Dans la Tempête : Interview des deux auteures Juliette M et Barbara Blain

Dans la Tempête : Interview des deux auteures Juliette Memmi et Barbara Blain

Interview accordée à Isabelle B. Price le 02 Janvier 2012 pour le site Univers-L.com

Pouvez-vous nous parler un peu de vos parcours respectifs ? Depuis combien de temps écrivez-vous ? Qu’est-ce que cela vous apporte ?

BARBARA : De formation scientifique, l’écriture n’était pas une passion pendant mes études. C’est vers 23 ans que l’envie de mettre sur papier les histoires qui tournaient dans ma tête s’est imposée. Pour moi c’est un excellent moyen de me vider la tête, de rentrer dans ma bulle et de ne me concentrer que sur l’histoire en court, ses personnages et son déroulement.

JULIETTE : Quant-à moi j’écris depuis l’âge de neuf ans, je crois que j’ai toujours éprouvé le besoin de m’évader et de rendre tangible mon monde imaginaire. J’ai également toujours eu une fascination pour les mots, quelle que soit la langue, la façon dont on peut les faire se heurter et résonner, une phrase bien tournée peut avoir autant de force qu’un bon accord de musique.

Est-ce que vous pouvez nous résumer votre livre en quelques mots ?

JULIETTE : C’est l’histoire de deux jeunes femmes qui en apprenant à connaître l’autre apprennent à se connaître elles-mêmes et dépassent leurs peurs par amour.

BARBARA : Deux univers différents qui se rencontrent,  qui se heurtent, qui se blessent et qui au final apprennent à cohabiter ensemble par la force des sentiments.

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire cette histoire ? Qu’est-ce qui vous intéressait dans ces personnages et leurs parcours ?

BARBARA : L’opposition des genres, la dualité de leurs caractères, l’évolution de leur personnalité au contact de l’autre.

JULIETTE : Oui, pour moi aussi. Et d’une certaine façon l’envie d’explorer quelque chose de nous-mêmes je crois. Je n’ai aucun point de biographie commun avec Inès, et pourtant je n’ai jamais écrit un personnage qui ait autant de moi. C’était sans doute un besoin du moment, et une part de challenge.

Pourquoi avoir choisi d’écrire à quatre mains ?

BARBARA : Nos univers littéraires étant différents, au début nous nous étions juste lancé le petit défi d’écrire une nouvelle ensemble. Un petit délire à publier sur le net. Nos mains ont du déraper sur le clavier car il en est ressorti ce roman.

JULIETTE : Oui, c’est un vrai défi d’écrire à deux, de trouver le bon rythme, de savoir s’écouter, ça m’a beaucoup apprit et enrichit. Et pour des raisons très personnelles, aller au bout de cette aventure, de ce roman, c’était une chose que je voulais offrir à Barbara.

Inès et Astrid sont très différentes, vous insistez plus sur ces différences que sur leurs similitudes, pourquoi ? C’est une notion importante pour vous en amour ?

BARBARA : Notre société a tendance à ranger les gens dans des cases.  À ne pas voir plus loin que les apparences et les jugements.  Les deux héroïnes viennent de deux mondes différents et c’est ce qui va conditionner leurs rapports. Sans chercher à se connaitre, elles vont se cataloguer, « sportive stupide » et « intello coincée ». Avec le temps, elles vont se rendre compte qu’il y a autre chose sous le vernis.

Je pense qu’en amour on cherche un complément  car sortir avec « soi même » n’apporte rien. Nous nous développons grâce à ce que l’autre nous apporte. Inès ralentit la course d’Astrid alors qu’Astrid remet en mouvement Inès. Leurs différences les font évoluer.

JULIETTE : Pas mieux ! Personnellement je n’ai pas encore trouvé l’âme sœur, mais je pense qu’il est essentiel d’avoir quelqu’un qui nous apporte des choses nouvelles, que ce soient des envies, des connaissances, une façon de voir la vie différente, c’est plus stimulant, plus enrichissant. Bien sûr, c’est un schéma qui a ses limites… dans notre roman, il y a aussi une part d’idéal.

Inès va tenter d’avoir une vie « normale » en sortant avec un homme et en décidant d’adopter une petite fille. Pourquoi avoir été aussi loin dans ce désir de ne pas être homosexuelle ?

JULIETTE : Pour moi, quand j’ai écris Inès, je ne la voyais ni vraiment hétéro ni vraiment homosexuelle. C’est une jeune femme timide, qui n’a eu qu’une seule histoire d’amour avant Astrid avec son meilleur ami d’enfance. Au fond, elle ne sait pas vraiment ce qu’est aimer. Du coup, ce qu’elle vit avec Astrid, cette passion, lui fait infiniment peur. Quand elle décide d’aller vers Marc, ce n’est pas l’homosexualité qu’elle fuit, ce sont ces sentiments violents pour Astrid, sa peur de se perdre elle-même. Marc la rassure car il est tiède, qu’elle n’éprouve que de l’affection pour lui, qu’elle est dans la maitrise. C’est vraiment une question de personne, et pas de sexe.

Quant-à la petite fille, je ne crois pas qu’on n’ait jamais fait un lien entre « adoption d’un enfant » = « normalité », d’ailleurs le mot même de normalité me gêne, être avec un homme et avoir un enfant sont deux choses différentes et le schéma femme+homme+enfant n’est pas « normal », tout au plus « classique ». Et en l’occurrence, Inès ne cherche pas à adopter Hanna pour correspondre à une représentation classique de la famille qu’elle se ferait, elle a juste un désir d’enfant profondément enfoui en elle, et un amour véritable pour cette petite fille là. D’ailleurs elle combat longtemps son attachement pour l’enfant, si elle n’avait pas rencontré Astrid elle n’aurait sans doute jamais franchit le pas.

