Interview accordée à Isabelle B. Price et Magali Lehane, Traduite par Magali Lehane le 30 Mars 2009 pour le site Univers-L.com
Comment avez-vous trouvé le lieu de tournage ?
Le film a été tourné à Phoenix, en Arizona. Comme il est principalement basé sur nos vies, cela correspondait bien au changement de quand nous sommes arrivés au départ dans le désert. Dans un U-Haul* avec une voiture remorquée à l’arrière. Quand Nitara* a débuté ce projet de film, elle n’a jamais envisagé de se déplacer dans un autre État pour tourner ce film. Elle a toujours cru qu’il y avait assez de talent à Phoenix, sans que nous ayons à déménager pour faire un grand film. Le temps rendait aussi cette région idéale pour une production. Les jours de pluie coûteux et les désastres climatiques peuvent causer des ravages sur les films indépendants. Nous avons été chanceux de ce point de vue-là. Nous avons eu seulement une journée de pluie où nous avons dû annuler la journée, au tout départ. Nous avons eu une seconde journée de pluie que nous avons utilisée comme journée de réapprovisionnement et pour filmer l’intérieur des maisons.
Le film s’étalait sur 13 endroits, pendant une période de 24 jours de tournage. Afin de trouver les lieux pour ce projet, je me suis assuré l’aide d’une des femmes les plus malignes de Phoenix, Georgia Tavera. Georgia avait déjà participé à l’industrie du cinéma indépendant de Phoenix, elle était donc la personne idéale pour nous aider à trouver les emplacements. Elle a d’abord commencé à travailler avec nous en tant que découvreuse/gestionnaire des lieux, mais très vite après que la pré-production ait eu commencé, il est devenu évident qu’elle allait également servir la production en tant que productrice, en raison de ses contacts illimités à Phoenix et de sa capacité à faire en sorte que les choses se fassent. Nous avons commencé la pré-production sur ce projet le 1er octobre 2007 et Georgia s’est immédiatement mise à la recherche des lieux. Elle était aidée par moi-même, Todd et Jeff, et nous n’avons pas mis longtemps à trouver tous les emplacements.
Au cours de la production de films, plusieurs défis surviennent. Sur notre production, le premier défi, et le plus important défi dont nous voulions nous débarrasser une bonne fois pour toutes, était d’avoir deux maisons, et ces deux maisons devaient se trouver en face l’une de l’autre. En ce qui concerne les autres lieux de la production, nous pouvions tricher sur les lieux – utiliser une partie du parc pour une scène, puis utiliser une autre partie du parc pour une autre et les faire ressembler à deux endroits différents. Mais ce n’est pas une option que nous pouvions utiliser pour définir les maisons. Les maisons devaient pouvoir être utilisées pour identifier les personnages. Ce qu’ils aiment et ce qu’ils n’aiment pas. Parce que les gens passent tellement de temps dans leurs maisons, les décorateurs peuvent en dire beaucoup sur les personnages sans utiliser de dialogue. Dans le film L’Effet Papillon, à chaque fois que Evan « se projetait » dans un scénario différent, son environnement (et au-delà sa vie) changeait pour refléter la mentalité du personnage dans ce cas spécifique. Quand le personnage est devenu membre d’une fratrie, sa chambre et ses vêtements ont changé et vous ne mettiez pas longtemps à vous faire une idée de ce que le personnage était alors devenu.
Le premier problème grave qui s’est présenté au cours de la pré-production a été que les propriétaires de nos deux maisons que Georgia avait trouvées pour nous n’acceptaient pas le dédommagement que nous avions budgété pour les maisons. Ces deux maisons étaient parfaites car elles auraient pu être utilisées pour quatre lieux : il y avait un parc juste de l’autre côté de la rue, la même rue que nous avons utilisée dans le film pour la scène de la pluie. En d’autres termes cela nous aurait permis d’éviter de déplacer toute la troupe pour avoir nos scènes. Quand ce plan a commencé à battre de l’aile, nous avons débuté une seconde campagne de recherche pour les maisons. Un jour, alors que je roulais en voiture dans Phoenix, je suis tombé par hasard sur deux maisons qui correspondaient parfaitement. Elles étaient toutes deux inoccupées, en vente, en diagonale l’une par rapport à l’autre, et collaient parfaitement avec ce que le scénario exigeait. J’ai donc contacté les agents immobiliers pour les deux propriétés et j’ai fini par discuter avec les propriétaires, et nous sommes convenus d’un arrangement au sujet des maisons qui rentrait dans notre budget. À partir du moment où les maisons étaient trouvées, Georgia et les autres producteurs étaient capables de trouver les autres lieux sans grande difficulté. Mais comme vous pouvez l’imaginer, notre niveau de stress a été à son paroxysme pendant environ deux semaines.
Nitara Lee Osbourne et Mauryo Osbourne
Comment vous-êtes-vous procuré le matériel de tournage ?
Quand bien même nous avons une entreprise de production, nous ne gardons pas en notre possession l’équipement de production. Nous avons donc loué l’équipement ou utilisé les matériels que les membres de l’équipe avaient apportés avec eux. Une part considérable de notre budget a été consacrée à la location du matériel. Ce n’est pas toujours le cas et cette part du budget varie d’une production à une autre, mais dans notre cas elle était plutôt élevée. Nous avons utilisé un van d’équipement de production équipé d’outils de tournage, des locations de matériel de film MP&E. Leur van disposait de tout ce dont la production avait besoin. Des caisses de bois aux pinces, projecteurs et câbles, en passant par un groupe électrogène. Avoir entre les mains plus de matériel que ce que vous avez besoin est toujours une bonne idée. Il est préférable d’avoir 10 caisses de bois et d’en avoir besoin que de 5, plutôt que d’avoir 5 caisses de bois et d’en avoir besoin de 7. Si vous essayez d’économiser de l’argent sur cette partie-là sans vous assurer que le directeur photo et le chef électricien ont tout ce qui est nécessaire pour la réalisation des prises, vous pourriez le regretter.
Pouvez-vous nous parler du travail après la fin du tournage ?
Pour être certain que nous sommes bien d’accord sur les différentes étapes de production d’un film : développement, pré-production, production, post-production et distribution.
La phase de développement de Running on Empty Dreams a débuté en février 2006, quand Nitara et moi avons créé Running On Empty Productions, LLC. À partir de ce moment-là, nous avons eu un conseiller juridique en poste, qui s’est assuré que nous avions les droits de diffusion en règle pour le script, ensuite a débuté la recherche de financement.
La pré-production est un terme du parcours qu’il vaut mieux ne pas utiliser tant que l’argent n’est pas à la banque. Dès que l’argent est à la banque, vous pouvez commencer à aller chercher les autorisations, maisons, accessoires, matériels, équipe et n’importe quelle autre chose qui est nécessaire pour mener à bien votre tournage.
Durant la phase de production, vous tournez et mettez réellement votre scénario « dans la boîte » !
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