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Lou Morin a écrit un nouvel article, Summer : Interview de la scénariste et réalisatrice, Alanté Kavaïté il y a 10 ans et 8 mois
Née en Lituanie, Alanté Kavaïté a étudié aux Beaux Arts d’Avignon et de Paris où elle s’est spécialisée dans la photographie et la vidéo. Son premier long-métrage Écoute le Temps (Fissures) est sorti en 2007 (support de presse).
Son dernier film, Summer, fera sa première au festival de films de Sundance le 22 janvier 2015.
S’il vous plait, décrivez-nous votre film.
Sangaile, 17 ans, est fascinée par la voltige aérienne. Elle rencontre une fille de son âge lors d’un spectacle aéronautique, un été, près de la villa en bord de lac de ses parents. Sangaile autorise Auste à découvrir son secret le plus intime et trouve en la personne de son amour d’ado la seule personne qui l’encourage réellement à voler.
Qu’est-ce qui vous a poussée à écrire cette histoire ?
Il y a quelques années, j’ai organisé plusieurs ateliers pour adolescents. J’ai beaucoup aimé travailler avec eux et par-dessus tout, j’ai aimé filmer avec eux. À 17 ans, au passage à l’âge adulte, tout semble possible. J’ai été grandement inspirée par l’ouverture d’esprit et la façon dont les adolescents profitent à fond des choses et s’expriment. J’ai été captivée par leur spontanéité, liberté et ingéniosité.
Cette expérience m’a ramenée aux souvenirs de mon adolescence. Lorsque j’avais 17 ans, comme la plupart des adolescents, j’étais pressée de faire des choix tout en étant à la fois remplie de doutes et de peur. J’ai écrit Summer avec comme fil directeur l’idée qu’il suffit parfois d’une rencontre fortuite avec quelqu’un qui vous aide à vous voir sous un autre jour et à surmonter certaines difficultés. Je voulais que ce quelqu’un gentil et attentionné soit une fille du même âge que Sangaile, mais avec une personnalité diamétralement opposée à la sienne pour faire ressortir ses défauts et contradictions.
Concernant l’écriture, j’avais envisagé un film gai et léger même s’il s’adressait aux adolescents perturbés et autodestructeurs. En parlant d’adolescence, je voulais faire un film très musical et avec une histoire d’amour qui aurait une dimension sensorielle, sensuelle et un fort impact émotionnel. Mettre de côté la question du genre tout en mettant en avant la symétrie des corps semblait indispensable pour réussir à se concentrer sur les êtres humains qui sont au cœur de l’histoire.
J’ai passé mon adolescence en Lituanie, un pays qui a une relation particulière, presque obsessionnelle, avec l’aviation. Tous les étés, comme tout le monde, j’allais à beaucoup de spectacles aéronautiques. J’ai eu l’impression que ce passe-temps populaire en Lituanie serait la métaphore parfaite pour Sangaile. La voltige en tant que sport extrême requiert une vraie maitrise de soi et c’est justement ce dont Sangaile semble manquer le plus. Elle doit se battre pour réussir à se libérer et atteindre son rêve.
Enfin, le film montre – d’une manière visuelle et allusive pour rester dans une vision des choses adolescente – le fossé qui existe entre la jeunesse lituanienne née dans un pays démocratique, et les parents élevés sous un régime totalitaire. Sans aucun vrai point de référence, cette [nouvelle génération] doit trouver ses propres réponses aux questions que pose le monde d’aujourd’hui. Mais je suis optimiste pour cette génération.
Quel a été la plus grosse difficulté à surmonter pour réaliser ce film ?
Ma plus grande inquiétude était de trouver les actrices parfaites, mais nous avons eu de la chance et avons trouvé Julija [Steponaityte] et Aisté [Dirziute] très rapidement. Cependant, ma plus grosse difficulté a été de filmer les avions de voltige avec un emploi du temps serré et un budget restreint.
Que voulez-vous que les gens retiennent en sortant du cinéma ?
Je veux que mon public quitte le cinéma avec des émotions positives suite à ce voyage sensoriel dans le monde précieux et fragile de la beauté adolescente. Et aussi avec l’idée que les difficultés que nous devons surpasser nous révèlent.
Quel conseil donneriez-vous à d’autres femmes réalisatrices ?
Je ne me considère pas vraiment comme « femme réalisatrice » et je ne veux pas non plus le faire pour d’autres femmes. Les réalisatrices sont juste des réalisateurs comme les autres.
Quelle est la fausse idée la plus répandue que l’on se fait à votre sujet et au sujet de votre travail ?
La fausse idée la plus répandue concerne sûrement celle de mon pays de naissance, la Lituanie, à cause du manque de connaissance sur ce pays, mais aussi sûrement à cause du lobbying contre la construction européenne. Il y a une grande différence entre ce que j’entends dans les médias français, par exemple, et ce que je connais vraiment de ce pays et de ces habitants.
Concernant mon travail, mon premier film Écoute le Temps (Fissures), a été vendu par les distributeurs comme un thriller parce qu’ils pensaient que ça se vendrait plus facilement. Mais c’était sans nul doute une erreur puisque ces spectateurs-là n’ont pas mordu à l’hameçon et que l’on a ainsi désintéressé le public potentiellement visé, celui que je rencontre dans les festivals et dans diverses conférences de presse et qui semble apprécier ce genre de film d’art et d’essai mélangeant les genres.
Comment avez-vous réussi à financer votre film ? Partagez-nous votre vision des choses sur la façon dont vous avez réussi à réaliser ce film.
C’est sûr que nous n’avions pas notre propre studio et le cinéma européen ne compte pas encore beaucoup sur le crowdfunding. On l’a donc principalement financé grâce aux systèmes de soutien nationaux et européens, puisque le film se présente comme une production lituanienne, française et hollandaise.
Plus spécifiquement, Summer a été développé en France, où je vis, avec le soutien du programme MEDIA de l’Union Européenne. Concernant la Lituanie, les fonds sont en grande partie venus du Centre lituanien de la cinématographie. Et nous avons alors pu postuler au financement Eurimages. Nous avons aussi reçu de l’argent de la Sofica Cofinova (une sorte de niche fiscale française) grâce à la maison de production Films Distribution. Nous avons également obtenu des financements de la Netherlands Film Fund. Et puis, le reste vient surtout des fonds propres de mon producteur français et de quelques reports de paies, y compris la mienne.
Interview Originale sur le site Indiewire.com -
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Hélène et Martha sont en couple. Elles passent quelques jours dans la maison de vacances des parents de Martha en Pologne… puis se séparent.
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Alors, comment dire…. J’avais vu ce court-métrage en juillet et j’ai essayé à nouveau de le regarder. Sait-on jamais ? Des fois, on a des phases d’intérêt comme de désintérêt. Mais bon rien à faire, je me suis ennuyée à mourir les deux fois !! A me donner envie de regarder n’importe quel Twilight ou Hunger Games et crier au génie, c’est dire… En fait, c’est tout ce que j’aime pas dans le cinéma dit d’auteur : de l’ennui, pas un brin d’inventivité, une réalisation aussi plate que la Beauce, un ton monocorde et tellement joyeux, à vous donner envie de vous pendre ou de devenir hétéro… Bref, rien à sauver pour moi…
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Lou Morin a écrit un nouvel article, Complications : Interview de Jessica Szohr, l’interprète de Gretchen Polk il y a 10 ans et 8 mois
Si vous avez regardé la série Complications sur la chaîne USA cet été, vous savez déjà à quel point l’infirmière Gretchen Polk déchire. Pour ceux qui ne l’auraient pas regardée, Gretchen est la complice super cool […]
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Lou Morin a écrit un nouvel article, Pretty Little Liars : Interview de Dre Davis, l’interprète de Sara Harvey il y a 10 ans et 9 mois
Que vous l’adoriez ou la haïssiez, nul doute que Sara Harvey a eu un gros impact dans cette saison de Pretty Little Liars. Après s’être échappée de la maison de poupée en même temps que les Menteuses, elle a emménagé avec Emily et elles ont débuté une relation. Dans l’épisode de cette semaine, Sara déménage de la maison des Fields pour pouvoir sortir convenablement avec Emily. Mais, qui est réellement cette fille ? Travaille-t-elle pour A/Charles ?
J’ai pris un moment pour interviewer Dre Davis, l’actrice et mannequin qui interprète Sara, afin d’en savoir plus sur les intentions de Sara, sur sa sexualité et afin de savoir pourquoi elle voudrait bien se retrouver seule sur une île déserte avec Nina Garcia.
Étant donné l’épisode d’hier soir, il est maintenant clair que Sara veut sortir avec Emily. Pensez-vous qu’elle soit homo ou bien, apprécie-t-elle simplement le confort et la sécurité que lui procure Emily ?
C’est une question très intéressante, et j’y ai déjà réfléchi. Elle n’a que 17 ans et se découvre encore. Je pense qu’à 17 ans tout le monde est encore en train de se découvrir, mais il est très important de se rappeler qu’elle a vécu à l’écart de la société pendant deux-trois ans. En gros, et par rapport aux autres, elle a été toute seule, donc je pense que tout ça est nouveau pour elle. Elle se découvre à travers Emily, mais elle s’éloigne aussi de quiconque la touche… ne serait-ce que lorsque l’on pose un doigt sur elle, elle tremble, donc, vous voyez, c’est délicat. Je pense qu’elle est lesbienne, mais ce n’est pas quelque chose qu’elle a eu besoin de se dire tout de suite, elle devait d’abord savoir ce que cela faisait d’être touchée tout court par quelqu’un d’autre.
Lorsque vous avez signé pour jouer dans Pretty Little Liars, saviez-vous que vous auriez une relation romantique avec Emily ?
Je savais qu’il y aurait une relation avec Emily parce que dans l’une des deux des scènes que j’ai passées pour l’audition, il y a avait un baiser, donc le morceau était lâché !
Oui, j’imagine. La majeure partie de vos scènes sont avec Shay Mitchell. Comment est-ce de travailler avec elle ?
C’est super. Elle est très drôle et très gentille. Elle est à fond sur le plateau. Ce sont tous des pros, ils font ce métier depuis des années et moi je suis nouvelle à la télé. J’ai surtout fait du mannequinat et du théâtre, qui est un média complètement différent de la télé. Donc, en gros, j’apprends en les regardant. Shay est géniale parce qu’elle est vraiment épanouie sur le plateau et elle me guide progressivement. Elle a été merveilleuse. Ils sont tous super cool en fait.
L’un de vos premiers boulots fut ce rôle de mannequin dans la saison 8 de Projet Haute Couture. Je dois donc vous demander : si vous étiez coincée sur une île déserte, avec qui préfèreriez-vous vous retrouver : Heidi Klum, Nina Garcia ou Michael Kors ?
Nina Garcia. Elle a l’esprit vif et est honnête. Enfin, ils le sont tous, mais j’ai eu l’impression qu’elle était assez intelligente et qu’elle savait résoudre les problèmes.
J’ai l’impression que Nina ferait avancer les choses, genre elle construirait un super abri.
Michael Kors pourrait construire un abri puisqu’il est créateur de mode, mais je choisirais Nina, par instinct. C’est une femme qui a les pieds sur terre.
Et donc, est-ce qu’on reverra Sara après le grand saut dans le temps suivant le final de l’été ?
Vous me verrez, oui. Sara sera là.
Pretty Little Liars a une base de fans énorme et enragée sur les réseaux sociaux. Il y a beaucoup de fans très passionnés. Comment avez-vous vécu cela ?
Oh mon Dieu ! Lorsque j’ai commencé, mon nombre de fans s’est envolé ! J’étais stupéfaite de la réaction des fans face à la série, et de voir à quel point ils l’aiment et aiment interagir avec les acteurs. J’ai reçu beaucoup de messages et de commentaires, pour la plupart incroyablement gentils. Limite trop ! Pas dans le mauvais sens du terme, c’est juste que tout le monde a été extrêmement gentil. Bien sûr, il y a eu quelques réactions négatives, mais c’est normal. Puisque j’ai une relation avec Emily, il y a forcément des fans qui n’apprécient pas ! Mais j’ai été vraiment surprise des réactions que j’ai eues !
Les fans d’Emily sont parfois un peu fous.
Ce sont des fans d’Emison que j’ai reçu le plus de nouvelles.
Parlons un peu de ces tatouages que Sara s’est fait faire avec Emily. Sur une échelle de 1 à Lauren Conrad [ndlt : Lauren Conrad est une actrice et styliste américaine], à quel point le tatouage « courageux » d’Emily était basique ?
[Rires] Que représentent les nombres entre les deux extrêmes ? Je ne sais pas répondre à cette question. Je peux dire 5 ? Ça pourrait être n’importe quoi si Lauren Conrad peut être un chiffre. Je crois que je vais rester sur 5.
Ça semble juste. Il est maintenant temps de passer à l’exercice de survie Pretty Little Liars ! Vous êtes enfermée dans la maison de poupée de Charles et vous tombez sur une table. Il y a trois objets que vous pouvez choisir pour vous défendre : une jambe de mannequin, une vieille poupée flippante qui crache des flammes ou une chope à bière remplie à ras bord de biscuits à l’herbe. Quel objet choisissez-vous ?
Ah, c’est difficile. Je dirais le deuxième parce que ça ressemble à une arme, mais le troisième… ah, je n’aime pas le fait qu’il y ait de l’herbe dedans parce que je ne veux pas fumer de l’herbe, mais j’ai besoin de nourriture. Donc, bon, je vais choisir les biscuits à l’herbe. Je crois que c’est le choix le plus pragmatique.
Je ne considère pas la troisième option comme une arme… je la considère comme un dîner. Je plaisante.
J’ai besoin de manger et j’aime les biscuits !
Bon d’accord.
Interview Originale sur le site Afterellen.com -
Lou Morin a écrit un nouvel article, Rookie Blue : Interview de Charlotte Sullivan, l’interprète de Gail Peck il y a 10 ans et 9 mois
Alors que Gail Peck de Rookie Blue peut être une vraie peau de vache, Charlotte Sullivan, son interprète, est absolument adorable. Dans la dernière saison, Gail est tombée amoureuse d’Holly (interprétée par Aliyah O’Brien) et s’est fait briser le cœur. Dans cette saison-ci, Gail s’implique corps et âme dans une histoire d’adoption et de drame familial, et, oui, elle est encore lesbienne.
En prévision de l’épisode final de Rookie Blue diffusé mercredi prochain au Canada, Charlotte nous a parlé du forcing qu’elle a dû faire pour que son personnage soit homosexuel, de ce qu’elle pense du couple Holly/Gail, de l’intrigue concernant son personnage dans cette saison et de ses fans gays géniaux.
J’ai eu le plaisir de discuter avec Tassie Cameron [ndlt : l’une des créatrices et scénaristes de la série] il y a quelque temps. Elle m’avait dit que vous aviez toujours cru que Gail était lesbienne. Est-ce vrai ? Vous avez toujours su quelque part ? Et si oui, pourquoi ?
C’était il y a quoi, 5 ans, j’ai dit un truc du genre « Tassie, est-ce que je suis lesbienne ? ». Elle m’a répondu « Non », et j’ai continué « Tu en es sûre ? ».
J’avais l’impression de voir des indices faisant allusion à sa sexualité. Et puis, ça ne faisait aucun doute qu’elle avait du mal à interagir correctement avec les garçons – non pas que vous deviez interagir correctement avec les hommes pour être hétérosexuelle –, mais c’était un ressenti. J’avais même l’impression qu’il y avait des blagues, genre « Est-ce qu’ils sont en train de se moquer de ma sexualité ? Qu’est-ce qu’il se passe ? » Elle m’a dit « Pas du tout. Ce n’est pas ce que l’on avait prévu pour toi ». Et puis, quelque part, elle a gardé ça en mémoire et elle a fini par adorer l’idée.