Vous pensez vraiment que des personnes comme Astrid peuvent exister ? Si dures avec elles-mêmes  uniquement pour tenir leur parole ?

BARBARA : Emile Zatopek avait développé une méthode d’entrainement qui consistait à courir en rangers avec un sac à dos lesté de pierres pour travailler sa résistance pour courir le marathon et toutes les courses de fond. Sergei Boubka répétait inlassablement les mêmes gestes pour avoir une technique parfaite et battre des records de hauteur. Les gymnastes de l’équipe de Roumanie ne vivent que pour leur sport. Chaque grand champion s’impose une discipline de vie, ce qui lui permet de répondre présent au moment opportun. Le personnage d’Astrid a grandit dans cet univers où l’on se lève le matin pour se dépasser.

Pourquoi avoir ajouté l’histoire de cette enfant en plus de la romance, vous n’aviez pas peur du côté « too much » ?

JULIETTE : À l’origine je ne crois pas que nous avions inclus Hanna dans le projet de notre histoire, et puis Inès travaillant au service pédiatrique de l’hôpital de Lannion il semblait évident de créer une relation un peu plus forte avec l’un des petits patients. De fil en aiguille il est devenu évident que cette relation était constitutive du personnage d’Inès et importante pour son évolution, et puis très vite elle est devenue un pivot également pour celui d’Astrid…

BARBARA : Oui, pour faire changer Astrid il fallait autre chose qu’un monde d’adultes. Elle ne ment pas et ne triche pas avec les enfants. Pour faire fondre la glace, il lui fallait un miroir de son « moi » enfant. Lui donner une chance de changer les choses. Elle n’arrivait pas à changer sa vie pour elle-même mais elle pouvait le faire pour un enfant.

JULIETTE : Après nous avons essayé de trouver un juste équilibre dans l’histoire personnelle d’Hanna, il fallait que ce soit assez fort pour justifier une adoption éventuelle et le fait qu’elle soit dans un hôpital mais nous ne voulions pas non plus trop en faire… il ne s’agissait pas d’en faire une petite leucémique qui bénéficierait d’une guérison miraculeuse à la fin, là évidemment ça aurait été « too much »… Disons que nous avons essayé de créer un personnage attachant mais de conserver un vrai réalisme.

Dans la Tempête a été publié en autoédition, non ? C’est un choix de départ ?

BARBARA : Au départ il n’y avait aucune prétention. C’était juste pour avoir entre les mains une preuve papier de plusieurs années de travail.

JULIETTE : En effet. Personnellement je n’avais pas envie de tenter les maisons d’édition, c’est un roman qui a été fait pour notre propre plaisir et pas du tout pour correspondre à des règles de publication. L’autoédition semblait un bon compromis pour avoir un rendu « pro ». J’avais 19-20 ans lors de l’écriture de ce roman, alors si je devais faire publier un jour ce livre dans le circuit officiel je crois que je ne pourrais pas m’empêcher d’en réécrire une grosse partie pour qu’il corresponde davantage à mon style et mon niveau d’écriture actuels.

Il est disponible à la vente à quel endroit ? À quel prix ? Vous avez réussi à en vendre beaucoup jusqu’à présent ?

BARBARA : Il est disponible à la vente sur deux sites :

En grand format : http://www.lulu.com/ au prix de 19€
En téléchargement : http://www.lulu.com/ au prix de 8€
En format poche : http://www.thebookedition.com/ au prix de 18€

Grâce au bouche à oreille, il se vend doucement.

Vous écrivez d’autres romans actuellement ? Peut-on en savoir plus à leur sujet ?

BARBARA : Je travaille à l’heure actuelle sur deux trilogies.

La première, pour rester dans l’univers du sport, a pour décor le monde du handball féminin. Elle a pour titre « Soleil de minuit, aurore boréale. »

En voici le résumé : Solveig ANDERSEN est une star du handball norvégien évoluant dans le meilleur championnat au Danemark. Danielle KASLER est une anonyme du championnat français. Elle n’avait pas prévu que sa vie changerait à cause (ou grâce) à un tournoi de début de saison…

On suit l’évolution de Danielle et Solveig dans le monde du sport de haut, voire de très haut, niveau. Les tomes 1 et 2 sont en court de relecture et de correction et le tome 3 est en court d’écriture.

La deuxième est plutôt de la fantasy, avec Leprechauns, lutins, fées et magie.

Résumé : Léa est une fille de la ville très curieuse qui veut toujours tout comprendre et expliquer. Un été, alors qu’elle passe ses vacances chez son Grand Père, elle va croiser Lexie, une jeune femme mystérieuse qui vit dans la forêt et qui aurait le pouvoir de contrôler la météo… C’est au travers des pages du journal de Léa que vous allez découvrir ses aventures.

Le tome 1 est en court de réécriture et d’illustration. Le tome 2 est en court d’écriture.

JULIETTE : De mon côté, j’écris moins qu’auparavant et quand je le fais j’ai toujours un peu de mal à ne pas « papillonner » d’un projet à l’autre. Les deux projets les plus sérieux pour le moment sont :

– un roman qui suit la vie de deux adolescents qui vivent dans le monde de la rue, lui a aimé un garçon qui a disparu et elle glisse dans la vie comme dans un rêve. C’est un roman de chutes, de poésie, de violence et d’absolu.

– une trilogie de fantasy (encore une!) qui tourne autour de six jeunes gens, de pierres magiques, d’une quête qui transformera leurs vies et leur monde, d’apparences souvent trompeuses, de combats physiques et intérieurs, et bien sûr, d’amour.

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef. Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

Répondre