Public Relations : Interview de Sienna Farall l’Interprète de Genevieve

Public Relations : Interview de Sienna Farall l'Interprète de Genevieve

Interview accordée à Rachael Scott le 8 Avril 2011 pour le site Gaydarradio

Dans le court-métrage Public Relations, Sienna Farall incarne Genevieve, une chargée de relations publiques qui en pince pour Sara (Summer Bishil), une autre assistante, elle aussi l’esclave de sa patronne abusive.

Après deux ans à discuter de leur travail par téléphone, les filles sont devenues des amies fidèles, mais elles ne se sont jamais rencontrées en vrai car Genevieve habite Los Angeles et Sara New York. Jusqu’à ce que la patronne de Genevieve décide de déménager sur la Côte Est.

Rachael Scott a parlé avec Sienna Farall de Public Relations, qui figure dans le DVD compilation d’histoires d’amour lesbiennes Here Come the Girls 3 de Peccadillo Pictures, de son rôle dans la série vampirique à succès True Blood et de sa carrière en général.

Pourriez-vous vous présenter… ?

Bonjour ! Je m’appelle Sienna Farall et j’ai grandi en voyageant à travers le monde avec mes parents. Avant de quitter le lycée, j’avais déménagé environ 18 fois dans différents États et différentes régions d’Allemagne. Mon père était dans l’armée et ma mère était professeure. Ils vivent maintenant en Arizona, l’endroit que je revendique comme étant mon foyer. Mon foyer, c’est là où se trouve ma famille.

Parlez-moi des personnages principaux de Public Relations – quels sont leurs plus grandes préoccupations dans la vie ?

Genevieve est un peu une tombeuse. C’est un esprit libre, elle assume sa sexualité et a une bonne opinion d’elle-même. Avec toute cette confiance en elle, elle n’a aucun problème à se trouver des filles, mais elle n’a jamais donné son cœur à quiconque – jusqu’à ce qu’elle rencontre Sara.

Sara est tout le contraire – cherchant à savoir qui elle est et ce qui la rendra heureuse. Quand bien même elle essaie de voir le bon côté d’une situation ou d’une relation, elle n’arrive pas à trouver ce qui lui manque, pas plus qu’elle ne comprend son peu d’intérêt pour son collègue Kevin (Jason Blair).

L’amour est l’ingrédient secret qui manque à ces deux personnages et lorsqu’elles se rencontrent, ça fait des étincelles. Il y a l’attrait du territoire inconnu pour Sara et Genevieve sera celle qui la guidera dans cette découverte d’elle-même.

Avez-vous déjà eu une relation à distance par téléphone avec quelqu’un que vous avez ensuite rencontré en chair et en os ? Et si oui, cette personne était-elle comme vous l’aviez imaginée ?

Vous savez, je n’ai jamais eu de relation téléphonique avec quelqu’un que je n’avais jamais rencontré. Par contre, j’ai déjà rencontré une personne brièvement puis gardé ensuite le contact avec elle par téléphone et par mail. C’est incroyable comme les conversations deviennent de plus en plus longues et comment on apprend à se connaître plus en profondeur. Une nuit, on a parlé au téléphone pendant presque trois heures !
Les images de cette personne –que je ne connaissais pas du tout- qui me venaient en tête étaient incroyablement précises. Mon esprit remplissait les zones d’ombre. Quand on s’est finalement retrouvés environ un an plus tard, j’ai découvert que beaucoup de ce que j’avais imaginé était vrai, mais pas tout bien sûr. On est ensemble maintenant.

Avez-vous déjà travaillé dans la vraie vie pour quelqu’un d’aussi excessif que votre patronne dans le film ?

Par chance, j’ai eu de supers employeurs. Je ne crois pas qu’avec ma personnalité, je supporterais très bien qu’on me hurle dessus et d’être à la disposition de quelqu’un. Ceci étant dit, lorsque j’aime mon travail, je suis prête à ne pas compter mes heures pour que ça marche. C’est juste les “mauvais traitements” qui me hérissent le poil.

Quand j’avais sept ou huit ans, j’étais dans un club pour monter mon poney (je suis cavalière) et mes entraîneuses étaient ces deux sœurs qui ne savaient parler qu’en hurlant. Ce jour-là, mon père était venu me chercher en avance parce qu’on avait quelque chose de prévu avec ma mère. L’une des sœurs a hurlé à mon père que je n’avais pas terminé et que je n’étais pas autorisée à partir.
Le sourcil gauche de mon père a décollé si haut qu’il a failli quitter son front et il est parti d’un bond, comme si une force magique l’avait possédé. Il se mettait rarement en colère, mais quand c’était le cas, « oh, oh » ! Cette fois-là, il bouillait littéralement. Il m’a descendue de mon poney et on n’est jamais revenus. Ma mère est pareille. Elle ne supporte pas les gens qui la traitent ou traitent quiconque sans ménagement.

