Interview de Nicole da Silva, l’interprète de Franky Doyle

Interview liée à la série Wentworth

Nicole da Silva - Wentworth

Interview accordée à McKenzie Morrell le 29 mai 2015 pour le site Nowhitenoise.com

Obsédées par Wentworth ? En tout cas, moi oui ! Cette série dramatique australienne noire, au réalisme cru et souvent violente est réellement captivante et fait sensation partout dans le monde ! Les personnages complexes, les histoires riches et la représentation crue de la vie en prison avec (ou sans) espoir de liberté conditionnelle ne vous décevront pas.

Nicole da Silva y interprète superbement Franky Doyle (l’une des délinquantes les plus connues du Centre correctionnel de Wentworth), une détenue intelligemment vulgaire condamnée après avoir violemment attaqué le présentateur d’un jeu télé de cuisine auquel elle participait. À force de manigancer et trafiquer, Franky se retrouve dans de beaux draps à plusieurs reprises. Ah ! Et elle charme aussi ces dames enfermées avec elle derrière les barreaux (sans parler de ces dames qui regardent la télé chez elles). L’actrice australienne, qui a remporté l’ASTRA Award de la meilleure interprétation féminine avec Wentworth, nous envoûte grâce à son indéniable talent.

Ne craignez rien vous qui vivez aux États-Unis, nous avons de bonnes (et quelques mauvaises) nouvelles ! Les saisons 1 et 2 sont disponibles sur Netflix aux États-Unis (il est temps de se préparer pour un petit marathon) et la saison 3 est actuellement diffusée en Australie (nope, pas de date de diffusion aux États-Unis… pour l’instant). Avec ce nouveau public international qui attend patiemment la suite de Wentworth, Nicole et moi sommes d’accord pour dire qu’il serait temps de diffuser mondialement et de manière synchronisée la série… on peut toujours rêver, hein ?

Pour de vrai, c’était plus qu’agréable de discuter avec cette actrice pleine de vie, et pas seulement de l’évolution de Franky dans la série, mais aussi de tatouages, de talents cachés, de son rôle dans l’association UN Women Australia et de la défense de la représentation des LGBT.

Comme le dit si bien Franky Doyle, « considère que tu t’es pris une torgnole ».

Comment décririez-vous Wentworth ? Pouvez-vous nous parler un peu du personnage que vous interprétez ?

Wentworth est un drame carcéral au réalisme cru. C’est un remake d’une série australienne des années 70, Prisoner. Je joue le rôle de Franky Doyle, l’une des détenues.

Magnifique. Je veux dire, cette série est super. Je me suis fait un marathon de ouf de tous les épisodes !

Génial !

[Rires] Le monde entier – et particulièrement les États-Unis – apprécie la série. Vous attendiez-vous à ce qu’elle soit autant aimée hors Australie ?

Non, pas du tout. Au début, lorsque nous avons commencé à tourner nous ne pensions pas une seconde qu’il y aurait un jour une diffusion internationale. Puis, une fois diffusée en Australie, la série a lentement conquis le terrain international. Le Royaume-Uni l’a choisie, puis l’Europe. Et puis, cerise sur le gâteau, Netflix l’a choisie pour les États-Unis.

Oui et des personnes du monde du spectacle, comme Rosie O’Donnell, déclarent publiquement leur amour pour la série. Ça doit être génial pour vous tous que les gens surkiffent, qu’ils veuillent en voir plus.

Oui, c’est vraiment une super sensation ! Vous savez, je trouve que le public devient de plus en plus exigeant en ce moment. Ils regardent la télé, des drames et s’y connaissent de mieux en mieux sur ce qui fait un bon programme. Donc c’est vraiment cool de faire partie des meilleurs.

C’est génial. En quoi ressemblez-vous à votre personnage, si jamais vous lui ressemblez ? Y a-t-il de grosses différences entre vous deux ? J’en suspecte quelques-unes.

Oh oui ! Oui ! [rires] Il y en a quelques-unes c’est sûr. J’espère être un peu moins violente qu’elle !

[Rires]

[Rires] Mais vous savez, on se trouve des points communs avec tous les personnages que l’on interprète. Et, oui, j’en ai avec elle. Franky jongle entre force et vulnérabilité. Elle a une personnalité assez vaste, et moi j’essaie d’apporter un peu d’humanité au personnage.