Le truc qui m’énerve dans ce genre de série télé, c’est qu’ils se sentent toujours obligés de rappeler au public que le personnage est gay. Je ne parle pas de Gail Peck, je parle en général. Les personnages homosexuels ont toujours besoin d’avoir cet espèce de coming-out dans le scénario et j’ai juste l’impression que ce n’est pas… je veux dire, c’est normal, ce n’est pas hors du commun, alors pourquoi en faire tout un plat ? Moi-même en tant qu’hétérosexuelle je n’ai pas eu besoin de faire de coming-out et de déclarer mon hétérosexualité à mes amis et ma famille. Alors pourquoi une personne homosexuelle devrait avoir à le faire ? Du coup, j’admire vraiment la façon dont Rookie Blue a approché les choses. On n’a pas eu ce grand moment de coming-out à tout le monde.
Il y a beaucoup de scénaristes homos sur la série et j’ai trouvé qu’ils ont géré ça d’une très jolie manière. Ce que je n’aime pas avec la plupart des séries qui parlent de la sexualité de leurs personnages c’est qu’ils vous le martèlent à longueur de temps. Ils rappellent tout le temps au public que ce personnage-là est gay. Pourquoi une personne ne pourrait-elle pas juste être une personne ? C’est une espèce de grande claque dans la figure pour la communauté gay, je trouve. Laissez-les être homo à la télé, qu’est-ce qu’on s’en fiche ?
Mais je trouve aussi très important le fait d’être représenté à la télévision et c’est pour ça que j’étais très heureuse de pouvoir le faire. Ça ajoute de nouvelles profondeurs à mon personnage. La vache, ça la rend encore plus sympathique à mes yeux.
Vous avez également mis un terme définitif à la question de l’homosexualité de Gail en lui donnant une coupe de cheveux très gay. Mais j’ai entendu dire que vous vous êtes coupé les cheveux parce que vous en aviez réellement besoin, c’est vrai ?
Ça n’avait rien à voir avec l’homosexualité de Gail. C’est juste que j’ai eu les cheveux peroxydés pendant trop longtemps et qu’ils ont fini par tomber. Pour de vrai !
Ça vous va bien. Et coïncidence, c’est allé de pair avec la transformation de Gail.
C’est un peu bizarre tout ça.
Il faut que je vous interroge sur Holly et Gail. Qu’avez-vous pensé de leur relation ?
Tout d’abord, j’adore Aliyah O’Brien. C’est une personne vraiment formidable. J’ai une très belle relation avec elle. Pouvoir travailler avec elle a été merveilleux. Et j’adorais leur relation. Je veux dire, il est évident que Gail prend toujours la fuite, c’est une fuyarde et oui, c’est sûr, j’aurais aimé que l’on ait plus de temps pour approfondir cette relation.
Nous n’avons pas pu nous concentrer sur cette relation et nous plonger totalement dedans parce qu’Aliyah habite à Vancouver et nous tournons à Toronto. C’était juste une histoire de logistique, ce qui est un peu un crève-cœur. Mais oui, j’aurais vraiment aimé que leur relation continue encore et encore. J’aurais adoré !
Du coup, voudriez-vous que Gail se trouve une autre petite-amie, ou est-ce que, comme beaucoup d’entre nous, attendez-vous qu’Holly revienne ?
Et bien, je crois qu’il n’y a rien de mal à s’amuser un peu, à sortir et voir les opportunités qu’il peut y avoir à l’extérieur. Mais au final, je crois que, pour moi, c’était Holly la bonne. Je le pense. J’ai vraiment aimé cette relation.
Il y a des vols intra Canada, au sein du pays des Grands Froids. Pensez-vous que quelque chose pourrait être arrangé avec Aliyah ? Avez-vous des infos quelconques ?
Pour être honnête, comme nous sommes basés à Toronto, d’après les contrats nous devons embaucher des locaux. C’est vraiment bizarre, mais ça a un rapport avec les incitations fiscales. Au final, c’est juste des questions d’argent, ce qui est horrible parce qu’on préfèrerait évidemment que ce soit une question de talent.
N’y a-t-il aucun moyen – et je me joindrais à vous avec plaisir si besoin était – de convaincre Aliyah d’intégrer la bergerie torontoise ? Ce n’est pas si mal que ça ici.
C’est tellement vrai. Absolument. Je crois que si elle avait vécu et déménagé ici, le scénario aurait été totalement différent. Mais elle a aussi une vie à Vancouver. Elle a sa famille là-bas, il y a donc vraiment quelque chose qui la retient dans cette partie du monde.
Ok, ok.
Vous avez essayé !
J’ai essayé. Bon, pour en revenir à la question sur les relations. D’accord pour que Gail fasse ses premières frasques, mais voudriez-vous qu’elle ait une autre relation sérieuse avec une femme ? Je sais que Gail part dans beaucoup de directions différentes en ce moment.
Ah, mais bien sûr. En ce moment, elle gère ce problème d’adoption.
Ah ça, pour l’instant, dans cette saison, l’intrigue de l’adoption a pris le dessus sur la vie amoureuse de Gail. À votre avis, pourquoi cela représente-t-il autant pour Gail d’adopter Sophie ? Surtout que pour elle ça veut dire le faire seule, en tant que mère célibataire. Et en étant policière en plus.
En y réfléchissant bien et en nous considérant tous les cinq [les cinq nouvelles recrues du début de la série], Gail n’a jamais vraiment été amie avec qui que ce soit. Même quand on faisait les photos de promos de la série ou de simples photos pour la série, ils nous disaient « Ok, enlacez-vous les uns les autres », et je leur répondais « Mais Gail, déteste ces personnes ». Il y a toujours eu cette étrange dynamique, un peu limite, avec elle. Elle ne déteste pas ces gens, elle les aime en réalité, mais elle n’aime pas le montrer et elle n’a jamais vraiment fait partie du groupe. Et je crois qu’elle a besoin de retrouver cet instinct maternel qui est en elle, pour contrebalancer le fait que les gens n’aient pas confiance en elle, même en tant qu’officier de police. Elle a besoin de croire en elle, de croire qu’elle puisse être chaleureuse, tendre et aimante, et ce même avec cette carapace incroyablement dure – probablement faite de goudron – vous voyez ce que je veux dire ? Elle veut se prouver qu’elle est une femme et qu’elle peut être maternelle.
Gail n’a pas de relation amoureuse cette saison-ci, mais nous l’avons vue exprimer son intérêt envers les femmes à sa façon. Donc, même si l’expression de sa sexualité dans cette saison est un peu différente, comment était-ce d’interpréter la Gail lesbienne ?
J’adore jouer Gail Peck. Vraiment. Elle est géniale. J’adore inclure des parties de moi dans son interprétation et peu importe son orientation sexuelle, c’est une créature vraiment intéressante. C’est un personnage profond, bizarre, étrange et beau, d’une manière un peu chelou et noire. On joue aux policiers et aux voleurs et on est payés pour le faire. On n’a pas à se plaindre. C’est formidable. Et mon personnage est mon préféré.
Elle est ma préférée aussi, mais je suis extrêmement biaisée. En parlant de ça, qu’est-ce qui vous a le plus touchée dans la réaction des fans face à… appelons ça, la révélation sexuelle de Gail ?
Je suis toujours touchée par les fans. Ils ont été vraiment magnifiques. Mais au moment où cela s’est produit, quelque chose a changé. C’est comme si une fois que j’avais commencé à soutenir la communauté gay, la donne avait changé. Ils ont été merveilleux avec moi. Genre, vraiment incroyables.
Malheureusement, j’ai aussi reçu des courriers haineux. Mais je défendrai la communauté homosexuelle jusqu’au bout, donc si quelqu’un doit recevoir du courrier haineux, allez-y, je suis votre cible. Je m’en fiche, je suis contente de chercher des noises à ces personnes. Ça m’intéresse toujours de savoir pourquoi les gens réagissent négativement à ces histoires. Certaines personnes l’ont mal pris juste par ignorance ou par manque d’ouverture d’esprit.
Je suis canadienne, l’homosexualité est répandue chez nous, et c’est normal. Et quand ce n’est pas la normalité de certaines personnes, elles trouvent cela bizarre. En tant qu’artiste, c’est mon travail de parler de cela comme d’une chose normale. Et c’est pour ça qu’il est si important de représenter tout le monde, toutes les cultures, toutes les orientations sexuelles, parce que c’est normal. Les fans ont été… les fans homos sont les meilleurs.
Ils vous suivront jusqu’au bout du monde.
Génial. Ça ne ressemble à rien de ce que j’avais connu avant. Je suis fière, je suis plus que fière de les représenter à la télévision.
Si une nouvelle saison est confirmée, savez-vous ce que deviendra votre personnage ?
Je suis dans le flou. Ils n’aiment pas nous dire les choses parce qu’ils savent que je vais vous parler par la suite. Mais, en me basant sur le dernier épisode, je ne dirai rien précisément, mais… il y a quelque chose de différent qui se prépare pour Gail. C’est tout ce que je dirai.
Bon, je vais commencer à planter les germes de cette idée et vous allez être la troisième personne de la série avec qui j’aurais partagé ça. Et si ça se fait, j’en réclamerai les droits ! J’ai récemment vu Rachael Ancheril, qui joue Marlo Cruz dans la série, dans le film Tru Love, où elle interprète une lesbienne de manière très convaincante, même si assez brièvement. Je me disais, d’un point de vue budgétaire, au lieu de devoir embaucher une nouvelle actrice et créer de nouvelles histoires…
Je vois où vous voulez en venir.
… ne serait-ce pas une super idée si Marlo et Gail finissaient ensemble ? Tout particulièrement maintenant, vu qu’il y a ce nouveau bébé et que Gail est carrément obsédée par les enfants.
C’est une idée géniale. Je ne sais pas pourquoi je n’y ai pas pensé. Est-ce que je peux en réclamer les droits ?
On peut les partager si vous voulez.
C’est une idée de génie. Vraiment.
C’est une idée qui m’est passée par la tête.
C’est logique comme idée. Et ça installerait sans aucun doute une dynamique très intéressante entre Andy et moi, encore une fois.
Et Gail adore Andy.
Oui, et elle adore l’embêter aussi. Donc ça serait assez parfait. Et, je serais la belle-mère ?
Oui, et elle serait la belle-mère aussi.
Exact. Donc on pourrait en découdre sur le sujet si on voulait. Du genre « C’est moi la meilleure belle-mère ! ».
En tout cas, je veux voir Gail lesbienne.
Ça ne changera pas. Certaines personnes m’ont demandé « Oh, est-ce que ça veut dire que vous allez devenir bisexuelle ? » Non, pas du tout. Elle est lesbienne. Et je trouve que ce serait de mauvais goût d’en quelque sorte retourner sa veste. C’est une chose que j’ai vraiment respectée chez les scénaristes. Ils m’ont dit « Non, une fois que tu as fait ça, tu ne reviens pas en arrière. Ça n’arrivera pas. » Ça été quelque chose de vraiment fort pour moi.
Interview Originale sur le site Afterellen.com -
Lou Morin a commenté cet article : Jenny's Wedding il y a 10 ans et 9 mois
Je suis presque 100% d’accord avec toi, sauf qu’en plus, chez moi, les touches d’humour n’ont pas du tout pris. Et puis, je dois avouer que j’ai beaucoup de mal avec le jeu d’actrice de Katherine Heigl. Du coup, je me suis profondément ennuyée et j’ai coupé avant la fin (qui, de toute façon, était plus que prévisible).
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Lou Morin a écrit un nouvel article, Tig : Interview de Tig Notaro il y a 10 ans et 10 mois
Dire que Tig Notaro a eu des années difficiles est un euphémisme. En 2012, on lui a diagnostiqué un cancer, elle a rompu avec sa petite-amie et sa mère est brutalement décédée. Elle nous a ensuite livré un spectacle comique devenu culte au Largo à Los Angeles, où elle discute publiquement de ce qu’elle a traversé. Sa carrière a alors explosé. Puis, elle a dû subir une double mastectomie et a eu encore d’autres problèmes médicaux lors de sa tournée de 2014.
Tig, que beaucoup de lectrices d’Afterellen adorent depuis son rôle de l’officier Tig dans The Sarah Silverman Program en 2007, a toujours gardé espoir, plaisanté avec ses amis et fans et trouvé un peu de comique dans toute cette mélancolie. Le film Tig, qui fait sa première à l’Outfest ce soir et qui sera disponible sur Netflix dès le 17 juillet, décrit la vie privée de la comique out ainsi que sa carrière depuis ses diagnostics. Il illustre la façon dont elle a réussi à se sortir de ces événements tragiques inattendus et à rencontrer le succès dans tant professionnellement et sentimentalement que dans le domaine de la santé. Les réalisatrices Kristina Goolsby et Ashley York ont suivi Tig depuis ses séjours à l’hôpital jusqu’à ses rencontres avec des mères porteuses (eh oui, Tig veut avoir un bébé). Et puis, il y a aussi cette amitié imprévue qui s’est transformée en relation amoureuse pour Tig et sa partenaire de In a World…, Stephanie Allynne (et elles sont maintenant fiancées).
Tig nous a parlé du fait de laisser Kristina et Ashley la suivre caméra à la main, de ce qu’elle a appris sur elle pendant ce temps-là et de son projet passionné, Clown Service, qui sera aussi diffusé à l’Outfest la semaine prochaine dans le cadre du programme Girls’ Shorts.
Il me semble qu’il faut savoir mettre son orgueil de côté lorsque quelqu’un vous filme tous les jours, à chaque aspect de votre vie. Est-ce quelque chose auquel vous aviez pensé lorsque vous avez accepté de faire ce documentaire ou bien lorsque vous l’avez regardé pour la première fois ?
Vous savez, je n’ai pas pensé à grand-chose lorsque j’ai accepté de faire le film. Mon amie Kristina est celle qui est venue me parler de ce projet. Et je me suis dit que, comme j’avais déjà traversé tellement de choses, tout ce qu’elle allait faire c’était de me filmer en train de remonter la pente, de revenir à la vie et juste enregistrer les bons moments. Donc je n’avais pas pensé à grand-chose. Elle avait toujours voulu faire un documentaire et nous sommes amies depuis près de 20 ans, donc j’ai simplement dit « Ce serait cool. Je suis partante ».
Y a-t-il des choses qui vous ont surprise ou des choses que vous avez apprises sur vous-même lorsque vous avez vu le produit fini ?
Oui. Je n’avais pas réalisé que j’étais quelqu’un qui prenait autant de risques. C’était vraiment intéressant de réaliser cela sur moi et quelque part, ça fait du bien [rires].
Aviez-vous votre mot à dire dans le montage ou sur l’histoire au cours du processus ?
Et bien, c’est Kristina qui a commencé à faire cela et par la suite une société de production d’une taille plutôt importante s’en est occupé. Beaucoup de personnes se sont donc retrouvées impliquées et elles m’ont toujours incluse lors des montages. J’ai probablement vu quatre ou cinq versions différentes du documentaire. Je leur faisais des commentaires, ils les faisaient passer et s’ils étaient constructifs, ils en tenaient compte. S’ils ne l’étaient pas, ils m’expliquaient leur choix et dans 95% du temps j’étais d’accord avec eux et ils étaient raisonnables. Je crois aussi que j’ai eu de la chance d’être aussi occupée. À tel point que je n’ai honnêtement pas eu le temps de m’inquiéter de cela. Je faisais tout le temps d’autres choses, puis je recevais un lien qui me conduisait vers le dernier montage ou alors il fallait que je me déplace pour aller le voir.
Y a-t-il quoi que ce soit que les caméras n’ont pas filmé mais que vous auriez aimé qu’elles filment ?
