III) LE DÉSIR D’ENFANT ET LA CRÉATION D’UNE FAMILLE HOMOPARENTALE
À une époque pas si lointaine les termes « lesbienne » et « mère » apparaissaient incompatibles à de nombreux égards. Pourtant, aujourd’hui, cette histoire est la plus répandue en ce qui concerne les lesbiennes dites « établies ». Elles sont écrasées par la maternité !
Dès que deux femmes sont présentées comme un couple stable, qui s’aime et vit ensemble depuis plus ou moins longtemps, la question de la famille est abordée. Aujourd’hui toutes les lesbiennes semblent vouloir des enfants. Il s’agit de leur principal sujet de conversation et toutes les méthodes pour en avoir un sont présentées, disséquées et analysées.
De plus, ces lesbiennes mères de famille ont très souvent plus que mûrement réfléchi leur choix durant quantités d’épisodes. Fait intéressant, ces femmes, une fois mères, ont toutes des garçons. En effet, quel téléspectateur n’a pas imaginé que des parents gays avaient forcément des enfants gays, surtout si l’enfant est du même sexe que ses parents ? Donc, elles n’ont que des garçons afin de minimiser le risque et ces garçons sont généralement des bébés ou de très jeunes enfants. Leur éducation est donc à faire et le sujet peut ainsi être exploité durant de nombreux épisodes.
Par ailleurs, aucune famille n’est plus conventionnelle et « parfaite sous tous rapports » qu’une famille lesbienne. Que peut-on reprocher à Kerry et Sandy (Urgences), à Melanie et Lindsay (Queer As Folk (US)), à Carol et Susan (Friends), à Janine et Sandy (Les liens du coeur). Rien. Ce sont des couples parfaits qui éduquent leur enfant du mieux qui soit et lui inculquent des valeurs fondamentales et universelles. Pas un seul faux pas, pas une seule erreur. Cette exagération, cette perfection rendent finalement cela peu crédible.
Enfin, je tiens à signaler que la deuxième manière de représenter les mères de famille lesbiennes consiste à les montrer en train de se battre pour la garde de leur enfant. D’une manière ou d’une autre leur partenaire est décédée et elles doivent, en plus d’affronter une perte terrible, se justifier et lutter pour conserver la garde de leur enfant ( Les liens du coeur, Urgences, Queer As Folk (US).)
IV) CONCLUSION
Trois idées, trois façons de représenter les lesbiennes à la télévision. Magnifiquement interprétées par Kerry Weaver de la série Urgences qui a vécu ces trois étapes et depuis, semble ne plus savoir dans quelle direction aller.
Les personnages lesbiens ont une évolution très faible et semblent tourner en rond ou avoir droit à des histoires réchauffées.
La représentation de ceux-ci apparaît aujourd’hui obligatoire et nécessaire. Pourtant, leur présence ne doit toujours pas choquer et être sujette à controverse. De plus, ces personnages sont toujours créés pour être les « gays de service », ils semblent être définis uniquement par leur sexualité sauf peut-être en ce qui concerne l’histoire de la maternité où ces femmes semblent exclusivement mères. Il n’y a rien de plus réducteur et de plus dur à voir.
Pourquoi la représentation lesbienne est-elle autant prisonnière d’un moule dont elle ne parvient que rarement à s’extraire ?
Est-ce lié à la condition des femmes ou des homosexuelles ? Est-ce lié aux scénaristes ou aux téléspectateurs ? Les lesbiennes ne seront-elles jamais plus à la télévision ?

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