une éternité ce truc. Alors comment a-t-il fait tout ça ? Je n’en ai pas la moindre idée.
Aussi absurde que le film puisse paraitre, il contient également beaucoup de sincérité. Était-ce difficile d’obtenir ce ton-là ?
C’est dû à l’écriture, au travail fait avec les acteurs et au travail fait avec Matyas [Fekete], le monteur. Ce sont toutes ces choses, et surtout les répétitions, qui nous ont permis de trouver ce ton. Pour moi c’est un film très triste. Certes, il est irréaliste, mais avec un peu de chance, sentimentalement parlant, il est réaliste. Curieusement, je trouve que moins ce que vous faites est spécifique et réaliste, plus les gens acceptent les vérités véhiculées ; et je n’ai pas peur de sortir le film de la vraie vie. Tout ce que je peux demander c’est que le public se reconnaisse un peu dans le film, reconnaisse ses expériences ou celles de quelqu’un d’autre.
Avez-vous eu de bons retours ?
Oui, en effet. Bien évidemment, il y en a qui ont détesté, mais d’une manière générale, je ne pourrais pas demander mieux. C’est bizarre parce que personne ne croit un réalisateur lorsqu’il dit qu’il n’a aucune idée de la façon dont le film sera reçu par le public, mais c’est vrai. C’est toute la beauté de ce métier.
Lorsque vous réalisez un film, ayez la tête dans le guidon et concentrez-vous sur vos obsessions, moquez-vous des tendances, de ce que le public attend de vous ou de ce qu’il attend de vous en fonction de votre dernier film. Dès que vous anticipez les réactions du public, c’est désastreux. Il est difficile de faire abstraction de ces choses, mais il le faut. Plus vous réalisez de films, plus ça devient difficile. Un passif arrive avec tout travail. Les gens se font un avis sur vous et le problème c’est que si vous essayez de conforter cet avis alors vous vous souciez trop de ce qu’ils pensent et si vous essayez de chambouler cet avis, là aussi vous vous souciez trop de ce qu’ils pensent : quoi que vous fassiez, vous réagissez à ce qu’ils pensent. C’est toujours délicat. J’essaie de faire des films personnels, ils ne sont pas autobiographiques, mais j’essaie de faire des choses qui m’intéressent, je me concentre sur mon truc et je croise les doigts.
Interview Originale sur le site Moveablefest.com -
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