Mon Dieu, vous savez [rires], j’ai eu ce moment bizarre… ce n’est pas vraiment un moment que les caméras auraient pu saisir parce que ça aurait conduit à d’autres histoires parallèles et tout. Mais voilà quelque chose d’intéressant en revanche, une fois qu’elles avaient fini de tourner, j’ai eu ce moment bizarre de ma vie : vous savez, lorsque j’ai fait ce spectacle qui a fini par être très médiatisé parce que j’avais enlevé mon t-shirt sur scène et que tout le monde en a parlé dans les journaux. Je ne savais pas que le New York Times, le New Yorker et Huffington Post faisaient partie du public lors de mon spectacle à New-York. Je savais, bien entendu, qu’il y aurait du bouche à oreille, mais je ne pensais pas que ça aurait pris une telle importance. Puis, juste le soir d’après j’ai été hospitalisée à cause d’une hémorragie et ça, ça a aussi fait le tour d’internet. Il y a eu une confusion de malade, les gens disaient « Oh mon Dieu, tu as entendu pour Tig ? », l’autre répondait « Ouai, c’est cool et génial ! », et le premier répliquait « Non, elle est en train de se vider de son sang à Philadelphie ! ». Je pense donc que c’était vraiment la représentation parfaite de la façon dont la vie passe d’un extrême à l’autre en quelques secondes. Et puis, en quelque sorte, ça résumait bien le thème de ma vie en un court moment. Lorsque je touchais le fond, ma carrière atteignait des sommets mais j’étais anéantie émotionnellement parlant et je souffrais physiquement. Tout ça m’arrivait en 12 ou 24 heures. Ça semblait juste être un moment dramatique intéressant pour le documentaire.
Comment ont-elles su ou bien comment avez-vous su quand vous arrêter de filmer ? Vous êtes encore en vie, vous pourriez encore être en train de filmer !
Oui, elles ont dû arrêter à un moment parce qu’elles n’avaient plus de budget et qu’il n’y avait pas vraiment de moment bien défini pour arrêter. Il fallait juste vraiment qu’elles arrêtent. Il y avait d’autres choses que je voulais… je les encourageais à simplement laisser l’histoire se raconter, et peut-être que d’autres choses se seraient présentées et qu’elles auraient continué encore un peu. Et je crois qu’elles ont un peu dépassé leur budget. Elles devaient tout simplement arrêter. Il le fallait. Mais je trouve que ce qu’elles ont capturé sont de très bons exemples de moi essayant de me reconstruire après avoir tout perdu.
L’une de mes parties préférées du film est la construction de votre relation avec Stephanie. Est-ce que cela a été un problème pour l’une de vous de commencer cette nouvelle relation sous les caméras ? Qu’en pensiez-vous ?
Je ne pensais à rien [rires]. Elle m’a parlé de ça ce matin ou hier soir en allant au lit ou en se réveillant, je ne me rappelle plus. On nous a posé cette question l’autre jour et elle m’a dit « Tu sais quoi ? Ça ne m’avait jamais traversé l’esprit avant que quelqu’un nous le demande en interview », je lui ai répondu « Honnêtement, ça ne m’avait pas traversé l’esprit non plus ». J’ai eu tellement de relations par le passé, qui ont toutes été, pour la plupart, merveilleuses, douces, remplies d’amour, mais je ne pensais pas vouloir être avec quelqu’un pour toujours et vouloir me marier. L’un des premiers signes pour moi concernant ma relation avec Stephanie a été lorsque j’ai fait habiter le frère de Stephanie et sa petite-amie dans ma dépendance, sans me poser de questions. Je me suis juste dit « Ce serait trop bien que Dylan vive ici ! ». Puis j’ai repensé à toutes mes autres relations et je n’avais jamais accueilli qui que ce soit de leur famille sur mon terrain. Il n’y avait aucune chance que cela ne se puisse arriver avant. Je pense que c’est juste pareil avec le film. Je n’y ai même pas pensé. Je ne dis pas que j’ai fait les choses correctement. Je dis que j’ai pris des risques.
Cela aurait pu mal se passer, ne pas marcher et je ne sais pas comment aurait fini le film. Mais je suis contente que tout se soit bien passé !
Au début, je sortais avec deux-trois autres personnes comme ça, mais ça s’est arrêté quand c’est devenu sérieux entre moi et Stephanie.
Vous présentez aussi Clown Service à l’Outfest, sur lequel je sais que vous travaillez depuis quelques années. Pouvez-vous m’en dire un peu plus sur ce court-métrage ?
Il est basé sur des faits réels. C’est l’histoire de quand, je suppose que je devais avoir dans les 21 ans, je traversais une rupture et j’étais vraiment mal. J’ai dit à une amie que la seule chose qui me ferait sentir mieux serait qu’un clown vienne chez moi. Elle m’a dit « Oh, la vache, c’est trop marrant ! Si tu arrives à en faire venir un, je le paierai ! ». Mais personne n’a voulu envoyer de clown parce qu’il ne s’agissait que de moi et que j’ai appelé en étant très déprimée, avec une voix monotone. Ils essayaient de savoir de quel genre de fête il s’agissait et je n’arrêtais pas d’expliquer que c’était juste pour moi. Ils étaient très mal à l’aise et n’ont pas envoyé le clown. J’ai écrit la fin du court-métrage et le clown vient bien.
Combien de temps cela a-t-il pris pour faire démarrer ce projet ? Je sais que vous avez fait une campagne de crowdfunding via Kickstarter, pas vrai ? [Note : j’ai fait un don pour cette campagne]
Oui et dès que j’ai réussi à réunir les fonds, on m’a diagnostiqué un cancer. J’ai commencé la campagne de crowdfunding après avoir fait une pneumonie, être contaminée par une C. difficile, avoir perdu ma mère et avoir rompu avec ma petite-amie. Je m’étais dit « Tu sais quoi ? Il faut juste que tu te trouves quelque chose à faire ». J’ai donc commencé une campagne de crowdfunding puis j’ai été diagnostiquée et j’ai mis le projet en pause pendant que je traversais tout ça. J’ai commencé à être davantage occupée et à aller mieux et ensuite il a juste fallu que je me prenne un week-end de libre et que je boucle le tournage en deux-trois jours. Je suis vraiment contente du résultat. Je suis vraiment très contente de ce petit film. Je pense que je m’en suis plutôt bien sortie.
Pour finir, je sais que vous revenez de la saison 2 de Transparent. Pouvez-vous nous dire avez qui vous partagerez des scènes ou si l’on peut espérer vous voir souvent dans cette saison ?
Vous savez, pour l’instant j’ai eu des scènes avec à la fois [Tammy et Sarah]. J’étais censée aller à la séance de lecture aujourd’hui – je crois que j’ai une grosse scène avec le personnage d’Amy [Landercker] – mais je monte mon épisode spécial pour HBO, donc je n’ai pas pu m’y rendre. Je ne sais pas ce qu’il va se passer. Je pense que pour l’instant je suis dans quatre ou cinq épisodes et rien ne transparait vraiment de ce que mon personnage fait, mais c’est vrai que je joue beaucoup plus. Je trouve la série phénoménale, tout comme les personnes impliquées et… vraiment, c’est juste un chef d’œuvre.
Interview Originale sur le site Afterellen.com -
Lou Morin a écrit un nouvel article, Of Girls and Horses : Interview de la réalisatrice, Monika Treut il y a 10 ans et 11 mois
Avec plus de 20 films à son actif, la réalisatrice Monika Treut est une grande figure du cinéma. À l’exception de l’icône cinématographique Barbara Hammer, personne n’a jamais réalisé de films lesbiens et queers pendant aussi longtemps que Monika. Elle a commencé à travailler dans l’audiovisuel dans les années 1970 alors qu’elle finissait son doctorat en philologie à l’Université de Marbourg, en Allemagne et elle a réalisé son premier film, How Does the Camel Go Through the Needle’s Eye?, en 1981.
Le 30 juin prochain, Wolfe Video sortira la version numérique de son film Of Girls and Horses. Ce film marque un tournant avec ses débuts, dont les cultes Virgin Machine, Seduction : The Cruel Woman et Lesbian Nation, ainsi qu’avec son travail avec l’intellectuelle lesbienne féministe marginalisée, Camille Paglia : Female Misbehavior.
Of Girls and Horses est l’histoire d’Alex, une adolescente de 16 ans qui essaie de reprendre sa vie en main après s’être droguée et scarifiée. Elle tourne la page grâce à sa relation avec Nina, une dresseuse de chevaux, et aux chevaux avec qui elle passe ses journées. Son séjour à la campagne permet à Alex de faire l’introspection dont elle avait besoin pour débuter sa nouvelle vie. Mais son rétablissement est mis en péril, c’est le moins qu’on puisse dire, lorsqu’arrive Kathy, avec qui Alex se lie très intensément sur le plan psychologique et sexuel.
Monika nous a parlé de la signification de ce film aujourd’hui et de pourquoi les chevaux sont vraiment les meilleurs amis des filles.
Considérez-vous que Of Girls and Horses est une histoire sur le passage à l’âge adulte ? Qu’est-ce que ce « passage à l’âge adulte » et en quoi est-il différent, s’il l’est, pour les personnes LGBT ?
Il est toujours difficile de généraliser, mais je vois dans Alex, ce personnage rebelle, quelqu’un de vraiment perturbé, une ado perturbée, à la recherche de son identité, encore plus que l’autre ado, Kathy, qui est d’origine bourgeoise. J’ai écrit ce personnage rebelle parce que je me suis nourrie de mes propres expériences d’ado et de mon amour pour les chevaux.
Alex est juste un genre d’ado queer. Tout le monde a un genre à lui. Le genre rebelle est, pour moi, le plus intéressant. Le personnage vous permet d’avoir plus de liberté d’action et même si les actions en elles-mêmes ne sont pas si belles que ça, au moins, en tant que réalisatrice, vous avez plus de choses avec lesquelles travailler.
Of Girls and Horses semble moins expérimental que vous précédents films. Quel était votre but avec ce film ?
J’ai toujours beaucoup de mal à comparer mes propres films. Celui-ci correspond juste à une autre de mes facettes. Comme je l’ai dit, ado, j’aimais les chevaux, mais comme aujourd’hui je vis en ville et que je voyage beaucoup, ces animaux me manquent. Puis, l’occasion de pouvoir passer un peu de temps autour de ces animaux s’est présentée avec ce film.
J’adore aller dans les écuries, être autour des chevaux, les sentir, les toucher. Cela me permet vraiment de garder les pieds sur terre et de me calmer. Le tournage de ce film, c’était presque des vacances. Nous avons tous vécu ensemble, pendant trois semaines, dans ce haras. On était vraiment proches de la nature et pendant les pauses entre les scènes on se faisait des petites balades en cheval.
Of Girls and Horses est un film très métaphorique. Quelle était la signification des chevaux ? Que signifie la fuite des chevaux la nuit où Alex embrasse Kathy ?
Et bien, les chevaux, dans le film, jouent un rôle de médiateur entre les personnages, les femmes et les filles. Je trouve les chevaux vraiment très intéressants. Aujourd’hui beaucoup de personnes font des thérapies avec les chevaux, que ce soit des détenus dans les prisons, des ados à problèmes ou des personnes qui ont subi un traumatisme. Les chevaux reflètent votre état d’être humain. Vous communiquez avec eux par le langage du corps. Ce sont des animaux très sensibles, ils savent lorsque vous avez peur, êtes en colère, quand vous êtes nerveux ou pas à ce que vous faites.
On voit un peu ce genre de relation lors de l’une des mes scènes préférées, lorsque Nina fait du cheval les yeux fermés. Elle chevauche sans rien, ni rênes, ni selle. Elle lui donne juste des indications par les mouvements de son corps, et au final, il obéit. Puis, il se couche et l’on constate alors que le cheval est en totale harmonie avec le cavalier. Voilà tout ce que j’aime dans l’équitation. C’est tellement merveilleux de communiquer avec un autre être vivant, une autre espèce. Cela révèle beaucoup de votre personnalité.
Je crois que ça en dit aussi beaucoup sur les relations humaines. Nous sommes en mesure d’avoir cette relation instinctive avec une autre espèce animale et pourtant, dans le monde technologique d’aujourd’hui, nos relations sont presque toutes numériques et assez rarement humaines.
Oui, c’est assez fascinant. Nous avons tous été changés une fois le tournage fini. Toute l’équipe était entourée de chevaux et tout le monde en a été enchanté.
En quoi les luttes d’Alex reflètent les luttes de la jeunesse queer d’aujourd’hui ?
Je crois qu’il s’agit de l’abandon. Sa mère adoptive n’est pas très compréhensive et l’abandon de base déclenche ces éléments d’auto-destruction. Elle n’est pas sûre de qui elle est et d’où elle veut aller. Elle est perdue. Cette situation se retrouve chez certains ados queers qui sont vraiment vraiment perturbés.
Dans ce film, j’ai juste voulu représenter cette situation et trouver un moyen d’en sortir. J’ai vraiment l’impression que de travailler dans un haras et devoir faire un travail vraiment physique entouré par ces animaux peut aider à se sortir d’une telle situation. Je voulais qu’Alex se retrouve dans une situation où elle pouvait faire confiance aux autres et que son amitié improbable avec Kathy soit possible par l’intermédiaire des chevaux.
Concernant la relation entre Alex et Nina, qui fait figure de mentor pour Alex, quelle est l’importance du transfert qu’elle fait sur elle pour comprendre sa propre sexualité et libido ? Est-ce que le fait que Nina soit plus âgée a été un déclic pour aider Alex à comprendre sa sexualité ?
Je crois, oui. Je crois que c’est assez courant comme situation. Nous avons tous eu des amourettes pour des profs, et surtout des personnes plus âgées, qui ont fait office de mentor. C’est tout particulièrement vrai dans la situation d’Alex : elle était perdue, elle avait besoin de quelqu’un qui lui montre la voie à suivre…
C’est un peu de l’idéalisation. Pour plaisanter, je vais faire référence au paradigme « être toi/coucher avec toi », c’est-à-dire devenir quelqu’un d’autre par une sorte d’accomplissement sexuel.
Et cela n’est pas nouveau, surtout dans les films lesbiens, regardez Jeunes Filles en Uniforme par exemple. Je pense que l’on a déjà toutes eu cette attirance pour quelqu’un de plus âgé qui nous servait de modèle.
Interview Originale sur le Site Afterellen.com -
Lou Morin a écrit un nouvel article, Carmilla : Interview de la productrice, Steph Ouaknine il y a 10 ans et 11 mois
Après nous avoir fait patienter une éternité, Carmilla est enfin de retour. La saison 2 de cette websérie inspirée du livre de J. Sheridan Le Fanu, dispose d’un nouveau plateau et de nouveaux visages, en plus de […]

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Lou Morin a écrit un nouvel article, Pariah il y a 10 ans et 11 mois
Alike, une adolescente afro-américaine de Brooklyn, s’efforce de traverser cette période difficile avec grâce, humour et ténacité tout en gérant ses problèmes familiaux, ses amitiés et sa quête d’identité sexuelle.
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Lou Morin a écrit un nouvel article, Bessie : Interview de Tika Sumpter, l’interprète de Lucille il y a 10 ans et 11 mois
Lors de la diffusion de Bessie sur HBO ce samedi, les téléspectateurs feront la connaissance des personnages principaux du téléfilm, à savoir : une bisexuelle, sa petite-amie mais aussi le mari et le petit-ami. Queen Latifah interprète la chanteuse de blues bisexuelle Bessie, et Tika Sumpter (de la série télé The Haves and the Have Nots) interprète Lucille, la petite-amie de longue date de Bessie.
Bessie est un téléfilm écrit et réalisé par la réalisatrice lesbienne Dee Rees, à qui l’on doit également Pariah. Dans ce film, Bessie et Lucille sont, certes, impliquées de façon romantique et sexuelle, mais Bessie s’implique tout autant avec ses conquêtes masculines. Il est d’ailleurs très clairement précisé que pour obtenir pouvoir et succès, Bessie se sent le besoin de s’engager avec un homme et non une femme.
Tika Sumpter interprète donc Lucille, la séductrice discrète qui veut simplement faire plaisir à sa compagne et la partager sans jalousie ou rage aucune. Bien que les choses ne fonctionnent pas entre les deux femmes et qu’elles ne finissent pas ensemble, l’attachement de Lucille envers Bessie la personne et non Bessie la star, fait d’elle la personne la plus honnête et la plus agréable de l’entourage de Bessie.
Nous avons discuté avec Tika de son rôle et de la raison pour laquelle elle voulait absolument participer à ce film.
