-
Lou Morin a écrit un nouvel article, Interview de Megan Follows il y a 12 ans
Mentionnez le nom de Megan Follows à toute femme ayant eu accès à la télévision vers 1985 et vous entendrez sans aucun doute un cri de joie. Et ce cri ressemblera à quelque chose du genre « Oh mon Dieu, Anne… la maison aux pignons verts ? Je l’adorais ! »
Vingt ans ont passé depuis que Follows jouait Anne Shirley, cette orpheline rousse plutôt précoce. Depuis, elle est restée dans le métier aussi bien à l’écran que sur la scène. Et maintenant, elle va certainement exaucer le vœu de toutes ses fans lesbiennes. L’actrice de quarante-quatre ans joue une femme homosexuelle dans un court-métrage diffusé pour la première fois à l’Outfest de Los Angeles ce week-end.
Follows est la tête d’affiche de Where are the Dolls, un court-métrage traitant de l’évolution personnelle d’une femme lorsqu’elle parcourt les rues de Toronto. La réalisatrice out Cassandra Nicolaoua basé son œuvre sur le poème d’Elizabeth Bishop Where are the dolls who loved me so… Le court-métrage de sept minutes trente-sept secondes qui en résulte ressemble à un poème monté sous la forme d’un film, avec des dialogues clairsemés et des visuels de rêve. Tourné en deux jours en octobre dernier dans les rues et les boîtes lesbiennes de Toronto, Where are the Dolls a fait danser Follows et, oui, l’a fait embrasser une autre femme. Nicolaou avait tout d’abord travaillé avec Follows sur un documentaire lors de la production de Top Girls de Caryl Churchill en 2010. Dès qu’elle a vu une photo de Bishop et remarqué la ressemblance, elle a pensé à Follows pour son court-métrage.
La semaine dernière, Follows a discuté avec AfterEllen.com du court-métrage, de sa carrière et de sa chère « Anne avec un « e » ».
J’ai eu la chance de visionner le court-métrage et je l’ai bien aimé. Il est utopique et intéressant. Qu’est-ce qui vous aattirée vers ce projet dans un premier temps ?
Mon amitié avec Cassandra, vraiment. Elle m’a demandé de participer et c’était un peu un acte de foi sur ce que cela allait donner. Comme vous pouvez le voir, c’est quelque peu conceptuel, c’est basé sur le poème. Le poème est évidemment très beau. J’ai connu Cassandra par le travail : elle avait fait un documentaire pour un projet théâtral dans lequel j’étais impliquée.
Connaissiez-vous le poème d’Elizabeth Bishop sur lequel le court-métrage est basé ?
Pas le poème en entier. Je connaissais bien sûr Elizabeth Bishop et quelques parties de son travail. C’est principalement à travers l’intérêt que portait Cassandra à ce poème et son envie de l’explorer que je suis devenue familière avec cette œuvre. C’est également plutôt génial parce qu’il s’agit d’une interprétation très personnelle de la part de Cassandra.
En sachant que c’est une œuvre utopique et conceptuelle, comment avez-vous réussi à capter l’état d’esprit de E. ? Qu’est-ce qui vous intéressait dans son parcours ?
Vous savez, c’était un peu une réalisation-guérilla. Le tournage dans la boîte était intéressant : nous étions en direct et c’était vraiment des choses qui se produisaient. Il y avait quelques indices qui montraient qu’il y avait une équipe de tournage dans les alentours et nous avons utilisé une caméra très discrète. Donc nous sommes simplement allés dans cette boîte et nous avons dansé.
C’était plutôt marrant parce que le son était vraiment fort là-dedans et nous ne nous entendions pas. On a dû concevoir un langage des signes. De nombreuses fois, mon personnage dansait les yeux fermés. Je ne savais pas du tout si la caméra était toujours en train de tourner ou s’ils étaient passés à une autre scène. Plusieurs fois, je suis devenue assez intime avec des personnes qui dansaient et qui n’avaient rien à voir avec le film. Ensuite, je disais « Oh, je suis désolée, je crois que nous ne sommes pas en train de filmer. Si vous pouviez me lâcher s’il vous plaît, il faut que je retrouve mon équipe » [rires]. Nous avons eu des moments drôles.
Eh bien, certaines personnes de cette boîte ont certainement passé une bonne soirée alors.
Oui, en effet.
Il s’agit bien entendu, également, d’un rôle lesbien. En quoi cela a influencé, si cela l’a influencée, votre façon d’approcher ce rôle et de vous y préparer ?
On dirait que quelque chose retient cette femme. Elle est inhibée et ne se réalise pas totalement. Je pense que c’est quelque chose d’universel ou du moins quelque chose auquel je peux m’identifier : tenter de savoir qui vous êtes et chercher de l’intimité. C’est une œuvre intéressante parce que ce quelque chose de très intime se passe avec un étranger, comme la rencontre dans la salle de bain, donc c’est complexe. Elle recherche de l’intimité et une connexion. Elle le fait de telle façon que ce n’est pas exactement ce qui se passe. Ça l’est et ça ne l’est pas.
On dirait qu’elle est en quelque sorte malade d’elle-même, qu’elle cherche quelque chose et qu’elle n’a pas encore été capable de le trouver. L’œuvre traite également du fait d’être seule et de ce besoin de connexion. Je suis curieuse pour vous, qu’avez-vous retenu de cette œuvre ?
Quelque chose de similaire. Elle est évidemment en quête de quelque chose. Elle se sent retenue par quelque chose d’une certaine façon, elle cherche une connexion qu’elle n’a pas eue avant ou qu’elle a eue précédemment. C’est intéressant, il n’y a pas beaucoup de dialogues. Il faudra que je le regarde à nouveau. C’était très beau, vraiment c’est un très beau court-métrage.
Oui, les cinématographes ont fait un travail merveilleux. Nous avons tourné toute la nuit. Nous commencions à 20h en traînant dans les rues de Toronto puis dans ce club jusqu’à 4h du matin et puis nous allions au lac. Donc c’est un voyage que nous avons tous fait avec le personnage.
Ce n’est pas le premier rôle lesbien que vous interprétez à l’écran. Je me rappelle de votre apparition, il y a plusieurs années de cela, dans Urgences en tant qu’amie lesbienne du personnage d’Elizabeth Mitchell. On dirait donc que vous n’avez aucune aversion particulière à jouer un rôle homosexuel. Vous a-t-on déjà proposé plusieurs rôles de lesbiennes ?
Je ne sais pas si l’on m’a déjà proposé beaucoup de fois d’interpréter une lesbienne. J’ai joué dans la pièce Cloud Nine, je ne sais pas si vous connaissez. Je jouais trois personnages dans cette pièce : Mrs Saunders, Ellen et Lin. Dans le premier acte, je jouais deux rôles : Mrs Saunders, une veuve ayant une aventure avec le personnage masculin principal et Ellen, une gouvernante qui est secrètement mais réellement amoureuse de sa femme. Dans la seconde moitié de la pièce, je jouais Lin, qui est lesbienne. Il y a plein d’androgynie dans Cloud Nine et il y a différentes relations amoureuses. La pièce joue beaucoup avec ces thèmes. Et au final, cela veut dire que peu importe la forme que cela prend, cela traite du fait d’atteindre ses objectifs et d’être connecté aux autres, peu importe que les relations soient hétéros, gays ou familiales. Et ça, ce fut mon expérience.
Bon, pour les personnes qui ne vous ont peut-être pas vue là-dedans, Where are the Dolls exauce le super vœu de vos fans lesbiennes, qui ont attendu longtemps pour vous voir – en absence d’un terme plus délicat – embrasser une femme. En aviez-vous entendu parler et êtes-vous consciente de la base de fans lesbiennes que vous avez depuis des années ?
C’est marrant, je suppose que oui et non. Je ne l’ai pas forcément identifiée comme une base de fans lesbiennes. Une amie, une réalisatrice de documentaire qui s’appelle Heather Connell, a tourné un documentaire au Cambodge et j’ai fait la voix offet la photographie fixe du film pour elle. L’autre fois, elle m’a envoyé le post d’AfterEllen sur la relation entre Anne et Diana. Elle me disait « Regarde ! » Et nous avons bien rigolé avec ça.
Je pense que l’histoire de Anne… la maison aux pignons verts parle également beaucoup au public lesbien parce que c’est l’histoire d’une outsider qui se bat pour se faire accepter et être elle-même. Au début de l’histoire, c’est quelqu’un qui n’est pas vraiment pris en compte par la société, c’est une orpheline. Mais avant la fin du film elle est aimée pour toutes ses qualités et capacités. Il y a des parallèles évidents qui peuvent être faits entre la communauté LGBT et l’histoire d’Anne. Avant que votre amie ne vous envoie ce post à propos d’Anne et Diana, étiez-vous au courant que certaines personnes souhaitaient/espéraient/prétendaient qu’elles étaient en couple ?
Oui, c’est assez compréhensible sur ce coup-là. Ça ne me surprend pas.
Il existe des vidéos de fans et des fans-fictions sur ce couple. Beaucoup de choses peuvent être lues avec des sous-entendus maintenant : elles sont meilleures amies,sont sur la même longueur d’onde, cherchent l’amour et veulent des dreadlocks. Concevez-vous cette interprétation ? Vous en rendez-vous compte ?
Je m’en rends tout à fait compte. Je pense effectivement qu’il y a probablement deux choses distinctes. Comme vous l’avez mentionné, en ce temps-là les relations profondes et intimes ont été développées particulièrement entre femmes et femmes et entre hommes et hommes parce qu’il n’y avait alors aucune ambiguïté à faire cela. C’est là que vous développez un vrai sens de l’amitié, de l’intimité, de la loyauté et de la compréhension. Je pense que c’est là-dessus que se développe la série, et également, comme vous l’avez dit, sur le fait que vous ayez un personnage qui ne soit pas défini par un homme. Elle n’est pas l’accessoire d’un homme.
Ainsi, cette œuvre s’est démarquée pendant plus d’un siècle. C’est tristement unique parce que les femmes sont souvent reléguées au statut de petite-amie ou de femme, ou sexualisées d’une certaine façon par un homme.
Ce qui est si brillant avec Anne c’est qu’elle est considérée comme une racaille. Elle est orpheline, elle a des cheveux que tout le monde trouve affreux et elle a des tâches de rousseur. Elle n’a pas laissé cela l’empêcher de se faire entendre et elle a donc été capable de changer sa communauté. Je pense que c’est le désir de toutes les femmes. Que les jeunes femmes puissent voir ce genre de modèlesa contribuéau succès de ce personnage et l’a prolongé. Je ne sais pas, il y a toujours eu des questions sur cette auteure et sur son parcours personnel. Il y a eu des spéculations sur son parcours personnel. Cela donnerait une autre perception des relations décrites dans le livre.
Il est évident que le personnage d’Anne Shirley est très apprécié. Est-ce que la longévité de votre performance dans cette production-ci vous surprend ? La série a été diffusée pour la première fois il y a vingt-ans, mais je suis sûre que vous êtes encore reconnue dans le monde entier pour ce rôle.
Je pense que c’est tout un ensemble de facteurs qui nous a permis d’être sincères avec cette histoire et ce personnage. Une équipe incroyable, un casting génial – ColleenDewhurst, Richard Farnsworth et les autres acteurs – et je suppose que je dois me remercier. C’était très bien écrit. C’était vraiment merveilleux de pouvoir jouer là-dedans.
Elle a également des défauts. Il est facile de tout généraliser. Lorsque l’on regarde le résultat, on dirait une sorte de conte de fées. Mais en vrai c’était un enfant avec un caractère très dur, elle cassait des ardoises sur la tête des gens s’ils se trompaient de prénom, elle disait aux adultes qu’ils étaient méchants, gros et moches et elle criait « je vous hais » lorsqu’elle perdait son sang froid. Elle disait toutes ces choses que vous pensez « Ouais, là tout de suite, j’aimerais dire ça à cette connasse ». Et tout cela pour un livre de 1908, l’expression de l’émotion de cette fille eststupéfiante. C’est pour cela que cela dure depuis aussi longtemps.
Il y a des rumeurs qui disent que la famille L.M. Montgomery réédite le livre de nouveau. Vous sentez-vous propriétaire du personnage d’Anne ou êtes-vous intéressée par une nouvelle interprétation ?
Je ne ressens aucune possessivité. Avec n’importe quelle œuvre littéraire et n’importe quel personnage, particulièrement ceux qui existaient avant vous, vous empruntez les vies d’autres personnes. En travaillant beaucoup dans les théâtres vous devenez honorée de passer du temps avec ces personnages incroyables, qu’il s’agisse de Nora d’Une Maison de Poupée, de Masha dans Les Trois Sœurs ou de Pénélope dans cette dernière pièce dans laquelle j’ai jouée, écrite par Margaret Atwood, L’Odyssée de Pénélope. C’est une chose merveilleuse. Mais il y a une chose à comprendre également : c’est comme une bibliothèque. Vous ne les possédez pas, vous devez les rendre ensuite, vous devez vous en détacher, parce qu’ils sont plus importants que vous. Du moins, c’est comme ça que je vois les choses.
Vous êtes restée active au cinéma et à la télévision et maintenant particulièrement au théâtre. Y a-t-il un média que vous préférez ?
Non. Je veux dire, je les aime tous. Ce que j’aime c’est un bon scénario. Tout le monde ne l’a pas toujours ou pas entièrement. Mais un bon scénario peut se trouver partout, dans tous les médias. Le truc avec le théâtre, surtout avec les classiques, c’est que vous travaillez sur des textes énormes, très intimidants et bien plus importants que vous, donc vous essayez toujours d’atteindre un but. C’est une approche très différente de ce point de vue.
Je crois qu’actuellement la télévision est mieux considérée qu’avant, et elle s’est également améliorée pour les femmes plus âgées. C’est assez tragique, parce que plus vous vieillissez, plus vous avez à offrir, plus vous devez contribuer. Il y a une richesse dans ce vieillissement que l’on a toujours accordée aux hommes. Il y a une profondeur dans le personnage, une sagesse, une expérience qui est fascinante. C’est sexy parce que c’est la vie et c’est l’expérience. Et l’on permet davantage aux femmes de montrer cela maintenant. C’est davantage reconnu. Et c’est formidable pour une actrice. Vous pouvez vraiment puiser dans votre propre expérience de la vie pour faire votre travail. Donc plus vous avez d’expérience, plus les choses que vous pouvez raconter sont intéressantes. Le théâtre a toujours compris cela.
Oui, il y a toujours eu ces rôles d’ingénues. La beauté visuelle a son propre pouvoir. Et j’ai eu pas mal de succès quand j’étais plus jeune. Donc je comprends aussi que la jeunesse est incroyablement belle et fascinante. C’est juste un chemin intéressant que vous faîtes en tant qu’artiste au fil des années. Vous voulez juste continuer à travailler. C’est tout ce qu’il faut dire.
Vous étiez dans un épisode de la nouvelle série Longmire. Pourquoi pensez-vous que la télévision s’est davantage ouverte aux actrices de tous âges ? Est-ce qu’ils reconnaissent simplement que les femmes représentent un grand pourcentage des téléspectateurs ?
Eh bien, j’imagine que c’est pour des raisons purement économiques [rires]. Les euros et les centimes, l’économie permet l’expression des femmes. Ce serait naïf de croire que ce n’est pas le cas. Et c’est également dû au public car ce sont ces personnes-là qui regardent la télé. Ces séries sont souvent sur des chaînes câblées, donc leur économie ne repose pas sur les acheteurs potentiels de la voiture pour laquelle ils font de la publicité. Il y a pas de mal de très bonnes histoires en ce moment à la télévision.
Vous avez une longue carrière dans une industrie pas toujours connue pour sa longévité, surtout pour les femmes. En l’ayant vu du point de vue d’une ado et de votre point de vue actuel, comment pensez-vous que cela ait évolué au cours des années, en particulier pour les actrices ?
La principale chose qui a changé est surtout le terrain de jeu. Il fut un temps où il y avait une vraie hiérarchie. Les films étaient le top-niveau. La télévision était inférieure, c’est sûr. Et les théâtres ont toujours fait partie de leur propre truc. Mais tout a changé. Lorsque j’ai commencé, plus jeune, on pouvait presque vous mépriser si vous vouliez entrer dans le monde du cinéma. Ce snobisme n’existe plus maintenant. L’universalisation de la télévision et d’Internet a changé toute cette dynamique. En vous connectant sur Internet vous pouvez voir de grands acteurs jouer dans de petites diffusions sur le web. Appelleriez-vous cela une démocratisation de l’industrie ? Quelque part ça apporte quelque chose de très bien. Cette échelle de valeur n’a jamais été vraiment réelle : quelque chose qui passait à la télévision n’était pas moins valable et moins important qu’un film et peut-être que cela apportait même plus.
