Don’t Go : Interview de la scénariste et réalisatrice d’Amber Sharp

Amber Sharp

Interview accordée à Susan A. Webley en 2007 pour le site Sable.com

J’aime les femmes de couleur. Nous sommes les personnes les plus résistantes de la planète. Nous portons sur nos épaules le poids d’un monde à l’époque difficile comme des champions, refusant d’accepter les mauvais moments ou les autres choses minables que la vie peut parfois placer sur votre chemin, calmons-nous. À la place, nous utilisons ces obstacles pour entretenir nos passions, pour nous propulser au devant de notre destinée, déterminées à sortir triomphantes de l’autre côté. Oui, j’aime les femmes de couleur, en particulier les femmes comme Amber Sharp.

J’ai eu l’incroyable opportunité d’avoir une interview online avec la créatrice de la série Don’t Go, ses buts et ce que ces questions signifient pour elle. Ce qui suit est une partie de cette discussion.

En lisant votre biographie, il apparaît que vos jeunes années ont été difficiles. Si cela ne vous dérange pas d’en parler, est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus ?

Mon enfance a consisté en une mère alcoolique et dépendante aux drogues et un père absent. Quand j’étais junior au lycée, j’ai été abandonnée par ma mère et forcée de trouver un appartement par moi-même. Déterminée à ne pas devenir le produit de mon enfance, je suis sortie diplômée du lycée. Même si mes jeunes années ont été difficiles, j’ai conscience qu’elles m’ont aidée à poursuivre mon but.

Quel est votre but ?

J’estime que mon but est d’aider à contribuer au changement social positif en étant réalisatrice et en créant des images qui donne la parole à des populations qui sont toujours ignorées ou silencieuses.

Vous parlez aussi de « partager vos rêves éveillés avec le monde ». Pourquoi avoir choisi les films comme passerelle pour faire cela plutôt qu’une autre forme d’art ?

Je suis une personne très visuelle et j’ai toujours rêvé pour échapper à ma dure réalité. Au lycée, j’ai étudié le théâtre et j’ai joué jusqu’à la faculté. Une fois à la faculté, j’ai découvert mon amour pour l’écriture et quand j’en ai été sûre, j’ai voulu créer des films. Je pense juste qu’il y a quelque chose de spécial à créer des histoires et à développer des personnages et ensuite à placer dans ces histoires et ces personnages sur grand écran pour les partager avec d’autres. C’est effrayant mais ce peut être très enrichissant.

Votre film de thèse, Triple Minority, touchait à un thème que de nombreuses lesbiennes de couleur élevées dans des familles croyantes peuvent comprendre. Pourquoi avoir choisi de vous focaliser sur ce problème en particulier ?

J’ai grandi à Little Rock, dans l’Arkansas les dix premières années de ma vie, principalement auprès de ma grand-mère. C’était une femme religieuse donc j’ai été élevée à l’église Baptiste du Sud. J’ai noté très tôt qu’à l’intérieur de l’église, à chaque fois que l’on parlait en même temps de religion et d’homosexualité, ce n’était jamais positif. Je voulais aider à créer une conversation positive autour de la religion et de l’homosexualité, et aussi provoquer regarder comment ces deux choses séparaient les familles, les amis, les communautés, etc…

Est-ce que votre propre croyance a été affectée par ce problème ?

Elle l’a été. Avant, j’étais très religieuse et active au sein de l’église, mais à cause des convictions religieuses, il m’a fallu des années pour être à l’aise avec ma sexualité. Durant cette évolution pour devenir confiante, j’ai réalisé que je ne croyais pas en l’organisation religieuse et que je suis plus une personne spirituelle.

Pensez-vous que l’on verra un jour les organisations religieuses (et plus spécifiquement les églises noires) changer de point de vue sur l’homosexualité ?

Je pense que oui… Je pense que cela demandera beaucoup de temps et de travail. J’estime que ça ne se fera pas en une nuit mais je pense que si les gens continuent de faire ce travail pour changer les églises noires, cela arrivera.

Je le pense aussi. Parlons de Don’t Go. Qu’est-ce qui vous a inspirée pour créer cette série ?

Honnêtement, je voulais créer une série à laquelle je pourrais m’identifier et qui engloberait un groupe diversifié de personnages et d’histoires. Je ne voulais également pas attendre, insatisfaite en espérant que quelqu’un d’autre crée une série de ce type, donc je l’ai fait. Dans mon esprit, les séries gays qui sont actuellement disponibles ont fait une super travail en ouvrant la voie mais je pense qu’elles manquent de diversité et de vérité.

Quelles sont quelques uns des sujets-clés traités dans la série ?

Le thème principal sur lequel je voulais me focaliser était les différents types de famille ; les familles biologiques, les familles gays, les familles que l’on se crée ; donc j’ai joué avec comment les « familles » les affectent dans leurs vies de tous les jours. Les autres sujets incluent la perte, l’amour, les relations de couple, l’amitié, les restrictions culturelles, etc…

Pourquoi pensez-vous que des séries comme The L-Word proposent rarement des personnages lesbiens de couleur, avec des histoires qui nous sont spécifiques, dans leurs trames ?

Je pense que The L-Word, comme de nombreux autres programmes, tente de s’adapter à une audience dominante et parce que les personnes de couleurs ne sont pas considérées comme dominantes, ces histoires ne sont pas importantes à raconter. La conséquence est que si les personnes de couleur veulent se voir à l’écran, elles doivent soutenir des projets créés pour elles.

Diriez-vous que le manque de soutien est la raison pour laquelle il y a si peu de productions comme Don’t Go disponibles pour notre communauté ?

Oui. Mon expérience avec Don’t Go a été que vous avons reçu un grand nombre de soutien et d’encouragement ; cependant ce soutien a été limité de la part des femmes de couleur.

Vous savez, Amber, je ne suis pas surprise. C’est malheureux mais c’est généralement ce qui se passe avec notre communauté.

Et c’est si frustrant !

J’ai lu votre blog à propos de votre objectif de 90 jours pour trouver une chaîne à votre série. Pensez-vous que nos histoires seront un jour racontées sur un réseau télévisé dominant ?

Oui, je le pense. Qui aurait pensé que nous aurions un Noah’s Arc ou un DL Chronicles ou un The L-Word ? Il y a définitivement un besoin que nos histoires soient racontées et je sens un marché aussi. Nous avons simplement besoin de faire le premier pas en montrant que ces histoires sont demandées et voulues.

Votre prochain projet ?

Je viens juste de terminer d’écrire un film baptisé Milking Crows. Je voudrais commencer la production au début de l’année prochaine. Je vais continuer à essayer de vendre Don’t Go jusqu’à ce qu’on soit récupérés par le network. Je sais que c’est une simple question de temps.

Notre thème en ce moment c’est « Living You Best Life » (Vivez votre Meilleure Vie)… qu’est-ce que cela veut dire pour Amber Sharp ?

J’aime ce thème ! Vivez votre meilleure vie c’est vivez la vie qui vous amènera au bonheur, à l’amour, à la paix ; toutes ces choses qui sont importantes pour vous et durant ce voyage, vous êtes épanouis.

Merci Amber ! J’ai apprécié que vous preniez le temps de parler avec moi.

Merci beaucoup. J’ai vraiment apprécié que vous preniez le temps et me donniez l’opportunité de prendre part à Sable !

Interview Originale sur le Site Sable.com

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef. Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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