Vous avez eu la chance de voir Bessie lors de sa première, n’est-ce pas ?
Oui et j’ai adoré. Les personnages sont tellement profonds. C’était drôle, sincère et le film pose de vraies questions. J’ai adoré.
Pouvez-vous me parler de votre audition ?
J’ai lu le scénario et tout y était incroyable. J’ai eu le sentiment de devoir faire partie de cette expérience à tout prix. J’avais vraiment envie de travailler avec Dee Rees, je la trouvais super. Elle avait réalisé Pariah, qui avait été salué par la critique, et quand j’ai appris que Queen Latifah faisait partie de l’équipe, j’ai trouvé ça dingue.
[Lucille] a très bon cœur, elle fait passer beaucoup de choses par le regard. L’amour qu’elle porte à Bessie est magnifique. Je me suis donc précipitée à l’audition, j’ai fait mon max et je suppose que Dee a apprécié ma performance. Voilà l’histoire.
C’est vrai que Lucille en dit long avec ses expressions faciales. Était-ce difficile à jouer ?
[Rires] Parfois c’était difficile, mais, après tout, c’est ça le jeu d’acteur. Le tout est de vivre l’instant présent, vous voyez ce que je veux dire ? Je pense que tout le monde a déjà aimé quelqu’un sans être aimé en retour, sans que la personne que vous aimez ne focalise toute son attention sur vous. Je pense que tout le monde a déjà ressenti cela. Je vivais donc l’instant, tout simplement.
Le personnage de Lucille est-il inspiré d’une personne réelle ? Quelles informations sur son passé Dee vous a-t-elle données ?
Dans un livre que j’ai lu sur Bessie, ils parlaient d’une femme qui voyageait avec elle, sa nièce, et quelqu’un l’interrogeait sur ses relations avec Bessie. Pas sa nièce par le sang, sa nièce par son mari, Jack Gee. En réalité, c’est Queen Latifah qui m’a fait découvrir le livre et mon Dieu, il est dingue ! Si jamais vous avez le temps, sachez qu’il est disponible sur iTunes. C’est aussi dans ce livre que j’ai appris son histoire avec Lillianna. Elles ont été ensemble, c’était même plutôt sérieux, mais elle avait peur de Jack Gee, elle savait qu’il pouvait être très violent. Bessie n’était pas vraiment autorisée à faire cela, mais elle était qui elle était et faisait ce qu’elle avait envie de faire, et Jack Gee faisait aussi ce qu’il avait envie de faire. Elle n’a aimé que deux personnes tout au long de sa vie et Lillianna en faisait partie. Il n’y avait pas beaucoup d’informations à son sujet, mais je me suis débrouillée. J’ai aussi lu beaucoup de choses sur Bessie pour me préparer.
Comment arrivez-vous à interpréter cette femme en sachant qu’elle ne finira pas sa vie avec Bessie, la femme qu’elle aime ?
Je me dis qu’il y a toujours de l’espoir. Je ne joue pas en connaissant la fin de l’histoire. Je joue en ayant toujours espoir que Bessie voit suffisamment de choses en moi pour rester à mes côtés, qu’elle voit suffisamment de choses en nous, que ce soit de la tendresse, du soutien, ou l’attention que je lui porte. Vous espérez toujours, dans n’importe quelle relation, vous espérez. Vous espérez que l’autre vous aime suffisamment, voire autant que vous, vous l’aimez. Je ne me suis jamais dit « Ok, c’est fini, on va rompre ». C’est vrai, c’est triste, elle voit le mari arriver comme ça, alors qu’elle est là depuis le début. C’est vraiment triste. Mais je pense qu’au final les gens doivent vivre leur vie et je crois que mon personnage a compris que [Bessie] ne changera pas et qu’alors elle se doit d’être heureuse sans elle et qu’au fond, elle désire ce que Bessie a, c’est-à-dire une famille. Il faut être réaliste à un moment.
Comment était-ce de travailler avec Dee Rees ?
Elle est super impliquée, elle est géniale. Elle sait diriger des acteurs, elle nous comprend. Elle nous faisait discuter dans la peau des personnages avant que l’on ne se mette à tourner, pour qu’une fois la caméra allumée, l’on soit déjà dans la peau des personnages. Elle a pris soin de toute l’équipe. C’est une chef forte à qui nous faisions entièrement confiance parce qu’elle-même a confiance en ses capacités, elle sait qu’elle est douée. Du coup, elle est facile à vivre, très abordable, c’est vraiment facile de travailler avec elle. C’est vraiment une excellente réalisatrice !
Nous découvrons votre personnage lors d’une scène plutôt intime. Est-ce la première scène que vous avez tournée ?
Non, ce n’est pas la première que nous avons tournée, ce qui nous a laissé le temps de nous connaître un peu avant de pouvoir la tourner par la suite. Queen et moi étions très relax pour cette scène, du genre « Oh, allez, c’est bon ! ». On riait sur le plateau et même si certains trucs n’ont pas été retenus, c’était cool. On était entre amies. Il n’y avait pas cette espèce d’ambiance bizarre. Nous sommes toutes les deux professionnelles. Nous sommes d’ailleurs devenues de vraies amies maintenant. Voilà, c’était juste ça cette scène.
Certains acteurs refusent encore des rôles homosexuels. Cela a-t-il été un problème pour vous ?
Non, pas du tout. Au contraire, ça m’a plutôt intéressée. Personne n’a envie de me voir jouer le même rôle encore et toujours. J’ai l’habitude de jouer des femmes fières, très fortes et là, j’ai aimé cette espèce de force tranquille qui émane de Lucille. Elle possède une certaine vulnérabilité et tendresse et puis, oui, il se trouve qu’elle est amoureuse d’une autre femme. J’ai trouvé ça très intéressant, c’était quelque chose que je n’avais jamais joué auparavant et c’est bien là tout l’intérêt du métier d’acteur : il faut se diversifier, avancer, jouer différents personnages. Il ne faut pas rester tout le temps cantonnée au même rôle.
Vous êtes parfaite en tant que Lucille mais si vous deviez choisir un autre personnage de Bessie, quel serait-il ?
Ah ! Bonne question ! Tout le monde était tellement parfait dans son rôle. Ceci dit, j’aime vraiment beaucoup Mo’Nique [ndlt : l’interprète de Ma Rainey]. Elle a géré. Franchement, vous ne pouvez pas nier son talent. Quand je la regardais à l’écran, c’était elle, c’était Ma Rainey ! Elle était super. En plus, j’ai adoré la franchise de son personnage. [Ma Rainey] est vraiment un personnage en or, je l’adore. Au final, le casting était tellement parfait que je n’échangerais ma Lucille pour rien au monde.
C’est clair, Mo’Nique a géré ! Quelle était l’ambiance sur le plateau, avec toutes ces femmes talentueuses ?
C’était génial. Il y a avait un vrai sentiment de camaraderie. Je pense que si les femmes occupaient des postes importants dans le monde d’aujourd’hui… je pense vraiment que si nous étions Présidentes le monde serait plus agréable à vivre. C’était l’un des plateaux les plus agréables sur lequel il m’ait été donné de travailler. Tout le monde était si paisible et marrant, on s’est vraiment tous amusés. On s’inspirait mutuellement, on se tirait vers le haut. Je ne sais pas, c’était très ouvert, relax, comme ambiance. C’était vraiment un plateau super cool. Et puis, HBO a aussi rendu tout cela facile, ce sont des as.
Qu’aimeriez-vous que les gens retiennent de Bessie ? Une chose en particulier ?
Le film fait passer beaucoup de messages, mais ce que je retiens c’est : soyez vous-même et le reste suivra. Les gens vous accepteront, ils comprendront. Je crois que si vous êtes vous-même, si vous êtes sincère envers ce que vous êtes, les gens le ressentent et s’identifient à vous. Ils se disent qu’au final vous ne faites rien de plus qu’être vous. Les gens veulent être eux-mêmes et graviter autour de gens avec cette énergie-là. Soyez juste vous.
Interview Originale sur le site Afterellen.com -
Lou Morin a écrit un nouvel article, Bare : Interview de la productrice, scénariste et réalisatrice, Natalia Leite il y a 10 ans et 11 mois
Bien que la scénariste et réalisatrice Natalia Leite soit actuellement au centre de toutes les attentions pour son premier long-métrage, Bare, dans lequel jouent Dianna Agron et Paz de la Huerta, chez Afterellen, nous sommes fans de son travail depuis quelque temps déjà. En effet, Natalia a joué avec Alexandra Roxo, la coproductrice de Purple Milk, dans la websérie, plutôt drôle et mignonne, Be Here Now-ish. Nous avons eu l’occasion de discuter avec Natalia juste après la première de Bare au Tribeca Film Festival, à New-York – la salle était d’ailleurs pleine à craquer.
Je suis très éprise de ce film. Je dis « éprise » parce que c’est ce qui convient le mieux à ce que je ressens : je n’arrête pas d’y penser, de repasser certaines scènes dans ma tête. Les couleurs, la musique… j’en ai des papillons dans le ventre. D’où vous est venue l’idée de ce film ?
Et bien, tout d’abord, sachez que c’est mon premier scénario de long-métrage. C’est une histoire que je voulais raconter depuis un moment déjà. Ce n’est pas une autobiographie, mais l’histoire est très inspirée d’une période de ma vie. À l’époque, je m’interrogeais sur le chemin que je voulais prendre et sur ma relation avec ma copine. J’ai alors réalisé que je pouvais me réinventer, me créer ma propre réalité et que tout cela était très valorisant. J’ai appris de cette relation, j’ai gagné en force pour pouvoir me retrouver là où je suis aujourd’hui. Je crois aussi que réaliser ce film m’a permis de réaffirmer tout cela, de me prouver que j’en étais capable et qu’il est possible de s’extirper du carcan, du moule, ou du chemin que les gens ont tracé pour vous.
Réaliser un film n’est pas chose aisée, en particulier un film avec des lesbiennes. C’est pour cela que beaucoup de réalisateurs se tournent vers le crowdfunding. Comment avez-vous fait pour réaliser Bare ?
J’avais fait une campagne de crowdfunding pour Be Here Now-ish, une websérie que j’ai réalisée et dans laquelle j’ai également joué. Ce fut un vrai succès, mais au final, cela représente énormément de travail pour assez peu d’argent. Pour Bare, nous n’avons pas fait de crowdfunding. Lors du tournage de Be Here Now-ish, Alexandra [Rozo] et moi avions rencontré deux investisseurs, nous avions établi une sorte de relation et nous sommes donc naturellement revenues vers eux lors de la recherche de fonds pour Bare. Ils ont adoré le film et ont investi de l’argent. Puis, c’est le bouche-à-oreille, une personne te présente à quelqu’un d’autre, etc., et au final nous avons collecté les fonds dont nous avions besoin grâce à quelques investisseurs. Et n’oublions pas que ça reste un petit film indépendant. Enfin bon, tout s’est bien goupillé et nous avons réussir à faire en sorte que ça fonctionne.
Vous avez donc fait ça comme au bon vieux temps.
Oui, comme au bon vieux temps. Et ça a marché !
Ça nous redonne tellement espoir !
Vous savez, je pense que tout est dû à la confiance. Ça faisait un an que nous discutions, parlions de notre projet, et créions une amitié avec les personnes qui nous ont financées et qui ont investi de l’argent dans notre projet. Ils nous avaient vues travailler sur d’autres projets, ils nous ont fait confiance et ont jugé que ça valait le coup. C’est très important et au final, vous vous construisez un réseau en constante évolution de personnes qui vous soutiennent dans votre travail, c’est génial. C’est l’idéal, non ?
Vous étiez au festival de Tribeca, où le film a d’ailleurs reçu d’excellentes critiques. Les gens ont vraiment hâte de pouvoir enfin voir le film. Savez-vous quand il sera disponible ?
Nous ne pouvons rien vous dire pour l’instant, mais nous y travaillons. Nous faisons en sorte que lorsqu’il sera disponible au public, les gens du monde entier puissent y avoir accès. Ce succès est incroyable ! Je pense que c’est, en partie, dû à Glee : cette série a été un énorme succès mondial, et a attiré vers notre film des personnes de beaucoup de pays différents. Par exemple, l’autre jour, j’ai tweeté « Nous serons bientôt chez vous ! ». Ce message a été retweeté et j’ai eu énormément de réponses du genre « Venez aux Philippines ! », « Venez au Mexique ! ». C’est génial qu’autant de personnes de cultures et pays différents soient impatientes de voir le film. Donc, oui, on vous tiendra au courant, bientôt j’espère.
Le casting de Bare est super ! Le film n’aurait été le même sans ce casting. J’ai été particulièrement bluffée par Dianna Agron, qui porte le film sur ses épaules dans une espèce de grâce silencieuse. On est tout simplement attiré par elle. On se demande ce qu’elle peut penser. Aviez-vous Dianna Agron en tête pour ce rôle ou fut-ce juste le hasard des auditions ?
Je connaissais son travail, j’avais déjà regardé Glee, mais sans en être une grande fan pour autant. Je suivais sa carrière, les choix qu’elle faisait. À un moment, j’ai discuté avec son agent pour savoir si elle était prête à prendre de plus gros risques, à prendre des positions plus osées dans les rôles qu’elle choisissait. Au final, Dianna et moi nous sommes rencontrées autour d’un déjeuner. Je lui avais envoyé le scénario, elle l’avait lu et a eu de super remarques, très intelligentes, genre « Je ne suis pas sûre que cette scène soit nécessaire ». Comme elle est aussi réalisatrice, elle a été très impliquée dans la conception du film et lui a apporté beaucoup de choses. Le rôle de Sarah n’est pas un rôle facile à jouer, le personnage est un peu passif, il garde tout pour lui. Et comme je suis aussi actrice, je sais qu’il est plus facile de faire passer un message avec un rôle plus vocal, plus actif, plus extraverti. Lorsque vous intériorisez tout, il vous faut être subtil et Dianna s’en est très bien tirée. Elle a énormément de talent et a fait en sorte que tout cela fonctionne. C’est aussi dû aux nombreuses conversations que l’on a eues et à la confiance mutuelle qu’il y avait entre nous. Elle m’a laissé la guider à travers l’histoire et l’évolution de Sarah.
En tant que réalisatrice homosexuelle, était-il important pour vous que le film ait des protagonistes lesbiens ? Bien entendu, le film traite de thèmes universels, comme la découverte de soi par exemple, mais cette histoire est vraiment rafraîchissante, comme si elle n’avait jamais été racontée auparavant, et je ne pense pas qu’elle aurait eu le même impact si, disons, Pepper [Paz de la Huerta] avait été un homme.
C’est vrai. Dans ma prochaine histoire, celle que je suis en train d’écrire, il y a un personnage principal masculin. Je ne fais pas partie de ces réalisatrices qui veulent à tout prix raconter des histoires homosexuelles. Tout dépend de ce dont l’histoire a besoin. Pour Bare j’ai senti qu’il était important de parler d’une relation lesbienne. L’héroïne vit dans une petite ville, où son univers et le chemin qu’elle doit prendre ont été décidés pour elle. Le fait qu’elle tombe amoureuse d’une autre femme représente donc complètement autre chose que si elle était tombée amoureuse d’un homme. C’est dans ce sens-là que la relation lesbienne est importante. Ce n’est pas du tout une histoire de coming-out. Nous ne savons pas ce que Sarah fera par la suite, si elle finira par sortir avec des femmes ou des hommes. Nous ne le savons pas, mais ce n’est pas ça l’important. Sarah est tombée amoureuse d’une femme parce que Pepper était différente de tout ce qu’elle avait pu connaître jusque-là.
Quels sont les réalisateurs qui vous inspirent ou que vous admirez ?
Il y en a beaucoup. J’adore Andrea Arnold, qui a réalisé Fish Tank. Elle a un style vraiment intéressant et une très grande sensibilité. J’adore Jane Campion. Beaucoup de réalisatrices m’inspirent. J’adore David Lynch, je suis très influencée par son travail, son visuel et ses éléments doubles. Je pense notamment au bar à strip-tease [dans Bare] : cet endroit n’existe pas vraiment dans la vraie vie, il pouvait donc se permettre d’être un peu psychédélique et irréel.
