Un personnage bisexuel en prime time sur France 2

Article lié à la série Rani

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Rani, du surnom du personnage incarné à l’écran par Mylène Jampanoï (Les filles du botaniste), est le nouveau téléfilm-série de France Télévisions. L’héroïne, Jolanne de Valcourt (Mylène Jampanoï), est une jeune femme issue des amours entre un marquis veuf et une servante. Son père choisira de la reconnaître comme sa fille malgré que cela soit mal vu à l’époque pour une « bâtarde » d’accéder au rang de noble. Tellement mal vu que son frère, Philippe de Valcourt (Jean-Hugues Anglade) le fils légitime du comte, ne la considérera jamais comme sa sœur, mais comme la simple fille d’une bonne morte en couche.

Déçu par le comportement frivole et dépensier de courtisan à la cour du roi de son fils, le marquis choisira de déshériter son fils. Avide d’argent et tenant à sa réputation, le fils reviendra tuer son père pendant son sommeil, déguisant ce meurtre en mort naturelle. Il gardera secret ce conflit d’héritage et complotera contre sa demi-sœur afin de la faire accuser d’un crime grave. Son plan réussira puisqu’elle sera accusée de complicité de meurtre et de haute trahison et condamnée à mort par décapitation. Ainsi, personne ne saura, pas même elle, qu’elle aurait du toucher l’intégralité de l’héritage, et pour survivre elle devra s’enfuir et vivre en fugitive. La suite de son aventure qui est diffusée à raison de deux épisodes tous les mercredis sur France 2 pendant un mois (première diffusion le mercredi 14 décembre 2011, huit épisodes au total pour clôturer la série) est une vraie épopée : les tribulations fortes en rebondissements d’une femme de caractère prête à tout pour survivre et prouver son innocence.

Cette histoire emmènera Mylène Jampanoï à travers une grande variété de lieux : de la campagne française, en passant par la prison, par des camps de résistants, expatriée dans un bordel des comptoirs français en Asie, jusqu’au faste des palais indiens où sa beauté fera fondre le prince lui-même.

Pour celles qui s’intéressent un peu à l’univers de la B.D. franco-belge, le scénariste de Rani n’est autre que Jean Van Hamme, écrivain de génie à qui l’on doit les grands bestsellers que sont Thorgal, XIII (série à laquelle on doit l’adaptation récente en série télévisée dans laquelle joue, entres autres, Virginie Ledoyen (Huit femmes, Tout ce qui brille) ou encore Largo Winch. Il est d’ailleurs à noter des similitudes qui feront sourire les puristes du genre, notamment dans l’épisode 4 où Jolanne est recueillie par des indiens après s’être échouée inconsciente sur une plage. Elle se réveillera amnésique tout comme XIII dans le premier tome de la bande dessinée qui échoue sur un rivage et reste amnésique suite à une balle s’étant logée à un mauvais endroit dans son crâne. Cette amnésie est vraiment symbolique puisqu’elle est le fondement même de l’intrigue de XIII, et cela fait plaisir de voir que l’on retrouve ce clin d’œil très prometteur dans Rani.

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D’entrée de jeu, et je vous avoue que c’est pour ça que j’ai regardé ce programme, ce feuilleton donne l’impression d’une sorte de remake d’Angélique Marquise des Anges – ou du moins d’une aventure largement inspirée de cette dernière -, série constituée de cinq films sortie en 1964 qui avait remporté un énorme succès (et qui depuis doit être autant rediffusée sur le petit écran que les Sissi, c’est dire). Angélique (incarnée à l’écran par la sublime Michelle Mercier) n’avait rien de lesbien à proprement parler, plutôt féministe et avant-gardiste puisqu’elle défiait les hommes, s’habillait parfois comme eux, montait à cheval. En bref, elle était une vraie bombe à retardement pour la gent masculine et était déjà à son époque très subversive en démontrant à chaque fois que les femmes étaient capables, sinon de surpasser les hommes de très loin, du moins d’être leurs égales. Évidemment,  il faut aimer les grandes épopées romanesques, et cela dépend uniquement des goûts de chacune. Je dois reconnaître que j’ai trouvé que Rani, dans cette catégorie de divertissement, était moins bien réussie que sa prédécesseuse : parfois le jeu des acteurs est mauvais, parfois les intrigues paraissent faibles ou les raccourcis trop vite faits, les personnages un peu trop caricaturaux, donc à regarder pour se faire sa propre opinion, mais sans se prendre la tête, sans trop se concentrer, ce n’est pas le film de l’année. En somme il s’agit là d’un divertissement léger qui, si vous n’êtes pas trop critique ou difficile, vous emmènera à la découverte de somptueux paysages et vous fera côtoyer une palette haute en couleur de personnages et de rebondissements, sur un fond très rythmé comportant une certaine part de merveilleux, d’insensé (des méchants très méchants, une héroïne dont tout le monde tombe amoureux et qui en l’espace de quelques années vivra une dizaine de vies différentes en réussissant toujours à s’en sortir,…) qui saura très certainement réveiller en vous la part de crédulité de l’enfant qui ne connaissait pas l’impossible, qui ne se disait pas « pfff, c’est même pas crédible cette histoire, quelles sont les probabilités que l’on puisse se sortir comme ça d’une telle situation ! ».

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A propos de Edwine Morin

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Relectrice et Chroniqueuse Occasionnelle. Passionnée par les séries télévisées, elle en dévore depuis des années dans tous les thèmes possibles et ses préférences sont si hétéroclites qu'il est difficile d’en trouver les limites. Romantique dans l’âme, elle a succombé au charme d’I Can’t Think Straight et de Loving Annabelle tout en étant fan du travail de Quentin Tarantino.

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