La réapparition d’une lesbienne mère de famille

Article lié à la série Chroniques de San Francisco

DEDE  : Ca parait cruel de ne pas avoir dit à maman que j’étais en vie, mais je connaissais son avis sur Cuba. On avait une nouvelle vie. Je ne suis pas un monstre.
MARY ANN  : Mais non. Ce que D’orothea et vous avez fait est merveilleux. J’aimerais vraiment vanter ça.
DEDE  : Moi aussi.
MARY ANN  : Votre mère changera d’avis.
DEDE  : Ce n’est pas ça. D’or est restée à La Havane. Etre socialiste lui semblait plus important qu’être gouine. Toute cette affaire est compliquée.

DeDe utilise un langage qu’elle n’aurait jamais employé quelques années auparavant. Elle est libre. Elle n’a plus à se préoccuper des convenances imposées à son ancien statut de bourgeoise. Elle aime ses enfants bien que leur père soit d’origine chinoise et qu’ils ne s’intègrent pas dans le paysage familial. Elle s’en moque.

Elle semble réellement déçue et triste que D’orothea ne l’ait pas suivi. Pour elle, le plus important est d’être avec les personnes qu’elle aime bien que la révolution soit également l’une de ses préoccupations.

Un peu plus tard, DeDe et Mary Ann continuent à parler. Mary Ann semble passionnée par les histoires de la jeune femme, son intérêt n’est pas uniquement professionnel. Elle donne l’impression d’être conquise par cette personnalité hors du commun qui a tout abandonné et refait sa vie ailleurs.

DeDe, de son côté, manifeste le désir d’expliquer ses choix, ses enfants, sa vie nouvelle. Elle a besoin d’une oreille amie et attentive. C’est ainsi que l’on apprend comment elle a survécu au massacre de Jonestown, comment elle a participé au mouvement révolutionnaire, comment elle a fui Cuba.

Elle parle de tout cela avec humour, ironie et autodérision tout en faisant le repas. Et il faut bien avouer qu’elle se débrouille bien mieux que Mary Ann dans ce domaine. Elle est gracieuse, efficace et rapide alors que Mary Ann a l’air empotée et pas à sa place dans cette cuisine, à éplucher des légumes. Mary Ann apparaît précieuse et bourgeoise, des adjectifs qui auparavant s’appliquaient à DeDe mais qui ne sont plus adaptés aujourd’hui.

DeDe se livre. Elle confie à Mary Ann que Jim Jones, le gourou de leur secte à Jonestown avait un pouvoir incroyable, qu’il possédait un terrible ascendant sur eux. Elle lui avoue qu’il l’a violée devant ses enfants. Il était obsédé par les jumeaux qu’il nommait affectueusement ses « petites merveilles biraciales ». La jeune femme confie ensuite à Mary Ann qu’elle pense que Jim Jones n’est pas mort, qu’il ne s’est pas suicidé en même temps que ces fidèles. Mary Ann lui réplique qu’elle souffre de troubles post-traumatiques mais DeDe n’y croit pas.

En effet, Jim Jones est bien toujours en vie. Il a berné la police en laissant l’un de ses sosies prendre sa place et diriger le suicide collectif. Il n’est pas mort et se fait passer pour un Sdf. Il couche avec Prue Giroux, une chroniqueuse mondaine qui ignore sa véritable identité et le convie à faire une croisière en Alaska.

DeDe, pour protéger ses enfants des révélations qu’elle compte faire à la presse, demande à sa mère de partir en croisière avec ses derniers. Franny Halcyon se rend donc sur le bateau en compagnie d’Edgar et d’Anna qu’elle fait passer pour des orphelins de manière à les préserver. Tout aurait pu aller pour le mieux si Jim Jones n’avait pas reconnu les enfants. qu’il kidnappe durant le troisième épisode.

DeDe se lance à leur recherche avec l’aide de Mary Ann. Elles les poursuivent jusqu’en Alaska puis finissent par les retrouver à San Francisco. DeDe est rassurée et heureuse. Un peu plus tard, Mme Halcyon ouvre la porte et découvre D’orothea sur le perron.

D’OROTHEA  : Bonjour, Mme Halcyon. J’aurais dû appeler avant.
FRANNIE  : C’est pas grave. J’ai l’habitude.
D’OROTHEA  : DeDe m’en veut ?
FRANNIE  : Elle, non. Mais moi, si. Tu vas rester avec elle, cette fois ?
D’OROTHEA  : Oui.
FRANNIE  : Plus de régimes communistes ? (D’orothea hoche la tête de manière négative) Elle est en haut, elle se repose.

D’orothea entre et serre Mme Halcyon dans ses bras pour la remercier. Elle monte ensuite dans la chambre de DeDe et observe la jeune femme endormie. Elle quitte sa veste, ses chaussures et s’allonge sur le lit près de DeDe. Elle la serre dans ses bras et celle-ci se réveille en sursaut. Elle apparaît d’abord surprise et perdue en voyant D’orothea puis rassurée. D’or l’embrasse, DeDe répond à ce baiser et. Fin.

Le dernier épisode des Chroniques de San Francisco s’achève un peu plus tard sur le mariage de Mary Ann et de Brian. Une adaptation réussie d’une oeuvre débutée en 1976 par Armistead Maupin pour le compte du San Francisco Chronicle. Le succès populaire des nouvelles a ensuite donné naissance à six romans dont l’adaptation télévisée a reçu une critique unanime et excellente.

DeDe est une lesbienne communiste mais avant tout mère de famille. Elle se préoccupe énormément de ses enfants de leur sécurité et de leur protection. Elle les aime et a changé radicalement de vie pour eux. Elle est également homosexuelle, elle est amoureuse de D’orothea. Et elle est communiste mais cela passe en dernier plan au vu du reste.

DeDe avant Kerry et Sandy (Urgences), avant Bette et Tina (The L-Word), a élevé non pas un mais deux enfants alors qu’elle est lesbienne. Bien sûr, elle a eu les jumeaux dans des conditions différentes seulement elle les désirait et le résultat est le même. Elle s’occupe d’Edgar et d’Anna avec D’orothea. Et les enfants l’aiment. Alors que DeDe leur dit qu’elle sera là à leur retour de la croisière, ces derniers lui demandent si D’orothea sera là aussi. DeDe et D’orothea sont un couple et elles élèvent leurs enfants.

Lorsque D’orothea revient, les téléspectateurs réalisent qu’elle aime DeDe et que DeDe l’aime. Je regrette une seule et unique chose. La même que durant la saison précédente, la différence de traitement. Michael a passé son temps à baiser durant les quatre épisodes de cette ultime saison alors que DeDe et D’orothea n’ont qu’un baiser final, sans plus.

Une représentation positive mais en même temps timorée des lesbiennes.

autres choniques de san francisco 4autres choniques de san francisco 5autres choniques de san francisco 6

Retour à la fiche de présentation Chroniques de San Francisco

A propos de Isabelle B. Price

Créatrice du site et Rédactrice en Chef. Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

Répondre