Et Si J’en Étais d’Ann Robinson

Et Si J'en Étais d'Ann Robinson

Titre Français : Et Si J'en Étais

Titre Original : Et Si J'en Étais

Auteur : Ann Robinson

Date de Sortie : 01 Mars 2009

Nationalité : Canadienne

Genre : Autobiographie, Roman Contemporain, Témoignage

Nombre de Pages : 200 pages

Éditeur : Vents d'Ouest

ISBN : 978-2-89537-164-9


Interview(s) :

Interview d’Ann Robinson pour le site Univers-L.com

Et Si J'en Étais : Quatrième de Couverture

Île d’Orléans, fin des années 1980. Fraîchement divorcée et mère de quatre enfants, la narratrice goûte les plaisirs du célibat lorsque, au détour d’un colloque féministe, l’amour se présente à nouveau, cette fois sous les traits d’une femme. L’onde de choc est si puissante qu’elle l’oblige à affronter ses peurs, sa famille et son entourage professionnel pour assumer ses nouvelles préférences sexuelles. Commence dès lors un épisode particulièrement confrontant de sa vie déjà si mouvementée. Comment se respecter dans ses propres choix et s’assurer du respect des autres ? Comment entrevoir l’avenir lorsque tout porte à croire qu’il n’y a plus de lumière au bout du tunnel ?

L’auteure, chercheuse féministe et professeure de droit à la retraite de l’Université Laval, a écrit de nombreux textes sur l’accès à l’égalité pour les femmes, le harcèlement sexuel, la discrimination envers les lesbiennes et les gays, le mariage pour les couples de même sexe et l’homoparentalité.

La forme non conformiste de son écriture, chassés-croisés de textes juridiques et de propos intimistes, l’a conduite à publier quelques essais littéraires pour des revues telles Arcade et Tessera.

Et Si J'en Étais : Avis Personnel

J’ai particulièrement apprécié ce roman d’Ann Robinson certainement à cause de son style d’écriture et du détachement nécessaire qu’il a dû falloir à l’auteure pour analyser et livrer ainsi sa vie aux yeux de tous. Le style est concis, direct, limite chirurgical par moment. Pas de fioriture, chaque mot, chaque phrase a son importance permettant de s’immerger dans l’histoire.

Parce que l’histoire a été traitée de manière romanesque par de nombreuses auteures mais jamais avec cette précision, cette franchise et cette honnêteté. Là l’auteure parle d’elle, de sa vie, de ses attentes, de ses désirs, de son mari, de ses enfants et s’expose ainsi à la critique et à la souffrance. Il en faut du courage pour se lancer dans une telle entreprise et je pense qu’il faut aussi savoir qui l’on est. Ann Robinson prouve qu’elle a ces deux grandes qualités.

Résumons en quelques mots le livre. C’est l’histoire d’une femme de plus de quarante cinq ans qui après deux divorces et quatre enfants va soudain tomber amoureuse d’une femme. Et ce sentiment puissant va bouleverser toute sa vie. Parce qu’aimer ne peut se faire en cachette et qu’il est important pour son équilibre de pouvoir en parler aux personnes qui lui sont chères. Et c’est ainsi que la narratrice va se lancer dans un vaste coming-out sans même en avoir conscience.

Le roman met un peu de temps à démarrer. L’aspect lesbien n’intervient pas au tout début puisqu’en premier lieu notre héroïne va se trouver un amant. Mais le questionnement, la question de faire son coming-out ou non, ce désir pour une autre femme, tout cela va arriver et être d’une justesse incroyable. En toute sincérité, je recommande vivement ce livre aux femmes de quarante ans qui sont perdues et se demandent si elles sont lesbiennes ou non, si elles doivent en parler ou non et si elles doivent prendre le risque d’être qui elles sont. Ann Robinson dit tout simplement que pour elles toutes les réponses sont « oui ».

Et puis j’avoue, au-delà de l’histoire, je suis tombée sous le charme des quatre enfants de la narratrice. Des portraits certes ébauchés seulement car pas au centre du roman mais qui ont le mérite de montrer tout l’amour que l’on porte à sa progéniture (même si elle tape sur les nerfs) et le fait qu’on reste toujours une maman. Et puis les nommer, premier né, première fille, dernier né, etc. j’avoue, ça m’a beaucoup amusé.

Un roman à découvrir sans retenue.

Et Si J'en Étais : Extraits

« Rêver de vivre une autre vie. Rêver de me retrouver à vingt ans et de prendre des décisions sans contraintes familiales ou sociales. Aurais-je pu alors faire fi de la place qu’occupait mon père dans notre région ? Est-ce que j’ai vécu des « contraintes à l’hétérosexualité » comme Adrienne Rich, célèbre poète féministe américaine, les décrivait si bien dans un article percutant du début de la décennie ?
J’espérais un avenir sous le signe de l’autonomie financière. Je l’ai eu. J’ai des problèmes financiers bien sûr comme toute mère cheffe de famille monoparentale, le temps que les enfants quittent la maison et volent de leurs propres ailes.
Je rêvais d’un avenir où l’amour absolu se renouvellerait toujours dans une relation immuable. Dans ma vie adulte, l’amour a toujours été au rendez-vous. Mais qui eut cru à l’époque que mon chemin amoureux serait aussi tortueux ?
Je suis particulièrement bien avec moi-même ce soir. J’avais si peur de la solitude, aujourd’hui je l’ai choisie. Nadine m’avait invitée à souper et j’ai dit non. J’ai fait la sieste en après-midi et j’ai mangé avec mes fils qui se sont empressés de sortir aussitôt le repas expédié. C’est bien ainsi, j’aurais du temps pour me regarder vivre et m’entendre penser. » (Page 76)

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef. Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

Répondre