Avez-vous fait quelque chose de particulier pour entrer dans le personnage ? Avez-vous discuté avec des détenues ou avez-vous juste trouvé vos marques naturellement ?

Lorsque j’ai vu le personnage de Franky sur le papier, quelque chose en elle m’a parlé. C’est sûr, je pense qu’il y a eu des affinités immédiates entre nous, mais une fois que j’ai obtenu le rôle, j’ai insisté pour aller visiter des prisons pour pouvoir parler aux détenues et anciennes détenues. J’ai eu la chance de pouvoir le faire. Cela m’a vraiment ouvert les yeux. J’ai pu parler à une détenue en particulier qui m’a conseillé sur la façon de jouer Franky et m’a aidée à la modeler pour donner la Franky que vous connaissez.

Vous faites un super boulot.

Merci.

De rien. Très bien, passons au côté croustillant des choses ! Les fans veulent savoir s’il y a de l’espoir pour Bridget et Franky ? Je veux dire, le dernier épisode était plein d’espoir et pourtant si décourageant. [ndlt : épisode 8 de la saison 3]

Je suppose donc que vous regardez tous la série en ligne illégalement ?

Euh… Je ne peux ni confirmer ni infirmer.

[Rires] Ok, c’est cool. Y a-t-il de l’espoir pour Bridget et Franky ? Je ne vous dirai rien. Je ne vous dévoilerai pas mon jeu. La saison 3 est un vrai tournant pour Franky. Bridget incarne un certain espoir pour Franky, un certain espoir d’apaisement. Mais je ne dirai rien du tout sur le développement de cette relation et SI elle se développe.

Ah, petite futée ! D’ailleurs, Franky semble avoir un type. Tout d’abord Franky et Erica. Maintenant Franky et Bridget. Pensez-vous que le personnage que vous interprétez est attiré par des figures d’autorité ou est-ce juste le hasard qu’elles aient ce statut ?

Je crois que, comme Franky est une femme très intelligente, dans cet environnement, elle est à la recherche constante de stimulation. Elle gravite donc naturellement autour de personnes ayant un statut plus important, une éducation plus importante, avec qui elle puisse élever le débat et avoir de vraies conversations. Je crois que c’est une tendance naturelle chez elle.

Pour en revenir au « téléchargement ou visionnage illégal » de la série, qu’en pensez-vous ? Je sais que beaucoup de personnes streament en direct. Pensez-vous que ce soit une bonne ou mauvaise chose que les gens essayent de suivre la série comme cela ? Pensez-vous que cela nuit à la série ?

C’est marrant, c’est le serpent qui se mord la queue. J’ai vraiment deux positions là-dessus. D’un côté, c’est vraiment génial que les gens regardent la série et la soutiennent, peu importe la façon dont ils le font. En tant qu’artiste, sans public pour regarder ou apprécier votre travail, vous vous retrouvez réellement sans emploi et il n’y a alors aucun avenir pour vos projets. D’un autre côté, de cette façon-là, l’industrie ne gagne pas d’argent et ne peut plus soutenir d’autres créations. C’est donc un sujet délicat et je trouve ça intéressant de créer et d’ouvrir le débat là-dessus ; parce qu’il est évident que tout le monde le fait. De toute façon, je suis reconnaissante à l’ensemble des spectateurs de la série.

Je pense aussi que ça ouvre le débat pour les sociétés, pas pour qu’elles se mettent au streaming, mais pour qu’elles rendent les contenus disponibles sur Hulu et Netflix, comme cela se fait déjà, pour que le monde entier puisse visionner un programme simultanément.

Tous en même temps. Je sais, et vous soulevez un point important ici. Il faut que les réseaux télévisés intègrent le fait que le public est mondial maintenant, que c’est une communauté globale. Et il est certain que diffuser la série en même temps dans le monde entier aurait un impact merveilleux sur nous.

On le dit haut et fort ! Avec un peu de chance, quelqu’un nous écoutera !

Ouais !

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A propos de Lou Morin

Lou Morin
Traductrice Anglais/Français

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