Sur cette photo, on distingue Virginia à côté de son demi-frère, George.
En 1904, la mort du père est une sorte de libération qui entraîne cependant une nouvelle grave crise nerveuse de Virginia. Les quatre enfants du dernier lit décident de vendre la maison du 22 Hyde Park Gate et d’acheter pour eux une maison au 46 Gordon Square, dans le quartier de Bloomsbury.
Adrian, Vanessa, Virginia et Thoby y vivent tous ensemble tout en suivant des études à Cambridge, au Royal College, ou à Londres. C’est dans cette maison que la fratrie décide de recréer une ambiance littéraire marquée par leurs goûts. Virginia commence à écrire. Vanessa commence à peindre. Thoby crée des réunions le jeudi où sont conviés des écrivains et des intellectuels d’avant-garde homosexuels (Lytton Strachey, T.S. Eliot, E.M. Forster) ou très ouverts (tel Léonard Woolf). Le vendredi, Vanessa fait venir des artistes peintres. Ainsi se crée le « cercle intellectuel de Bloomsbury ». En 1906, l’arrangement de la fratrie est cependant troublé par la mort de Toby, suivi du mariage de Vanessa avec l’un des membres les plus assidus du vendredi, Clive Bell. En 1907, Adrian et Virginia déménagent et s’installent à Fitzroy Place. Virginia vit très mal le mariage de Vanessa dont elle semble jalouse. Elle flirte avec son beau-frère Clive, ce qui tend les relations entre la fratrie.
Virginia est un temps courtisée par Lytton Strachey, mais il retire sa demande en mariage. Le voici peint par sa sœur, Vanessa.
Virginia reste donc vieille fille jusqu’à ce qu’elle épouse Léonard Woolf en 1912. Ce mariage permet à Léonard de fuir un poste de fonctionnaire dont il ne voulait pas et il donne à Virginia une stabilité qu’elle n’a pas. Le couple s’installe au 13 Clifford’s Inn. En 1913, la perspective de publier son premier ouvrage ramène Virginia vers les rivages sombres de la dépression. Léonard décide de protéger sa femme contre elle-même et l’emmène loin de Londres, à Richmond. Ils achètent Hogarth House. Cela ne suffit pas à calmer les graves crises de folie que traverse Virginia : elle doit être hospitalisée en 1915 en clinique psychiatrique. Léonard décide de suspendre toute relation sexuelle avec son épouse pour que toute sa libido puisse aller vers son œuvre. Ensemble, ils n’auront jamais d’enfants alors qu’ils ne se quittèrent jamais.
En 1917, le couple fonde les Hogarth Press, une maison d’édition qui publie principalement les œuvres du cercle de Bloomsbury. Virginia est alors une romancière, une critique littéraire mais aussi une éditrice. Voici sa table à écrire. Elle pouvait la transporter partout.
En décembre 1922, elle rencontre Vita Sackville-West, une aristocrate bisexuelle, volontiers tombeuse et séductrice. Voici Virginia en 1923 à Garsington.
Elle devient sa maîtresse jusqu’en 1928. C’est la seule relation lesbienne dont elle a parlé et qui l’a inspirée.
Les années 1930 sont des années de créativité littéraire mais aussi des années de tristesse qui voient la disparition de plusieurs membres du cercle de Bloomsbury. Voici une photo du groupe en 1930. On y distingue Virginia, assise à l’extrême gauche et Léonard, debout à l’extrême droite.
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