Comment est-ce de travailler avec votre co-star Summer Bishil ?

Summer est adorable et c’est un vrai plaisir de travailler avec elle. Les choses les plus inattendues sortent de la bouche de cette fille et tout le monde dans la pièce éclate de rire. Summer est complètement à l’aise sur un plateau et c’est une actrice généreuse et accessible. C’était une telle joie de travailler avec elle.

En tant qu’actrice, la démarche est-elle différente quand il faut développer une relation amoureuse avec une femme plutôt qu’avec un homme ?

Pour moi, la démarche d’actrice est la même, qu’il faille développer une relation amoureuse avec une femme ou un homme. Il s’agit de tomber amoureuse de la personne et de ses qualités propres et laisser celles-ci s’emparer de mon cœur. Il y a de la beauté et de la sexualité en toute personne et si vous êtes réceptif et en phase, alors vous pouvez les trouver facilement.

Faire ce film a-t-il changé votre point de vue sur le genre d’emplois que vous aimeriez occuper dans le futur ?

Faire ce film m’a définitivement ouvert les yeux pour chercher d’autres films relayant un message fort. Je suis tombée amoureuse de l’histoire et des personnages la première fois que j’ai lu le script. C’est vraiment une histoire adorable avec ces deux personnes cherchant l’amour alors qu’elles l’ont sous les yeux depuis le début… Tout ce que je peux demander dans le futur, c’est d’avoir la possibilité d’incarner des personnages avec une histoire forte auxquels les gens peuvent se connecter et s’identifier.

S’il vous plait, parlez-nous de votre expérience de travail dans True Blood ?

Travailler pour True Blood c’était d’enfer ! J’ai particulièrement apprécié Nelsan Ellis qui joue Lafayette. Sa façon de jouer et d’habiter le rôle est incroyable et son jeu donne toujours une impression de légèreté et d’aisance. Bien sûr, rencontrer Alan Ball, c’était comme un rêve éveillé, parce que j’adore American Beauty et Six Feet Under.

Les héros de True Blood, Anna Paquin et Stephen Moyer, sont tombés amoureux lors du tournage et se sont récemment passé la corde au cou. Quelle est votre politique quand il s’agit de sortir avec vos collègues ?

Je comprends comment les gens peuvent tomber amoureux sur un plateau. Vous passez quotidiennement vos journées avec les mêmes personnes pendant des mois, parfois des années. Vous partagez toutes ces expériences en commun et le fait de jouer vous rend vulnérable. Donc ouais, je vois totalement comment ça arrive. Mais j’ai trouvé l’amour de ma vie, donc pour moi, ce n’est pas un problème.

Quelle est la pire chose qui vous soit arrivée lors d’une audition ?

En majorité, j’ai rencontré des directeurs de castings gentils et adorables donc mes expériences en matière d’auditions ont été plutôt bonnes. Pourtant, il y a eu cette audition où j’étais sensée venir habillée en écolière catholique. J’ai fait de mon mieux avec ce que j’avais, mais quand je suis arrivée, l’assistant du directeur m’a dit que je ne pouvais même pas entrer dans la salle des auditions parce que je n’avais pas de chaussures vernies ! Je m’apprêtais à partir quand cette gentille actrice m’a laissée emprunter les siennes. Si ce n’est pas un acte de générosité gratuit, alors je ne sais pas ce que c’est !

Vous êtes-vous inspirée ou avez pensé à quelqu’un en particulier pour jouer le rôle ?

Non, personne en particulier.

Peu de films avec des héroïnes lesbiennes sont produits et encore moins commercialisés malgré une forte demande du public. Qu’est-ce qui selon vous faciliterait la tâche des réalisateurs de films queer ?

Faciliter ? Malheureusement, je ne suis pas sûre qu’il y ait un moyen plus facile pour les cinéastes de films homos. J’ai l’impression qu’Hollywood essaie de réveiller les consciences et la tolérance envers la communauté gay. Des acteurs comme Sean Penn prennent la parole et des séries comme Glee n’ont pas peur d’intégrer la communauté gay dans leurs intrigues.

Avoir une histoire qui tient la route et de bonnes directives pour un film est un bon début. Ensuite, avoir le courage de continuer à faire des films gay même lorsqu’ils font face aux préjugés, c’est aussi un constat fort. Parfois la meilleure créativité sort de périodes de désespoir ou d’oppression, donc c’est le fait de capter ces histoires et ces émotions et de les donner au public qui les rend intéressantes.

