I Can’t Think Straight : Rencontre avec la réalisatrice Shamim Sarif

I Can’t Think Straight : Rencontre avec la réalisatrice Shamim Sarif

Rencontre avec Shamim Sarif à Lyon le 8 juin 2010

La scénariste et réalisatrice de The World Unseen et I Can’t Thing Straight, Shamim Sarif est venue en France pour trois soirées au début du mois de Juin. L’équipe d’Univers-L a eu la chance de la rencontrer lors de son passage à Lyon.

Le rendez-vous avait été pris à 18h30 dans le bar lesbien « Le Domaine », rue du jardin des plantes dans le premier arrondissement de Lyon. Un lieu chaleureux et grand où nous avons tout de suite été mises à l’aise. Alors que Magali Pumpkin et moi nous étions retrouvées un peu avant à l’extérieur pour peaufiner notre technique d’approche et nos questions, nous avons soudain vu arriver Shamim Sarif et Cynthia Pinet de l’autre côté de la rue.

Et là je peux vous dire deux choses. Déjà, vous êtes hyper fière de connaître ces personnes et de les rencontrer une nouvelle fois pour de vrai en ayant la chance de les réinterviewer. Ensuite, vous ne comprenez pas vraiment qu’elles puissent se déplacer si facilement et si simplement dans la rue. Non mais quand même, le commun des mortels n’est-il pas au courant de l’existence des deux très beaux films de Shamim et de ses livres ? Il faut croire que non, malheureusement.

Magali Pumpkin a tout de suite discuté avec Shamim Sarif, en anglais je vous prie, pendant que j’échangeais quelques mots avec Cynthia, la très sympathique attachée presse avec laquelle tout cela avait été organisé. Une fois les bonjours de rigueur partagés, je me suis amusée à essayer de trouver le meilleur angle pour filmer. Le premier lieu était trop sombre et trop bruyant. Jouant les enquiquineuses, j’ai demandé si nous pouvions nous placer un peu plus en retrait. La musique a été arrêtée pour ne pas interférer et nous nous sommes retrouvées sur une petite scène, au fond de la salle. Shamim était adorable, m’aidant à trouver l’angle idéal et le mieux éclairé pour que cela rende bien sur la vidéo. Le résultat est totalement lamentable mais je vous promets que j’ai fait mon maximum.

Nous avons ensuite commencé notre série de questions dites sérieuses. On a voulu cette interview comme une suite de ce qui avait déjà été réalisé à Lille sauf que l’intervieweuse avait changé. Ce n’était plus Gaëlle, mais Mag, connue sous le diminutif de Pump, qui s’est lancée dans une discussion qu’il a été difficile de couper au montage. Elle était totalement à fond. Et je suis certaine que vous savez qu’on ne fait pas taire une femme qui est très impliquée dans une conversation. Vous pourrez ainsi découvrir la jolie voix de la dernière arrivée dans l’équipe.

Après les questions sérieuses nous sommes arrivées à la seconde partie de l’interview que vous pourrez aussi découvrir ci-dessous. Là, toute l’équipe du site s’était lâchée pour inventer un questionnaire un peu drôle pour connaître le niveau de culture lesbienne de Shamim Sarif. C’est une chose de participer à la création de cette culture, c’en est une autre de la maîtriser. Et il faut dire que les réponses ont été pour le moins surprenantes. En tout cas aucune de nous ne les attendait. Cynthia m’a expliqué ensuite que la plus douée des deux en matière de visibilité lesbienne est Hanan, la compagne de Shamim. Nous avons donc décidé, pour la prochaine fois (parce que tout le monde sait que jamais deux sans trois) nous allions opposer Shamim et Hanan dans une bataille jusqu’à la mort…  ou tout du moins jusqu’à la victoire incontestable.

Pour celles qui se posent la question, oui, je suis totalement amoureuse des chemises à carreaux de bûcheron. J’ai deux ou trois petits défauts dans le genre. Mais comme le dit si bien Shamim, rien ne prouve vraiment que je sois lesbienne. Et pour vous donner une idée de ladite chemise, je vous l’ai prise en photo parce que quand même, il était important qu’à défaut de connaître ma tête, vous sachiez au moins que je m’étais mise sur mon 31 pour cette interview. Elle n’est pas sublime cette chemise ? En réalité, je ne vous le demande pas vraiment, je vous l’affirme.

Chemise à carreaux de lesbienne

Une fois l’interview drôle terminée, nous avons offert son diplôme à Shamim Sarif. Et je peux vous dire que Magali Lehane avait fait un travail impressionnant dans la réalisation de ce diplôme. Pour que vous réalisiez à quel point ce diplôme est génial, le voici :

Diplome de Lesbienne

Ce qui fait donc officiellement de Shamim une lesbienne avec sa carte de lesbienne made in Univers-L.

Shamim Sarif

Après l’interview, alors que Magali et moi allions nous éclipser pour manger un morceau (parce que j’ai toujours faim) les bénévoles de l’association Écran Mixtes qui avaient organisé la projection du film, la séance de dédicace et la rencontre après la projection, nous ont expliqué qu’un repas avait été prévu pour nous. Je crois qu’il vous sera totalement impossible d’imaginer que ces gens exceptionnels et motivés nous ont permis de dîner en compagnie de Shamim, Cynthia et d’eux-mêmes juste avant de nous rendre au cinéma Opéra. Et là je peux vous dire que tout d’abord j’ai super bien mangé (contrairement aux autres mais ce sont des filles, moi j’aurais pu racler toutes les assiettes qui n’étaient pas terminées mais je sais me tenir) et qu’ensuite, j’ai adoré discuter avec toutes ces personnes. Shamim est vraiment une personne abordable et de drôle, Cynthia est quelqu’un d’exceptionnel et j’ai appris que surtout je ne devais pas la défier au tennis ou au ping-pong sous peine de me faire ridiculiser. Mais par-dessus tout, j’ai rencontré les membres d’une association lyonnaise créée il y a quelques années seulement. Et le plus incroyable c’est que ces gens partagent la même vision que toute l’équipe d’Univers-L sur le cinéma et la télévision. J’ai donc totalement adoré discuter avec eux.

Après cet excellent repas en très bonne compagnie, nous sommes allées au cinéma Opéra pour revoir pour la troisième ou quatrième fois The World Unseen. Quelle n’a pas été ma surprise, de découvrir, à la fin de la projection, que 90% des personnes présentes dans la salle n’avaient jamais vu le film. J’en suis restée bouche bée tant pour moi ce long-métrage, ainsi que I Can’t Thing Straight sont devenus, en l’espace de quelques mois, il y a maintenant quelques années, des incontournables lesbiens. Il y a encore un gros travail d’information à faire, je vous le dis.

Après la fin du film, Shamim Sarif s’est prêtée au jeu des questions-réponses avec le public. Les questions, très variées et intéressantes ont permis d’en apprendre plus sur sa vision. C’était très agréable. Tout le monde est finalement parti pour se retrouver au bar Le Domaine où l’on pouvait obtenir des dédicaces, acheter des tee-shirts et regarder le film I Can’t Thing Straight. Une ambiance très bon enfant, intime et légère ont fait de cette soirée quelque chose d’absolument inoubliable.

J’ai parfois regretté de ne pas habiter Paris quand je vois tout ce qui se déroule dans cette ville. Mais je peux vous assurer qu’à Lyon on a énormément de personnes motivées et qu’on n’est pas en reste. On peut être fières.

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef. Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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