Un très bon exemple de cela est la mini-série Anne… la maison aux pignons verts de PBS et CBC. Cela a eu un très gros impact. À cette époque c’était très bien fait et de manière très économe. Cela représente également un changement dans la présence et la parole qu’ont les femmes, les femmes de tous âges. C’est toujours quelque chose pour lequel l’on doit se battre. Ce n’est en aucun cas utopique de vouloir que tout le monde joue sur le même terrain. Mais c’est beaucoup mieux maintenant parce que les histoires sont intéressantes. Nous avons été tellement dans l’extrême avec la téléréalité, qui est toujours abondante et qui parfois se révèle intéressante mais pour beaucoup ça ne vaut rien. Les gens ont soif de bonnes histoires. La narration est une très grosse composante de notre culture. C’est de cette façon que l’on grandi. Nous avons besoin d’histoires. C’est de cette manière que l’on apprend. Donnez-moi de bonnes histoires. Si je dois investir dans une série télévisée, dans ses personnages et ses personnes, et que je vous donne de mon temps il faut que je puisse m’identifier à eux. Il y a beaucoup de compétition et beaucoup de chaînes et autres qui peuvent attirer l’attention des gens.
Quelles sont les choses d’actualité qui vous intéressent ? Y a-t-il des séries en particulier ?
Eh bien, en ce moment je voyage et je n’ai accès à rien. Mais j’ai loué Shame la nuit dernière ; et c’était quelque chose. Mon Dieu. Je suis dans ce pays avec Shame. Il y a beaucoup de choses qui se passent ici.
Et vous qui pensiez que votre rôle dans le court-métrage était risqué.
Oui [rires]. Il y a Girls aussi. Je trouve extraordinaire ce que cette jeune femme a fait avec son histoire et je trouve ça incroyablement louable. J’ai regardé le premier épisode de The Newsroom et j’ai apprécié. J’aime bien Veep et je trouve ça superbement bien écrit. C’est intelligent et juste. J’aime beaucoup. Je suis une fan de True Blood, j’adore True Blood. Je me suis vraiment prise au jeu avec Game of Thrones, parce que j’ai lu les livres. Quand j’étais plus jeune, je n’étais pas du tout le genre à lire Anne… la maison aux pignons verts. Je dois vous avouer que je ne connaissais même pas avant d’auditionner. J’adorais les romans fantastiques. J’ai grandi en lisant Le Magicien d’Oz, j’aurais vécu à Oz sans l’ombre d’une hésitation. Et après j’ai adoré Taram et le Chaudron Magique de Lloyd Alexander, Le Monde de Narnia, tous ces trucs fantastiques.
Voyons voir, quoi d’autre ? J’ai regardé quelques épisodes de Breaking Bad. Dans l’avion, j’ai regardé un peu de Downton Abbey et j’ai apprécié. Et vous savez ce que m’ont montré mes enfants et que je me suis éclatée à regarder ? Community. J’ai vraiment beaucoup ri en regardant Community et je ne l’aurais pas trouvée toute seule vu la façon dont cette série est diffusée à la télé. Je ne voulais pas la regarder mais mes enfants l’ont trouvée sur Hulu ou l’ont téléchargée et nous nous sommes installés et avons regardé quatre épisodes d’affilée. Je trouve l’écriture et le jeu vraiment drôles. Donc il y a un peu de tout.
Puisque vous êtes une grande fan de fantastique vous devriez entrer dans le royaume du fantastique. Il y a tout un espace et une base de fans pour le genre fantastique. Vous pourriez être au Comic Con en ce moment-même. Vous pourriez faire partie des conventions pour toujours.
[rires] Eh bien, mon fils était un très grand fan du Seigneur des Anneaux. Mais non… non merci.
Je sais que vous avez fini de jouer une pièce à Toronto plus tôt cette année. Qu’est-ce qui se profile pour vous pour la suite ?
Ce qui se profile c’est de faire en sorte que mon fils aille à l’université cet automne. C’est une grande étape de sa vie. J’ai déjà une fille à l’université. Ensuite je vais rejouer L’Odyssée de Pénélope à Toronto et rejouer Pénélope. J’ai joué un petit peu dans une mini-série en Hongrie l’année dernière : World Without End de Ken Follett. Cynthia Nixon joue dans cette mini-série et j’ai un petit rôle. Elle sortira en septembre.
Et puis j’ai fait quelque chose d’assez intéressant que je n’avais jamais fait. On m’a demandé de participer à ce festival de mots et de musique à Ottawa. C’était un truc baroque. Christopher Plummer l’avait fait l’année d’avant, Ralph Fiennes l’avait fait avant lui. Donc j’ai lu des extraits de L’Odyssée de Pénélope et j’ai également choisi des poèmes de Margaret Atwood. Et j’ai travaillé avec de super chanteurs d’opéra qui ont chanté de magnifiques arias. Ah, et je serai également dans Hollywood Heights (la série sur Nick at Nite), j’ai tourné quelques épisodes ; mais ça n’a rien à voir avec l’opéra.
Je dois vous avouer que c’est merveilleux de pouvoir parler avec vous. J’étais une très grande fan de Anne… la maison aux pignons verts étant jeune et j’ai même fait partir toute ma famille en vacances sur l’île du Prince Edward un été. Vraiment. Je les ai fait visiter la maison et faire tous les trucs de touristes.
[rires] Super ! Mais avez-vous passé de bonnes vacances ?
Oui, c’est vraiment joli là-bas.
C’est un très bel endroit.
Interview Originale sur le site Afterellen.com -
Arizona et
Lou Morin sont en contact il y a 12 ans
-
Lou Morin a écrit un nouvel article, Rookie Blue : Interview de Charlotte Sullivan l’interprète de Gail Peck il y a 12 ans
En tant que grande fan de Rookie Blue, j’étais aux anges en voyant apparaître un nouveau personnage lesbien au milieu de la saison quatre. J’étais encore plus contente d’apprendre que ce personnage resterait dans les parages et que son histoire tournerait autour de Gail Peck (interprétée par Charlotte Sullivan), mon personnage préféré de la série. J’ai toujours dit que Gail avait une alchimie sexuelle même avec les objets, donc ça ne m’a pas choquée que, soudain, elle se mette à flirter avec une femme, voire plus.
Au final, il s’est avéré que, pendant tout ce temps, tout cela n’était pas juste une projection de mes espoirs et rêves. Charlotte Sullivan a parlé avec AfterEllen de son personnage et nous a dit qu’elle interprétait Gail avec cette histoire en tête quasiment depuis le premier jour.
Voyez ce qu’elle nous dit à propos de Gail, d’Holly, et de la représentation homosexuelle en général et je vous assure qu’avant la fin de l’interview vous voudrez la porter sur vos épaules et la nommer « alliée de l’année ».
Merci beaucoup d’avoir accepté l’interview aujourd’hui !
Avec plaisir ! Quelqu’un de l’équipe m’a transféré vos articles, je les ai lus, ils sont géniaux, merci beaucoup de votre éloquence vis-à-vis de la série. Je vous en suis reconnaissante.
Merci ! Je suis fan depuis la première saison, donc j’étais contente de pouvoir écrire des articles.
Et cette nouvelle histoire que l’on aborde est un peu croustillante, je suis contente de pouvoir enfin en parler, parce que je n’ai pas pu en parler pendant un moment.
Oui, tout le monde est impatient. En réalité, beaucoup de personnes m’ont dit qu’elles avaient commencé à regarder la série et s’étaient prises au jeu parce que cette histoire avait piqué leur curiosité.
J’adore entendre des choses comme ça ! Ah, c’est génial ! J’en suis vraiment contente.
Donc, pour parler directement d’Holly et Gail, comment est-ce de travailler avec Aliyah O’Brien ? Ça doit être sympathique d’avoir quelqu’un qui réagit de manière positive aux facéties et sarcasmes de Gail.
Avant toute chose, Aliyah est une fille vraiment vraiment cool. J’étais un peu intimidée parce que c’est réellement une femme incroyable et je suis plutôt naze, donc j’étais un peu nerveuse à l’idée de la rencontrer. Je m’identifie un peu à Gail, elle est mal à l’aise en société, énigmatique et étrange, et je suis un peu comme ça, donc en la rencontrant j’étais un peu comme une idiote au bord des larmes. Elle est tellement vive, sportive, vraiment positive et belle, nous étions très nerveuses et très bêbêtes l’une avec l’autre, c’était marrant.
Ce qui était vraiment bien avec cette histoire c’est que, vous savez, ils auraient pu me remettre avec un autre gars, parce que c’est bien de cela que traite la série, elle parle des relations amoureuses, n’est-ce pas ? Donc passer de Nick à un autre gars… c’était juste une façon sympa de faire gagner Gail en profondeur, ce qui était vraiment rafraîchissant. Parce que, pour tout vous dire, si vous me mettez avec un autre homme, en soi c’est en quelque sorte encore la même histoire. Oui, ok, l’année dernière c’était quelqu’un d’autre, mais bon. Maintenant, cela engendre des questions comme qui suis-je, qu’est-ce qui m’arrive, qu’est-ce qu’il se passe et cela ajoute une belle profondeur au personnage et en tant qu’actrice, ça me permet de jouer quelque chose de complètement différent et c’est ce qu’il y a de plus passionnant dans ce métier. De plus, les retours ont été plutôt incroyables. Donc c’est vraiment différent, c’est comme jouer Gail sous une lumière différente, c’est vraiment sympa.
J’ai beaucoup aimé lorsque Gail a dit à Chloe qu’elle était jalouse que Chloe n’ait pas peur d’être elle-même tout le temps. Je me suis demandé si je projetais ma propre histoire là-dessus, si Gail était en train de questionner sa propre sexualité ou encore si c’était juste une réflexion générale de Gail sur elle-même.
C’est intéressant. Je crois que sur le plateau nous essayons de découvrir ce que cela signifie mais nous ne lui collons pas d’étiquette. Je crois que beaucoup de gens se disent « Qu’est-ce que c’est que ça ? Êtes-vous homo ? Êtes-vous hétéro ? ». J’ai toujours eu des soupçons sur sa sexualité, vous savez. J’en ai parlé aux scénaristes, lors de la saison un j’ai demandé si elle était vraiment amoureuse des garçons qu’elle rencontrait. C’est quelque chose que les scénaristes ont gardé en tête et ils ont toujours joué avec cette idée, et même si personne ne le remarquait, j’en tenais compte dans mon jeu. Elle aurait vraiment pu être heureuse avec les hommes. Mais nous ne voulons pas forcément tout étiqueter, parce que nous ne savons pas. Tout ça n’est que de la découverte, n’est-ce pas ? Donc, je crois qu’avec Gail j’aime juste l’idée de pouvoir l’ouvrir et de voir ce qu’elle contient à l’intérieur, parce que même si elle n’est pas gay, elle découvre quelque chose de nouveau et elle tente une nouvelle expérience. Mais si elle est gay, alors c’est un super voyage au cours duquel elle va se découvrir. Mais oui, concernant cette citation de Chloe, c’est vrai, Gail ne baisse pas vraiment sa garde avec les gens, elle a du mal à le faire. Elle est juste le vilain petit canard de tout le monde, elle a des amis, mais peut-on vraiment les appeler des amis ? Elle ne laisse personne la connaître vraiment. Et donc peut-être que cette histoire avec O’Brien pourra nous montrer un tout autre aspect d’elle-même. C’est vraiment un super truc à jouer pour moi et je suis tellement contente de travailler avec Aliyah parce qu’on s’amuse beaucoup et que c’est une femme formidable. C’était vraiment génial.
En réalité, l’une de mes scènes favorites sur presque toute la série est quand Gail et Holly étaient dans ces cages d’entraînement pour taper des balles. On avait l’impression que c’était la première fois que l’on voyait Gail rire et s’amuser sincèrement.
[Rires] Beaucoup de nos scénaristes en voyant ça nous ont dit « Là, pendant deux secondes, ce n’était pas Gail, c’était Charlotte ». Je ne suis pas… en réalité cela remonte à quand on m’a demandé de jouer dans Rookie Blue pour la première fois, ma première réaction a été « Non ! Mon Dieu, je ne suis pas sportive, je n’ai aucune force, j’ai des bras de crevettes ! S’il faut que je protège cette ville, vous devriez prendre peur, ce n’est pas une bonne idée ». Je n’avais pas confiance, j’ai dit non, et pas parce que je ne voulais pas faire partie de la série, je voulais vraiment en faire partie, je ne voulais juste pas me ridiculiser et qu’ils me virent ! C’était ma première réaction. David Wellington, l’un de nos réalisateurs, m’a dit « Tu ne comprends pas, ce ne sont pas des officiers chevronnés, ce sont des personnes qui se découvrent, donc tu n’as pas besoin d’être Madame Muscles, tu n’en as pas besoin. Tu te découvres et tu peux être un peu bête ». Donc ça m’a facilité les choses, et tout particulièrement avec cette scène dans la cage d’entraînement où Gail manque de coordination et est mal à l’aise. Mais elle cache cela sous cette apparence venimeuse permanente, parce qu’elle a peur que les gens ne la rejettent et se moquent d’elle. Je pense que tout le monde a peur de ça. Je ne sais même pas si cela a du sens.
Si si, ça en a ! Et c’est super de voir qu’un peu de vous transparaît dans cette scène.
Je pense que s’ils l’avaient fait à leur manière, ils auraient demandé à refaire la scène. Désolée ! Je jouerai mieux la prochaine fois ! Oui, c’était tout à fait moi.
Est-ce que l’on verra Holly nous montrer cet aspect plus doux de Gail dans les derniers épisodes de cette saison ?
La saison qui arrive ? Faites-vous référence à cette saison ou à la saison cinq que l’on est sur le point de tourner ?
Oh ! Holly revient pour la saison cinq ?
Je ne sais pas ! Je ne suis pas sûre ! Je veux dire, c’est un peu… je veux dire, réellement, honnêtement ils ne me diraient jamais, mais je pense que oui à cause du dernier épisode, c’est un cliffhanger. C’est un épisode assez intense qui se prête à son retour l’année prochaine, parce que ce sera littéralement le lendemain. Donc, je pense qu’elle va revenir. À moins qu’elle soit juste partie et que je sois échouée et abandonnée là encore une fois.
Mais oui, Aliyah est vraiment cool – il faut que j’en fasse des tonnes là-dessus – réellement elle est vraiment TRÈS cool. Vous connaissez les gens du genre « Mets juste tes cheveux comme ça et ça rend bien ! ». Elle fait partie de ces personnes-là que vous voulez tuer. Genre, belle sans effort. C’est tellement pénible. [rires] J’adore travailler avec elle, donc j’espère avoir beaucoup de trucs à tourner avec elle.
Pensez-vous que Gail soit vraiment en train de tomber amoureuse d’elle maintenant qu’elles ont passé plus de temps ensemble ? Tout particulièrement maintenant qu’Andy a quelque peu détruit ce qui se rapprochait le plus d’une amitié pour Gail. Ou bien pensez-vous qu’Holly ne soit qu’une roue de secours pour elle pour l’instant ?
Je ne sais pas. Ce qui est vraiment intéressant sur les possibilités d’écriture c’est qu’elle est vulnérable en ce moment. Je pense qu’elle appréciait vraiment, qu’elle aimait vraiment Nick. Ça n’avait rien à voir avec le fait que ce soit un homme, elle l’aimait vraiment et il l’a détruite. Et encore une fois, c’est un homme qui l’a abandonnée plusieurs fois. Donc je pense qu’en étant dans cet état de vulnérabilité, elle découvre cette merveilleuse relation avec cette femme, mais ne sait pas ce qu’il se passe. On en revient à cette question de définition, ce que j’apprécie. Je ne pense pas qu’il faille la définir, je pense que vous aimez ou appréciez une personne, non pas parce que c’est un homme ou une femme, peut-être que cette personne est simplement unique et qu’il y a une espèce d’alchimie qui existe lorsque vous êtes avec elle. Donc, je ne suis pas prompte à mettre une étiquette sur cette relation, par respect pour la communauté homosexuelle je crois.
Même quand ils sont venus me voir avec cette idée – je leur avais parlé de cette idée deux-trois ans auparavant – la première réaction que j’ai eue est « j’espère que vous ne faites pas ça pour plaire aux hommes qui regardent la série ». Je veux faire cela pour les femmes. Je ne veux pas… C’est trop facile de… Je ne sais pas si cela a du sens.
Non, oui, croyez-moi, cela a beaucoup de sens.
Vous voyez ce que je veux dire ? Les mecs prennent leur pied avec deux filles qui s’embrassent. Genre, non ! Je veux que ce soit quelque chose de très intime, qui ait du sens, pas juste pour faire plaisir à un homme. Donc, ils jouaient avec cette idée l’année dernière et la première réaction que j’ai eue c’est que ça devait se faire pour les filles. Il ne faut pas que ce soit pour les mecs. Et puis, ils ont un peu abandonné l’idée l’année dernière et m’en ont reparlé cette année, ils m’ont dit qu’ils traiteraient ça avec le plus grand soin. Et c’est à ce moment-là que je suis devenue vraiment enthousiaste, parce qu’on ne parle pas juste de sexualité, on parle de Gail, d’avoir enfin une personne avec qui elle puisse être elle-même. C’est un nouvel aspect d’elle et c’est ce que j’aime le plus là-dedans. C’est juste différent. Et je n’insisterais jamais assez sur le fait que ce n’est pas que je n’ai pas trouvé le bon. Je peux être avec qui je veux. C’est mon opinion. Les scénaristes sont venus me voir et m’ont demandé ce que j’en pensais, et il faut faire attention à ce que vous dîtes parce qu’ils intègrent tout à la série. Ma prémonition d’il y a quatre ans se réalise. Ils écoutent vraiment, ils mettent en œuvre vos idées, ils mettent dans le scénario ce que vous dites littéralement, mot pour mot. Donc, il faut faire attention parce que vous retrouverez vos idées dans quelques épisodes en cours de route. Vous vous dîtes, oh, la vache ! C’est vraiment quelque chose de merveilleux.
