Crime D’Amour

Un Thriller de manipulation sans vraiment de contenu lesbien

Année de Production : 2009

Date de Sortie : 18 Août 2010

Réalisation : Alain Corneau

Scénario : Alain Corneau, Natalie Carter

Avec : Kristin Scott Thomas (Christine Rivière), Ludivine Sagnier (Isabelle Guérin)

Nationalité : Française

Genre : Policier & Thriller

Durée : 1h 44min.

Titre Original : Crime d'Amour

Crime D’Amour : Résumé

Christine Rivière dirige la branche française d’une multinationale. Elle mène avec succès plusieurs dossiers grâce à sa subordonnée, Isabelle Guérin, qui ne parvient pas à lui tenir rigueur de ce que son rôle est à chaque fois minoré. Sa supérieur déploie une relation en apparence très affective et complice avec elle, et se voit en même temps proposer une promotion à New York.

Christine Rivière envoie Isabelle à sa place pour une négociation au Caire, où cette dernière commence une liaison avec Philippe, l’un des amants de Christine. Isabelle se demande rapidement si elle n’a pas été manipulée, d’autant que sa patronne s’attribue une fois encore ses idées et le succès de cette mission.

Une occasion se présente pour Isabelle de briller aux yeux du siège américain, en court-circuitant Christine Rivière. Celle-ci voit sa promotion new-yorkaise reportée et pour se venger va tendre un piège aboutissant à une humiliation publique de la jeune femme. L’affrontement entre les deux femmes sera alors sans merci, la plus jeune et inexpérimentée des deux n’étant pas la moins machiavélique.

Christine Rivière dirige la branche française d’une multinationale. Elle mène avec succès plusieurs dossiers grâce à sa subordonnée, Isabelle Guérin, qui ne parvient pas à lui tenir rigueur de ce que son rôle est à chaque fois minoré. Sa supérieur déploie une relation en apparence très affective et complice avec elle, et se voit en même temps proposer une promotion à New York. Christine Rivière envoie Isabelle à sa place pour une négociation au Caire, où cette dernière commence une liaison avec Philippe, l’un des amants de Christine. Isabelle se demande rapidement si elle n’a pas été manipulée, d’autant que…

L'avis d'Univers-L

Scénario/Réalisation
Casting
Lez/Bi Quantité
Lez/Bi Qualité

Résumé : Pas un film lesbien.

Note des lectrices : 2.82 ( 3 votes)
39

Tout d’abord, je vous prie d’excuser la longueur du synopsis, mais comme il s’agit d’un film assez noir et psychologique avec une histoire plutôt fouillée et enquête policière, il me semblait nécessaire d’opter pour une description plus complète que pour un petit résumé.

Vous l’aurez compris, dès le début Christine Rivière (Kristin Scott Thomas) est présentée comme la patronne sans pitié mais charismatique qui en est certainement arrivée là en neutralisant sans ménagement tous ses adversaires tandis qu’Isabelle Guérin (Ludivine Sagnier) est sa jeune assistante très douée qui reste toujours dans l’ombre. Pire que cela, Christine s’attribue même les travaux et les réussites d’Isabelle, et cette dernière ne bronche pas, ne réagit pas. La raison ? Une relation (ambiguë ?) entre les deux femmes mêlée d’admiration et de respect : Christine considère Isabelle comme sa protégée et Isabelle se dit qu’elle a énormément de chance, donc elle se contente d’accepter le despotisme de Christine.

Sauf que la configuration va vite évoluer : il ne s’agit pas d’une autre histoire d’une gentille contre une méchante, les deux sont en fait très méchantes et se ressemblent plus qu’on ne l’aurait cru au premier abord. Les événements vont s’accélérer et s’enchaîner jusqu’à l’assassinat de l’une des deux et de l’enquête qui permettra de déterminer qui est le coupable à travers les faux-semblants, les trous dans les emplois du temps,  les différents alibis et les preuves accablantes.

Je n’en dirais pas plus au niveau de l’histoire car le but n’est pas de vous spoiler. Aussi, ça ne va pas être facile mais je vais essayer de formuler ma critique sans trop laisser filtrer d’informations afin que le suspens reste entier.

Crime d’amour n’est pas forcément le genre de film que j’aime regarder, c’est assez long, les rebondissements sont parfois surfaits, on s’y attendait dans le sens où ce n’est pas inédit. Il y a des trucs peu vraisemblables comme la scène d’humiliation publique : franchement qui ferait ça ? La directrice qui fait un vidéo-montage super propre en une nuit à l’aide d’images de vidéo-surveillance piochées ça et là et qui ensuite le diffuse devant toute la société… Mouais, comme par hasard ! En revanche, il est intéressant d’observer la manière dont Alain Corneau joue sur les représentations et laisse petit-à-petit filtrer des détails et des informations sur les protagonistes, en se jouant du spectateur. J’aime bien ça. Et finalement, les personnages ne sont pas aussi stéréotypés qu’ils n’y paraissent au premier. L’ambiance de la multinationale est froide, les appartements des héroïnes aussi, leurs voitures, tout est aseptisé et renforce le sentiment de film noir et de personnages sans âme et calculateurs. Bien maîtrisé en somme, même si tout ça paraît bien surréaliste.

