Sinclair : Interview de la chanteuse

Interview accordée à Trish Bendix le 26 mars 2015 pour le site Afterellen.com

Vous allez être contentes de découvrir la chanteuse Sinclair (Julia Sinclair de son vrai nom). D’une part, ce n’est pas seulement une auteure-compositrice fabuleuse, elle joue aussi de plusieurs instruments de musique et son son électro-pop-folk est très contagieux. De plus, dans son nouvel EP, Sweet Talk, elle parle de son coming-out à sa famille très conservatrice et de Natalie, l’amour de sa vie devenue sa femme, avec qui elle vit actuellement à Nashville. Nous avons eu l’occasion de discuter avec Sinclair au téléphone, elle nous a parlé de la façon dont elle a trouvé sa voie, de sa nouvelle coupe de cheveux et de la façon dont elle a réussi à faire la paix avec elle-même et à se choisir une nouvelle famille.

D’où m’appelez-vous ?

De Nashville.

Ah, génial ! En plus, c’est ma première question : pourquoi Nashville ?

[Rires] Je sais, c’est un peu déconcertant vu ma musique. J’ai déménagé à Nashville en… voyons voir… mi 2011. Je suis venue ici pour fuir un [petit quartier] de New York. J’ai réellement fui chez moi et j’ai choisi Nashville parce qu’entre New York, Nashville, Los Angeles… Los Angeles était un trop grand pas à franchir, c’était la première fois que j’allais vivre toute seule, donc c’était un peu… et concernant New York, j’avais passé suffisamment de temps à Manhattan pour savoir qu’avec mon caractère et ma musique à temps plein, j’aurais eu l’impression d’étouffer. [Rires] J’adore New York, mais avec mon caractère, je crois que je me serais vite sentie submergée. Je n’étais pas tout à fait sûre pour Nashville, je n’y avais jamais vraiment réfléchi, ce n’était pas une ville où je rêvais de déménager, comparée à Los Angeles par exemple, où à chaque fois que j’y suis allée, je m’y suis sentie carrément bien. Mais quand je suis arrivée à Nashville, ça a fait tilt. Ça fait presque un an que je vis à Nashville maintenant et j’ai vraiment l’impression d’être chez moi et ce sentiment continue d’augmenter.

Je n’y suis jamais allée, mais je n’ai lu que des bonnes choses. En plus, ma petite-amie est obsédée par la série Nashville. Du coup, il faut vraiment que j’y aille.

Je n’ai regardé que deux épisodes. Il faut que je regarde davantage cette série.

C’est bon, vous, vous vivez à Nashville !

C’est vrai, c’est génial !

En quoi vivre à Nashville vous inspire musicalement parlant ?

Intéressant… très bonne question. Je crois que Nashville m’a inspirée pour les textes. Il y a une telle façon de raconter les histoires ici. Il y a des gens, juste des artisans, qui ont une vraie plume et qui peuvent écrire un refrain qui vous rendra l’œil humide, vous fera vraiment réfléchir ou vous donnera envie d’écouter le morceau en boucle tout l’été. Pourtant, honnêtement, je n’ai pas grandi en écoutant de la musique country et je ne suis toujours pas une grande fan de ce genre-là. Je pense qu’il y a de la bonne musique country et qu’il y a de la bonne musique dans tous les genres de manière générale. Bon, c’est vrai que je n’écoute pas souvent cette musique-là, mais les auteurs d’ici m’ont vraiment montré que les textes peuvent être magnifiques. J’ai essayé d’inclure un peu de leur talent de conteurs d’histoires dans ma musique ; un peu de cette simplicité, de cette honnêteté dans les paroles.

Je ne suis pas une grande fan de country non plus, mais j’aime leur façon de raconter des histoires. Aimez-vous Brandi Carlile ?

J’adore Brandi Carlile !

C’est à ça que votre musique me fait penser. Il y a cette espèce d’ambiance américaine dans la façon d’écrire les paroles. C’est super que l’endroit où vous vivez vous ait inspiré cela.