C’est bien d’entendre ça. Beaucoup de personnes avaient peur que ce ne soit qu’un stratagème pour gonfler les audiences. Je regarde depuis le début et j’ai toujours eu l’impression que lorsqu’elle est en colère, Gail a une haine égale pour tout le monde et je la verrais bien avoir un amour égal pour tout le monde. Je pense qu’elle voit les gens comme des personnes.
Je le pense aussi. Et c’est vrai que vous ne voulez pas – je ne veux pas mettre les hommes de côté, je ne les dénigre pas – mais lorsqu’il y a deux filles à la télé, que vous voulez les voir ensemble, les voir s’embrasser et que finalement c’est pour un public masculin, c’est l’antithèse complète. Non. Ce n’est pas ce que je veux, je ne veux pas me servir de la communauté homosexuelle pour augmenter les audiences, je n’aime pas ça. Je trouve cela manipulateur et bizarre. Je veux utiliser cette opportunité pour grandir en tant qu’artiste, je n’ai jamais joué cela auparavant. Et c’est ce qu’il y a de plus passionnant.
C’est génial !
Je parle trop et je divague, excusez-moi. [rires] Mais ça a beaucoup d’importance pour moi ; mes amis sont homos et créer cette histoire me rend si heureuse. J’en ai des frissons rien que d’y penser. Faire ça me rend si fière. Et je ne sais pas ce que ça va donner, mais c’est ok. Il s’agit juste d’explorer, pas de juger, et d’être honnête avec vous-même.
C’est super d’avoir des gens comme vous comme alliés, des gens qui s’intéressent vraiment à ces histoires, ça représente beaucoup pour la communauté.
Évidemment ! Vous voulez être représentés ! Je veux dire, allez, combien de publicités y a-t-il où les couples homos sont comme les couples de noirs et de blancs ? Où est la diversité ? Pourquoi ne voyons-nous pas de pub pour un dentifrice avec deux femmes ? On ne le voit pas et je trouve ça… comme pour le sport féminin. On ne regarde pas le sport féminin, on regarde le sport masculin. Mais, c’est une vraie question – je suis si féministe, pardonnez mon coup de gueule, mais mon sang ne fait vraiment qu’un tour lorsque je pense à ça. C’est pour cela que je pense qu’il est important de représenter différentes cultures, différentes ethnies et différentes sexualités ! C’est vraiment important, et il est important de bien le faire. Et c’est pour ça que les scénaristes et notre directrice Tassie [Cameron], c’est une de mes amies, ont dit qu’ils allaient traiter cette histoire avec la plus grande attention et faire en sorte que la représentation soit correcte et pas que ce ne soit que pour les hommes, ce qui est à l’opposé total de ce que je veux faire.
On va manquer de temps donc j’ai juste une dernière question pour vous. J’ai demandé aux gens sur Twitter ce qu’ils voulaient savoir et la question qui ressortait le plus était « Quand est-ce que Charlotte va rejoindre Twitter » ?
[Rires] Oh mon Dieu, je sais, j’ai un train de retard, je suis si nulle avec les nouvelles technologies. J’ai arrêté Internet. Je veux vraiment vivre coupée du monde, vivre dans une ferme et ne pas avoir Internet, ça me stresse ! Je me souviens, il y a deux-trois ans, la série m’avait demandé d’utiliser Twitter et je n’avais pas bien compris le truc, je ne savais pas ce que c’était et je crois que je twittais des trucs inappropriés et ils me disaient « Non, tu ne peux pas twitter ça ! », du coup je me suis dit « Ok… donc, je ne sais pas twitter correctement ». Et puis, j’ai eu envie de répondre à tout le monde et je me suis vue incapable de le faire. Et puis, je n’ai pas trouvé ça amusant, c’était quelque chose qui me stressait, donc je me suis juste dit « Arf, je m’en vais les enfants ». Ce n’est tout simplement pas moi. Je suis nulle pour envoyer des mails, j’ai des messages sur mon téléphone qui datent probablement d’il y a deux semaines. Je suis vraiment du genre à vouloir retourner dans les années cinquante quand les choses étaient plus simples. Je veux des poulets, je veux un cochon, je ne veux pas d’ordinateur, je veux des livres. C’est sûrement pour ça que je ne suis pas sur Twitter.
C’est logique !
Je suis vraiment nulle là-dedans, mais je comprends ! C’est un média génial pour les gens, je pense que beaucoup de gens en retirent des choses positives. Je n’étais juste pas au point avec ce truc, exprimer ce que je faisais en cent cinquante caractères n’était pas le média artistique qui me correspondait. Ce n’était pas pour moi.
Ce n’est pas fait pour tout le monde.
Je crois aussi que c’est une mode et que ça disparaîtra ! [rires] Je n’ai pas de compte Facebook, mais Facebook est en train de s’épuiser et quelque chose de nouveau le remplacera, donc autant ne rien avoir !
Un jour nous en reviendrons aux pigeons voyageurs.
Oui, on en reviendra aux courriers postaux ! On en reviendra à l’encrier et à la plume ! [rires] Je rêve. Une utopie.
Je ne veux pas prendre plus de votre temps que ce que l’on avait prévu, mais merci beaucoup d’avoir échangé avec moi !
Merci à vous d’avoir échangé avec moi ! J’apprécie, c’est quand vous voulez. Et merci, je suis complètement scotchée par le soutien que vous apportez à la série et particulièrement à cette histoire, ça représente beaucoup pour moi. C’est une chose importante et je pense que les téléspectateurs seront contents, que les fans seront contents ; merci d’en avoir parlé ! C’est vraiment époustouflant que les gens y fassent attention, donc j’apprécie vraiment.
C’est époustouflant pour nous que vous tous y fassiez tant attention, l’appréciation est vraiment partagée ici.
Avec un peu de chance on aura l’occasion de se reparler lorsque l’on tournera la saison cinq et il y aura plus de matière !
Ce serait génial ! Il faut que je vous fasse une confession, j’étais un peu nerveuse parce que j’étais une grande fan de Harriet, la petite espionne quand j’étais petite, donc la petite fille de dix ans en moi avait un peu peur de parler à Marion Hawthorne.
Oh, vraiment ?! C’est trop drôle ! Oh, et vous savez que Greg est dans la série !
Oui !
Vous connaissez un truc marrant : son frère était dans la série la semaine dernière et il a joué une carotte dans – vous vous souvenez de la scène où on danse tous en légumes ? Il était à l’arrière-plan et c’était une carotte ou une branche de céleri, je ne me rappelle plus. Mais je me suis dit « Woah, il y a trois personnes d’Harriet ! ».
C’est trop marrant !
C’est vraiment chouette de travailler avec Greg, je ne l’avais pas vu depuis si longtemps. Nous étions amis et nous étions restés en contact pendant quelques années après Harriet, on se voyait de temps à autre et puis après vous vivez votre vie. Je ne l’avais pas vu depuis des ANNÉES. Il est génial et tellement adorable et il a réalisé le prochain épisode, qui est un épisode très important pour Chloe et Gail, il est diffusé cette semaine. Et oui, nous avons eu l’occasion de faire de très bonnes choses, donc j’espère que vous regarderez et que vous aimerez.
Interview originale sur le site Afterellen.com-
Je suis fan! Merci pour la traduction 😀
-
J’adore cette série et je trouve Aliyah O’Brien vraiment sexy. 😉
-
Perso j’adore le fait qu’elle ait toujours voulu que son personnage soit homo. Franchement, déjà que j’adore le couple Gail/Holly je suis encore plus fan !
Trop hâte de voir ce qu’il va se passer dans la prochaine saison…
-
-
Gaëlle Carrion et
Lou Morin sont en contact il y a 12 ans
-
Isabelle B. Price et
Lou Morin sont en contact il y a 12 ans
-
Lou Morin a écrit un nouvel article, The Real Girl’s Guide to Everything Else : Interview de la créatrice de la webserie, Carmen Elena Mitchell il y a 12 ans et 1 mois
Cette semaine, le dernier épisode de la courte webserie The Real Girl’s Guide to Everything Else sera diffusé. La créatrice Carmen Elena Mitchell a pris le temps de répondre à nos questions sur l’origine de la série, les acteurs, et les avantages de la production sur Internet par rapport à la télévision.
Quelle est l’histoire à l’origine de The Real Girl’s Guide ? Comment en êtes-vous arrivée à cette webserie ?
Je suis typiquement le genre de personne qui achète le New Yorker à l’aéroport et puis qui, finalement, se retrouve plongée dans la comédie sentimentale pour filles ultra-prévisible diffusée dans l’avion. Et puis, je me dis « Mais pourquoi est-ce que j’ai fait ça ? ». Cette webserie vient donc du fait de vouloir raconter une autre histoire que celle de « la femme blanche désespérée, obsédée par les chaussures, dans la course folle au petit-ami afin de pouvoir procréer avant la ménopause ».
Je voulais voir une histoire de femmes qui n’essaieraient pas de soigner leurs histoires d’amour ratées en achetant des chaussures hors de prix, je voulais voir des femmes qui lisent des livres (en dehors des livres romantiques et de développement personnel). Je voulais voir une histoire avec des lesbiennes et des femmes de couleur. Je voulais voir une histoire de femmes qui portent des sous-vêtements en coton, qui font leurs courses à PaylessShoeSource et pour qui le but ultime de la vie n’est pas le mariage.
En regardant la webserie, je ne pouvais pas m’empêcher de voir The Real Girl’s Guide comme un Sex and the City avec une sensibilité lesbienne/féministe. La webserie s’inspire-t-elle de cette série ?
La webserie s’inspire et répond à cette série. Rasha, Vanna, Sydney et Angie sont toutes librement inspirées de Carrie, Samantha, Miranda et Charlotte de Sex and the City. Je crois que je me suis demandée « Si ces femmes étaient réelles (si elles étaient mes amies), qui seraient-elles ? ». Elles auraient des origines diverses, seraient passionnées, hilarantes, fortes, intellectuelles, bosseuses, maladroites, avec de fortes opinions, homos et hétéros. Elles discuteraient toutes les semaines d’autre chose que de relations amoureuses et de shopping. C’était comme jouer au jeu du « et si ? ».
De plus, que se passerait-il SI nous n’étions pas si effrayés du mot commençant pas F (féminisme) ? Et si c’était une discussion comme une autre ? Et si l’on supposait juste que ce soit une bonne chose et quelque chose à glorifier plutôt qu’un mot à utiliser avec prudence ?
Vous avez d’excellents acteurs. Pouvez-vous nous parler un peu de chacun d’eux ?
Eh bien, Reena Dutt (Sydney) et Jennifer Weaver (Liz) sont toutes les deux productrices de The Real Girl’s Guide et ce sont également des actrices avec un talent phénoménal. Ce projet n’aurait pas abouti sans leur soutien, leur imagination et leur travail incroyables. En réalité, j’ai écrit Sydney et Liz spécifiquement pour elles.
Reena, comme Sydney, est complètement folle et ne mâche pas ses mots, mais c’est également une super pro qui a travaillé avec les meilleurs (dont Albert Brooks, Kelsey Grammer, Patricia Arquette et Henry Winkler). Son CV cinématographique inclut également le festival de New-York Mark Taper Forum, la compagnie du National Asian American Theatre, le festival New-York Fringe et le Here! Arts.
Jennifer Weaver, tout comme Liz, est une femme passionnée et acharnée. Elle a récemment joué Mona dans Kill me Deadly produit par le Théâtre de NOTE ; cette pièce s’est jouée à guichets fermés. Récemment, elle a été à la télévision dans Stupidface sur Fuel TV et elle a joué dans le court-métrage diffusé à Cannes, Magdalene, réalisé par Rebecca Cremona, la gagnante du prix de la Guilde des Réalisateurs d’Amérique.
Robin Daléa (Rasha) est la seule actrice avec qui nous n’avions jamais travaillé auparavant, mais nous sommes tous immédiatement tombés sous son charme à l’instant-même où elle est entrée dans la pièce pour auditionner ! Robin est à la fois une comédienne new-yorkaise expérimentée et également une actrice qui a remporté des prix à la télé. Elle apparaît dans F.B.I. Portés Disparus, Ce que j’aime Chez Toi, et dans le drame médical de Jerry Bruckheimer qui sera diffusé à partir du 2 avril sur CBS, Miami Medical.
Nikki Brown (Vanna), en plus d’être une actrice fabuleuse, est également productrice/réalisatrice. Actuellement, elle produit (et joue dans) la webserie qui sortira bientôt : Sheroes. C’est une comédie qui parle de quatre femmes qui découvrent qu’elles ont des superpouvoirs. Elle possède également sa propre société de production, Rizen Routez Productions et elle réalisera un court thriller, Turn Off the Dark, cet automne.
Bruno Olivier (« Big ») est mon voisin d’à-côté ! Il participe souvent à Serial Killers de SacredFools. Il est apparut à la télé dans Dr. House, Mad Men et Modern Family.
Quant à moi, je suis dans la comédie depuis que je suis petite. Je suis obsédée par le jeu depuis mes sept ans, j’ai joué sur les scènes de Chicago, Londres, Seattle et Los Angeles. Récemment, je suis apparue dans les courts-métrages Rations et Who Could Ask for More ? et je joue aussi dans le court-métrage Evidence, que j’ai également écrit et produit.
Pouvez-vous partager avec nous des anecdotes mémorables de tournage ?
Nous étions comme des enfants de cinq ans qui auraient mangé trop de sucre. Entre les prises, nous faisions toujours tout un tas d’idioties. À un moment, Nikki Brown a commencé à imiter une grand-mère mal embouchée. Dès qu’Heather de Michele (notre directrice) criait « coupez », Vanna disparaissait et la grand-mère arrivait et donnait des conseils, dont personne ne voulait, à tout le monde. C’était tellement bidon et hilarant. Et j’ai même fini par intégrer la grand-mère dans une publicité que nous avons faite pour la webserie il y a quelques mois.
Mais je crois que l’un de mes moments préférés est lorsque notre réalisatrice, Heather de Michele, en plein milieu du tournage, a eu l’idée d’utiliser les légumes que Liz coupait dans la cuisine (épisode deux) pour faire des enchiladas pour tout le monde. Donc, entre les prises, elle vérifiait la nourriture, faisait des remarques aux acteurs, ajoutait une pincée de sel, faisait attention à ce que personne ne touche accidentellement le four, ajustait le feu, elle était en mode Martha Stewart détendue. Et elle a géré ça à la perfection parce que nous avons pu finir de tourner dans les temps et nous avons eu ces fabuleuses enchiladas pour le dîner.
Dans le passé vous étiez plutôt dramaturgie et fiction, comment en êtes-vous arrivée à écrire le scénario de The Real Girl’s Guide ?
Toute ma vie, j’ai écrit différentes choses. Au lycée, c’était de la poésie, puis de courtes histoires et puis des romans. Lorsque j’ai déménagé à Los Angeles, tous ceux que je rencontrais écrivaient un scénario. J’avais un petit côté rebelle donc je me suis battue pour ne pas suivre le mouvement.
Mais en 2006, j’ai été invitée pour faire partie de ce projet de film collaboratif et cela m’a ouvert les yeux sur une toute nouvelle façon de conter des histoires. Les auteurs de romans ont tendance à travailler leur écriture indéfiniment. Vous pouvez travailler sur une histoire de dix pages pendant des années et personne, en dehors de votre groupe d’écrivains, ne le verra. Même lorsque c’est publié, votre public est généralement assez petit et restreint à un type de personnes.
J’ai eu l’idée de The Real Girl’s Guide à l’été 2008. Nous étions dans la dernière partie des élections présidentielles, la proposition 8 était au vote, le film Sex and the City venait juste de sortir, c’était le moment parfait. Je connaissais un gars qui avait eu un très grand succès dans le monde entier avec sa webserie. Je me suis dit « Je peux le faire ! ». Et peu importe ce qu’il advient, au moins je pourrais partager mon histoire plutôt que d’attendre qu’on m’en donne la permission.
Quelle est la suite pour The Real Girl’s Guide ? Y aura-t-il une saison deux ?
Actuellement, nous avons une seconde saison de dix épisodes prête à être tournée et nous sommes en train de collecter des fonds et de parler à des sponsors et investisseurs potentiels. Dans la saison deux, nous apprenons vraiment à connaître Vanna, Angie et Sydney et parlons de débats tels que l’égalité au mariage et la sexualité d’une manière très étrange. Ah, et il y a des chansons ! Et des chiens !
Et quel futur se présente à vous et à Off-Chance Productions ?
En plus de la saison deux de The Real Girl’s Guide, nous avons près d’une demi-douzaine d’autres projets à différents niveaux de développement, dont la première pièce au monde jouée uniquement par une femme : Shaheed : The Dream and Death of Benazir Bhutto. Cette pièce est écrite et jouée par Anna Khaja (Aliyah dans l’épisode cinq de The Real Girl’s Guide) et réalisée par Heather de Michele. Elle se jouera du 30 avril au 22 mai aux studios Stephanie Fuery à Los Angeles. Nous avons un autre court-métrage(écrit par Luis Reyes), pour l’instant en post-production, que j’ai réalisé : Eat, Dream, Play, S-t, Die.