Vous avez déjà réalisé des courts-métrages et webséries mais ce film était votre premier long-métrage. Et quel premier !!! Quels conseils donneriez-vous aux réalisateurs en herbe qui voudrait créer une belle œuvre ?
Je crois que l’important est de toujours rester en accord avec soi-même et sa vision des choses. J’étais dans un jury récemment et quelqu’un nous a demandé « comment faire une websérie à succès ? ». Alors, déjà, si vous commencez par vous dire « comment faire un film à succès ? », vous commencez mal. Parce qu’alors vous vous limitez par des espèces de lignes directrices que quelqu’un d’autre a établies, des impératifs du type : est-ce que ça fait de l’argent ? Est-ce que c’est ce que les gens veulent voir ? Je crois très sincèrement qu’il faut tout simplement être un artiste à part entière. Évidemment, il faut aussi comprendre le côté commercial des choses, mais ça c’est autre chose. Il faut avant tout que vous restiez fidèle à votre vision des choses et à ce que vous êtes. D’une certaine façon, l’art traite de la découverte de soi. Me concernant, je ne savais pas si mon histoire était commerciale, si elle allait bien se vendre, mais je voulais la raconter. Je me suis donc fait confiance et je me suis dit qu’il y aurait bien des gens qui seraient intéressés cette histoire. Puis, lorsque votre travail prend de l’importance et que de plus en plus de personnes vous connaissent, vous avez de plus en plus de pression pour faire les choses comme ci, comme ça, à la façon d’untel. Moi, je m’assure constamment que je suis en accord avec moi-même, je me pose la question : pourquoi est-ce que je veux raconter cette histoire à la base ? Est-ce que je reste fidèle à ce que je voulais raconter au début ? C’est ça, pour moi, la clef du succès.
Interview Originale sur le site Afterellen.com -
Lou Morin a écrit un nouvel article, Wentworth : Interview de Nicole da Silva, l’interprète de Franky Doyle il y a 10 ans et 12 mois
Obsédées par Wentworth ? En tout cas, moi oui ! Cette série dramatique australienne noire, au réalisme cru et souvent violente est réellement captivante et fait sensation partout dans le monde ! Les personnages complexes, les histoires riches et la représentation crue de la vie en prison avec (ou sans) espoir de liberté conditionnelle ne vous décevront pas.
Nicole da Silva y interprète superbement Franky Doyle (l’une des délinquantes les plus connues du Centre correctionnel de Wentworth), une détenue intelligemment vulgaire condamnée après avoir violemment attaqué le présentateur d’un jeu télé de cuisine auquel elle participait. À force de manigancer et trafiquer, Franky se retrouve dans de beaux draps à plusieurs reprises. Ah ! Et elle charme aussi ces dames enfermées avec elle derrière les barreaux (sans parler de ces dames qui regardent la télé chez elles). L’actrice australienne, qui a remporté l’ASTRA Award de la meilleure interprétation féminine avec Wentworth, nous envoûte grâce à son indéniable talent.
Ne craignez rien vous qui vivez aux États-Unis, nous avons de bonnes (et quelques mauvaises) nouvelles ! Les saisons 1 et 2 sont disponibles sur Netflix aux États-Unis (il est temps de se préparer pour un petit marathon) et la saison 3 est actuellement diffusée en Australie (nope, pas de date de diffusion aux États-Unis… pour l’instant). Avec ce nouveau public international qui attend patiemment la suite de Wentworth, Nicole et moi sommes d’accord pour dire qu’il serait temps de diffuser mondialement et de manière synchronisée la série… on peut toujours rêver, hein ?
Pour de vrai, c’était plus qu’agréable de discuter avec cette actrice pleine de vie, et pas seulement de l’évolution de Franky dans la série, mais aussi de tatouages, de talents cachés, de son rôle dans l’association UN Women Australia et de la défense de la représentation des LGBT.
Comme le dit si bien Franky Doyle, « considère que tu t’es pris une torgnole ».
Comment décririez-vous Wentworth ? Pouvez-vous nous parler un peu du personnage que vous interprétez ?
Wentworth est un drame carcéral au réalisme cru. C’est un remake d’une série australienne des années 70, Prisoner. Je joue le rôle de Franky Doyle, l’une des détenues.
Magnifique. Je veux dire, cette série est super. Je me suis fait un marathon de ouf de tous les épisodes !
Génial !
[Rires] Le monde entier – et particulièrement les États-Unis – apprécie la série. Vous attendiez-vous à ce qu’elle soit autant aimée hors Australie ?
Non, pas du tout. Au début, lorsque nous avons commencé à tourner nous ne pensions pas une seconde qu’il y aurait un jour une diffusion internationale. Puis, une fois diffusée en Australie, la série a lentement conquis le terrain international. Le Royaume-Uni l’a choisie, puis l’Europe. Et puis, cerise sur le gâteau, Netflix l’a choisie pour les États-Unis.
Oui et des personnes du monde du spectacle, comme Rosie O’Donnell, déclarent publiquement leur amour pour la série. Ça doit être génial pour vous tous que les gens surkiffent, qu’ils veuillent en voir plus.
Oui, c’est vraiment une super sensation ! Vous savez, je trouve que le public devient de plus en plus exigeant en ce moment. Ils regardent la télé, des drames et s’y connaissent de mieux en mieux sur ce qui fait un bon programme. Donc c’est vraiment cool de faire partie des meilleurs.
C’est génial. En quoi ressemblez-vous à votre personnage, si jamais vous lui ressemblez ? Y a-t-il de grosses différences entre vous deux ? J’en suspecte quelques-unes.
Oh oui ! Oui ! [rires] Il y en a quelques-unes c’est sûr. J’espère être un peu moins violente qu’elle !
[Rires]
[Rires] Mais vous savez, on se trouve des points communs avec tous les personnages que l’on interprète. Et, oui, j’en ai avec elle. Franky jongle entre force et vulnérabilité. Elle a une personnalité assez vaste, et moi j’essaie d’apporter un peu d’humanité au personnage.
Avez-vous fait quelque chose de particulier pour entrer dans le personnage ? Avez-vous discuté avec des détenues ou avez-vous juste trouvé vos marques naturellement ?
Lorsque j’ai vu le personnage de Franky sur le papier, quelque chose en elle m’a parlé. C’est sûr, je pense qu’il y a eu des affinités immédiates entre nous, mais une fois que j’ai obtenu le rôle, j’ai insisté pour aller visiter des prisons pour pouvoir parler aux détenues et anciennes détenues. J’ai eu la chance de pouvoir le faire. Cela m’a vraiment ouvert les yeux. J’ai pu parler à une détenue en particulier qui m’a conseillé sur la façon de jouer Franky et m’a aidée à la modeler pour donner la Franky que vous connaissez.
Vous faites un super boulot.
Merci.
De rien. Très bien, passons au côté croustillant des choses ! Les fans veulent savoir s’il y a de l’espoir pour Bridget et Franky ? Je veux dire, le dernier épisode était plein d’espoir et pourtant si décourageant. [ndlt : épisode 8 de la saison 3]
Je suppose donc que vous regardez tous la série en ligne illégalement ?
Euh… Je ne peux ni confirmer ni infirmer.
[Rires] Ok, c’est cool. Y a-t-il de l’espoir pour Bridget et Franky ? Je ne vous dirai rien. Je ne vous dévoilerai pas mon jeu. La saison 3 est un vrai tournant pour Franky. Bridget incarne un certain espoir pour Franky, un certain espoir d’apaisement. Mais je ne dirai rien du tout sur le développement de cette relation et SI elle se développe.
Ah, petite futée ! D’ailleurs, Franky semble avoir un type. Tout d’abord Franky et Erica. Maintenant Franky et Bridget. Pensez-vous que le personnage que vous interprétez est attiré par des figures d’autorité ou est-ce juste le hasard qu’elles aient ce statut ?
Je crois que, comme Franky est une femme très intelligente, dans cet environnement, elle est à la recherche constante de stimulation. Elle gravite donc naturellement autour de personnes ayant un statut plus important, une éducation plus importante, avec qui elle puisse élever le débat et avoir de vraies conversations. Je crois que c’est une tendance naturelle chez elle.
Pour en revenir au « téléchargement ou visionnage illégal » de la série, qu’en pensez-vous ? Je sais que beaucoup de personnes streament en direct. Pensez-vous que ce soit une bonne ou mauvaise chose que les gens essayent de suivre la série comme cela ? Pensez-vous que cela nuit à la série ?
C’est marrant, c’est le serpent qui se mord la queue. J’ai vraiment deux positions là-dessus. D’un côté, c’est vraiment génial que les gens regardent la série et la soutiennent, peu importe la façon dont ils le font. En tant qu’artiste, sans public pour regarder ou apprécier votre travail, vous vous retrouvez réellement sans emploi et il n’y a alors aucun avenir pour vos projets. D’un autre côté, de cette façon-là, l’industrie ne gagne pas d’argent et ne peut plus soutenir d’autres créations. C’est donc un sujet délicat et je trouve ça intéressant de créer et d’ouvrir le débat là-dessus ; parce qu’il est évident que tout le monde le fait. De toute façon, je suis reconnaissante à l’ensemble des spectateurs de la série.
Je pense aussi que ça ouvre le débat pour les sociétés, pas pour qu’elles se mettent au streaming, mais pour qu’elles rendent les contenus disponibles sur Hulu et Netflix, comme cela se fait déjà, pour que le monde entier puisse visionner un programme simultanément.
Tous en même temps. Je sais, et vous soulevez un point important ici. Il faut que les réseaux télévisés intègrent le fait que le public est mondial maintenant, que c’est une communauté globale. Et il est certain que diffuser la série en même temps dans le monde entier aurait un impact merveilleux sur nous.
On le dit haut et fort ! Avec un peu de chance, quelqu’un nous écoutera !
Ouais !
[Rires] Wentworth est souvent comparée à Orange is the New Black, mais ces séries sont extrêmement différentes. Le prenez-vous comme un compliment lorsque les gens font le rapprochement ? Êtes-vous, vous-même, fan de cette série ?
Oui, tout à fait. J’ai regardé la plupart des épisodes d’Orange is the New Black. J’ai une amie dans cette série et je trouve que c’est vraiment une série exceptionnelle. J’adore que l’on compare les deux séries parce qu’Orange is the New Black est une comédie dramatique avec de très bons acteurs, une écriture géniale, et, pour être honnête, un budget bien supérieur au nôtre. [rires]
Sincèrement, ça ne se voit pas. Vous tous sur Wentworth faites tellement du bon boulot en interprétant vos personnages ! Les scènes et personnages sont juste géniaux.
Au final, ce sont deux séries très différentes. Je trouve qu’Orange is the New Black est parfaite dans la catégorie comédie dramatique, et en plus, les histoires sont vraiment centrées sur les personnages, ce que j’apprécie réellement. Alors que, d’un autre côté, Wentworth est assurément un drame, et est davantage centrée sur l’intrigue.
Si vous pouviez devenir amie avec l’un des personnages d’Orange is the New Black, qui serait-ce ?
Crazy Eyes !
Yes ! Génial ! J’adore Crazy Eyes.
C’est sûr. Elle m’amuse autant qu’elle me brise le cœur à chaque épisode.
C’est tellement génial d’avoir cette dualité. Je suis sûre que les gens vous demandent tout le temps ce que ça fait d’interpréter une lesbienne, mais je pense que la vraie question est : avec la communauté LGBTQ si pauvrement représentée à la télévision, ressentez-vous une pression supplémentaire pour être à la hauteur des attentes des gens en tant qu’icône lesbienne ?
Je crois que lorsque j’ai commencé à tourner, je n’avais pas réalisé que j’avais une espèce de responsabilité avec ce personnage ou qu’il y avait une différence avec tous les personnages que j’avais déjà interprétés. Puis, une fois la série diffusée, et une fois Franky soutenue à ce point par les gens, j’ai réellement pris conscience de la façon dont avaient été représentés les LGBT à la télé auparavant et le peu de représentation dont ils disposaient. Je suis devenue très enthousiaste et fière de pouvoir livrer cette représentation. Cela arrive à un moment important au niveau mondial où les discussions sur l’égalité au mariage et les droits des transgenres s’ouvrent. Et ce genre de représentation fait avancer les choses. Je suis fière de pouvoir en faire partie.
Vous êtes vraiment au premier plan de cette évolution et on vous en est tous reconnaissant.
Ouais !
Parlons tatouages ! Combien de temps cela prend-il de mettre et de retirer tous les tatouages que votre personnage arbore à chaque épisode ? Et vous, en avez-vous des vrais ?
Je n’en ai aucun en vrai ! Oui, c’est vrai, ça prend du temps, j’ai besoin d’au moins deux heures de maquillage tous les jours pour les installer. Du coup, je me suis un petit peu attachée à eux. J’ai commencé à vraiment comprendre tout le côté psychologique des tatouages et ce que cela fait d’avoir des œuvres d’art sur son corps, et d’affirmer son corps comme ça.
Avez-vous déjà dit « Ok, laissez-les-moi aujourd’hui. Je les ramène à la maison avec moi. » ?
Je l’ai fait ! Lorsque nous commencions à tourner, lors de la première saison, on me donnait souvent la possibilité de retirer les tatouages pour le week-end, mais j’ai souvent refusé, je commençais à les apprécier.
Si vous pouviez être n’importe quel autre personnage de la série le temps d’un épisode, qui cela serait-il et pourquoi ?
Oh, la vache, super question ! Qui serais-je ? Hum. Ah, mince, je dirais probablement Boomer.
Ah, Boomer ! Yes !
Oui, Katrina Milosevic apporte beaucoup de fun à ce rôle et j’adorerais faire ça le temps d’un épisode, je pense.
Ce serait génial. Vous et Boomer êtes, sans aucun doute, deux de mes personnages préférés, donc je valide. Vous êtes plutôt active sur les réseaux sociaux. Trouvez-vous cela un peu oppressant parfois ? Je vous soupçonne de recevoir fréquemment des messages beaucoup trop chaleureux ou même des choses assez étranges.
Oui, c’est vrai. Je choisis les moments où je vais sur les réseaux sociaux et ceux où je vais juste y jeter un œil. Ça demande une petite préparation mentale. Mais de manière générale, je trouve que c’est un bon espace de discussion, pas seulement concernant la série, mais aussi concernant les problèmes mondiaux actuels. Et j’ai des fans qui me soutiennent beaucoup.
C’est super que vous puissiez être en contact avec le public du monde entier. Les gens font des recherches sur vous, ils voient que vous êtes connue et cherchent à vous connaître aussi. Du coup, c’est génial que vous soyez sur les réseaux sociaux, comme ça les gens peuvent vous retrouver et discuter avec vous.
Oui, tout à fait. Et c’est grâce à cela qu’on a eu le commentaire de Rosie O’Donnell et que Dave Navarro m’a tweetée. Des choses comme ça filtrent à travers tous les commentaires et nous valorisent en tant qu’artiste d’une certaine façon, parce que, tout à coup, nous avons notre propre plateforme et sommes en contact avec notre propre public.
C’est un nouveau monde.
Complètement.
Et il est en plein essor et vous ne pouvez rien y faire. Votre biographie sur Twitter dit que vous être une « créatrice de bêtises ». Pourriez-vous nous donner des précisions ? Êtes-vous un peu diabolique ou farceuse sur le plateau ?
C’est vrai que j’aime blaguer sur le plateau. J’adore rigoler et surtout sur le plateau et surtout au travail. On traite d’histoires tellement dures et noires que des moments comme cela sont nécessaires pour redonner un peu de gaieté à tout le monde.
Quelles sont les séries que vous regardez ? Ou bien juste des séries dans lesquelles vous aimeriez faire une apparition ?
En ce moment, je regarde la seconde moitié de la seconde saison d’Orange is the New Black. Et je viens juste de commencer Unbreakable Kimmy Schmidt également !
