Mathilde je l’ai rencontrée dans un train de Cy Jung

Mathidle je l'ai rencontrée dans un train de Cy Jung

Titre Français : Mathilde, je l'ai rencontrée dans un train

Titre Original : Mathilde, je l'ai rencontrée dans un train

Auteur : Cy Jung

Date de Sortie : 02 Janvier 2005

Nationalité : Française

Genre : Roman Contemporain, Roman d'Amour

Nombre de Pages : 173 Pages pages

Editeur : Éditions Gaies et Lesbiennes

ISBN : 978-2912706294

Mathilde, je l'ai rencontrée dans un train : Quatrième de Couverture

Mathilde et moi, c’est un drôle de paradis, un jardin luxuriant, des cascades de cyprine, des doigts, des mains, des poings qui rampent à l’égal du serpent. Notre repas est un prélude où nos bavardages d’allure futile servent de couverture à une séduction complice et torride. Quand nos corps sont au bord de l’overdose, nous cavalons nous ébattre dans un mélange d’impudeur, de fantaisie et de tendresse. Il est fascinant de constater combien cette dernière autorise de débordements, de pratiques qui, vues de l’extérieur, sembleraient salaces. Je suis épatée, émerveillée par mes désirs, subjuguée au point que je deviens docile à la toute puissance du fantasme. Je le laisse courir, me dire ce que j’ignore encore, presque me dicter la femme que je suis.

Écrivaine, éditorialiste, Cy Jung est l’auteure de nombreux romans. Mathilde je l’ai rencontrée dans un train, est un tournant dans son œuvre, son texte le plus ambitieux et le plus maîtrisé, une traversée des fantasmes qui est aussi une réflexion sur le désir.

Mathilde, je l'ai rencontrée dans un train : Avis Personnel

Mathilde, je l’ai rencontrée dans un train est un roman de l’auteure française lesbienne la plus prolifique, Cy Jung. Je pense qu’il faut le préciser dès l’introduction pour bien comprendre la critique qui va suivre. Cy Jung écrit depuis des années et tente de se renouveler à chaque œuvre. Et cet opus peut donc surprendre au premier abord quand on ne le sait pas. Parce que ce livre est loin de proposer une histoire unique qui se déroule du début (de la rencontre) à la fin (elles vécurent heureuses et eurent beaucoup d’enfants ou non) à l’image de Carton Rose ou du plus connu Once Upon A Poulette.

Ici, Cy Jung offre plusieurs versions de l’histoire d’amour et de passion qui unit la narratrice à Mathilde. Il s’agit d’une sorte de compilations d’histoires variées avec toujours les mêmes personnages. Et on ne sait jamais quand l’une des histoires va se terminer pour laisser démarrer la prochaine. Du coup, au départ, c’est assez déstabilisant. Et en même temps c’est ce que j’ai apprécié.

J’ai trouvé ce parti pris assez intéressant offrant plusieurs facettes voire même plusieurs versions d’une même histoire. Une histoire de rencontre et de liaison. En fonction de votre humeur ou de votre attente vous serez plus touchée par l’une ou l’autre des histoires. Mais au final il se dégage quelque chose de différent et de surprenant que j’ai plutôt aimé.

Pour autant, avant de se lancer, il faut avoir envie de tenter une expérience différente et ne pas attendre une simple et banale romance lesbienne comme le laisse supposer la couverture de l’ouvrage qui pour le coup n’est pas du tout représentative du roman. Et comme je sais que certaines lectrices sont assez prudes, si vous n’aimez pas trop les scènes de sexe, passez votre chemin. Cy Jung qui excelle dans cet art offre ici, comme dans Cul Nu, une preuve de son talent pour écrire ce genre de passages qui peut vite devenir ridicule quand c’est mal fait.

Je vous laisse réfléchir à ce que vous cherchez. Personnellement je reconnais que c’est plutôt une belle découverte.

Mathilde, je l'ai rencontrée dans un train : Extraits

« J’ai attrapé le train de nuit au vol. Je cherche le contrôleur afin qu’il me donne une couchette. Ce que j’ignore, c’est que nous sommes en période de transhumance de printemps : des hordes de vacanciers chargés de colis rejoignent leur villégiature. Le contrôleur n’a aucune place à me proposer, ni couchette, ni siège inclinable. J’évoque la perspective de payer un supplément si une place est libre en première. J’ai déjà une nuit blanche dans les pattes ; je ne me sens pas d’en enchaîner une seconde. Le contrôleur me suggère de m’adresser à son collègue quelques voitures plus loin et c’est mon sac sur l’épaule, alors que mes pieds foulent l’épaisse moquette de la Compagnie des wagons-lits, que je tombe nez à nez avec Mathilde.

« Tomber » est bien le mot. Elle sort des toilettes, je lutte contre la porte coulissante du passage à soufflets. Le train a un cahot. Elle trébuche. Je pars en avant. Elle s’accroche à ce qu’elle trouve : mon épaule. D’un coup de reins, je rétablis mon équilibre, lâche mon sac et attrape cette inconnue par la taille. Un nouveau cahot la projette en arrière. Je resserre mon étreinte pour mieux la soutenir. Elle plante un talon de ses escarpins dans le cuir de mes souliers. Je retiens un cri. Elle retire son pied. Je perds mes aplombs et l’entraîne dans ma chute. Elle gît sur moi. Elle ne bouge plus. Cela me semble une éternité. Timidement, je relève la tête, mes paumes toujours sur ses hanches. Mon menton effleure ses cheveux. Elle se met à genoux et me dévisage, au départ le regard froid et dur puis, petit à petit, souriante. » (Pages 11-12)

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef. Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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