Nous préparons également un long-métrage (avec Jen Weaver, Reena Dutt et Carla Tassara) et un court-métrage basé sur une histoire de l’écrivain de science-fiction encensé par la critique, David Gerrold (écrit par Luis Reyes et réalisé par Steven Calcote). De plus, nous travaillons sur deux pièces pour le théâtre : The Limitations of Genetic Technology de Luis Reyes et Relay de Steven Calcote.
Quels sont les avantages et les dangers de la production pour le web ?
Les avantages sont que l’on touche un public international de tout niveau social et que l’on construit une base de fans vraiment attirés par ce que vous produisez. De plus, j’aime l’opportunité de poursuivre l’histoire via des sites interactifs et des vidéos bonus.
Honnêtement, je ne vois pas de dangers. Les gens n’arrêtent pas de me dire qu’il n’y a pas d’argent sur Internet. Mais y a-t-il jamais eu de l’argent pour les projets indépendants, multiculturels, activistes et menés par des femmes ?
Je crois que ce que nous pouvons faire en ligne (et que l’on ne peut pas vraiment faire ailleurs) c’est de montrer qu’il EXISTE une demande pour ces projets. Récemment, nous sommes allés dans un centre de diffusion des nouveaux médias où ils présentaient la dernière webserie financée par un studio. Le panel de spectateurs était entièrement constitué d’hommes blancs, les personnages de la série étaient des hommes blancs, et le contenu n’aurait pas pu être plus clair sur le public visé : une série d’actions enjôleuses sur des hommes blancs intelligents et sexys et des femmes facilement séduites.
Nous avons parlé du public à l’un des dirigeants après la diffusion et lui avons demandé s’ils avaient ne serait-ce que l’intention d’élargir le public visé et d’inclure des histoires centrées sur les femmes, les personnes de couleur, les LGBT, etc. Il nous a dit que, malheureusement, non « pas dans un futur proche ». Il a expliqué que, pour l’instant, ils avaient besoin de se lancer sur un « marché connu » et qu’ils devraient attendre l’avis marketing pour tenter un marché de niche.
Mon idée là-dessus (après m’être remise du fait que les femmes – soit 52% de la population – soit considérées comme une« niche ») c’est que peut-être nous ne devrions pas nous tourner vers cette source de financement. Faisons ça avec NPR et finançons notre série avec des dons de dix ou vingt dollars de la part de personnes qui croient en ce que nous faisons.
Dans ma théorie, toutes ces « niches » (les femmes, les gens de couleur, les LGBT) associées représentent la majorité des spectateurs, particulièrement en ligne. Parce que comme ces publics (pour la plus grande part) ne se voient pas représentés à la télé, ils vont sur Internet pour voir des séries qui les représentent.
Interview Originale sur le site Afterellen.com -
Lou Morin a écrit un nouvel article, The Better Half : Interview de la créatrice et productrice de la webserie, Leyla Perez il y a 12 ans et 2 mois
Vendredi soir, vous et votre moitié avez enfin prévu de sortir de la maison et peut-être même de vous amuser, mais, pas de chance, vous portez toutes les deux exactement la même tenue. The Better Half, une webserie créée par Leyla Perez et sa petite-amie Christine Ng, s’intéresse aux tenants et aboutissants d’un couple lesbien. Lindsay Hicks et Amy Jackson Lewis, en couple dans la vraie vie, ont écrit et joué les rôles principaux de cette webserie. Les feux de la passion qui brûlaient les débuts tendres et sexys de la relation se sont-ils éteints et ont-ils fait place au confort ?
Épisode Un : « Going Out » décrit ce qu’il s’est passé au moins une fois dans la chambre de tout couple lesbien que je connais. Lindsay et Amy doivent simplement tenter de sortir de chez elles pour une nuit, mais le confort (encore ce mot) apporté par Netflix et le pop corn sont trop séduisants. Il y a des séries entières en compétition ! Leur prise de décision chaotique m’a fait mourir de rire.
Épisode Deux : « Sunny Side Up » nous fait part de cette inquiétude liée au confort. En résumé, cet épisode aborde les crottes et les karaokés. Il y a un flash-back de la première rencontre d’Amy et Lindsay. N’est-ce pas trop mignon ? (elle ne l’a pas réellement volée)
La productrice et directrice Leyla Perez a répondu à quelques unes de nos questions sur la création de la série et sur l’impact qu’elle et son équipe espèrent que cela aura sur les couples.
On dirait que tout était réuni pour que cette webserie devienne réalité. Comment cela s’est-il déroulé ? À quoi ressemblaient les conversations permettant de cibler l’intrigue et les personnages ?
Tout était vraiment réuni. Ma petite-amie Christine et moi avons une société de production appelée The Verb Project et nous voulions produire davantage de choses originales sous ce nom. Christine voulait entrer en contact avec Lindsay Hicks, elle est l’une de ses amies actrices vraiment drôle. Lindsay et sa petite-amie, Amy Jackson Lewis (de Anyone But Me), nous ont apporté un super concept sur un couple qui s’enlise dans la routine. Elles avaient des premiers jets de scénarii géniaux, mais c’est vraiment après une série de réunions à parler du scénario que nous avons toutes les quatre consolidé l’intrigue des épisodes que vous verrez. Nous avons parlé de ce que nous voulions faire, le ton que nous voulions apporter et de ce que nous voulions que ces personnages deviennent. Nous voulions que ce soit plus qu’une série simplement comique, nous voulions qu’elle dépeigne un couple de personnes se battant pour garder une relation fraîche et excitante afin de pouvoir passer leur vie ensemble.
De quoi parle The Better Half ? Qu’espérez-vous que le public retienne ?
Au final, The Better Half parle d’un couple qui traverse ce que tout couple traverse à un moment donné : une période de creux. Il s’agit de deux personnes s’aimant beaucoup et ne voulant que le meilleur l’une pour l’autre. Vous voulez que votre partenaire soit heureuse et si votre relation n’est plus ce qu’elle était vous vous inquiétez du bonheur de l’autre. Nous avons toujours voulu que cette série parle à tout le monde : homo, hétéro, célibataire, en couple. Nous voulons que l’on puisse se sentir proche d’elles.
Toucher aux clichés des relations lesbiennes avec légèreté est toujours un gros succès. Comment, si elle le fait, votre série analyse-t-elle ces clichés ? Y a-t-il un équilibre que vous essayez de maintenir entre la légèreté et les messages plus importants ?
Toutes les choses drôles sur les lesbiennes que vous voyez dans la série sont dues à Amy et Lindsay. La scène où elles s’apprêtent à sortir est leur idée et nous avons vraiment beaucoup ri là-dessus. J’ai tout aimé, mais nous voulions que la série soit plus que ça. Je crois vraiment qu’à partir de l’épisode deux vous commencez à voir que la série se résume à plus que de simples blagues sur les lesbiennes. Je pense aussi que la série a beaucoup à dire sur les couples en général et pas uniquement les couples lesbiens. Nous essayons vraiment d’améliorer l’équilibre entre les choses marrantes et pertinentes.
Pensez-vous qu’il y ait un besoin non-dit de redéfinir ces clichés ? La peur de confondre cette fine ligne entre meilleures amies et amoureuses existe-t-elle ? Apprendrons-nous quelque chose là-dessus ?
Tout à fait. Je pense que c’est notre but principal : de pousser le bouchon avec les clichés et d’essayer de faire quelque chose de bien qui ne se fie pas trop à eux. Au final, oui, elles sont lesbiennes, mais ce sont également des personnes. Cependant, il y a des complications spécifiques aux relations lesbiennes, il est difficile de faire attention à cette ligne, comme vous dites. Je pense que notre série est plutôt bien, elle rentre la tête la première dans le sujet et met l’accent sur leur parcours au fur et à mesure qu’elles essayent d’arranger les choses. Ce qui nous distingue c’est l’honnêteté, l’amour et l’humour.
Qu’est-ce qui pourrait nous surprendre avec The Better Half ? Qu’est-ce qui vous a surprise ?
Ce qui m’a le plus surprise est la façon dont les gens s’identifient à la série. Je pense que la plupart des gens vont être surpris de voir combien ils peuvent s’identifier à la série. Il est facile pour une série sur les relations lesbiennes d’être catégorisée, mais beaucoup de nos amis hétéros ont eu une très bonne réaction. De plus, je trouve ça surprenant que les gens trouvent réellement la webserie drôle. J’ai toujours été tellement peu sûre de moi concernant la réalisation de comédies, mais tout le monde dit que c’est drôle : je dois tout à Lindsay et Amy.
Y a-t-il de la place pour les webseries ? Avec autant de sites de streaming lesbiens, avez-vous envisagé de mettre la série sur des sites particuliers ?
Je crois que le fait qu’il y ait autant de webseries permet aux gens de nous prendre au sérieux plus facilement et donc de regarder la série. Je me souviens, il y a quelques années, quand vous disiez que vous alliez faire une webserie les gens s’en fichaient. Maintenant, c’est une forme d’art à part entière, et ce, en grande partie grâce à toutes les webseries à succès, y compris les super webseries lesbiennes. Assez tôt, nous avons été approchées par PnTTV et nous sommes maintenant sur leur site. Mis à part ça, nous essayons de passer le mot nous-mêmes via des amis et des connaissances de travail. Nous voulons juste être visibles, que les gens regardent la webserie, et leur montrer ce que nous pouvons faire.
Interview Originale sur le site Afterellen.com -
Lou Morin a écrit un nouvel article, I Do : Interview du réalisateur Glenn Gaylor il y a 12 ans et 2 mois
L’Outfest 2012 se tiendra à Los Angeles du 12 au 22 juillet. Pour célébrer le trentième anniversaire du festival de films LGBT de Los Angeles, nous partagerons des interviews avec les réalisateurs, et avec les personnes impliquées dans les films diffusés.
L’égalité au mariage et l’immigration sont deux des sujets les plus chauds de la politique américaine. Ici, nous sommes tous concernés par ces problématiques puisque Los Angeles est une ville très diverse et accueillante ; mais une ville diverse ne rend pas les problèmes moins importants. Le réalisateur Glenn Gaylord diffuse l’un de ses films à l’Outfest, film qui sera diffusé pour la première fois ce soir. Ce film c’est I Do. Il aborde les thèmes d’égalité au mariage et d’immigration assez joliment. Nous avons parlé à Glenn de ce qui lie les angelenos à ces deux sujets nationaux, et du fait que l’on puisse apercevoir quelques unes des stars du film dans la ville.
Outfest est l’un des festivals de films LGBT les plus connus du monde, et a diffusé des films qui ont eu de grandes répercussions sur le monde. Pouvez-vous nous parler un peu de vous et de votre film ? Est-ce la première fois qu’un de vos films est présenté à l’Outfest ?
Je m’appelle Glenn Gaylord, je suis le réalisateur du film I Do et je suis très heureux de vous dire qu’il s’agit de mon sixième film présenté à l’Outfest. Parmi les anciens films qui ont été diffusés il y a la comédie musicale que j’ai écrite et produite Leave it on the Floor, mais aussi Eating Out : All You Can Eat, Little BFFs, Boychick et Lost Cause.
I Do est l’histoire d’un anglais homosexuel vivant à New-York (David W. Ross) qui se marie à sa meilleure amie (interprétée par Jamie-Lynn Sigler de The Sopranos) afin d’avoir un visa. Les choses se compliquent lorsqu’il tombe amoureux d’un homme (Maurice Compte). C’est une histoire passionnée et très humaine qui parle d’amour, de la perte des personnes qui nous sont chères et de la famille. Il sert également à montrer les inégalités relatives au mariage dans ce pays.
Je suis diplômé de l’école de films et de télévision UCLA et je me suis fait la main sur les documentaires et la téléréalité en travaillant pour Bravo, MTV, VH-1, A&E et d’autres chaînes. Une de mes expériences les plus marquantes dans ce domaine fut le documentaire Camp Michael Jackson, qui suit des fans de Michael Jackson se mettant en scène à Santa Maria, en Californie, lors du procès tristement célèbre de leur idole pour agression sexuelle. Avant cela j’étais très actif dans la communauté LGBT en travaillant comme éducateur pour AIDS Project Los Angeles (APLA) et puis en tant qu’éducateur santé dans le système carcéral de Los Angeles. J’aime dire que travailler avec des détenus m’a amplement préparé à une carrière à Hollywood !
Il y a beaucoup de choses à l’Outfest cette année, et c’est le trentième anniversaire du festival ! En quoi est-ce que votre film s’intègre à l’Outfest ? Qu’espérez-vous qu’il apporte à toute cette variété de films diffusés pendant le festival ?
Il ne pouvait y avoir de meilleur moment pour qu’un film comme I Do soit réalisé. Les problèmes d’égalité au mariage et d’immigration sont passés en première ligne des discussions nationales. En regardant les trente années de films ayant eu lieu à l’Outfest, il me paraît inconcevable que ces problèmes ne soient pas mis en première ligne aujourd’hui. Au fur et à mesure de l’évolution des films gays, je suis aujourd’hui fier de dire que I Do met en scène des personnages riches, un scénario bien ficelé, un très beau cinéma, un résultat puissant et de grandes qualités de production. Bien qu’il attire le public gay, notre but est de toucher tous les publics et de conquérir leurs cœurs et âmes.
Les gens vont venir de partout dans le monde pour partager et voir les films à l’Outfest. Qu’espérez-vous que les gens retiennent de votre film ?
Je pense que ce qui fait que I Do se tienne est notre approche du sujet. Au lieu de marteler le public avec ces problèmes nous avons eu une approche vraie, originale et humaine, et l’on espère que vous tomberez amoureux des personnages et souhaiterez leur bonheur. J’aime penser que notre film est l’un de ceux où l’on rit, pleure et si nous avons fait notre travail correctement, un film qui sonnera comme un cri de ralliement.
Y a-t-il également quelque chose que les angelenos en particulier peuvent retenir de votre film ? Votre travail est ouvert à différents publics mais y a-t-il certains thèmes, images, concepts qui pourraient davantage toucher les angelenos que les autres spectateurs ?
La brève réalité de la question de l’égalité au mariage en Californie en 2008, puis sa disparition sommaire quatre mois plus tard ont vraiment eu un impact sur les personnes LGBT et leur famille à Los Angeles. Les angelenos sont passionnés par cette question et se sentiront, avec un peu de chance, plus concernés par I Do. Un bonus en plus ? Toutes les stars du film, David W. Ross, Jamie-Lynn Sigler, Alicia Witt, Maurice Compte, et le reste de notre adorable équipe, vivent à Los Angeles, donc lorsque vous tombez sur eux dans la rue, vous pouvez leur dire combien vous avez aimé I Do ! Je suis un peu biaisé, mais je pense qu’ils ont tous fait un travail déterminant pour leur carrière avec ce film et je ne pourrais être plus fier.
En regardant vers l’avenir, qu’y a-t-il de prévu pour vous et ce film après l’Outfest ? Où est-ce que votre film ira ? Quels sont vos espoirs pour ce film ?
Après l’Outfest, je suis fier de vous annoncer que le Qfest de Philadelphie a fait de I Do leur pièce maîtresse et qu’ils honorent David W. Ross avec leur Prix de la star montante du cinéma. Après cela nous jouerons dans d’autres festivals et nous sommes à la recherche d’une distribution pour que I Do touche le plus de personnes possible. Les problèmes que le film soulève sont ceux qui nous aident actuellement à définir notre nation. En plus, les personnages sont si attachants, ça ne peut qu’aider les gens à s’intéresser à ces sujets-là. Me concernant, je suis en train d’écrire quelques nouveaux projets de films, nous prévoyons de lancer Leave it on the Floor sur scène dans l’année. Je travaille également sur une nouvelle comédie musicale. Enfin, j’espère que I Do me lancera sur un terrain un peu plus dramatique. En effet, la plupart de mes précédents travaux étaient des comédies ou des documentaires et j’ai trouvé que réaliser un drame était vraiment épanouissant du point de vue de la création.
Interview Originale sur le Site Laymyours.com. -
Lou Morin a écrit un nouvel article, Appropriate Behavior : Interview de la réalisatrice Desiree Akhavan il y a 12 ans et 2 mois
« D’après mon expérience, la vie oscille constamment entre la farce comique et le mélodrame tragique, donc j’aime qu’un film trouve le juste milieu et fasse en sorte que cela sonne vrai ». Voici ce que nous répond Desiree Akhavan lorsqu’on l’interroge sur sa réalisation de drames perspicaces et merveilleusement spirituels, en partant de sa webserie The Slope à son projet plus récent, son premier long-métrage, Appropriate Behavior.
Acclamé par Vanity Fair comme l’un des dix films les plus attendus de Sundance 2014, Appropriate Behavior est le futur du cinéma queer. Il s’engage sur le thème du coming-out et de la marginalisation sociale et politique sans exagération ou tragédie mélodramatique associée à une bande son nauséabonde. Peut-être est-ce le résultat de ce que Akhavan décrit comme son « humour cru et à la limite du grossier » de sorte qu’il n’y ait pas de moments qui traînent en longueur, qui soient trop provocants, ou qui donnent à réfléchir inutilement. C’est vraiment un film fantastique. Un de ceux que j’aimerais regarder en boucle pour pouvoir en retenir toutes les piques et les expressions corporelles caustiques. Akhavan pourrait être comparée à Lena Dunham pour sa création d’une vision très particulière du Brooklyn contemporain, si Dunham était une femme bisexuelle irano-américaine.