Les acteurs, et surtout les deux actrices principales, sont très bons, l’univers présenté n’est pas un monde que je connais, mais j’y ai cru. Très bonne alchimie entre Kristin Scott Thomas et Ludivine Sagnier, on ressent une véritable admiration, un courant qui passe. Grâce à cela, cette relation apparaît plus profonde et plus complexe et nous amène même à croire qu’au fond d’elles, chacune des deux est à un moment donné sincère avec l’autre. À part cela, désolée de vous décevoir mais il n’y a rien de lesbien, il y a juste un jeu d’ambigüité et de manipulation qui crève l’écran grâce à ces deux actrices, mais rien de plus. Tout le reste c’est du pipeau, et le seul moment où une faille apparaît et où une possibilité de rapprochement pointe son nez, il y a l’amant relou qui débarque. En plus il se tapera un coup l’une et un coup l’autre. C’est naze, voire même incompréhensible de la part de l’assistante, pourquoi choisit-elle lui en particulier qui est l’amant de la directrice ? Pour vivre ce que vit la directrice, pour avoir du pouvoir, par identification, par jalousie, par réelle attirance,… ?

Je ne saurais pas trop comment vous conseiller de le voir ou pas, si vous cherchez du lesbien laissez-tomber, sinon pourquoi pas ? C’est un polar bien écrit, bien réalisé et bien interprété.

Crime D’Amour : Critiques Presse et Récompenses

« Jeu de construction auquel ne manque pas l’indispensable touche d’absurdité, (…). Travail d’horloger, où la mécanique est tout, qui pourtant broie la chair. (…) A ce jeu-là, en général, il n’y a pas de vrai gagnant sur l’écran. Mais le spectateur perd rarement. » (Le Nouvel Observateur)

 « Le cinéaste nous offre un film noir hyperstylisé, dont l’intrigue machiavélique est conçue comme une mécanique d’horlogerie, avec des rebondissements qui ménagent le suspense jusqu’au bout. » Hubert Lizé (Le Parisien)

« (…) un film qui respire avec pertinence, acuité et sensibilité l’air du temps. » La rédaction (Ouest France)

« Il s’agit là d’un polar “à l’ancienne”, qu’il conviendra de regarder en oubliant tout ce qu’on a appris grâce à la télévision sur la police scientifique. […] Rafraichissant, donc… » Héléna Villovitch (Elle)

« C’est cette réflexion passionnante que mène Alain Corneau, sans toutefois réussir à égaler le talent de son maître [Fritz Lang]. La réalisation est appliquée mais pas virtuose. Et l’interprétation inégale. » Stéphane Dreyfus (La Croix)

« Crime d’amour délivre son venin à petites doses. Trop petites peut-être. Mais ça fonctionne à la longue, dans une économie de mouvements remarquable. » Carlos Gomez (Le Journal du Dimanche)

« Ambition, manipulation, possession, cynisme, toute la palette des sentiments possibles dans le monde cruel des affaires, sous ses façades souriantes de respectabilité, est habilement mis en place dans ce polar minimaliste. (…) Mais (…) il nous manque de retrouver à l’écran cette passion de l’amour qui devient meurtrière. » La rédaction (Ouest France)

«  (…) le scénario développe une mécanique attendue, sans que jamais le vertige ne s’instaure. » Yann Tobin (Positif)

« Crime d’amour commence comme un drame de mœurs contemporain (…) Jusque-là, tout va bien ou presque, la sécheresse austère de la mise en scène s’accordant ave la peinture glaciale d’un monde ultra-compétitif (…) malheureusement, la seconde partie empile les constructions artificielles… » Gérard Delorme (Première)

« Alain Corneau nous sert un polar où les travers du monde de l’entreprise (…) servent d’écrin à deux beaux portraits de femmes en lutte à mort. Méconnaissable comme à chacune de ses apparitions, Ludivine Sagnier est effrayante d’intelligence blessée. » Marie-Elisabeth Rouchy (TéléCinéObs)

« De toute évidence, Crime d’amour est un exercice de style. C’est son charme et, en un sens, sa limite. » Pierre Murat (Télérama)

« Malgré un pitch prometteur et une belle distribution, Crime d’amour s’avère malheureusement inégal et didactique. » Carole Milleliri (Critikat.com)

« Tant qu’on se demande qui va tuer qui et pourquoi, Crime d’amour procure toutes les sensations coupables qu’un bon client est en droit d’espérer. (…) Une fois la victime expédiée dans l’autre monde, il faut supporter un très long dénouement, qui développe tous les détails d’une conspiration dont on n’a plus grand-chose à faire. » Thomas Sotinel (Le Monde)

« Corneau investit à nouveau l’univers impitoyable de l’entreprise, avec ce thriller psychologique qu’il voudrait hitchcockien. Si le scénario l’était, son Crime d’amour, dénué d’âme, de passion et de chair, en reste bien éloigné. » Uriell Ceillier (Télé 7 Jours)

Crime D’Amour : Extraits

CHRISTINE : Vous m’en voulez encore pour le Caire, non ?
ISABELLE : Non.
CHRISTINE : SI ! Vous m’en voulez. Et je ne le supporte pas. Je vous aime moi Isabelle. Je vous aime vraiment. (Silence géné) Et vous ?
ISABELLE : Moi aussi vous le savez bien
CHRISTINE : Mais non je ne le sais pas.

A propos de Edwine Morin

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Relectrice et Chroniqueuse Occasionnelle. Passionnée par les séries télévisées, elle en dévore depuis des années dans tous les thèmes possibles et ses préférences sont si hétéroclites qu'il est difficile d’en trouver les limites. Romantique dans l’âme, elle a succombé au charme d’I Can’t Think Straight et de Loving Annabelle tout en étant fan du travail de Quentin Tarantino.

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