A Family Affair : Interview d’Helen Lesnick, la réalisatrice, scénariste et actrice principale

A Family Affair : Interview d'Helen Lesnick, la réalisatrice, scénariste et actrice principale

Interview accordée à Sarah Warn en Mars 2003 pour le site Afterellen.com

Tout d’abord, est-ce que vous voulez bien décrire rapidement le sujet de A Family Affair ?

A Family Affair raconte l’histoire de Rachel Rosen qui quitte New York City pour la Californie après une autre rupture traumatisante avec son ex-petite amie capricieuse Reggie (Michele Greene). Là elle est accueillie par sa mère (Arlene Golonka) membre du PFLAG (Parents, Familles et Amis de Lesbiennes et Gays) qui est persuadée que sa fille doit s’installer avec Ms. Rightowitz. Cependant quand Rachel rencontre Ms. Rightowitz (Erica Shaffer), elle n’est pas sûre du fait que ce n’est pas Ms. Wrongowitz qu’elle veut après tout…

Qu’est-ce qui vous a inspire pour l’écrire ?

En fait j’ai été inspirée par la “Proposition 22”, une proposition californienne contre le mariage gay initiée et sponsorisée par Pete Knight. Quand j’ai appris que Mr. Knight avait un fils gay avec lequel il est brouillé, ça m’a irrité que des personnes dépensent autant de temps et d’énergie à haire leur propre chair et leur propre sang. J’ai vraiment pensé que ces personnes manquaient l’évidence. Peu importe que vos enfants n’atteignent pas vos attentes, que ce soit du point de vue des choix de carrière, de la personnalité ou de l’orientation sexuelle, il reste vos enfants et rien n’est plus important que cette réalité. Donc je voulais créer un film avec un mariage gay sans excuse. Je voulais que chaque personne du film traite cet événement comme parfaitement normal comme je pense que ce devrait l’être.

J’ai également été inspirée par ce manque de films où il n’est pas question du coming-out ou du fait d’être gay pour les personnages gays, où ce n’est pas le sujet du film. Je voulais créer une histoire où les personnages arrivent à être gays. Je pense que le principal fondement du sectarisme provient de ce que les gens imaginent que certains groupes ou races sont très différents d’eux. J’espère qu’une personne verra que les différences qui nous séparent sont moins significatives que ce qui nous unie, notre humanité, peut être qu’il y a aura alors plus de tolérance et d’acceptation dans ce monde.

Vous avez porté un grand nombre de casquettes en faisant ce film (scénariste, réalisatrice, actrice, productrice) le referiez-vous ? Quel rôle avez-vous préféré ?

Je le referai probablement mais avec un plus gros budget j’espère ! En ce qui concerne le rôle que j’ai préféré, c’est dur à dire. Je peux dire que ces différents rôles se complètent les uns par rapport aux autres. Mon expérience en tant qu’actrice a vraiment joué sur mon écriture et m’a amené à trouver la voix de chaque personnage. En tant que réalisatrice, j’aime beaucoup travailler avec les acteurs et voir ma vision des choses prendre vie, c’est très excitant. Je recherche plus de travail en tant que scénariste et réalisatrice, donc je pense que ça répond à la question.

Vous avez un mélange intéressant d’acteurs dans le film, connus et inconnus, gays et hétéros, etc… comment avez-vous fait le casting ?

J’ai écrit certains rôles pour des acteurs qui me sont familiers ici à San Diego. Nous avons auditionné la plupart des rôles principaux à Los Angeles. Nous avons envoyé une notice de casting aux agents et managers et ils ont répondu par des centaines de photos et de présentations. Nous sommes très contents de notre équipe. Michele Greene qui a eu le premier baiser lesbien à la télévision américaine dans L.A. Law joue mon ex. Arlene Golonka, une vétérante de Broadway et de la télévision (elle était Millie dans Mayberry!) interprète ma mère. Barbara Stuart (Miss Bunny de Gomer Pyle parmi sept séries télévisées) joue la mère de ma petite amie actuelle. J’adore l’idée de briser des stéréotypes donc j’ai adoré l’idée de la comédienne Suzanne Westenhoefer jouant ma belle soeur non-gay. Nous avons étendue nos recherches avant de trouver Erica Shaffer qui joue ma petite amie potentielle.

Tous les personnages hétérosexuels dans A Family Affair ont une attitude positive envers les gays ; que voulez-vous répondre à ceux qui critiquent et disent que c’est irréaliste ?

Je dirais qu’ils voient le verre à moitié vide. Bien sûr, il y a des cas d’homophobie et d’agressions en haut de l’affiche mais il y a aussi de nombreuses personnes non-gay qui considèrent l’homosexualité de manière positive et vous n’avez pas à aller au PFLAG pour les rencontrer. (Et les personnes non-gays ont également besoin de rôles modèles aussi !) En fait, 50 pour cent des américains ne sont ni pro-gay ni anti-gay. C’est certainement un groupe de personnes que je tente d’atteindre avec mon film.

Comment s’est déroulée la présentation de votre film aux Festivals ? Comment les spectateurs ont-ils réagit ?

Ca a été irrépressible. Nous avons eu des réponses formidables de tous les types de spectateurs, les gays et non-gays, les juifs et non-juifs, aux USA et à l’extérieur. Nous avons gagné plusieurs awards dont celui du Meilleur Film à Barcelone et Madrid en Espagne et ici nous avons gagné dans les catégories Meilleur Film à Phoenix et Favori du Public à Philadelphia.

Je pense que tout le monde peut apprécier le film parce qu’il aborde des problèmes universels tels que les relations, l’engagement et la famille.

Quel impact le film a-t-il eu sur votre carrière (de manière positive ou négative) ?

Ca a été très positif en partie parce que la productrice Valerie B. Pichney et moi avons tout fait nous mêmes. Donc ça a été une énorme leçon pour nous deux !

A quoi ça ressemble d’essayer de faire un film commercial avec un sujet lesbien ? Aucun défi ou récompense auxquels vous vous attendiez ?

Une chose que nous n’attendions pas concerne la distribution. Les distributeurs vous disent que les lesbiennes ne vont pas voir de films, elles attendent qu’ils sortent en vidéo. Donc ils ne font absolument rien pour vous qui revendiquez une audience lesbienne. La ligne de conduite des distributeurs est l’argent et avant qu’ils ne comprennent que les lesbiennes sont une partie du public allant voir des films, il sera très difficile pour les films à thématique lesbienne d’être distribués.

Quand pensez-vous que le film sera disponible en DVD ou VHS ?

Nous venons juste de présenter le film dans les cinémas de San Francisco et Berkeley, il va sortir, ville après ville à travers les Etats-Unis. Après la sortie cinéma, probablement en août 2003, A Family Affair sortira en DVD ou VHS chez Wolfe Video.

Sur quels projets travaillez-vous actuellement ?

Après avoir signé les accords de distribution pour A Family Affair, nous sommes plutôt occupés avec les préparations inhérentes à la sortie du film. Je travaille sur un nouveau scénario mais il va être remis à plus tard.

Pensez-vous que l’industrie accepte mieux les films avec des thèmes lesbiens ces dernières années ?

Hé bien, il y a certainement plus de films avec des personnages lesbiens, mais encore aujourd’hui, il y a cette tendance à laisser mourir l’une des lesbiennes à la fin du film. Un directeur de festival me disait que sur six ou sept films à thématique lesbienne à leur festival, le notre était le seul où personne ne mourrait à la fin.

A propos de Isabelle B. Price

Créatrice du site et Rédactrice en Chef. Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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