Alors que je voyais dans Appropriate Behavior une version queer de Girls, Akhavan cite Annie Hall de Woody Allen, « qui danse entre passé et présent », comme étant son inspiration cinématographique pour la structure du film. Nous faisons la rencontre du personnage qu’interprète Akhavan, Shirin, lorsqu’elle quitte, d’un air abattu, un gode-ceinture balançant à la main, son appartement de Park Slope qu’elle partageait avec, désormais, son ex, Max. Elle erre on ne sait où dans les rues de Brooklyn. (Elle s’installera peu après à Bushwick, dans les très notoires « McKibbon Lofts », qui se composent d’ateliers individualisés par des jeunes branchés de la génération Y. Il y a en tout une demi-douzaine de petits cagibis par atelier où les jeunes « vivent »). L’histoire juxtapose le passé – des souvenirs des bons et mauvais moments passés avec Max – et le présent, dans lequel Shirin essaye d’avancer après sa rupture tout en faisant son coming-out à sa famille. Non seulement Shirin essaie de faire face à cela psychologiquement et émotionnellement, mais, comme beaucoup de personnes de sa génération, elle essaie de s’assurer un revenu décent sans se détruire pour autant. Elle cherche une sorte d’emploi qui lui permettrait également de faire d’enivrantes rencontres à New-York (la scène du rendez-vous raté avec une femme qui se transforme ensuite en plan à trois avec un couple séparé est osée pour les stéréotypes éhontés sur les bisexuels).
Après une projection pour la presse vendredi dernier, qui fut la première occasion pour Akhavan de voir son film en entier, j’ai pu parler avec elle du film et de sa réalisation.
Pourquoi le titre Appropriate Behavior [ndlt : Comportement Approprié en français] ? Pour qui ? En référence à quoi ? J’ai l’impression que le titre peut être relié à beaucoup de sujets, du personnage-même de Shirin à l’histoire du coming-out.
Le titre fait référence à l’incapacité de notre protagoniste à faire les choses bien, quoi qu’elle fasse. Avec sa famille, avec ses partenaires, et même au travail, en étant simplement elle-même, elle sera toujours inappropriée.
Shirin regroupe plusieurs minorités en elle. Comment pensez-vous que cela est exprimé à travers l’histoire, à la fois dans le comportement de Shirin et surtout dans la manière dont les autres la traitent ?
Nous avons spécifiquement choisi de ne pas jouer avec les « différentes identités » de Shirin dans ses relations avec les autres parce que je voulais montrer qu’elle est plus qu’une femme définie par ses minorités. Elle n’est pas victime des circonstances et la dépeindre comme un symbole de la situation délicate des femmes LGBT du Moyen-Orient à travers le monde n’aurait pas été honnête.
Du coup, est-ce que la scène du plan à trois était une manière de bousculer le cliché que les bisexuel(le)s veulent tout le temps des plans à trois ?
Pas du tout. Je ne savais même pas que c’était un stéréotype des bisexuel(le)s. Aucune des scènes du film n’est ici pour combattre des idées fausses ou pour établir un discours politique.
Shirin et Max sont très différentes : sexuellement, politiquement, ethniquement et culturellement. Était-ce l’ensemble de ces différences qui rendait cela insurmontable ? Était-ce Max qui ne comprenait pas la situation de Shirin vis-à-vis du coming-out à sa famille ? Ou bien, est-ce que le point de non-retour a été atteint lorsque Max est devenue frigide ?
Cette question fait partie de celles qui reviennent aux spectateurs. À eux de décider. Personnellement, je crois que les facteurs que vous énumérez sont les symptômes d’un problème plus large : elles ne sont pas faîtes l’une pour l’autre. J’ai toujours pensé que la spontanéité et l’imprudence de Shirin, qui ont attiré Maxine au début, sont précisément les choses qu’elle ne supportait plus. De plus, Shirin était encore une enfant de bien des façons et je pense que Maxine n’avait pas la patience pour gérer ces crises d’ados.
À quel point ce film est-il autobiographique ? Comment avez-vous fait pour représenter plutôt que mettre en boîte ou « parler au nom de » la bisexualité ou la culture iranienne, par exemple, dans le film ?
Ce film s’inspire de mes expériences mais n’est pas basé sur des événements ayant eu lieu. Concernant le fait de mettre en boîte les cultures, l’histoire traite d’une femme qui se trouve être bisexuelle et iranienne. Je n’ai jamais songé à représenter quelqu’un d’autre que moi.
A priori, ça ne paraît pas logique, ça peut même être controversé que Shirin fasse son coming-out après sa rupture. Pouvez-vous nous parler de cette logique bizarre ou du fait que quelqu’un puisse faire son coming-out sans tenir compte de son statut amoureux ?
À mon sens, c’est tout à fait logique parce qu’alors elle n’a plus rien à perdre.
Comment interprétez-vous la réponse de la mère de Shirin lorsqu’elle lui dit « Maman, je suis un peu gay » ?
Je comprends que sa mère lui dit « Tu n’es pas gay. Je te connais mieux que tu ne te connais toi-même. Tu es juste idiote et perdue. Maintenant, ferme-la ».
Ce film nous donne une super vision de la culture queer à Brooklyn. Je veux dire, par rapport aux McKibbon Lofts (les domiciles de la génération Y, où huit étudiants s’entassent dans un studio) que vous appelez « camps de réfugiés », vous avez visé en plein dans le mille ! Que vouliez-vous dire sur la culture queer à Brooklyn ? Était-ce par rapport à la façon dont cette culture est représentée dans, disons Girls, la série d’HBO ?
Je n’essayais pas de répondre au travail de quelqu’un d’autre. C’est juste Brooklyn comme je l’ai vécu. Tout le monde voit les choses différemment.
La prochaine étape pour Appropriate Behavior c’est Sundance. Quand est-ce que les spectateurs pourront espérer voir ce film dans un cinéma ?
Dès que je le saurais, je vous le dirai !
Interview Originale sur le site Afterellen.com -
Lou Morin a écrit un nouvel article, Codependent Lesbian Space Alien Seeks Same : Interview de la réalisatrice Madeleine Olnek il y a 12 ans et 3 mois
Madeleine Olnek travaille dans la comédie depuis longtemps : elle a commencé en écrivant et en réalisant pour la scène, puis en produisant plusieurs courts-métrages hilarants (Hold Up, Make Room For Phyllis, Countertransference). Au festival de films de Sundance de 2011, Olnek est passée avec succès dans le royaume du long-métrage avec Codependent Lesbian Space Alien Seeks Same, qui a été diffusé pour la première fois lors de la séance « Park City at Midnight ». Le film, très drôle et vraiment adorable, a charmé le public du festival l’année dernière. Il est maintenant temps de charmer le public classique qui va au cinéma. Dans les jours précédant la sortie du film au reRun Gastropub, vendredi 6 janvier 2012, Holly Herrick de HTN a eu une discussion chaleureuse avec Olnek (lisez la chronique d’Holly « Pick of the Week » sur le blog du Filmmaker Magazine).
Pouvez-vous nous parler du choix du titre ? C’est un titre très drôle qui attire l’œil, mais il est également très particulier puisqu’il pointe notamment l’homosexualité du film.
La comédie se doit d’être drôle. Je suis toujours surprise lorsque les gens réalisent une comédie et que le titre est très dramatique. Ce que vous devez faire avec un titre… je veux dire, le titre sert à cadrer le film, mais vous donnez également un aperçu de ce que le public verra. Si vous souriez déjà en voyant le titre, vous vous dîtes « Ok, le titre est drôle, je me demande si tout le film est drôle ? ». C’est comme une carte de visite. J’ai l’impression que mettre « lesbienne » dans le titre est bien : ça sert de point d’information pour les gens qui ont du mal avec ça, mais ça attire également d’autres personnes. Quelqu’un qui a le même sens de l’humour que moi se dira « Oh, c’est marrant, je veux voir ce film ». Il y a quelques années l’une de mes amies est allée voir une pièce de Nicki Silver appelée My Marriage to Ernest Borgnine et je lui ai dit « Pourquoi est-ce que tu es allée voir ça ? » Elle a répondu « À cause du titre », j’ai dit « Juste à cause du titre ? ».
Et c’est là que j’ai eu une illumination sur l’importance des titres. Que les gens soient très intrigués à l’idée de voir quelque chose juste à cause du titre peut aussi les amener à catégoriser le film, à ne pas le voir, à l’enterrer. Cependant, si vous avez un super titre il n’y a rien qui puisse être fait que votre titre ne pourra vaincre. Les gens ont toujours entendu parler de ce film grâce au titre. Le titre est l’arme secrète du réalisateur.
Je crois que ça a marché. À Sundance on aurait dit que tout le monde savait que votre film allait être diffusé.
Après le festival, le magazine Rolling Stone nous a dit que nous avions le meilleur titre de tout le festival. Comment est-ce que Rolling Stone aurait pu prêter attention à ce film sans ça ?
Pouvez-vous nous dire ce que cela fait de présenter votre film dans un cadre gay, et comment était le soutien du circuit des festivals gays et de l’industrie gay en général ?
Chaque festival a été différent. Notre diffusion lors du festival Rooftop Film était formidable. Tout dépend comment vous présentez le film. Ils nous ont donné un super créneau, ils en ont fait la promotion et mille personnes sont venues. Tout dépend de sa présentation au sein du festival. Rooftop était génial également parce que c’est cette nuit-là que la loi sur le mariage gay est passée, et elle est passée pendant la diffusion. Lorsque je suis allée répondre aux questions/réponses, je me suis pris le micro dans la figure. Et j’ai dit « Le mariage gay est accepté ». Et tout le monde a applaudit pendant un quart d’heure comme si c’était moi qui avait fait passé la loi. C’était génial. Puis une partie des acteurs m’ont dit que je ne pouvais même pas répondre aux questions pour l’instant. Jackie Monahan a dit « Je suis en couple depuis dix ans. Est-ce que je dois me marier maintenant ? ». Certaines personnes à qui j’ai parlé ont un peu paniqué après coup. Des femmes débranchaient leur télévision pour que leur copine ne sache pas que le mariage gay avait été autorisé. Donc c’était une nuit historique. Rooftop a beaucoup travaillé pour que le son soit bien diffusé partout sur le toit. C’était magique. C’était une soirée magique.
Le manque de chance que l’on a eu avec le circuit des festivals gays est qu’un grand festival gay nous a programmés en matinée à cause d’un problème d’agenda avec Rooftop. Je ne me doutais pas que tous les autres festivals copieraient ce planning. Du coup on a beaucoup été projetés le matin, ce qui n’était pas bon du tout pour ce film. Parfois je me disais que c’était dû à autre chose : c’est un film très original, à petit budget, sans grandes stars. Mais il y a d’autres facteurs en jeu que cela dans la programmation des festivals gays. Le planning dépend, par exemple, du fait qu’untel, une star de ciné, a daigné nous faire part de sa présence, il y a aussi des problèmes de statuts, de valeurs de production. Les personnes qui programment les films prennent en considération certaines choses que le public ne voit pas. Le public adore le film et y a bien répondu. Pour les festivals qui lui ont donné une bonne heure de diffusion, ça a toujours été une expérience incroyable.
En quoi avez-vous l’impression que les institutions gays (les médias, les festivals de films) ont été bénéfiques pour le film ?
Eh bien, il faut que vous gardiez en tête que tout l’intérêt des festivals est de donner au public quelque chose de différent de ce qu’il voit d’habitude dans le monde commercial. Le monde commercial est un endroit où sept pourcent des films sont réalisés par des femmes.
Je suis rendue à la moitié du bilan de 2011. Dans les six derniers mois, près de dix-sept pourcent des sorties cinéma était réalisées par des femmes. La majorité de ces sorties étaient des documentaires. C’est toujours terriblement déprimant.
Exact. C’est aussi pour ça que les festivals existent, parce que vous ne pouvez pas voir ces films dans le « vrai monde », ha ha ! Les festivals offrent au public quelque chose de différent. C’est difficile. Une productrice avec qui j’avais été à Columbia avait travaillé avec un réalisateur qui avait fait un court-métrage gay : le court-métrage a fait le tour des [festivals]. Et ensuite, elle a travaillé avec un autre réalisateur qui avait fait un court-métrage qui n’était pas homo. Elle m’a dit « Il devrait y avoir un festival pour les réalisateurs hétéros ! ». Et j’ai eu envie de dire « Il y en a, cela s’appelle le monde entier ». [les deux rient] En plus, je n’ai pas trouvé que le second court-métrage était si bon que ça. Mais de toute façon, tout ce système de soutien dont vous parlez existe parce qu’il faut que les gens connaissent ces choses qu’ils ne connaîtraient pas autrement. Donc tout le soutien de la communauté gay ne constitue pas une exposition supplémentaire, c’est juste que vous pourrez voir le film dans votre ville…
Donc au lieu d’être une promotion supplémentaire pour le film, c’est plutôt un égalisateur.
Exact.
J’ai quelques questions sur votre scénario. Vos courts-métrages sont très comiques. Vous commencez par parler des pathologies de ces personnages et cela devient de plus en plus drôle au fur et à mesure et vous les explorez plus profondément. Mais il y a beaucoup moins de pathos dans ce long-métrage. Les gens ne font pas part de leur folie aux autres, mis à part les agents du gouvernement. Pouvez-vous nous parler de la façon dont vous avez appréhendé la dimension comique de ce film, qui se démarque vraiment des courts-métrages ?
Ce film est une comédie romantique. Par définition, nous ne voulons pas suivre une personne folle. Nous voulons nous accrocher à ce personnage et être ravis des événements qui lui arrivent. Cela nous mène à une fin heureuse. L’une des choses qui m’a frappée lorsque je travaillais sur ces thèmes, et pas seulement à propos de la science-fiction, c’est de voir à quel point les films indépendants reproduisent tout le temps les mêmes schémas. Je pense à tous ces vieux films indépendants en noir et blanc où l’on voit toutes ces choses que l’on est habitués à voir : les premiers rendez-vous, les moments où l’on est gêné, c’est quelque chose… Oh, on va recommencer à parler de films gays ! Je dois vous dire que je déteste tous les drames, pas seulement les drames gays. Vraiment. Mais ce que je déteste dans les drames gays c’est qu’il y a toujours ces personnages homophobes ridicules. Et même les homophobes de base du public se sentent supérieurs à eux. Et je pense qu’en rendant tout cela si dramatique, en réalité, vous donnez beaucoup de pouvoir à ces personnes-là. Nous vivons dans une société où il y a eu beaucoup d’avancées mais où elles restent tout de même limitées. Par exemple le mariage gay n’existe pas au niveau fédéral. [On arrive à une période où personne] à New-York, ou ailleurs, ne dirait qu’il est homophobe ou qu’il a des idées homophobes. Étrangement tout dépend de la position sociale de chacun… par exemple nous pouvons regarder Will & Grace et d’autres séries télé et nous identifier à elles. Donc l’homophobie est comme la science fiction, ce sont de vieilles croyances rétro. Avec les agents du gouvernement je voulais créer un personnage [homophobe] qui soit un bouffon, plutôt que quelqu’un de très puissant dont on a peur, parce qu’être homophobe est marrant pour nous, les gens ne croient plus à l’homophobie désormais. Ils ne sont pas d’accord avec ce point de vue.
Mais c’est également satirique. Parfois nous regardons et écoutons ces personnages et pensons que c’est tellement triste et vrai ! Son mariage avec pour thème « sous l’eau », etc : il y a beaucoup d’oppression dans leurs mots. Parfois, vous ne savez pas s’il faut rire ou pleurer. Comment écrivez-vous les répliques pour qu’elles ne soient pas tristes ?
C’est à ça que sert le montage. Je voulais qu’il y ait un contraste. Je voulais que les agents du gouvernement nagent dans le luxe, qu’ils étalent leurs droits. Cela contraste avec Jane et Zoinx qui doivent se battre pour rester ensemble et doivent se séparer. Je voulais ce contraste en plus de ces agents flippants qui suivaient les femmes.
Revenons-en à l’écriture. Comment faites-vous pour que les blagues soient si culottées alors que vous jouez avec les extra-terrestres, ce qui est quand même la fascination enfantine la plus basique ?
C’est intéressant la comédie… Woody Allen dit qu’il tourne deux fois plus de blagues que ce qu’il garde au final. Même si c’est bien à l’écrit ça ne fonctionne pas forcément à l’écran. Ce peut être dû au timing, à l’environnement qui casse la blague, à la direction que prend le personnage et à la manière de jouer des acteurs : ça peut ne pas marcher avec certaines personnes. Pour beaucoup de scènes comiques, le montage est vraiment l’étape la plus importante. Le montage a duré un an. Nous avons réellement fini la veille de notre départ pour Sundance ; nous sommes partis avec notre son et tout. Ce n’est pas que nous avons laissé le temps passer, nous étions vraiment là et continuions à regarder et regarder encore les images. C’était vraiment une étape intense. Lorsque les gens parlent des différences entre les courts et les longs-métrages, les différences en postproduction sont énormes. Je me rappelle ce réalisateur qui disait qu’il avait l’impression que les personnes qui faisaient un long-métrage étaient traitées différemment dans les festivals et par l’industrie, et ce, même si le film n’est pas si bon que ça. Mais faire un long-métrage, même un pas très bon, est très dur.