Cool ! Vous aimez pour l’instant ?
J’adore !!! C’est tellement drôle et barjo et puis je suis une grande fan de Tina Fey.
Ça fait partie de ces séries devant lesquelles vous vous asseyez, vous mettez votre cerveau sur pause et vous riez pendant des heures. C’est vraiment génial.
Oui, tout à fait.
Bon, maintenant quelque chose d’inopiné que peu de gens, ou peut-être vos fans, savent sur vous ?
Oh ! C’est quoi quelque chose d’inopiné sur moi ? Ah, si ! Je suis vraiment douée pour couper les cheveux !
Vraiment ?
Oui ! Donnez-moi inopinément une paire de ciseaux et une tête chevelue et je pourrais donner à cette personne une coupe de cheveux plutôt correcte. Des amis et de la famille me demandaient de leur couper les cheveux, mais comme je trouve ça vraiment ennuyeux, je ne le fais pas souvent. Quoi qu’il en soit, j’ai dû être coiffeuse dans une autre vie.
Et ça enchaîne un peu sur ma prochaine question. Si vous n’aviez pas été actrice, à votre avis, quel métier exerceriez-vous aujourd’hui ?
Je crois qu’au début de ma carrière, je vous aurais dit que j’aurais fait des études de droit ou de psychologie, parce que c’était les deux trucs qui m’intéressaient vraiment. Aujourd’hui, je choisirais plutôt quelque chose comme la naturopathie. Mais, j’ai actuellement un ami charpentier qui m’apprend la charpenterie et dans une autre vie j’adorerais être maçon ou fabricant de meubles.
Travaillez-vous sur un projet de charpenterie en ce moment ?
Et bien, j’ai fini de faire ma table basse, ce qui est super cool et la semaine dernière, j’ai aidé mon ami à rénover sa cuisine.
Oh ! Ça a l’air sympa ! Je n’avais jamais pensé à cette voie. Autre chose, vous êtes la première marraine de UN Women Australia. Pouvez-vous nous parler un peu plus de cette organisation et de la manière dont vous vous êtes impliquée dans ce projet ?
UN Women est une faction des Nations Unies. Avant ça s’appelait UNIFEM. Alors que la saison 2 de Wentworth allait être diffusée, je me suis rendu compte que la série devenait populaire et j’ai délibérément décidé d’utiliser mon statut pour aider une cause et la faire connaître auprès du public. Et c’était tout vu pour moi : j’allais m’engager pour les droits des femmes et faire progresser le statu quo des femmes. J’ai donc fait quelques recherches et j’ai trouvé le comité national de l’UN Women Australia. Je leur ai téléphoné et leur ai dit « Bonjour. J’aimerais vous offrir mes services. On peut en discuter ? » Nous l’avons fait et un an plus tard nous avions défini mon rôle et le fonctionnement que nous allions adopter.
Y a-t-il quoi que ce soit que l’on puisse faire pour aider ?
Vous pouvez aller sur l’un des sites de l’UN Women pour découvrir les projets mondiaux qu’ils mènent sur le moment. Sinon, le plus sûr c’est toujours les donations. Et puis restez informés sur ces sujets.
Pour finir, y a-t-il quelque chose que vous aimeriez ajouter ou quelque chose que vous aimeriez dire aux fans ?
Je crois que toute opportunité de remercier les fans devrait être saisie, parce qu’ils sont tellement adorables et nous donnent tellement tellement d’amour. Je voudrais donc les remercier très sincèrement !
Merci beaucoup. Ça a été merveilleux de discuter avec vous.
Merci, McKenzie ! Merci pour cette conversation.
Interview Originale sur le site Nowhitenoise.com -
Lou Morin a écrit un nouvel article, Sinclair : Interview de la chanteuse il y a 11 ans
Vous allez être contentes de découvrir la chanteuse Sinclair (Julia Sinclair de son vrai nom). D’une part, ce n’est pas seulement une auteure-compositrice fabuleuse, elle joue aussi de plusieurs instruments de musique et son son électro-pop-folk est très contagieux. De plus, dans son nouvel EP, Sweet Talk, elle parle de son coming-out à sa famille très conservatrice et de Natalie, l’amour de sa vie devenue sa femme, avec qui elle vit actuellement à Nashville. Nous avons eu l’occasion de discuter avec Sinclair au téléphone, elle nous a parlé de la façon dont elle a trouvé sa voie, de sa nouvelle coupe de cheveux et de la façon dont elle a réussi à faire la paix avec elle-même et à se choisir une nouvelle famille.
D’où m’appelez-vous ?
De Nashville.
Ah, génial ! En plus, c’est ma première question : pourquoi Nashville ?
[Rires] Je sais, c’est un peu déconcertant vu ma musique. J’ai déménagé à Nashville en… voyons voir… mi 2011. Je suis venue ici pour fuir un [petit quartier] de New York. J’ai réellement fui chez moi et j’ai choisi Nashville parce qu’entre New York, Nashville, Los Angeles… Los Angeles était un trop grand pas à franchir, c’était la première fois que j’allais vivre toute seule, donc c’était un peu… et concernant New York, j’avais passé suffisamment de temps à Manhattan pour savoir qu’avec mon caractère et ma musique à temps plein, j’aurais eu l’impression d’étouffer. [Rires] J’adore New York, mais avec mon caractère, je crois que je me serais vite sentie submergée. Je n’étais pas tout à fait sûre pour Nashville, je n’y avais jamais vraiment réfléchi, ce n’était pas une ville où je rêvais de déménager, comparée à Los Angeles par exemple, où à chaque fois que j’y suis allée, je m’y suis sentie carrément bien. Mais quand je suis arrivée à Nashville, ça a fait tilt. Ça fait presque un an que je vis à Nashville maintenant et j’ai vraiment l’impression d’être chez moi et ce sentiment continue d’augmenter.
Je n’y suis jamais allée, mais je n’ai lu que des bonnes choses. En plus, ma petite-amie est obsédée par la série Nashville. Du coup, il faut vraiment que j’y aille.
Je n’ai regardé que deux épisodes. Il faut que je regarde davantage cette série.
C’est bon, vous, vous vivez à Nashville !
C’est vrai, c’est génial !
En quoi vivre à Nashville vous inspire musicalement parlant ?
Intéressant… très bonne question. Je crois que Nashville m’a inspirée pour les textes. Il y a une telle façon de raconter les histoires ici. Il y a des gens, juste des artisans, qui ont une vraie plume et qui peuvent écrire un refrain qui vous rendra l’œil humide, vous fera vraiment réfléchir ou vous donnera envie d’écouter le morceau en boucle tout l’été. Pourtant, honnêtement, je n’ai pas grandi en écoutant de la musique country et je ne suis toujours pas une grande fan de ce genre-là. Je pense qu’il y a de la bonne musique country et qu’il y a de la bonne musique dans tous les genres de manière générale. Bon, c’est vrai que je n’écoute pas souvent cette musique-là, mais les auteurs d’ici m’ont vraiment montré que les textes peuvent être magnifiques. J’ai essayé d’inclure un peu de leur talent de conteurs d’histoires dans ma musique ; un peu de cette simplicité, de cette honnêteté dans les paroles.
Je ne suis pas une grande fan de country non plus, mais j’aime leur façon de raconter des histoires. Aimez-vous Brandi Carlile ?
J’adore Brandi Carlile !
C’est à ça que votre musique me fait penser. Il y a cette espèce d’ambiance américaine dans la façon d’écrire les paroles. C’est super que l’endroit où vous vivez vous ait inspiré cela.
Oui, oui, exactement ! Vous avez tout à fait raison. Brandi fait cela parfaitement. Elle jongle parfaitement entre les différents types de textes. Certaines paroles sont chargées en émotions et vous font ressentir beaucoup de choses, d’autres paroles racontent une histoire que vous imaginez au fur à et mesure de la chanson. J’adore.
À quel point vos chansons sont-elles personnelles ?
Il y a un peu de tout. Mon EP est extrêmement personnel. Chaque chanson est vraiment tirée de mon vécu, de ma propre vie, de mes propres histoires. Et, vous savez, ça m’a semblé être la chose à faire parce que j’ai l’impression que les gens – et moi aussi lorsque j’écoute de la musique – ressentent l’honnêteté et la sincérité d’un chanteur. Je voulais donc être sûre que ce soit le cas ici, que les choses soient vraies et qu’à défaut d’autre chose, les gens sentent que je suis réglo. J’ai donc choisi les chansons qui touchaient le plus à ma grande vulnérabilité.
Parlez-nous de ce pas de géant que vous avez fait en vous coupant les cheveux.
Vous savez, ça faisait un moment que je me tâtais. Je l’ai fait juste avant de prendre les photos pour l’EP, et j’ai eu l’impression que je n’avais pas osé le faire avant par peur. Peur de quoi, je ne sais pas trop ; peut-être peur de ne pas savoir ce que les gens allaient en penser. Est-ce qu’ainsi je me rangerais dans une case ? Est-ce que les gens porteraient plus facilement un jugement ? C’est marrant comme réaction. Mais d’un point de vue mode, je voulais vraiment le faire et puis, en y réfléchissant, ça semblait être la bonne décision. Je l’ai aussi fait parce que ça semblait être bien pour l’EP. J’avais l’impression que ça correspondait bien avec ce que je proposais comme musique. C’est sûr que c’était osé. Vous savez, parfois, vous vous faites couper les cheveux et il vous faut bien une semaine pour enfin vous dire « Ah, oui, ça me va bien en fait ! », alors que là, c’est la première fois que je me suis fait couper les cheveux et que je n’ai pas eu besoin de plus d’une heure pour aimer le rendu, genre « Oh la vache ! C’est exactement ce que je voulais ! » Boum !
Voulez-vous faire une petite dédicace à votre coiffeur ?
Vous savez quoi ? C’est une super histoire : un musicien itinérant m’a fait cette coupe en échange d’un paquet de cigarettes. Maintenant c’est ma femme qui me la fait. Elle sait tout faire. La première fois, elle était vraiment nerveuse. Tiens, encore une histoire marrante ! Une fois, elle avait rasé un côté plus court que ce que l’on voulait à la base et elle a hurlé « Tu es horrible ! », j’ai répondu « Merci ! C’est sympa ! » C’est vrai que c’est pile ce que vous voulez entendre de la bouche de votre coiffeur. Puis, elle a fait le deuxième côté comme le premier et au final c’était super.
Que fait votre femme ?
Elle est peintre. Elle est incroyable. Elle a un super compte Instagram et a beaucoup d’œuvres de ses fans dessus. Le compte est NatalieRoseArt. Elle est géniale. Elle en fait beaucoup plus depuis deux ans. Elle a été dans un lycée en Caroline du Nord pour étudier les arts et pouvoir réaliser son rêve. Je suis vraiment très contente pour elle.
Vous êtes-vous rencontrées à Nashville ?
En effet, nous nous sommes rencontrées à Nashville. Elle était là depuis un an déjà et à Pâques 2012 elle a frappé à ma porte lors d’une fête que j’organisais. L’une de nos amies en commun l’avait invitée et j’ai eu l’impression de recevoir un coup de massue sur la tête en ouvrant la porte. Puis, on a commencé à sortir ensemble trois semaines après. Oui, c’était génial.
Y a-t-il une grande communauté LGBT à Nashville ?
Une très belle communauté. Il faut que nous nous y impliquions plus, d’ailleurs. Nous sommes allées à ce qu’ils appellent le QD Prom, je crois que ça veut dire Queer Dance Prom [ndlt : Le bal de promo Queer]. Ce fut l’un des meilleurs trucs auxquels Natalie et moi sommes jamais allées. Il y a avait à peu près 500 personnes, pour la plupart des couples homos, c’était vraiment cool. Je n’étais jamais allée aux bals de promo. Ma femme, elle, y était allée quelques fois, mais pas avec des filles. Je crois que c’était aussi le cas de la plupart des gens d’ici. S’ils étaient déjà allés à un bal de promo lors de leur scolarité, ils y étaient allés avec un ami en prétendant qu’ils n’étaient pas ensemble ou avec quelqu’un du sexe opposé. Nous avons donc passé un très bon moment et puis nous avons pris une photo de couple. En plus, les couples étaient tout à fait à l’aise lors des slows. Tout était très mignon. Ils organisent ça une fois par mois, c’est vraiment une communauté adorable.
C’est génial. Vous savez, les États du sud peuvent avoir une sacrée réputation d’homophobes. Mais, vous, vous avez l’impression que Nashville est un endroit plutôt gay-friendly alors ?
Je crois que je peux dire sans trop m’avancer que Nashville est bien plus progressiste que le reste du Tennessee. Honnêtement, je ne suis allée dans aucun autre État du Sud et je ne suis pas suffisamment allée à la campagne pour me faire une idée de la situation là-bas. Je sais qu’il n’y a pas trop de problèmes à Atlanta. Je suis allée en Alabama avec Natalie et nous n’avons reçu aucun signal clair nous indiquant quoi que ce soit. Je ne voudrais donc pas juger sans connaitre. Mais, en tout cas, oui, Nashville est une ville très chaleureuse.
Maintenant que l’EP est sorti, êtes-vous en pleine écriture et enregistrement de la version longue ?
Je suis en pleine écriture et ça va. Je pensais qu’à ce moment-là j’aurais été en manque d’inspiration, mais non. J’ai cru que j’allais planter l’EP. J’avais tellement peur de le sortir ! Et maintenant, je me retrouve à écrire l’album version longue. En fait, je crois que la sortie de l’EP m’a encore plus boostée. Les gens ont tellement bien reçu mon EP que je suis un peu sur un nuage. Du coup, je commence par écrire la version longue et je commencerai à enregistrer d’ici cinq mois je pense. J’espère que je ferai une petite tournée cette année. On parle de deux-trois trucs entre-nous, mais rien de sûr pour le moment. Ah, nous jouerons à la gay pride de Nashville, c’est le 5 juillet je crois. Ça va être d’enfer !
J’ai vraiment apprécié la vidéo où vous parlez de votre coming-out à votre famille. Est-ce que les choses ont évolué ? Est-ce qu’ils ont un peu changé d’avis ?
Et bien, c’est une très bonne question. L’une de mes sœurs m’a rendu visite récemment et c’était super, mais dans l’ensemble, ils ne m’acceptent toujours pas. Et c’est dur. Natalie et moi fêtons notre mariage le 1er mai avec nos amis et notre famille. Nous nous sommes mariées en Caroline du Nord en juin dernier et voulions fêter ça avec les personnes qui nous sont les plus proches, nous organisons donc une fête. J’ai invité toute ma famille et ils ont tous dit non, à cause de leur foi. Je crois qu’il y avait conflit d’intérêts pour eux. C’est dur. Je savais qu’ils répondraient non, mais c’est toujours un sentiment particulier à appréhender, surtout quand j’entends les gens me dire « Ah, tu sais, ce sont tes parents. Ils changeront d’avis ! » C’est dur de garder espoir qu’ils le feront. Enfin bon, j’ai appris que je n’ai pas besoin d’attendre qu’ils changent d’avis, parce qu’au fond je ne sais même pas si c’est correct d’attendre ça de leur part. En revanche, il faut que profite de la famille que je me suis choisie, et c’est ce que j’ai fait pour la fête. Je crois que là est ma réponse. Même si j’ai perdu ma famille, au niveau de l’amour et du soutien, j’ai une superbe famille et un soutien en béton ici, et je suis sûre qu’ils seront toujours là pour moi. C’est tout aussi inestimable.
Beaucoup de gens traversent, ou ont traversé, cette situation. Entendre quelqu’un de connu, comme vous, en parler pourrait faire beaucoup de bien à certaines personnes. Avez-vous des conseils pour ceux qui sont dans une situation similaire à la vôtre ?
