Summer Love de S. Lee

J’arrivai à l’hôpital avec un gros bouquet de fleurs. Carol était réveillée, et parlait avec les médecins, qui me saluèrent avant de sortir.

« Salut mon ange. » Elle sourit à peine. Je posai les fleurs et l’embrassai délicatement.

« Comment te sens-tu ? » Elle se mit à pleurer.

« J’ai perdu mes filles… » Je la pris dans mes bras, tentant de l’envelopper avec tout mon amour. Elle pleura longuement contre ma poitrine, son corps meurtri tremblant à cette perte.

« Je sais mon cœur, je sais… » J’étais désemparée. Je n’avais pas de mots. Je caressai ses cheveux.

« C’était si atroce… » Je tentais de la réconforter autant que je le pouvais.

« Elles étaient si jeunes ! Elles avaient la vie devant elles ! C’est pas juste ! » L’idyllique effet des antalgiques avait enfin cessé avec la réduction des doses, et je n’avais pas de mots pour apaiser cette nouvelle douleur poignante. Je me mis à pleurer avec elle. Elle pleura longtemps, jusqu’au tarissement de la source me semble-t-il. Elle passa un moment juste dans mes bras, puis s’écarta un peu pour me regarder.

« Merci d’être venue Quinn. Merci d’être là. J’ai besoin de toi… » J’essuyai doucement les larmes de son visage.

« Je suis là mon ange. » J’embrassai sa main.

« Comment s’est passé ta conférence du coup ? »

« Sharon a présenté la recherche. Ça s’est très bien passé. »

« Je suis désolée que tu aies raté ça… J’espère que ça ne nuira pas à ta carrière. » Je souris.

« Je ne suis pas désolée. Il n’y a pas un endroit au monde où je préfèrerais être. Ne t’inquiète pas pour tout ça mon cœur. Quand sors-tu ? »

« D’ici quelques jours… Quand dois-tu repartir ? » J’étais tentée de tout lui dire, mais je ne voulais pas la submerger d’émotions… Elle avait déjà eu plus que son lot pour la journée ! Et je voulais attendre le bon moment.

« Je ne suis pas pressée. Je leur ai dit que j’avais une urgence familiale, et qu’il fallait que je sois là. J’ai pris des vacances. Je serai là pour t’aider quand tu rentreras à la maison, et je prendrai soin de toi… » Elle eut un petit sourire.

« Tu n’as pas à faire ça. » Je l’embrassai de nouveau.

« Bien sûr que si. C’est ce que font les gens qui s’aiment. »

 

Une semaine plus tard elle était rentrée à la maison, et je prenais soin d’elle. Je ne lui avais toujours rien dit, faute de moment opportun. Je m’étais débrouillée pour vider mon appartement en deux semaines. Elle se réveillait chaque nuit en pleurant. Elle fut incapable d’assister aux funérailles de son amie ou de ses élèves. Le lycée fut un vrai soutien. La maison était envahie de fleurs et de cartes de l’administration, des élèves, des parents.

A propos de Cécile A. Preal

Un commentaire

  1. Bonjour, j’ai adoré cette histoire, très touchante et d’une belle sensualité! je l’ai lu 2 fois…

Répondre