Pouvez-vous nous parler du fait d’être une femme réalisatrice d’une comédie féministe ?
Doris Dorie a dit que lorsque vous êtes réalisatrice sur le plateau, les gens veulent s’assurer que vous êtes en contrôle total et que vous savez ce que vous faites, mais pour la comédie, savoir ce que vous faites n’est pas la chose la plus productive qui soit au niveau de la création.
La comédie se rapproche de l’accessibilité. L’humour est un langage avec un résultat particulier : les gens rient. J’ai l’impression que la comédie est plus subversive. Vous dites des trucs, les gens y réagissent et ils rient, ils n’ont conscience de l’idée qu’il y a derrière que bien après. On vous nourrit avec des trucs ouvertement politiques alors que la comédie a le pouvoir d’être subversive.
Il y a plus de fonds pour les documentaires que les films. L’importance des documentaires est plus directement visible : ce documentaire sauvera un village, aidera les gens, c’est important et nous avons besoin de votre aide. Tout le monde sait cela. Comprendre l’importance d’un film est plus difficile pour les gens : c’est une histoire inventée. En parlant de comédie, il y a une anxiété générale envers les femmes responsables de films. Tina Fey nous disait dans son livre que les gens venaient tout le temps la voir et lui demandaient à quel point il était dur d’être responsable d’autant de gens. Et elle dit quelque chose comme « Oui, ils posent tout le temps cette question à Donald Trump ! ». Lorsque vous êtes sur le plateau en tant que réalisatrice, vous êtes responsable. Donc il y a beaucoup d’angoisse : est-ce que cette personne est capable de le faire, est-ce qu’on peut avoir confiance en elle, est-ce qu’elle sait ce qu’elle fait ?
Et un truc sur la comédie : c’est que vous repartez de zéro à chaque fois. Vous vous concentrez vraiment sur un truc et vous vous dites « c’est nul, ça ne fonctionne pas, ce n’est pas drôle ». Avec la comédie vous devez vous débarrasser de trucs. Je pense que le drame a plus de marge parce que vous n’êtes pas obligé de faire pleurer les gens dans chaque scène. La comédie a un résultat très particulier et l’on voit clairement quand cela fonctionne ou non. Pour moi, douter, savoir écouter : c’est ça la comédie. Il ne s’agit pas de prendre une position autoritaire. Je pense que les gens sont plus à l’aise avec les personnes autoritaires. Je pense qu’avoir une réalisatrice modeste qui s’efface et qui dit tout le temps « C’est nul ! Je suis nulle ! » – ce que font les comiques, ils disent « je suis nul » – est assez anxiogène pour les [financiers] qui ont investi neuf millions de dollars dans le film.
Je ne pense pas que vous puissiez séparer la réalisation des autres formes d’art lorsque vous dîtes vouloir [voir plus de femme en position de pouvoir]. Tout le monde veut devenir un artiste, tout le monde veut faire un film. Au bout d’un moment, lorsque cela deviendra un boulot pourri comme assistant d’infirmière ou assistant de professeur, alors il y aura plein d’opportunités pour les femmes ! L’art est censé être le miroir de la société. Donc, à mon avis, l’art montre comment la société elle-même fonctionne.
Vous pouvez trouver des tas de raisons à l’inégalité. Vous pouvez en trouver, mais la seule raison est l’iniquité : les gens qui ont le pouvoir ne veulent pas le donner à ceux qui ne l’ont pas.
Vous filmez de manière très réelle. Vous essayez de ne pas vous appuyez sur trop d’équipements et de personnes. Qu’est-ce qui est primordial pour faire en sorte de bien filmer pour vous ?
Il faut que j’aie un plateau centré sur les acteurs. Le jour où Mike Tully était sur le plateau [note de la rédaction : Madame Olnek a mentionné votre nom puisqu’elle savait où cette interview serait publiée], nous n’avions loué l’endroit que pour un jour. C’est dur. Il y a des scènes que je répète encore et encore. Je ne veux pas partir tant que je n’ai pas ce qu’il me faut. J’essaye de faire en sorte que tous les endroits soient des lieux sur lesquels je puisse revenir, pour qu’il y ait plus de richesse dans les jeux d’acteurs. Mon style en tant que réalisatrice évolue encore, mais c’est de cette façon que je travaille : nous nous relions directement à la caméra pour le son, et nous n’utilisons pas d’objectifs supplémentaires. Je pense juste qu’ajouter des trucs prend plus de temps et relâche l’attention portée aux jeux des acteurs et aux matériels. Nous avons commencé à tourner certaines scènes avec des lumières et nous avons fait quelques suppléments sans : la différence n’était pas notable !
La chose que je déteste le plus sur les grands plateaux c’est que lorsque vous avez plein de personnes, il y a toujours quelqu’un qui mange des chips pendant qu’un acteur qui joue devant la caméra a faim. Vous savez ce que c’est d’avoir faim et de voir quelqu’un ouvrir un paquet de chips délicieusement parfumées. C’est logique que cela arrive parce que les gens s’ennuient et restent là pendant ces prises sans fin. Mais lorsqu’il y a un fossé entre les personnes fournissant un effort et les autres et qu’elles sont sur un niveau différent d’énergie et d’activité, alors, là, vous avez des problèmes. C’est ce que j’essaye d’éviter, avec une réussite variable.
On tourne beaucoup. Je ne sais pas si je pourrais être sur un plateau où l’humour est imposé, du genre : « Nous allons faire trois prises pour chaque scène ». Que se passe-t-il si je fais trois prises et qu’aucune d’entre-elles n’est drôle ?
Un jour sur mon plateau tout le monde croyait que la journée se passait très bien parce que l’on était dans les temps. Je savais que ça n’allait pas bien du tout. Rien ne m’avait fait rire de la journée. Cette idée d’efficacité prend un sens différent avec la comédie. Pour certaines personnes cela veut dire tout mettre en boîte. Mais qu’en est-il du potentiel comique ? Cela doit aussi entrer en compte.
Lorsque vous travaillez avec votre petite équipe, comment faites-vous pour vous donner le temps d’être vraiment concentrée sur le jeu des acteurs et de ne pas vous soucier des autres détails ?
Cela aide d’être minimaliste et d’être physiquement proche des acteurs, de ne pas être qu’une réalisatrice derrière un écran. Ça vous aide à faire confiance à votre petite voix intérieure et calme tous ceux qui vous détestent, ce qui signifie quasiment tout le monde sur le plateau à ce moment-là. Sur chacun de mes plateaux, je suis la plus haïe des personnes techniques.
Il faut vous rappeler : tous les autres qui travaillent sur le film, une fois que le tournage est terminé, ils rentrent chez eux et sont libres. En gros, vous êtes mariés à ce tournage. Vous passerez dix milles heures avec ce tournage. Tout ce que vous n’avez pas demandé ou n’avez pas réussi à obtenir va revenir vous hanter encore et encore. Vous allez le visionner, le monter, vous allez le doubler en cassette, vous allez passer des heures à tout refaire pour être sûr que tout fonctionne parfaitement, vous allez l’emmener aux festivals, vous allez voir ce film des centaines de fois. Tous ceux qui sont si catégoriques sur le plateau, ils ne se marient pas avec le film comme le fait le réalisateur. Les gens étaient troublés les jours où je me repassais certaines scènes encore et encore : ces scènes je suis tellement fière de ce que j’en ai obtenu. J’ai fait le choix avec Space Alien de ne pas prendre un bout de scène par ci par là. Je voulais que les acteurs incorporent de manière organique les remarques que je leur faisais pour chaque scène, pour que ce ne soit pas un montage à la Frankenstein. Je voulais qu’ils ressentent le rythme. Cela a fait une grande différence. Même si vous tournez pendant un mois comme Woody Allen, ce n’est jamais qu’un mois. Ensuite ce film existe pour des années ! Les gens sur le plateau vont dire « Oh, il est dix-sept heures ». Savez-vous combien de dix-sept heures vont passer le temps que vivra ce film ? En tant que réalisateur vous êtes seul. Tout le monde part. Même s’ils sont stressés, vous êtes celui qui vit avec le film et avec ce qu’il se passe sur le plateau.
Comment évaluez-vous financièrement votre temps ?
Je travaille avec des volontaires. Donc, clairement cela diminue l’endurance des gens. Voilà ce qui arrive toujours : les gens s’embarquent là-dedans parce qu’ils connaissent et aiment mes films. Au fur et à mesure de l’avancement je reste moi : je suis la même personne ayant fait ces films avec ce processus de doutes. Mais au bout d’un moment les gens pètent un plomb, excepté les acteurs. Je fais comme si j’étais à une soirée et qu’ils étaient les seuls personnes qui m’importaient. Et ils sont à fond dedans. Leur énergie m’alimente. Il y a des nuances dans le jeu d’acteur que les gens ne voient pas lorsqu’ils sont concentrés sur autre chose, et l’équipe est concentrée sur autre chose. C’est leur travail.
Est-ce qu’avoir une petite équipe garde cette énergie sous contrôle ?
Puisqu’il s’agit juste de deux-trois personnes qui regardent, la productivité est meilleure et les gens perdent moins de temps. Mais je travaille toujours à être plus efficace. Je suis fascinée par les réalisateurs qui travaillent avec une équipe de trois personnes. Ce serait mon idéal.
Répétez-vous ?
Nous répétons beaucoup. Surtout pour les scènes de danse.
Avez-vous peur de perdre la fraîcheur du scénario ou du potentiel comique lors des répétitions ?
Non. Plus on le répète plus cela sera profond.
Est-ce que cela vous vient de votre expérience théâtrale ?
Oui. Il faut être prudent au théâtre. Peut-être que les gens font une bonne première lecture du scénario et puis au fur et à mesure cela tombe en morceaux, mais si vous allez plus loin cela devient plus profond. Les gens ont des problèmes s’ils répètent trop peu, parce qu’alors ils oublient leur première impulsion lors des représentations. Donc la plupart des gens ne s’entraîne pas du tout, ce qui est bizarre quand vous y pensez.
Avez-vous réalisé toutes les pièces que vous avez écrites ?
J’ai toujours réalisé. C’était un problème pour moi. Au fur et à mesure que je grimpais les échelons, on attendait de moi que je me mette de côté et laisse quelqu’un d’autre réaliser, et souvent cette personne ne saisissait pas tout le potentiel comique ou la chaleur de la pièce ou autre. Puisque mon sujet avait de l’importance, on me plaçait là. C’était frustrant. Au théâtre on n’attend pas de vous que vous soyez un scénariste/réalisateur. Au cinéma c’est la norme. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai commencé à travailler sur les films.
Et alors, les films ? Visiblement cela rend votre manière de travailler possible.
Oui, ça la rend possible.
Vous aimez les films new-yorkais des années soixante-dix et quatre-vingts tournés sur pellicule et pourtant vous dites adorer l’esthétique de la vidéo.
La pellicule est belle. La vie est plate. La vidéo est plus proche de la vie, parce qu’elle est plus plate. Si vous regardez autour de ce café on ne dirait pas que cela a été filmé sur pellicule. La lumière est un peu dure, j’ai quelques lumières sur moi, c’est plat et c’est un point de vue de piéton. Je crois qu’Aristote a dit que le drame embellit les Hommes et que la comédie les empire. La vidéo est bien pour la comédie.
C’est une interprétation extrêmement philosophique de la pellicule contre la vidéo puisque beaucoup diraient que la richesse de la pellicule réside dans le fait qu’elle représente mieux la vie et les êtres vivants.
Mais c’est du drame, n’est-ce pas ? « C’est un monde merveilleux. C’est si triste. Quelque chose arrive à cette personne dans ce monde si beau, n’est-ce pas triste ?! ».
Donc vous détestez les drames et vous détestez les pellicules !
Je crois que Stranger Than Paradise est peut-être le film le plus parfait ayant été réalisé. Lorsque j’ai vu ce film, ce fut la première fois que j’ai compris que le cinéma pouvait inclure ce genre de point de vue. Je me suis dit que je pouvais faire un film parce que s’il peut y avoir cette sensibilité-là, alors il y a de la place pour quelqu’un comme moi.
Interview Originale sur le site Hammertonail.com -
Lou Morin a écrit un nouvel article, Lip Service : Interview de l'actrice et chanteuse Heather Peace il y a 12 ans et 3 mois
Heather Peace a eu pas mal de succès dans sa carrière mais l’actrice est vraiment entrée dans nos cœurs de lesbiennes grâce à la série télévisée écossaise Lip Service. Elle y interprétait la détective Sam Murray, la flic sexy, qui était à la fois dure et tendre. Alors que la série s’est arrêtée après la seconde saison, Heather Peace, elle, est restée dans notre viseur. Toute nouvelle en tant que chanteuse/compositrice, Heather a sorti, en 2012, son album Fairytales. Cette sortie a été suivie par une tournée à guichets fermés au Royaume-Uni et en Australie. L’actrice out joue actuellement dans la série populaire de BBC1, Waterloo Road. Elle y tient le rôle de Nikki Boston, une enseignante également lesbienne. Waterloo Road vient de donner le coup d’envoi de sa dixième saison et Heather a pris un peu de temps pour nous parler de Nikki, son personnage et de son tout nouvel album qui sortira au printemps.
Dans la dernière saison de Waterloo Road, votre personnage, Nikki, a eu une sacrée surprise lorsque sa fille (Eve) qu’elle avait abandonnée des années auparavant se met à la rechercher. En quoi cela a-t-il affecté Nikki ?
L’arrivée de la fille de Nikki a vraiment bouleversé son monde. Elle fuit réellement les problèmes lorsqu’ils sont personnels et je pense qu’elle devrait peut-être envisager une thérapie pour gérer cela ! Elle a transféré tous ses instincts maternels vers Kacey Barry, avant et après qu’Eve la retrouve, lors de son entraînement de boxe. Si Nikki répondait à cette question, elle ne dirait pas que leur relation a à voir avec ses sentiments maternels. D’où la thérapie.
Eve était assez anéantie la dernière fois qu’on l’a vue : elle apprenait la raison de son abandon par Nikki. Y a-t-il au moins une possibilité d’évolution de la relation entre Nikki et Eve ?
Oui, sans aucun doute. Elles essaient vraiment de construire leur relation. Il y a des scènes vraiment poignantes, que je trouve vraiment géniales, un peu plus loin dans la série entre Nikki, Eve et la nouvelle partenaire de Nikki. J’étais contente que Waterloo Road montre toute cette situation parce que cela n’a pas encore vraiment été exploré à la télévision au Royaume-Uni.
À la fin de la dernière saison, il y avait de belles étincelles entre Nikki et Vix, la sœur de Sue. Pouvez-vous nous dire quoi que ce soit sur une éventuelle relation entre ces deux-là dans la saison dix ?
La série commence avec ces deux-là ensemble et elles semblent très heureuses. Cela amène Nikki à faire part de sa sexualité avec sa classe et encore une fois, je suis vraiment fière de cette scène, je trouve que c’est très bien fait. Mais bien sûr c’est une série dramatique donc le chemin qui mène à l’amour n’est jamais sans embûche. Je pense que Nikki souffre d’un peu d’homophobie intériorisée. Elle n’est pas sûre d’elle-même, ce qui ne la rend pas claire sur la façon dont elle doit se comporter avec le reste du monde vis-à-vis de ça. Tout particulièrement lorsqu’elle doit en parler à Eve et qu’au début elle décide de la renier, elle, ainsi que sa relation avec Vix, au grand désarroi de sa petite-amie. En plus Vix est l’opposée de Nikki, elle est très « couple », elle sait qui elle est et elle en est fière. Nikki a un peu tendance à se mettre toute seule des bâtons dans les roues et nous la regardons malheureusement essayer de bousiller sa seule chance de bonheur. (Thérapie ?)
Vous êtes out depuis un moment déjà et votre carrière se porte très bien. Au cours de ces dernières années, avez-vous remarqué un changement dans la façon dont l’industrie (et le public d’une manière large) perçoit les acteurs et actrices gays et lesbiennes, ou pensez-vous qu’il y a encore des progrès à faire ?
Je ne sais pas vraiment. Ai-je joué un seul rôle hétéro depuis mon coming-out ?! Mais bon, peut-être que je ne cherche pas trop non plus puisque j’ai joué des rôles hétéros les douze premières années de ma carrière et que j’apprécie les rôles que j’obtiens en ce moment. Je pense que les choses changent de manière générale, dans les attitudes des gens. Il y a de plus en plus d’acteurs out à la télévision, donc avec un peu de chance ça continuera dans ce sens-là et je suis contente de faire partie de cette industrie au fur et à mesure de ces changements.
Vous n’êtes pas seulement une actrice populaire, vous êtes également une musicienne talentueuse. Votre nouvel album sortira au printemps et vous avez des tournées prévues au Royaume-Uni et en Australie. Comment gérez-vous ces deux carrières ?