Oui, oui, exactement ! Vous avez tout à fait raison. Brandi fait cela parfaitement. Elle jongle parfaitement entre les différents types de textes. Certaines paroles sont chargées en émotions et vous font ressentir beaucoup de choses, d’autres paroles racontent une histoire que vous imaginez au fur à et mesure de la chanson. J’adore.

À quel point vos chansons sont-elles personnelles ?

Il y a un peu de tout. Mon EP est extrêmement personnel. Chaque chanson est vraiment tirée de mon vécu, de ma propre vie, de mes propres histoires. Et, vous savez, ça m’a semblé être la chose à faire parce que j’ai l’impression que les gens – et moi aussi lorsque j’écoute de la musique – ressentent l’honnêteté et la sincérité d’un chanteur. Je voulais donc être sûre que ce soit le cas ici, que les choses soient vraies et qu’à défaut d’autre chose, les gens sentent que je suis réglo. J’ai donc choisi les chansons qui touchaient le plus à ma grande vulnérabilité.

Parlez-nous de ce pas de géant que vous avez fait en vous coupant les cheveux.

Vous savez, ça faisait un moment que je me tâtais. Je l’ai fait juste avant de prendre les photos pour l’EP, et j’ai eu l’impression que je n’avais pas osé le faire avant par peur. Peur de quoi, je ne sais pas trop ; peut-être peur de ne pas savoir ce que les gens allaient en penser. Est-ce qu’ainsi je me rangerais dans une case ? Est-ce que les gens porteraient plus facilement un jugement ? C’est marrant comme réaction. Mais d’un point de vue mode, je voulais vraiment le faire et puis, en y réfléchissant, ça semblait être la bonne décision. Je l’ai aussi fait parce que ça semblait être bien pour l’EP. J’avais l’impression que ça correspondait bien avec ce que je proposais comme musique. C’est sûr que c’était osé. Vous savez, parfois, vous vous faites couper les cheveux et il vous faut bien une semaine pour enfin vous dire « Ah, oui, ça me va bien en fait ! », alors que là, c’est la première fois que je me suis fait couper les cheveux et que je n’ai pas eu besoin de plus d’une heure pour aimer le rendu, genre « Oh la vache ! C’est exactement ce que je voulais ! » Boum !

Voulez-vous faire une petite dédicace à votre coiffeur ?

Vous savez quoi ? C’est une super histoire : un musicien itinérant m’a fait cette coupe en échange d’un paquet de cigarettes. Maintenant c’est ma femme qui me la fait. Elle sait tout faire. La première fois, elle était vraiment nerveuse. Tiens, encore une histoire marrante ! Une fois, elle avait rasé un côté plus court que ce que l’on voulait à la base et elle a hurlé « Tu es horrible ! », j’ai répondu « Merci ! C’est sympa ! » C’est vrai que c’est pile ce que vous voulez entendre de la bouche de votre coiffeur. Puis, elle a fait le deuxième côté comme le premier et au final c’était super.

Que fait votre femme ?

Elle est peintre. Elle est incroyable. Elle a un super compte Instagram et a beaucoup d’œuvres de ses fans dessus. Le compte est NatalieRoseArt. Elle est géniale. Elle en fait beaucoup plus depuis deux ans. Elle a été dans un lycée en Caroline du Nord pour étudier les arts et pouvoir réaliser son rêve. Je suis vraiment très contente pour elle.

Vous êtes-vous rencontrées à Nashville ?

En effet, nous nous sommes rencontrées à Nashville. Elle était là depuis un an déjà et à Pâques 2012 elle a frappé à ma porte lors d’une fête que j’organisais. L’une de nos amies en commun l’avait invitée et j’ai eu l’impression de recevoir un coup de massue sur la tête en ouvrant la porte. Puis, on a commencé à sortir ensemble trois semaines après. Oui, c’était génial.

A propos de Lou Morin

Lou Morin
Traductrice Anglais/Français

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