Déjà, je dirais : ne retenez pas vos émotions. Autorisez-vous à ressentir ce que vous ressentez. Il faut qu’ils vous manquent, ne gardez pas ça pour vous en faisant semblant d’être au-dessus de tout ça. Et si, à côté de ça, vous avez besoin d’un conseil de la part d’un proche, forcez-vous à passer un coup de fil à un ami ou à quelqu’un qui sera d’accord pour en parler. Au début, ce ne sera pas la même chose puisque vous n’êtes pas de la même famille. Mais sachez que lorsque vous appelez quelqu’un et que vous l’invitez dans votre vie de cette façon, à un moment cette personne finira par devenir de la famille. Elle sera encore plus proche de vous. Il faut vraiment vous ouvrir aux personnes hors de votre cercle familial. Les gens ne vont pas forcément venir vous voir pour vous dire « Eh, je veux être ta mère ! » ou ta sœur, ou ton père. Mais si vous voulez que vos amis soient présents dans ces moments importants, qu’ils soient là pour vous réconforter lors d’une rupture ou lors de n’importe quel moment difficile, même un moment financier difficile, faites-le. Certes, ils ne vous aideront pas forcément inconditionnellement tout de suite, mais je vous assure que si vous sortez de votre coquille, les gens seront très heureux d’intervenir et de vous donner l’amour dont vous avez besoin.
Beaucoup de personnes, tout particulièrement au sein de la communauté LGBT, ont choisi de nouvelles familles et, parfois, ce n’est pas plus mal. Les gens qui sont autour de vous sont la clef de votre bonheur et de votre acceptation personnelle. Y a-t-il quelque chose que vous aimeriez que les gens qui vous découvrent aujourd’hui sachent sur vous ?
Je veux que les gens sachent que si j’ai choisi de faire de la musique, si j’ai choisi cette carrière, ce n’est certainement pas pour me faire plein d’argent. Je veux dire, honnêtement, j’y pense tout le temps : si j’avais voulu gagner beaucoup d’argent, ce n’est pas la voie que j’aurais choisie. Ce n’est pas un moyen très fiable pour gagner de l’argent. Et je sais qu’à un moment donné, cela engendre pas mal de difficultés : les gens vous observent et tout. Je fais la musique que je fais parce que c’est une nécessité pour moi. C’en est presque cathartique.
Ensuite, je pense qu’il est très important de partager cette musique avec les autres. Vous l’avez dit, je pense que je suis très loin d’être la seule dans cette situation, il y a beaucoup d’autres personnes qui traversent ce que j’ai traversé, et ils doivent se sentir aussi seuls que moi à l’époque. This Too Shall Pass est un morceau important pour moi. Je suis vraiment contente d’avoir pu l’enregistrer et le sortir. Beaucoup de gens m’ont dit avoir aimé Heaven on Earth, et avoir compris la raison pour laquelle je l’ai écrit. C’est pour cela que je fais de la musique. Les gens sont amoureux et comprennent ce que je veux dire. « Eh, faisons-nous notre petit nid, un petit coin de Paradis, peu importe ce que les autres diront, ils ne savent pas ce que nous nous avons ». Je suis vraiment très heureuse de pouvoir donner un petit quelque chose aux gens, et c’est la raison de mon métier. Je me suis retrouvée tellement de fois complètement à plat, alors ma femme me disait « Tu dois te libérer de ces chansons ». Je crois qu’elle a raison. C’est pour ça que je fais ce que je fais.
Interview Originale sur le site Afterellen.com -
Lou Morin a écrit un nouvel article, Beacon Hill : Interview de Alicia Minshew et Sarah Brown, les interprètes de Sara Preston et Katherine Wesley il y a 11 ans
Suite au succès de la websérie lesbienne Venice, Crystal Chappell s’est associée avec Bella Productions pour nous concocter Beacon Hill. Cette nouvelle websérie se déroule à Boston et raconte l’histoire de Katherine Wesley et Sara Preston, d’anciennes petites amies entre qui la flamme brûle toujours un peu, et ce malgré leur rupture dévastatrice.
Dans les rôles de Sara et Katherine, nous retrouvons les stars du soap opera Alicia Minshew et Sarah Brown. Les fans de All My Children reconnaîtront en Alicia Minshew, la dure, mais adorable Kendall Hart. Sarah Brown a quant à elle a incarné la courageuse Carly dans Hôpital Central, rôle grâce auquel elle a remporté trois Emmy Awards. J’ai discuté avec elles de leur alchimie dans Beacon Hill, de leur patronne Crystal Chappell et du futur des soap operas.
Comment avez-vous intégré l’équipe de Beacon Hill ? Était-ce dû au chant de sirène de Crystal Chappell qui semble attirer tellement de gens ?
ALICIA MINSHEW : J’étais en plein milieu du tournage d’une autre websérie appelée Tainted Dreams, je suppose donc qu’elle m’a remarquée à ce moment-là. Nous n’avions jamais travaillé ensemble, mais nous nous entendions bien, nous nous suivions sur Twitter et nous nous étions rencontrées plusieurs fois au cours de ces dernières années. Elle m’a envoyé un message « Je voudrais te parler, j’aimerais te faire jouer dans un truc cool ». Elle m’a appelée et elle m’a tout dit. Et puis, comme j’étais une grande fan de son travail, que j’avais vu Venice et que je savais qu’elle était très douée, je me suis dit que ce serait génial de pouvoir travailler avec elle. Elle m’a dit que j’allais jouer la petite-amie de Sarah et j’ai toujours adoré le travail de Sarah depuis que je l’ai vue dans Hôpital Central. J’ai beaucoup d’estime pour Crystal et Sarah, ce sont deux femmes très talentueuses avec qui j’ai toujours voulu travailler.
Je n’avais jamais interprété de lesbienne auparavant. Ça m’a plu, c’était un aspect du métier d’actrice que je n’avais pas exploré. J’étais très contente de pouvoir faire ça avec une actrice aussi douée. Puis, en lisant le scénario j’ai été totalement convaincue. C’était tout vu. En plus, j’ai passé une semaine à Boston lors du tournage – et comme je vis à New York, le trajet a été rapide – c’est une ville magnifique, j’aime beaucoup cette ville. J’aime cette ville et tout le casting du tournage, pas seulement Sarah ! Je suis amie avec Ricky Paul Golden et j’adore Melissa et Jessica. Quand j’ai vu le groupe de travail, j’ai dit « Je signe ! Non, vraiment, je signe ! »
SARAH BROWN : Je suis la première personne que [Crystal] est venue voir une fois le scénario en main. Elle voulait que je joue Katherine. Il n’y avait encore aucun acteur d’engagé sur ce projet, mais le scénario m’a vraiment donné envie de travailler dessus. Je fais confiance à Crystal, je l’apprécie en tant que personne et j’aime vraiment beaucoup son travail. Du coup, je l’ai rappelée et lui ai dit « Je suis de la partie ! On y va ! Trouve-moi de bons collègues » Je lui ai fait confiance à 100 % et elle a déniché une équipe d’enfer. Je savais que je pouvais compter sur elle pour trouver des acteurs super motivés. Elle a fait un super boulot.
À chaque fois que je parle de Beacon Hill à quelqu’un, l’on me parle de cette alchimie incroyable que vous dégagez à l’écran. J’ai discuté avec Crystal Chappell, je sais donc que vous n’avez pas eu de test d’alchimie ou d’autre test similaire. Du coup, lorsque vous vous êtes mises à travailler ensemble, vous êtes-vous dit « Waouh ! C’est fou comme le courant passe bien ! » ?
ALICIA MINSHEW : C’est marrant, on ne s’était jamais vraiment rencontrées auparavant. Il me semble qu’on s’est rencontrées une fois, aux Emmy Awards, il y a quelques années. Concernant Beacon Hill, on en a discuté au téléphone, on a beaucoup parlé et on a de suite très bien accroché. On a toutes deux la même espèce d’éthique de travail. On a donc travaillé le scénario et les personnages par téléphone. Lorsqu’elle était à Los Angeles et que j’étais à New York, on répétait nos scènes au téléphone. On discutait du passé de nos personnages, de ce qu’il représentait l’un pour l’autre. On s’entendait très bien et on avait hâte de pouvoir enfin se rencontrer en vrai.
Une fois que nous nous sommes rencontrées, nous étions très à l’aise l’une avec l’autre. On a un sens de l’humour similaire et on avait nos moments « détente » : on chantait et faisait les idiotes entre les prises. Concernant les moments forts en émotions, on répétait, on lisait nos lignes. On était toutes les deux très concentrées, on jouait vraiment ensemble. C’est vraiment agréable de travailler avec quelqu’un qui fonctionne comme vous. Au final, on s’est tellement bien entendu qu’on s’est dit que ça allait être facile. On est tout de suite plus rassurée auprès de quelqu’un comme ça. Tu assures mes arrières, j’assure les tiennes, on se soutient l’une l’autre. On a ressenti cela dès le premier jour, on savait qu’on avait trouvé la partenaire parfaite, du genre « Ok, je peux faire ça avec elle. Je peux m’imaginer la choisir, je peux m’imaginer au lit avec elle, je peux m’imaginer lui crier dessus, je peux m’imaginer pleurer avec elle. Je peux faire toutes ces choses émotionnelles. » Je savais qu’elle se donnerait à 100 %, et elle l’a fait.
SARAH BROWN : C’est vrai qu’on y a un peu réfléchi. C’est fou que la personnalité d’Alicia soit telle qu’à la minute où je l’ai rencontrée, j’ai eu envie de prendre soin d’elle, de la protéger et de m’assurer qu’elle allait bien. Ça fonctionnait parfaitement pour le personnage. Quelque part, ça a merveilleusement bien installé la dynamique entre les personnages. Ça a donné à cette dynamique une direction que je n’avais pas pu anticiper, puisque je n’avais jamais réellement passé de temps avec elle. Nous en avons beaucoup ri. Crystal savait parfaitement ce qu’elle faisait en nous faisant travailler ensemble : je crois qu’intuitivement elle connaissait nos deux caractères, qui sont au final plutôt différents. Alicia est une vraie fille. Elle est vraiment marrante. Elle est adorable, drôle, vous ne pouvez que l’aimer et vouloir prendre soin d’elle ! Nous correspondons parfaitement aux personnages de Katherine et Sara.
Alicia, votre apparition dans le reboot de All My Children a comblé les fans de bonheur ! Malheureusement, ce soap opera a été annulé avant qu’on ne puisse vous voir davantage. Cette expérience vous a-t-elle rapprochée d’une façon ou d’une autre du monde de la websérie ?
ALICIA MINSHEW : En réalité j’avais signé pour Tainted Dreams avant d’apparaître dans le reboot de All My Children. Tainted Dreams ressemblait un peu à Beacon Hill dans le sens où il y avait seulement 12 épisodes et que la configuration était identique. Donc, lors de cette expérience, je me suis rendu compte que la websérie est un mélange de soap et de film. Le rythme est rapide, il y a beaucoup de dialogues, c’est bam, bam, bam ! Il faut vraiment être au taquet. J’ai vraiment beaucoup aimé. J’ai eu l’impression que l’on prenait le meilleur de chaque univers (l’univers du film et celui des soap operas) et ça m’a beaucoup plu. Ça a été beaucoup plus facile d’accepter de travailler sur Beacon Hill avec le souvenir de cette super expérience. Je savais que Crystal, et surtout sa société de production, gérait le truc. Je savais donc que ça irait comme sur des roulettes. J’avais aussi très envie d’essayer quelque chose de nouveau. J’avais joué Kendall pendant presque dix ans et je me suis dit qu’Internet représentait un peu l’avenir des séries. Les gens regardent des trucs en ligne maintenant, alors pourquoi ne pas essayer quelque chose de nouveau ?
Vous avez toutes les deux joué des rôles emblématiques de soap operas et vos fans semblent vous être très dévoués, c’est d’ailleurs quelque chose que j’adore chez les fans de soap operas. À votre avis, qu’est-ce qui, dans ce genre, dans cet univers, permet aux fans de tant se lier avec vos personnages et vous-même ?
SARAH BROWN : Je crois que tout est dû à la diffusion quotidienne. On est diffusés tous les jours pendant qu’eux font autre chose dans leur maison, ce qui nous fait presque passer pour un ami invité chez eux. Quand vos recevez vos amis chez vous et que vous êtes occupé à autre chose, vous écoutez leurs problèmes d’une oreille tout en faisant la vaisselle. C’est la même chose pour les soap operas, et en plus ils sont quotidiens, ça revient donc à recevoir ces amis dans votre salon, tous les jours. [Les fans] les écoutent, écoutent leurs histoires, ce qu’ils traversent, leurs problèmes.
Bien entendu, maintenant on peut regarder les soaps en soirée. Enfin, on a toujours pu le faire, mais je veux dire qu’avec les DVD, maintenant, les gens se calent un moment, et pas nécessairement en journée, pour regarder leur soap opera. À la base, au début en tout cas, je me suis dit que les fans des soap operas étaient différents des autres, extrêmement dévoués et d’un soutien sans faille, parce qu’ils nous voyaient tous les jours. Les fans purs et durs nous regardaient tous les jours. Ce n’est pas la même chose qu’attendre une semaine pour revoir la star de votre série préférée. Je pense que ça leur donnait l’occasion de pouvoir se vider la tête, de penser à autre chose que leurs problèmes quotidiens pendant une heure, tous les jours. C’est une sorte de service que les soaps leur rendaient, c’est faire quelque chose qu’ils apprécient. Je pense qu’ils sont très sensibles aux acteurs diffusés à la télé en journée. C’est ce que j’ai pu remarquer. Ils nous soutiennent tellement et sont tellement adorables.
ALICIA MINSHEW : Vous ne trouverez pas de fans plus dévoués que ceux des soap operas. Tout ça parce que nous sommes dans leur salon tous les jours. Ils traversent ce que nous traversons : la naissance de nos enfants, la mort de notre mari, nos tromperies, nos « coucheries », nos ébats. Ils nous voient traverser tout ça, de manière intime, tous les jours. Ce n’est pas la même chose que de regarder un film. Dans un film, il y a davantage de distance, vous ne suivez pas les personnages tous les jours, chez vous. Les soaps sont encore plus forts que certaines séries, car les fans voient les visages des acteurs tous les jours, donc ils ont vraiment l’impression de nous connaître. Ils nous suivent dans toutes nos émotions. Des gens m’ont dit « Lorsque Zach est mort, j’ai pleuré avec vous parce que mon mari est mort la même année ». Je pense qu’ils se reconnaissent en nous de bien des façons. J’ai reçu tellement de câlins et d’embrassades de leur part, à chaque rencontre de fans, je reçois tellement, mais tellement d’amour ! Comme ils ont l’impression de nous connaître, ils nous soutiennent dans tout ce que nous faisons. Peu importe ce que j’ai fait après All My Children, j’ai toujours eu un soutien des plus incroyables de la part des fans. J’adore ! Je pense qu’ils se sentent liés à moi, et à tous les autres acteurs de tous les soap operas.
La transition doit être intéressante entre une série où votre histoire se déroule sur des semaines, des mois voire des années, et une histoire vraiment poignante qui dure une saison et peut-être une heure au total. Est-ce difficile de filmer au format websérie après avoir tourné un soap opera ?
ALICIA MINSHEW : C’est un peu différent, mais en tant qu’acteur, vous intégrez un projet et faites avec ce qu’on vous donne. Il faut vous dire « Ok, c’est différent de ce que j’ai déjà fait. Maintenant, il va falloir que je fasse ça comme ça et que je case tout ça en très peu de temps ». Ça va être intéressant de voir ce qu’il se passe dans la saison 2. Et si les épisodes sont un peu plus longs, que va-t-il se passer ? J’ai vraiment hâte de voir ce qu’il va se passer, on a tous hâte de se retrouver et de retravailler ensemble.
Cette amitié transparaît vraiment à l’écran.
ALICIA MINSHEW : Et pourtant nous n’avons été ensemble que pendant très peu de temps, genre une semaine ! Tellement de trucs se sont passés pendant cette semaine. C’est fou. On traverse tous ces trucs forts en émotions et à la fin de la semaine « Ciao ! ». Ils m’ont manqué. Je me suis dit que cette semaine n’avait été qu’un avant-goût, du genre « C’était génial. On recommence ? »
SARAH BROWN : C’est très différent, mais c’est aussi assez similaire. Dans un soap, si vous prenez chaque histoire et que vous comptabilisez son temps d’écran journalier, il sera autour de huit minutes. Dans Beacon Hill, certains épisodes se finissent en cliffhangers.