Quels sont vos films homos préférés ?

J’adore The Hours avec Nicole Kidman, Meryl Streep et Julianne Moore. Ce sont trois de mes actrices préférées et leurs performances dans ce film sont magistrales. La prestation de Julianne est tellement profonde et désespérément tragique, car son personnage est muselé et elle est prisonnière d’un mariage dont il semble impossible de sortir sans briser le cœur de son fils. J’ai toujours aimé Beignets de tomates vertes et le béguin et l’amour inébranlable d’Idgie pour Ruth. Oh, et La cage aux folles est l’un des films les plus drôles que j’ai jamais vus !

En tant qu’actrice, comment définissez-vous le succès, et quels sont vos buts personnels ?

Le succès pour une actrice, c’est avoir l’opportunité de jouer une multitude de personnages et de raconter leurs vérités. Lorsqu’une histoire me touche et que j’ai l’occasion d’aider à la raconter – que puis-je demander de plus ? Bien sûr, pouvoir vivre de ce que j’aime faire, c’est génial aussi.

Mes buts en tant qu’actrice – je veux être dans un état de progression permanente. À la minute où je penserai tout savoir ce sera le moment pour moi d’abandonner. Pour un acteur, il y  a toujours quelque chose à découvrir sur le plan humain et c’est ce qui rend mon boulot tellement sympa. J’aimerais avoir un éventail d’opportunités parce que j’ai le sentiment de pouvoir incarner des personnages très variés. Oh, et j’aimerais aussi apporter la paix dans le monde.

Le métier d’acteur est connu pour être difficile. Que faut-il posséder pour atteindre le succès dans ce domaine ?

Le dévouement. Se dévouer à l’art, aux personnes dont je raconte les histoires, et à ceux qui parient sur moi et sur mes talents d’actrice.

La persévérance : « Ne jamais abandonner, ne jamais capituler. » c’est ma devise, que j’ai volée dans Galaxy Quest. Chaque jour est plein d’opportunités nouvelles et excitantes. Il me suffit d’être là pour les trouver.

L’engagement. J’ai voué ma vie à raconter des histoires. Je m’engage continuellement à être digne qu’on se batte pour moi tout comme le sont les auteurs anonymes qui ont écrit les personnages que je joue.

Le soutien de l’entourage. Je suis bénie d’avoir une famille qui m’aime et me soutient merveilleusement et je suis reconnaissante chaque jour de les avoir. Je m’entoure aussi d’amis extraordinaires, de personnes sur lesquelles je peux compter s’il m’arrivait de vaciller. Ils me rattraperaient et me remettraient sur les rails. Ce sont quelques uns des nombreux ingrédients du succès dans ce business.

Pour quel acteur ou réalisateur seriez-vous prête à tuer pour collaborer ?

Tim Burton ! Il a un talent incroyable, il est extrêmement créatif et a une vision des choses unique quand il s’agit de son travail. Beetlejuice, Big Fish, Sweeney Todd et Alice au Pays des Merveilles sont merveilleux ! Qui faut-il que je tue ?

Si vous pouviez jouer n’importe quel rôle, dans l’histoire du cinéma ou de la télévision, lequel choisiriez-vous ?

Edith Piaf dans La Vie en Rose.

Quel est le pire job que vous ayez jamais fait ?

Je suppose que le pire job que j’ai jamais fait était serveuse, même si dans l’ensemble ce n’était pas si terrible. J’ai un respect démentiel pour ces personnes qui contribuent à faire de mes expériences culinaires un moment de plaisir. Le côté positif dans ce travail, c’était d’interagir avec énormément de personnages en situation réelle, ce qui rendait les choses divertissantes.

Quel est votre plaisir le plus coupable ?

Hum… Mon plaisir le plus coupable serait de faire la sieste ou de manger une boîte de chocolats Godiva en solitaire.

Si vous pouviez remonter le temps, où iriez-vous ?

Au moment de la renaissance française.

Qui inviteriez-vous à la réception de vos rêves ?

Je ferais une petite fête privée et sobre avec Tom Hanks, les frères Coen, Meryl Streep, Helena Bonham Carter, Cate Blanchett, David Fincher, Marion Cotillard et Larry David.

Racontez-nous un secret…

Parfois, il m’arrive de penser que mon père, Richard Phillips est un alien. Il est né à Roswell, a un best seller de séries de sciences fiction sur Amazon, et certaines de ses histoires semblent un peu trop véridiques.

Traduction Magali Pumpkin

Interview Originale sur le Site Gaydarradio.com

Répondre