Je me suis toujours dit : si tu ne sais pas quelle décision prendre alors ne te force pas à en prendre une, la réponse viendra d’elle-même. J’ai été actrice et chanteuse pendant trois ans et je savais que lorsque je devrai me concentrer uniquement sur un aspect de ma carrière alors cela deviendrait clair. C’est ce qu’il s’est passé. Je veux que mon deuxième album soit le meilleur possible et je ne peux le faire que si rien d’autre n’occupe mon attention. C’est pour cela que j’ai pris la décision de quitter Waterloo Road pendant ce temps-là. J’écrivais le soir pendant le tournage, mais je n’arrivais pas à être parfaitement satisfaite de ce que je faisais parce que, dans la journée j’apprenais mes répliques et je tournais beaucoup. Dès que j’ai arrêté et que je me suis concentrée sur la musique, les chansons ont commencé à venir. La créativité a besoin d’espace, elle ne peut pas avoir de contraintes de temps. Certaines chansons s’écrivent en une heure, pour d’autres il faudra que je travaille pendant des mois. Tout le monde de Waterloo Road me manque mais je suis super excitée par les nouvelles tournées et j’ai très envie d’aller en Australie.
Qu’est-ce-que les fans peuvent attendre de ce nouvel album ?
Il est beaucoup plus entraînant que le premier, probablement un peu plus pop et funky également. Nous avons un producteur génial, James Lewis, qui enregistre d’une manière très classique avec d’anciens micros, des amplis à lampes, en passant le son d’un micro à l’autre ; un peu comme ils faisaient dans l’ancien temps ! Donc c’est une impression très crue, très directe et intime. Je suis très fière des chansons et j’ai l’impression d’avoir beaucoup avancé et appris en tant qu’auteure. J’ai passé de merveilleux moments dans le studio à faire l’album et j’ai hâte que les gens l’écoutent.
Félicitations pour vos récentes noces ! Voudriez-vous partager un peu de cette journée particulière avec nous ?
Nous avons célébré notre PACS dans un magnifique kiosque à musique à Brighton Beach, ma ville natale. Et puis nous avons fait un barbecue et une bonne vieille soirée avec la famille et les amis proches et une relation intime. Le meilleur jour de ma vie. Je le recommande carrément.
Beaucoup de fans font encore le deuil de Lip Service, moi incluse. Sam Murray était si complexe et fantastique et ce fut tellement décevant de ne pas voir son personnage évoluer sur une autre saison. L’alchimie entre Sam et Lexi était si intense. Si vous aviez pu choisir, quelle fin auriez-vous donnée à Sam ?
Oh mon Dieu, ça remonte à un bout de temps maintenant. Une fin heureuse, sans aucun doute, c’était une personne tellement bonne. Sam Murray mérite un mariage, des enfants et une super promotion dans son travail. Après un peu d’agitation bien entendu. Oh, et une thérapie !
Interview Originale sur le site Afterellen.com -
Lou Morin a écrit un nouvel article, Interview de la comique et interprète lesbienne Karen Williams il y a 12 ans et 3 mois
Karen Williams était l’une des stars de Laughing Matters, et son one-woman show, I Need a Snack, a été diffusé sur Logo. Elle vit actuellement dans la région de Cleveland, enseigne la comédie à l’Université de Cleveland et est également la présidente et directrice de l’HaHA Institute (Institut international de l’humour et de la médecine douce). Lesbian Life a rencontré Karen lors de sa participation à une croisière d’Olivia. Nous avons parlé de son parcours en tant que comique et en tant que personne, de la religion qui l’a aidée à surmonter des obstacles et des changements qui ont eu lieu ces 25 dernières années.
Parlez-moi de l’HaHA Institute.
C’est mon bébé. L’institut international de l’humour et de la médecine douce, affectueusement appelé HaHA Institute est un institut virtuel, ce qui signifie que j’ai installé un atelier à l’arrière de ma maison. Occasionnellement j’organise des événements dans cet atelier. Tout se fait en ligne : les gens réservent en ligne pour faire tous types d’ateliers liés à l’humour. Il y a par exemple les ateliers humour et soins, humour et gestion du stress au travail, humour et écriture, et même rions sur le sexe. Je donne des cours de one-man show à l’université de Cleveland, donc je fais aussi de la comédie élémentaire.
Les gens m’embauchent pour aller dans leur société ou leur entreprise, dans les lycées, les universités pour faire ces ateliers.
Vous êtes bien occupée alors ?
Parfois plus que d’autres. Bien que je donne beaucoup de cours, parfois l’institut peut prendre 60% de mon temps. Je peux faire un atelier sur une demi-journée avec le personnel d’un collège communautaire. C’est un entraînement à l’humour et à la diversité. J’ai une formation classique : j’ai un diplôme en apprentissage et développement de l’adulte. J’ai également un diplôme en gestion de la diversité.
Je suis sûre que ça paye mieux que le circuit de la lesbienne comique…
Pas nécessairement. Je suis quasi au top en tant que célébrité lesbienne. Donc je me débrouille bien en tant que comique lesbienne. Et « bien » est, bien évidemment, relatif. Je vis à Cleveland, je ne vis pas à Laguna Beach. [rires] Nous avons tous des capacités différentes. Je suis l’aînée de sept enfants et l’une de mes sœurs dit : « Elle nous ferait une montagne pour un dollar ». Et c’est vrai que j’utilise vraiment bien mon argent. Mes enfants sont grands maintenant et j’ai huit petits-enfants. Certains d’entre eux sont à l’université. C’est tellement excitant d’avoir autant de choses dans ma vie.
Vous faites ça depuis 25 ans. Est-ce plus facile ou plus difficile d’être drôle après si longtemps ?
Je dois dire que je suis dans de bonnes conditions avec mon jeu. Je veux dire que je suis arrivée à un plateau, mais le mot plateau semble immobile. Mais cela ne l’est pas. Cela signifie juste que je suis vraiment à mon top concernant ma confiance sur scène et mon confort avec le public et moi-même. Je me sens vraiment à l’aise avec ma vie et où j’en suis rendue, ce que j’ai à partager, mon capital-drôlerie, tout cela. Cela rend les représentations délicieuses. Je suis dans une phase délicieuse.
Je n’avais jamais vraiment pensé à ça. Vous avez probablement dépassé le stade du « Suis-je drôle ? ».
Eh bien, en fait, je ne suis jamais passée par ce stade-là. Je suis, en revanche, passée par le stade que toutes les personnes lesbiennes, gays et transgenres connaissent : « Où est ma place ? Ok, je fais de l’humour lesbien, comment cela sera-t-il accepté ? ». Nous qui sommes sur scène depuis un moment, nous voyons les nouveaux comiques arriver, et ils traitent les mêmes sujets que l’on a déjà traités. Je pense que, d’une certaine façon, on se plonge dans le lesbianisme lorsque l’on commence et en grandissant et en améliorant notre jeu nous couvrons une plus grande palette de sujets et nous n’avons pas à rester bloqué dans la vie lesbienne. Ça devient simplement une partie de ma vie et non pas ma vie en elle-même.
Votre humour est drôle, mais il fait également réfléchir. Pensez-vous que votre humour puisse avoir un impact social dans n’importe quel sens que cela soit ?
Je ne peux pas vraiment dire que je le vois de cette façon. On me dit que les gens trouvent mon travail pertinent, qui fait réfléchir, ce genre de choses : « En vous écoutant, cela m’a fait réfléchir ». Fondamentalement, pour moi, les one-man shows, sont ma sortie, ils sont mon moyen, en tant qu’artiste, de m’exprimer. Donc quand je monte sur scène c’est parce que je suis trop pleine et que j’ai l’impression d’avoir tellement à partager. Cela concerne des choses auxquelles je pensais, des choses que je voulais partager. Quand je monte sur scène je suis juste « boum » et je veux que tout sorte.
Je me considère un peu comme une nouvelle femme. Je pense à des trucs, je n’accepte pas simplement le monde comme il est. Je pense que les gens apprécient ce genre de stimulations.
C’est également un moyen de se défouler ?
C’est moi, complètement. Je fais toutes les choses que j’adore. Je peux porter des vêtements de folie, avoir une coiffure folle, je peux dire des trucs fous. Vous savez que je me considère comme une banlieusarde/citadine et je retourne à ma petite vie de banlieue, avec mes voisins qui ne m’ont jamais vue jouer. Voir le spectacle sur Logo était super pour moi parce qu’en allant dans mon supermarché je croisais des gens qui me disaient « Je zappais et puis je vous ai vue à la télé ».
Quelle est votre démarche dans l’écriture ? Que faites-vous pour être prête pour votre spectacle ?
Comme la plupart des comiques, je suis très observatrice. Nos sens sont à l’affût. J’ai des trucs que je sais drôles. Tout le processus d’amélioration tient à une bonne structure, il faut une structure et ensuite pouvoir être libre dans cette structure. Donc c’est surtout comme ça que je procède.
Concernant la préparation, si je sais que je travaille le jeudi, je commence à écrire des trucs, je les mets en ordre et après je m’amuse avec en quelque sorte.
Qu’est-ce qui a changé en 25 ans ?
Certaines choses que je dis peuvent être identiques ou similaires, mais c’est la manière dont je les dis qui change. Je peux balancer beaucoup plus de choses, je ne suis plus autant attachée aux mots que je l’étais. Vous comprenez ça en tant qu’auteure et à la base je suis une auteure. Je pense qu’au fur et à mesure que j’évolue en tant que personne, qu’être humain, mon travail évolue. Avant j’étais plus recluse dans ma façon d’être avec les gens, j’étais solitaire. Je me suis nourrie de cela : en tant qu’artiste cela vous est possible. Si vous voulez vraiment être solitaire, soyez artiste parce que vous pouvez vous enfermer dans votre bulle. Mais en évoluant en tant qu’artiste et en tant qu’être humain, j’ai eu davantage le désir de communier avec les gens, avec mon public. Et puis des gens m’ont dit « Vous êtes plus chaleureuse, vous êtes plus drôle, nous vous ressentons davantage ». Et c’est une bonne chose.
Vous êtes bouddhiste n’est-ce pas ? Comment cela entre-t-il en compte dans votre travail ?
Je suis bouddhiste de Nichiren. Beaucoup de personnes sont au courant grâce à Tina Turner. Nous invoquons Nam-myoho-renge-kyo. Elle était dans les environs quand j’ai commencé. Nous pratiquions près de Los Angeles ensemble. Ça fait presque quarante ans maintenant que je pratique le bouddhisme. C’est ici que tout le travail d’évolution intervient : je réalise que ce n’est pas suffisant d’être une bonne artiste, il est encore plus important d’être une bonne personne. J’ai ce don et c’est quelque chose pour lequel je prie « Comment puis-je toucher les gens ? Comment puis-je nous unir ? ».
L’humour américain est traditionnellement fait de répliques cinglantes. Donc le truc avec les femmes comiques lesbiennes c’est que nous pouvons nous donner de la puissance entre nous. C’est comme tout. Les médicaments ont une maladie type, et bien maintenant il est temps d’avoir un exemple bien-être. L’humour américain avait pour modèle des répliques cinglantes, négatives, sarcastiques et nous sommes en train de dire « Hey, et si nous avions une sorte de responsabilité envers l’humour également ». Pourquoi ne pouvons-nous pas tous nous sentir bien, une fois cela finit. Au lieu de rester là à avoir l’impression d’avoir été dénigré.
Je veux faire ressortir Bouddha des gens lorsque je les amène à rire. Je prie avant de monter sur scène, peu importe le temps que je passe sur scène, je prie pour apporter de la joie aux gens. Et ensuite je me sens si comblée et les gens ont l’impression d’avoir été touchés.
Quels sont vos endroits préférés pour jouer ?
Les endroits où l’on me paye. [rires] Je n’aime pas forcément les trucs à l’extérieur à cause de la portée de la voix mais j’ai tout fait. Jouer sur des croisières est un luxe, c’est un environnement fantastique avec un public très réceptif. Donc, c’est génial.
Travaillez-vous toujours dans des boîtes hétéros ?
Pas vraiment, mais avec mon travail à l’institut, je fais tous types de travail. Mais je ne reste jamais longtemps dans les boîtes, parce que je ne fume pas et ne bois pas.
Il y avait une communauté lesbienne présente assez tôt pour pouvoir quitter les boîtes ?
Oh, tout à fait. Nous étions en plein essor, c’était les années 80 : il y avait la ligue de San Francisco contre le viol des femmes et autres trucs du genre. Je fais toujours des trucs comme ça : du travail contre la violence.
Je suis en plein milieu d’une tournée qui représente ma victoire contre la violence. Cette tournée s’appelle Humour et Soins, la Libération de la Peur. Elle est dédicacée à la victoire contre la violence sexuelle. Peu importe la ville dans laquelle je joue, je me rends toujours dans un refuge contre les violences, un refuge pour les femmes battues, un centre pour les viols, et je fais des ateliers gratuits d’humour et soins. Ça fait partie de la tournée.
Cela apporte davantage d’activisme et c’en est le point de départ. Alors que nous nous battons pour le mariage gay et tout cela, les statistiques sur les agressions sexuelles atteignent des sommets.
Oui, et dans notre communauté. Juste pour cette année, je ne peux même pas vous dire le nombre d’agressions de lesbiennes dont j’ai entendu parler.
L’une des choses que j’apprends avec la pratique du bouddhisme c’est que c’est une chose d’essayer de vaincre tout ce qui est autour de nous, mais tant que nous n’avons pas vaincu les pulsions que nous avons à l’intérieur de nous, il est très très difficile de combattre les éléments extérieurs. Je ne peux pas m’en prendre à vous, il faut que je regarde en moi et que je comprenne ce qui me fait ressentir que c’est vous le problème. Et après il faut faire quelque chose pour dompter ces pulsions et pour les rediriger. La beauté de l’art est que nous pouvons faire cela.
Interview Originale sur le site Lesbianlife.about.com -
Lou Morin a écrit un nouvel article, Concussion : Interview de Robin Weigert, l'interprète d'Abby il y a 12 ans et 7 mois
Robin Weigert n’est peut-être pas encore un nom connu mais il devrait. L’actrice a eu des rôles dans beaucoup de nos séries préférées comme Grey’s Anatomy, Chicago Fire, Sons of Anarchy et bien d’autres. E […]

-
Lou Morin a écrit un nouvel article, Rizzoli & Isles : Interview de Sasha Alexander, l'interprète de Maura Isles il y a 12 ans et 10 mois
C’est une nouvelle saison où l’on retrouve les petits regards complices, le sport, les conseils vestimentaires et, bien sûr, les arrestations de quelques méchants.
Oui, c’est une nouvelle saison de Rizzoli […]
-
Lou Morin a écrit un nouvel article, Work Out : Interview de la sportive Jackie Warner il y a 13 ans et 5 mois
Cet été, Work Out, la nouvelle série réalité de la chaîne de télévision Bravo, présentait une relation lesbienne des plus réalistes – et dysfonctionnelle – jamais vue à la télévision. La star des 6 épisodes de ce […]

-
Lou Morin a écrit un nouvel article, Rizzoli & Isles : Interview de l'actrice ouvertement lesbienne Deborah Stewart il y a 13 ans et 6 mois
Qu’obtenez-vous en mélangeant une actrice lesbienne populaire avec une émission très centrée autour de deux femmes fortes avec une tension sexuelle évidente – et malheureusement ignorée – ? Nous le découvriro […]

-
Lou Morin a écrit un nouvel article, The Newtown Girls : Interview de Natalie Krikowa, Debra Ades et Renee Lim il y a 13 ans et 6 mois
Il est jeudi soir et je suis à The Bank, l’institution lesbienne renommée de Newtown, en train d’attendre l’interview avec Renee Lim et Debra Ades – deux actrices de la websérie lesbienne australienne, The Newt […]

-
Lou Morin a écrit un nouvel article, Carole Roussopoulos, Une Femme à La Caméra il y a 13 ans et 6 mois
À travers des témoignages d’époque et d’aujourd’hui, la vie de la vidéaste Carole Roussopoulos, pionnière de la vidéo légère et féministe qui se battait pour donner la parole aux minorités ne pouvant s’exprimer.

-
Lou Morin a écrit un nouvel article, The Herstory Of The Female Filmmaker il y a 13 ans et 6 mois
The Herstory Of The Female Filmmaker est un documentaire animé et muet de Kelly Gallagher retraçant l’histoire de la réalisation féminine sur fond musical.

-
Lou Morin a écrit un nouvel article, Tierra De Lobos : interview de Berta Hernandez, l’interprète de Cristina il y a 14 ans et 1 mois
Nous continuons notre interview en deux parties avec la talentueuse Berta Hernandez, l’interprète de Cristina dans la série espagnole Tierra de Lobos (TDL) diffusée sur Telecinco. Cristina est une prostituée qui séduit Isabel Lobo afin de prendre sa revanche sur le père d’Isabel, Antonio Lobo, mais elle finit par tomber amoureuse. Comme je l’ai suggéré dans notre précédente interview avec Adriana Torrebejano (Isabel), vous pouvez aller sur ce site web fait par des lecteurs d’AfterEllen.com pour voir le début d’un projet de traduction Espagnol-Anglais.
Crisabel a récemment gagné le prix AfterEllen.com du « Couple le plus mignon ». La victoire a rendu très heureux les fans de Crisabel et a fait découvrir Tierra de Lobos à beaucoup de lecteurs qui ne connaissaient pas la série. Qu’est-ce qui selon vous fait de l’effet sur autant de gens dans le couple Crisabel ?
