Monique Wittig

Monique Wittig

Biographie

Monique Wittig est une romancière et activiste française née le 13 juillet 1935 à Dannemarie, en Alsace, et décédée le 03 janvier 2003 à Tucson, en Arizona. Elle grandit au sein d’un foyer amateur de beaux mots, son père, Henri étant poète. Sitôt son certificat en poche, elle s’inscrit à la Sorbonne.

Elle aime la littérature et écrit beaucoup. Elle fréquente aussi à cette époque bon nombre d’intellectuels en vogue, comme Nathalie Sarraute par exemple. Et peu avant ses trente ans, elle publie son premier ouvrage, L’Opoponax. Le livre, qui parle de l’enfance, est presque unanimement loué par les critiques de nombreux pays, qui plébiscitent notamment son écriture et les arguments développés. L’ouvrage remporte d’ailleurs en 1964 le Prix Médicis.

Après ce succès, Monique Wittig est attendue au tournant. Elle surprend nombre de lecteurs cinq ans plus tard, quand elle publie en 1969 un recueil de poèmes, Les Guérillères. Elle étonne non seulement par la forme (elle tente de renouveler le genre du poème), mais également par le fond (elle y fait l’apologie d’« elles », chevalières à la fois du monde et du mot). Elle y réfléchit sur les marques de genre, entre autres le genre masculin qui prévaut le plus souvent sur le féminin dans la langue française. Si le livre est extrêmement bien reçu dans les milieux du militantisme féministe, l’accueil est beaucoup plus froid de la part des critiques.

L’année suivante, elle fait partie de ce cortège célèbre qui a déposé à l’arc de triomphe des fleurs en l’honneur de la femme du soldat inconnu. Le féminisme en tant que militantisme est en train de naître en France. Elle fait aussi partie du premier mouvement lesbien organisé, les Gouines Rouges.

En 1973, elle publie Le Corps Lesbien. Encore une fois, c’est un recueil de poèmes, mais pas de forme traditionnelle, le texte est à mi-chemin entre poème et récit. Elle y revisite de nombreux mythes et légendes de la culture judéo-chrétienne en les féminisant. Ce n’est plus Jésus, mais Christa qui est crucifiée ou encore Ulyssea qui revient d’un long voyage ; on y croise aussi la grande poétesse Sappho. Un ouvrage à l’époque pas du tout politiquement correct non seulement en raison de cette réflexion sur le langage, mais aussi des propos et de cet érotisme qui en a dérouté plus d’un.

Trois ans plus tard, elle publie un nouvel ouvrage parlant du lesbianisme, qu’elle coécrit avec Sande Zeig, sa compagne, Brouillon pour un dictionnaire des amantes. Encore une fois, mais de manière plus soft, elles revisitent l’histoire mondiale. 1976 est également l’année de son installation aux États-Unis. Elle écrit aussi beaucoup d’articles en anglais à cette époque, dans lesquels elle s’interroge sur le féminisme, la place de la femme et de la lesbienne, comme par exemple « The Category of Sex », « The Mark of Gender », « The Straight Mind » ou encore « One is not born a Woman » ; la plupart de ces textes sont publiés dans la célèbre revue Feminist Issues. Ces articles paraissent en 1992 dans un recueil, La Pensée Straight. En 1978, elle prononce lors de la convention de la Modern Language Association, un discours qui aura un fort retentissement : « Je suis une lesbienne, pas une femme ».

En 1985, elle publie deux livres, Le Voyage sans fin et Virgile, non. Dans ce dernier, elle s’y met en scène et propose encore une sorte de parodie non pas de l’histoire cette fois-ci, mais d’un célèbre ouvrage, La Divine Comédie, de Dante. Elle y développe l’idée que la société actuelle n’est pas faite pour les lesbiennes et les femmes, qui ne seraient pas vraiment à leur aise dans un monde hétéronormé et masculin.

Au début des années 1990, elle s’installe pour de bon en Arizona, où elle enseigne à l’Université de Tucson. Elle y propose un cours sur les femmes, qu’elle assurera jusqu’à sa mort, qui survient en 2003, après une crise cardiaque.

Monique Wittig est aujourd’hui encore considérée comme l’une des plus grandes théoriciennes de la question de genre et du féminisme, dont elle a accompagné les luttes, grâce à des textes véritablement d’avant-garde lors de leur publication. Elle a d’ailleurs revendiqué avec fierté ce côté expérimental et précurseur de ses écrits, « il est possible pour une œuvre littéraire d’agir sur son époque comme une arme de guerre ».

Histoire d'un Coming-Out

Monique Wittig, à partir du moment où elle a pris conscience de son orientation sexuelle, ne l’a jamais cachée. Mieux, elle l’a placée au centre de tous ses écrits et de ses réflexions. Elle veut théoriser la place de la femme, le lesbianisme, etc. Elle est d’ailleurs considérée comme une intellectuelle d’avant-garde pour ces sujets.

Monique Wittig a vécu pendant de nombreuses années avec Sande Zeig, une auteure et réalisatrice américaine. Elles se rencontrent au milieu des années 1970 et ne se quitteront plus, de leur installation ensemble en 1976 jusqu’à la mort de Monique en 2003. Elles ont aussi collaboré ensemble sur l’écriture de textes, mais également pour le cinéma, Sande ayant adapté une nouvelle de sa compagne, c’est le film The Girl.

Bibliographie

Le Chantier littéraire (2010)
Paris-la-Politique (1999)
La Pensée Straight (1992)
Le Voyage sans fin (1985)
Virgile, non (1985)
Brouillon pour un dictionnaire des amantes (coécrit avec Sande Zeig) (1976)
Le Corps Lesbien (1973)
Les Guérillères (1969)
L’Opoponax (1964)

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