Une visibilité gay mais des lesbiennes pantouflardes

Article lié à la série Chroniques de San Francisco

Chroniques de San Francisco (Tales of the City) – Saison 1

En 1993, la chaîne de télévision américaine Showtime se lance dans l’adaptation des célèbres romans d’Armistead Maupin. Une grande avancée pour la représentation gay, mais des lesbiennes stéréotypées.

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En 1993, la chaîne américaine Showtime se lançait dans la difficile adaptation d’un monument de la littérature gay : Les Chroniques de San Francisco d’Armistead Maupin. Le pari fut gagné avec leurs six épisodes composant la première saison de Tales of the City autrement dit les Chroniques de San Francisco.

Réalisé par Alastair Reid, cette série reprend dans son ensemble et avec fidélité l’univers dépeint par l’auteur au cours des années 70. En pleine libération sexuelle, avant les ravages du virus du Sida, Mary Ann Singleton (Laura Linney), débarque à San Francisco. Elle vient de quitter Cleveland, sa ville natale, à la recherche de l’eldorado promis.

Mary Ann, l’héroïne, emménage au 28 Barbary Lane et découvre les habitants de cette résidence en même temps que les téléspectateurs. Elle se lie rapidement d’amitié avec Michael « Mouse » Tolliver (Marcus D’Amico), un jeune homosexuel en quête du grand amour qui vient de perdre son travail et emménage faute d’argent, chez sa meilleure amie, Mona Ramsey (Chloe Webb). Celle-ci travaille dans une agence de publicité dans laquelle Mary Ann est embauchée comme secrétaire.

Anna Madrigal (Olympia Dukakis) est la logeuse et propriétaire du 28 Barbary Lane. Ce transsexuel veille sur ses locataires qu’elle considère comme ses enfants et cultive du shit qu’elle fait amoureusement pousser dans son jardin. En plus de Mary Ann, Mona et Michael, elle a un autre locataire, Brian Hawkins (Paul Gross), un play-boy machiste qui multiplie les conquêtes et a abandonné son métier d’avocat pour être serveur.

Mary Ann tout d’abord très coincée, peureuse et déboussolée par toute cette liberté, se laisse finalement séduire par ses voisins et se décontracte ce qui lui est très bénéfique. Elle tombe sous le charme de son patron, Beauchamp Day (Thomas Gibson) qui est marié avec DeDe Halcyon (Barbara Garrick) la fille du directeur de l’agence de publicité, Edgar Halcyon (Donald Moffat). Edgar qui vient de découvrir qu’il est gravement malade et qu’il ne lui reste plus beaucoup de temps à vivre.

Difficile de résumer en quelques lignes cet univers complexe et riche qui a fait le succès de son auteur. Armistead Maupin a d’ailleurs supervisé cette adaptation télévisée de ses romans et a tenu à imposer lui-même certains acteurs. La série est donc très fidèle aux romans.

Au cours du troisième épisode, D’orothea Wilson (Cynda Williams), une grande mannequin est de retour à San Francisco, après avoir quitté New York où elle est devenue célèbre et a fait fortune. Son premier réflexe une fois en ville est de téléphoner à Mona. Elle lui déclare ne pas l’avoir oubliée et souhaite se donner une seconde chance avec la jeune femme.

Mona est surprise et étonnée d’entendre D’orothea. Lors de l’épisode suivant, elle explique à Mouse qu’elle va quitter Barbary Lane pour aller vivre à Pacific Heights avec une femme, D’orothea.

MONA  : Il faut que quelque chose change ou je vais disjoncter.
MOUSE  : Qui est-ce ?
MONA  : Tu ne la connais pas. Elle est mannequin. On s’est connues à New York.
MOUSE  : Juste comme ça ?
MONA  : Elle est adorable et elle a une maison à Pacific Heights.
MOUSE  : Donc elle est riche ?
MONA  : J’ai besoin de sécurité, Mouse. J’ai trente et un ans.
MOUSE  : Et alors ?
MONA  : Alors, j’en ai marre de m’acheter des fripes en prétendant qu’elles sont délirantes. Je veux une salle de bain digne de ce nom et un four à micro-ondes et un labrador qui me fera la fête quand je rentrerai.

Pour la première fois, Mouse découvre que son amie a un passé et qu’autrefois, elle était lesbienne.

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A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef. Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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