À partir du moment où l’histoire fut conçue, nous avons essayé d’être très subtiles avec ça. Nous voulions avoir une approche affective, mais plus que tout, très respectueuse. D’un côté, je pense que les auteurs ont été vraiment minutieux dans l’écriture, et d’un autre côté, Adriana et moi en avons longuement discuté. Nous avons parlé des personnages et de ce que l’on voulait que les téléspectateurs ressentent en voyant l’évolution d’Isabel et Cristina. Notre but était, pas seulement d’avoir une audience gay, mais aussi de faire en sorte que tous les gens qui regardent la série tombent amoureux en même temps que nous. Nous voulions qu’ils comprennent combien il était facile pour ces deux femmes de continuer à s’aimer, en dépit de l’époque à laquelle elles vivent et de tout ce qu’elles endurent. C’est l’amour dans sa forme la plus pure… C’est dur d’imaginer quelqu’un qui ne serait pas ému par tant de passion.
Les deux premières saisons de Tierra de Lobos n’ont pas révélé grand chose du passé de Cristina. Que savez-vous de ses origines et de comment elle a fini dans une maison close ? Pensez-vous que sa relation avec Isabel soit sa première relation homosexuelle ?
Je ne connaissais pas non plus ces détails lorsque j’ai commencé à travailler sur le personnage, donc j’ai inventé une petite histoire avec quelques faits importants de sa précédente vie. Cristina est une fille du Sud, d’Andalousie, ce qui n’est pas très loin de là où est tourné Tierra de Lobos. Sa vie n’a jamais été facile. C’était une orpheline qui a fuit son village, c’est comme ça qu’elle est arrivée à Tierra de Lobos. Elle n’avait pas d’autres choix que de travailler dans la maison close, où elle a quand même été chanceuse, parce que Lobo s’est pris d’affection pour elle et durant les dernières années elle a été sa régulière. Ça veut dire qu’elle était sollicitée exclusivement par Lobo. Cristina a été avec beaucoup d’hommes, principalement pour l’argent. Pour elle, le sexe a toujours été un travail, parfois un jeu, jusqu’à ce qu’elle rencontre Isabel et ait sa première expérience avec une femme… c’est là qu’elle a découvert ce que le sexe avec sentiments signifiait.
Beaucoup des relations de la série sont axées sur un amour interdit. Pensez-vous que l’histoire de Crisabel est traitée différemment parce qu’elle représente deux femmes plutôt qu’un homme et une femme ?
Je crois que, dans cette série, ceux qui sont amoureux souffrent. Peu importe que vous soyez hétéro ou homosexuel. Quiconque tombe amoureux est condamné à souffrir. C’est naturel que ce genre de choses soit scandaleux, considérant la période à laquelle la série a lieu. Malheureusement, c’est encore le cas pour certaines personnes de nos jours. Peut-être que les tourments qu’ils nous ont fait vivre sont un peu plus extrêmes (comme la torture au couvent, ou toutes les fois où j’ai eu un pistolet pointé sur la tête), mais je ne pense pas que César et Almudena ont moins souffert, ni Nieves et Aníbal. Chaque couple a souffert à sa façon. Il n’y a pas d’histoires amoureuses faciles à Tierra de Lobos, mais l’amour est l’amour, et notre histoire n’est pas traitée différemment des autres.
Quand avez-vous su que Cristina séduirait Isabel pour prendre sa revanche sur Lobo ? Qu’en avez-vous pensé ?
Pour Cristina, Isabel était un jeu depuis le tout début. C’est un flirt, elle aime charmer et séduire les gens, être continuellement regardée. Elle se sent puissante en utilisant cette arme, et par-dessus tout, elle se sent confiante. Quand Lobo l’a reniée, elle avait déjà eu la chance de croiser deux ou trois fois Isabel, où juste quelques regards et mots avaient été échangés. Elle pensait qu’Isabel serait une cible facile et elle aimait jouer avec elle. Elle savait qu’une des choses les plus importantes pour Lobo était son honneur, tout spécialement l’honneur de sa famille. Il n’y aurait rien de pire pour lui que d’avoir son honneur salit. Une prostituée [couchant] avec sa fille, sa prostituée [couchant] avec sa fille… ça l’aurait détruit. Mais son plan n’aurait pas pu tourner pire (ou mieux), parce qu’elle a été prise à son propre piège.
Quand, selon vous, Cristina est-elle tombée amoureuse d’Isabel au lieu de l’utiliser contre Lobo ?
Je ne pense pas qu’elle savait où ce petit jeu allait l’amener, ou jusqu’où ça irait. Elle a juste fait avec. C’est vrai, qu’au début, la stratégie était de l’utiliser pour rendre la pareille à Lobo, mais… elle est tombée amoureuse. Je ne pourrais pas vous dire lors de quel regard elle est tombée amoureuse d’Isabel, mais je sais que la première fois qu’elles se sont embrassées et ont fait l’amour, c’était aussi la première fois pour Cristina. Elle était maladroite et nerveuse, comme si elle n’avait jamais été avec personne avant, et n’oubliez pas que l’on parle d’une prostituée. Il y a un moment dans une scène dans la forêt où je lui dit ça, que toute ma vie j’ai été entre des mains d’hommes, et que personne ne m’a jamais traitée de la manière qu’elle le fait, ni que personne ne m’a jamais regardée de la façon dont elle le fait… Cristina n’a pas besoin de prendre autre chose en compte. Peu lui importe si c’est un homme ou une femme ; c’est beaucoup plus simple que ça. La seule chose qu’elle veut c’est être aimée, et Isabel lui donne tout ce dont elle a besoin. C’est quelque chose de tellement simple mais tellement essentiel. Je crois que dans le fond, tout ce que l’on recherche dans la vie c’est de ressentir ce genre d’affection.
Qu’aimeriez-vous que les gens vous demandent à propos de Cristina ou de votre expérience en tant qu’actrice interprétant son personnage ?
J’aime quand les gens sont curieux de l’évolution du personnage, à propos des changements drastiques pour passer de la femme-gardée de Lobo au fait de tomber amoureuse de sa fille. J’aime parler de mon expérience d’actrice interprétant ce personnage passionné, ainsi que transmettre ma joie de donner vie à Cristina. Donc demandez, demandez…
La dernière fois que l’on a vu Cristina elle avait été frappée, inconsciente, à la maison close alors qu’Isabel était envoyée chez elle, chez son père où elle a appris qu’elle pouvait soit retourner au couvent soit se marier. Que pouvons-nous attendre de votre personnage dans la saison trois ?
Je ne peux rien révéler, mais…pour ma part, vous pouvez vous attendre à un peu plus d’amour, de souffrances, de bonheur et de batailles. Émotions, émotions, émotions.
Si vous pouviez écrire l’histoire de Crisabel, qu’aimeriez-vous qu’il se passe pour ce couple et pour votre Cristina ?
J’adorerais qu’elles soient heureuses. Qu’elles puissent profiter de leur amour comme n’importe qui d’autre qui aime et est aimé en retour. Je souhaiterais qu’elles puissent avoir des projets d’avenir et faire partie de la société avec la même acceptation que n’importe quel autre couple, sans tenir compte de la période.
Comment êtes-vous devenue actrice ?
Depuis toute petite j’étais sûre que je voulais être actrice. Le chemin pour y arriver n’a pas été facile mais… je l’ai fait. [C’était un mélange d’] Education, de ténacité, de persévérance et d’enthousiasme… spécialement ce dernier. J’ai toujours dis que le jour où je perdrais mon enthousiasme, j’arrêterais d’être actrice. C’est une course d’endurance, il faut juste rester dans la course. Vous devez garder les pieds sur terre et avoir le courage de faire ce que vous souhaitez. Après avoir eu mon diplôme des Performing Arts, l’audition pour la comédie musicale de Nacho Cano, Hoy no me puedo levantar, a commencé. Donc j’ai fui Séville et je suis allée à Madrid avec la certitude (et ce merveilleux sentiment que vous avez lors d’une intuition) que je devais être là. Et c’est comme cela que ça s’est passé. Maintenant ça fait presque sept ans que je suis arrivée à Madrid, et tellement de choses se sont passées… le reste a juste suivi.
Êtes-vous en train de travailler sur un autre projet, en dehors de Tierra de Lobos ?
Je suis actuellement engagée dans différents projets, principalement au théâtre. En tant qu’actrice je fais la première d’une pièce au microthéâtre en mars : Pulpa, lechuza o culebra (o en la cama con Andie MacDowell). Ça raconte l’histoire de deux filles qui essayent de parvenir à un accord pour pouvoir choisir le donneur de leur bébé. En février de cette année, je serais également au Garaje Lumiere avec la pièce Futuro 10.0. On a regroupé, dans une sorte de cabaret futuriste, toutes les pièces que nous avons jouées au microthéâtre de décembre dernier. Un autre truc, ces derniers jours je tournais un court métrage (moyen-métrage, en fait. Presque 30min.) à Granada. Je suis le personnage principal du film qui s’appelle El Silencio de Afrodita. Il fera sa première et sera promu dans les festivals partout dans le monde. Et dernièrement je m’essaie à la direction, sous la tutelle de Chos, une directrice de théâtre. Je vais l’aider sur un nouveau projet, Tú no, princesa, avec trois grands comédiens : Jazz Vilas, Andrea Ros et Andrea Masselli ; le scénario est d’Olga Iglesias. C’est un vrai plaisir de faire partie de ce projet.
Cette dernière question fait référence au célèbre projet Six Word Memoir. Si vous ne le connaissez pas, il s’agit d’écrire votre mémoire en six mots. Par exemple, l’humoriste Stephen Colbert a répondu : « Bien, j’ai trouvé ça marrant ». Quel est votre Six Word Memoir ? Quel est le Six Word Memoir de Cristina ?
Cristina : « La vie ne m’a pas laissé choisir » (« La vida no me dejó elegir »)
Berta Hernandez : « Peux seulement dire : merci d’être venu » (« Solamente puedo decir : « Gracias por venir » ») [Note de la traductrice Espagnol-Anglais : C’est un morceau d’une chanson très populaire d’une des artistes les plus célèbres d’Espagne, Lina Morgan. C’était sa façon de remercier le public d’être venu au théâtre].
Questions des lecteurs d’AfterEllen.com :
De Moodified : Pensez-vous que, quelque part, l’histoire d’amour entre Cristina et Isabel, incluse dans une partie de l’histoire, regardée par tellement de gens de différents âges, pourrait aider les relations homosexuelles (les relations lesbiennes en particulier) à devenir quelque chose de parfaitement naturel pour la partie la plus conservative de la société Espagnole ?
La partie conservative de la société Espagnole est vraaaaaiiiment conservative, beaucoup trop en fait. Mais si cette histoire d’amour peut au moins les faire bouger un peu, leur transmettre ou éveiller une certaine émotion… au moins ce serait un pas dans la bonne direction, c’est un début. On doit avancer un pas à la fois, et je pense que l’on est en train de faire un grand pas.
Le personnage de Cristina a subi une certaine évolution à travers la série. Elle est passée d’une femme ambitieuse qui ne se soucie que de son bien-être (apporté par Lobo à ce moment-là), à une femme méprisée prête à prendre sa revanche à tout prix, pour finalement se révéler être une femme vulnérable et amoureuse, une femme suffisamment forte pour ne pas avoir peur de mettre sa propre vie en danger pour sauver celle d’Isabel. À quel point pensez-vous que sa relation avec Isabel a influencé Cristina, et vice-versa ?
Je pense que chacune des deux a donné à l’autre ce petit plus de maturité dont les personnages avaient besoin. Cristina a quelque chose à perdre maintenant, quelque chose pour laquelle se battre. Sa vie serait finie si elle perdait Isabel, parce que maintenant, elle est sa vie. Isabel a aussi découvert l’amour, et quand quelqu’un tombe amoureux, la vie prend un sens différent.
De Dritz : Est-ce que les auteurs savent à quel point l’histoire de Crisabel est importante ?
Ils n’étaient pas au courant de l’impact que cette histoire avait dans le monde jusqu’à très récemment. Adriana et moi avons pris l’initiative de les informer de la portée de cette histoire. Maintenant ils sont au courant… je crois.
De bazuka74 : Où vous voyez-vous (en termes de carrière) dans dix ans ?
Je souhaiterais continuer à m’amuser, apprendre et vivre de ma vie d’actrice. Donc je m’imagine heureuse dans ce que je fais, en train de faire des films, du théâtre, de la TV… Bien plus mature, mais avec le même enthousiasme que lors de ma première fois.
De Cougar : Depuis combien de temps Adriana et vous vous connaissez-vous/êtes-vous amies ?
Adri et moi nous sommes rencontrées lors d’un projet précédent, mais ce fut sur Tierra de Lobos que nous nous sommes vraiment connues. Pour ma part, ça a été l’un des cadeaux de la série, de travailler et apprendre avec elle. Je l’aime et l’admire tellement, je ne pense pas qu’elle le réalise, mais j’ai beaucoup appris à ses côtés. Le tournage d’une scène avec elle fonctionnera à coup sûr, parce qu’elle sait relever les défis dans chaque situation.
De lara2 : Est-ce que votre (exquis) accent Andalou a déjà été un obstacle pour un rôle ? Ou un avantage ?
À chaque fois que mon accent fut un obstacle pour un rôle, on m’a demandé de le changer et je l’ai fait. Pour jouer d’autres personnages, comme le gypsy dans 2 de Mayo, mon accent fut un avantage. Et puis, il y a des séries ou votre accent n’a aucune conséquence. Je préfère travailler avec mon accent naturel, mais si je dois le changer, je n’ai aucun problème à le faire.
De Foxdith : Qu’admirez-vous chez Cristina ? Que n’aimez-vous pas chez elle ?
Ce que j’admire chez Cristina c’est son courage et son honnêteté. Il y a eu des moments où je n’ai pas aimé son attitude de gosse pourrie gâtée, mais je lui pardonnerais n’importe quoi !
Votre passage préféré de Crisabel ?
Mon passage préféré de Crisabel est la scène où nous nous embrassons pour la première fois, lorsqu’Isabel vient dans ma chambre pour me remercier de l’avoir sauvée de l’armée. Je pense que l’on a réussi à transmettre exactement ce que l’on voulait. Ça me touche quand je vois cette scène.
Si vous pouviez donner un conseil à Cristina, quel serait-il ?
Mon conseil pour Cristina, bien que je crois qu’elle le sache déjà et qu’elle pourrait me faire honte (peut-être que c’est à elle de me donner un conseil), serait de suivre son cœur, toujours.
De Kiana94 : Vous êtes une musicienne talentueuse ! J’adore votre voix ! Avez-vous écrit des chansons ? Si oui, quel genre ; des ballades, du rock ? En plus de la guitare, jouez-vous d’un autre instrument ?
Oui j’ai écrit des chansons, un peu… J’adore écrire et mettre ensuite de la musique sur ce que j’ai écrit. Certaines d’entre elles sont plutôt rock, d’autres sont un peu plus relaxantes. J’aime la musique expérimentale, comme le trip hop (Portishead, Massive Attack, Goldfrapp). J’écoute et écrit tout genre de musique, mais j’aime surtout les auteurs-interprètes et particulièrement Joaquín Sabina. Je pense que c’est un poète… un maître. Je joue de la guitare et m’essaie à d’autres instruments, mais je joue juste à l’oreille. Quelques percussions, de la flûte… rien de bien sérieux, c’est mieux si vous ne m’écoutez pas. De plus, je ne le fais seulement qu’en privé, personne ne doit souffrir de mon effronterie. [rires].
De Parker7 : Je sais que vous avez fait beaucoup de comédies musicales. Si vous pouviez jouer n’importe quel personnage dans n’importe quelle comédie musicale (pas de limites sur le registre vocal, le genre etc), qui serait-ce ?
Il y a beaucoup de très bons personnages et comédies musicales… C’est un choix difficile, mais je pense que je choisirais The Emcee de Cabaret.
De fans de Crisabel Fans International (groupe Facebook) : Si vous n’aviez pas continué la comédie, quelle profession exerceriez-vous maintenant ?
Je dois avouer que je suis une accro des papeteries. [rires]. Je le jure ! J’adore être entourée de crayons, de fichiers, de fournitures de bureau… Quand j’étais petite, je pensais que si je ne pouvais pas être actrice j’ouvrirais une papeterie-librairie avec une estrade et j’aurais fait des lectures dramatiques et des concerts acoustiques. C’est une idée qui ne m’a pas encore quittée. Mais je suppose que si je n’étais pas actrice je serais probablement derrière la caméra, en tant que membre technique peut-être. J’adore la photographie, l’art, le design, les accessoires, le maquillage. Je suppose que ce serait ma meilleure option.
Interview Originale sur le Site Afterellen.com - En afficher davantage
Univers-L Toute la Culture Lesbienne
Maintenant, Megan Follows joue dans la série Reign.
j’adore l’actrice megan follows , la premiere fois que je l’ai vu c’etait dans “anne la maison aux pignons vert” ensuite je l’ai vu aussi dans 1 episode de la serie “urgent” , dans 1 episode de la serie “New-York unité speciale …..
j’espère qu’on verra bientôt le court-métrage qu’elle vient de tournée , dans le role d’une lesbienne je trouve ça très bien qui est de plus en plus de role lesbienne , gay autant heteo car l’amour n’a pas de sexes
Le court-métrage Where Are The Dolls est disponible sur la chaîne Youtube de BravoFACT 🙂