Exact. Et on doit attendre la semaine suivante pour savoir ce qu’il se passe.
SARAH BROWN : Oui, ils vous font patienter jusqu’à la semaine d’après pour découvrir la résolution du problème. C’est comme ça qu’ils vous font revenir de semaine en semaine. D’une certaine manière, c’est un soap condensé. Chaque histoire doit être condensée et comme tous les personnages disposent d’un total de huit minutes, chaque histoire ne bénéficie que d’une ou deux scènes. Dans la saison 2, la manière de tourner sera intéressante : on aura l’impression que le public écoute aux portes pour connaître la vie des personnages. Et puis, concernant la durée des épisodes, leur brièveté, il est évident que les épisodes seront plus longs dans la saison 2 et je ne pense pas que ça pose problème à qui que ce soit. Le public se demandera juste ce qu’il se passera dans le prochain épisode, genre « Oh mon Dieu, que va-t-il se passer ? ». Je sais que le public réagira de cette façon parce que tous les épisodes s’imbriquent bien et que la saison 2 est juste fantastique. Le scénario fait partie de ceux que je n’ai pu poser qu’après les avoir entièrement finis. Je ne sais pas combien de pages il fait, il est très long, mais je n’ai pas pu m’arrêter de lire avant 1 h du matin.
Sarah, vous avez été un tel monstre dans le monde des soaps et ce pendant presque vingt ans. Je voulais savoir, comment avez-vous vécu, en tant que membre de cette communauté, de ce monde, le fait que ce format soit autant en difficulté ces dernières années ?
SARAH BROWN : Lorsque j’ai commencé à faire des soaps, j’étais très jeune – mais pas aussi jeune qu’Amber Tamblyn – et je venais juste de finir de tourner un programme pour enfants. Je ne connaissais rien sur les soaps et j’en connaissais très peu sur la télé en général. Mais entre cette période et maintenant, j’ai constaté une évolution de la télévision de manière générale. Les gens ont changé. Les femmes travaillent maintenant. C’est devenu la norme aujourd’hui alors que, lorsque les soaps ont commencé à être diffusés, ce n’était pas le cas. Je crois que les formats télévisés changent avec la télévision et comme les femmes représentent une grosse part des téléspectateurs, les choses doivent évoluer. Voir ce format dégringoler a été difficile pour moi. Cependant, je crois que je suis arrivée dans les soaps alors qu’ils étaient déjà sur la pente descendante, parce qu’en arrivant j’ai entendu beaucoup d’histoires sur l’âge d’or des soaps « Ah ! On avait 75 millions de téléspectateurs qui regardaient le mariage de Luke et Laura à l’époque ». C’est fort ! La télévision n’atteint plus ces chiffres maintenant, sous n’importe quel format que ce soit. Ça a changé. Ça a été difficile, mais c’était assez prévisible. Ça a commencé à changer depuis mes débuts et rien ne reste jamais le même. Le changement est nécessaire, il faut s’adapter. Mais peut-être que les soaps sont numériques maintenant, peut-être que c’est ça le futur. Je ne sais pas.
Je crois que c’est ce que Crystal essaie d’approfondir : comment garder ce genre, que les gens aiment tant, en vie. Je n’en suis pas sûre, mais j’ai l’impression qu’il y a un vrai public pour les soaps, et le peu de soaps encore diffusés aujourd’hui ont des fans dévoués, aimants et loyaux. J’ai l’impression que les chaînes savent qu’il est important de faire plaisir aux fans et de continuer à diffuser leurs soaps afin que, par la suite, ils regardent, peut-être, les autres séries de leur programmation. Il ne faut pas énerver les fans de soaps ! [rires] Vous savez, lorsque seulement quatre soaps sont diffusés à la télé, tous les quatre se doivent d’être au top niveau, avec les meilleurs acteurs possibles, et à partir de là, de nouveaux projets verront le jour.
Interview Originale sur le site Afterellen.com -
Lou Morin a écrit un nouvel article, Hannah Hart : Interview de la Youtubeuse et auteure il y a 11 ans
Il est difficile de se rappeler le temps où Hannah Hart était juste une lesbienne très mignonne de Youtube, qui buvait du vin, faisait des jeux de mots et des sandwichs au fromage grillé. Sa chaîne, My Drunk Kitchen, a démarré en 2011 et entre-temps, Hannah a transformé sa série en tournée avec Hello Harto : The Tour Show, a coproduit et joué dans la comédie indépendante Camp Takota, a présenté les Streamy Awards, les GLAAD Awards, a délivré des milliers de repas chauds et de soupes, est devenue l’objet de fan fictions et… quoi d’autre ? Ah oui, c’est vrai : elle a écrit un best-seller pour le New York Times : My Drunk Kitchen : A Guide to Eating, Drinking and Going With Your Gut.
Le livre, sorti il y a un peu plus d’un mois, se divise en quatre parties : 1) Les basiques de la cuisine, 2) L’adulescence, 3) Alors c’est ça l’amour, 4) La famille et les vacances. Chaque partie contient des recettes, des conseils, des photos jolies et drôles, le tout enrobé dans une sagesse pleine d’autodérision, devenue la marque de fabrique d’Hannah. Il y a même un passage sur le coming-out. J’ai lu My Drunk Kitchen d’une traite et j’ai adoré.
J’ai rejoint Hannah ce week-end pour lui parler de son livre, de son statut de super star et de ce que cela signifie d’être une icône lesbienne dans l’ère digitale actuelle.
Je viens juste de relire la première interview que j’avais faite avec vous. C’était il y a seulement trois ans, mais votre vie a énormément changé depuis.
J’ai l’impression de vivre un rêve. Lors de notre dernière interview, il y a trois ans, je vivais encore à Brooklyn, je travaillais dans un bureau en croisant les doigts, me disant « Qui sait après tout ? » J’ai dû beaucoup travailler pour en arriver là, mais c’était un travail génial.
Prenez-le comme un compliment, mais j’étais plutôt surprise que vous me contactiez pour votre livre. J’ai cru que j’avais encore reçu une pub. Vous êtes un genre de superstar internationale, quand même !
Non, mais évidemment que j’allais vous contacter !!! Quand même ! C’est ça qui est génial avec Youtube : je reste moi. Tellement de gens du monde du spectacle sont cantonnés à leur simple talent. Lorsque vous gérez votre affaire, comme je le fais, il faut, évidemment, que vous contactiez des gens et que vous travailliez en équipe. Ceci dit, être célèbre doit être fatigant. Je veux dire, « célèbre » dans le sens « j’accepte des choses que je n’aurais pas acceptées en temps normal pour plaire au maximum à un public de masse ». Quel est l’intérêt de tout ça ? Si vous n’êtes pas vous-même, vous trahissez tout.
Voilà une bien belle vérité, ma bonne dame. Bon, parlons de votre livre. Vous avez écrit un livre ! Félicitations !
Merci !
Je suis sûre que beaucoup d’éditeurs auraient voulu vous publier. Parlez-moi de l’origine de ce livre ?
Lorsque j’ai commencé My Drunk Kitchen sur Youtube, je me suis dit « eh, peut-être qu’un jour je pourrais en faire un livre ! ». Vous vous rappelez de ma première interview, quand je vous avais dit que mes buts dans la vie étaient d’être une guest-star dans Glee et d’embrasser Naya Rivera ? En réalité, mon vrai rêve secret était de pouvoir écrire un livre. En 2011, je me suis associée avec un petit agent pour essayer de faire de My Drunk Kitchen, un livre. À l’époque, c’était juste une série de petits textes comiques issus d’expériences personnelles qui s’appelait Recipes for Disaster. Puis, j’ai déménagé à Los Angeles et il est devenu ce qu’il est d’aujourd’hui. En réalité, j’étais assez bornée, je ne voulais pas modifier ma première version du livre, mais s’il y a bien une chose que j’ai apprise c’est que les autres ont de très bonnes idées. Ça ne change pas le fait que ce soit moi qui aie écrit le livre, même s’il n’est pas exactement ce que j’aurais cru qu’il serait. Écrire un livre c’est vachement dur !
Tellement de gens pensent qu’écrire un livre se résume à s’asseoir sous le soleil à attendre que l’inspiration arrive, alors qu’en réalité vous devez vous asseoir là où vous êtes, que vous en ayez envie ou pas, et atteindre le nombre de mots fixé.
J’ai attendu sans arrêt le jour où cette cabane dans les bois apparaitrait, où tous mes projets seraient comme par magie momentanément suspendus et où je boirais du whisky au centre de la pièce tout en écrivant mon chef-d’œuvre.
Et ce jour n’est jamais venu.
Ce jour n’est jamais venu ! Le livre a été mis en vente en janvier 2013, puis j’ai décidé de partir faire le tour du monde, de faire un film et faire plein de trucs de fou !
Avant de lire votre livre, j’avais entendu dire que c’était à moitié un livre de cuisine, à moitié un livre de développement personnel, mais personnellement, je le vois plus comme un livre qui raconte simplement vos expériences de façon généreuse et sincère. J’ai même pleuré en le lisant. Alors, oui, bien sûr j’ai adoré l’idée de faire fondre des morceaux de chocolat sur des chips, mais plus encore, j’ai adoré que vous vous révéliez.
Parfait ! C’est exactement ce que je voulais qu’il soit. J’étais très stressée pendant l’écriture du livre, mais je voulais vraiment me confier. Les personnes qui m’ont vue exténuée et soucieuse à l’époque me disent maintenant « Eh, il est super ton livre ! C’est toi qui l’as écrit ? », et je leur réponds « Oui, c’est moi, j’ai écrit chaque mot ! ». Avant de déménager à Hollywood, je n’avais pas réalisé que beaucoup de personnes n’écrivent pas réellement leur livre.
Eh oui. Très très peu de personnes à Hollywood écrivent réellement leur propre livre. Ce livre c’est un peu la meilleure vidéo de It Gets Better que l’on puisse faire, mais sous forme de livre [ndlt : It Gets Better est un mouvement mondial qui publie des vidéos sur Internet pour rassurer les jeunes LGBT du monde entier et leur dire que « ça ira mieux »].
C’est fait exprès. Je ne peux pas m’en empêcher. Plus j’essaie de prendre de la distance avec l’écriture, pire c’est. Je ne suis pas une auteure née, mais les gens n’arrêtaient pas de me dire « tes vidéos sont bien parce qu’elles te ressemblent », « ton style est en adéquation avec tes valeurs personnelles ». Donc, j’ai juste écrit sur ce qui était important pour moi, en espérant que les gens en retireraient quelque chose. Disons que je voulais que les gens aient quelque chose à se mettre sous la dent.
Vous et vos jeux de mots ! Je crois que les fans seront ravis de voir qu’il y a autant de jeux de mots dans votre livre que dans vos vidéos. Il y a même une double page de jeux de mots coquins sur le maïs.
[Rires] Ces jeux de mots sur le maïs ont été ajoutés à la dernière minute. J’ai fait les illustrations du livre avec une de mes amies, Robin Roemer ; je l’ai épuisée. Nous avons réalisé toutes les recettes et toutes les photos nous-mêmes. Nous faisions ça dans sa cuisine ou la mienne. Je cuisinais, elle photographiait et je préparais le plat suivant, et puis on commençait à paniquer : il nous manquait un bol ! Il fallait faire la vaisselle !
Le visuel joue tellement. Vous avez fait du super boulot. Mais parlons d’autre chose maintenant : vous êtes devenue une icône lesbienne ! Lors de notre première interview, juste après le lancement de votre chaîne Youtube, vous m’aviez dit qu’être out gênerait peut-être votre carrière, mais que vous vous en fichiez. Et aujourd’hui vous êtes l’une des lesbiennes les plus connues d’Internet, et une icône de mode par-dessus le marché !
C’est dingue de vous entendre dire ça ! Je crois que mon style se situe quelque part entre celui de Seth Rogen et celui de Kanye West, mais version lesbienne.
Avez-vous déjà été rejetée à cause de votre homosexualité ? Vous êtes out sans concession. Est-ce que les gens vous mènent la vie dure à cause de ça ?
J’ai vraiment eu de la chance que les gens reçoivent aussi bien mes projets. À chaque fois il y a bien un imbécile ou deux, mais, de manière générale, tout a été super. Ceci dit, je traverse quand même les mêmes épreuves que toutes les lesbiennes traversent. Les problèmes liés au fait d’être homosexuelle dans un monde hétérosexuel ne changent pas, peu importe que vous écriviez un livre ou créiez une chaîne Youtube. Quand je suis en voiture avec une petite-amie dans la Californie rurale, je lui dis « euh, peut-être qu’on ne devrait pas se tenir la main en sortant de la voiture ». En revanche, comme le monde du spectacle est dirigé par les gays, tout va bien.
Oui, mais vous étiez out avant que les coming-out à Hollywood soient totalement acceptés. Au tout début de votre carrière, vous étiez out alors que la DOMA [ndlt : Defense of Marriage Act, c’est-à-dire la Loi de Défense du Mariage, qui ne reconnaissait pas le mariage homosexuel] n’avait pas été en partie invalidée et que le « Don’t Ask, Don’t Tell » était encore d’actualité.
J’aimerais pouvoir mettre en bouteille tout l’amour et l’acceptation que je reçois et les donner à ceux qui ne sont pas out ou qui ne le peuvent pas pour raison de sécurité ou d’acceptation religieuse. Lorsque j’ai commencé à travailler, je me suis dit « je suppose qu’il faudra que je fasse mon coming-out… un jour ? », et puis finalement j’ai réfléchi « et puis non ! Tu sais quoi, je vais faire mon coming-out sans en faire un problème. Du genre, voilà la vérité, d’accord ? D’accord ! » Et ça a été !
J’aime vraiment beaucoup la partie « coming-out » de votre livre. Vous expliquez que c’est quelque chose que l’on fait tout au long de sa vie. Le plus dur est de faire son coming-out à soi-même, mais une fois que cela est fait, tout le reste devient plus facile.
J’aime bien l’étape n° 4 : faire son coming-out à chacun, à chaque fois, à chaque discussion. Vous ferez votre coming-out éternellement. L’intensité des coming-out diminue simplement avec le temps parce que le plus dur a été fait.
J’aime bien l’étape n° 5 : faire son coming-out à Dieu. Ce n’est pas un drame, il le savait depuis le début.
Je devais le mettre. Vous et moi venons toutes deux de familles chrétiennes conservatives, donc vous comprenez à quel point il est important de dire aux gens que vous et Dieu êtes en bons termes.
Avez-vous des retours de personnes religieuses conservatrices qui ont changé d’avis du fait que vous soyez lesbienne ?
Mes retours préférés sont ceux de chrétiens qui étaient dans le placard, qui avaient peur de faire leur coming-out, mais qui, une fois fait, ont trouvé des communautés aimantes et acceptantes au sein même de leur église. Je leur explique comment j’ai réussi à concilier ma foi avec le monde moderne et ils me disent comment eux ont fait. Je ne pourrais en aucun cas faire ce que je fais sans ces gens qui partagent leurs histoires avec moi.
Vous savez, Heather, je vous connaissais déjà lorsque j’étais dans mon placard. Ce sont des sites comme AfterEllen, qui sont de tels ambassadeurs de la communauté homosexuelle, qui m’ont aidée et m’ont inspirée. J’adore les communautés que l’on crée sur Internet, on peut y partager nos histoires, nos sentiments.
Ouep, c’est bien ce partage de sentiments que j’imaginais. Une dernière question : beaucoup de personnes qui adorent votre chaîne Youtube, ne cuisinent pourtant pas. Quelle est, selon vous, LA recette de ce livre que tout le monde devrait essayer au moins une fois ?
Le gâteau-pizza ! C’est un super plat pour les débutants !
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