Les Chroniques d’Ouranos de Véronique Bréger

Les Chroniques d’Ouranos de Véronique Bréger

Titre Français : Les Chroniques d’Ouranos

Titre Original : Les Chroniques d’Ouranos

Auteur : Véronique Bréger

Date de Sortie : 17 Juin 2009

Nationalité : Française

Genre : Science-Fiction & Fantastique

Nombre de Pages : 243 pages

Éditeur : Adventice

ISBN : 978-2-9524-0746-5


Interview(s) :

Interview de Véronique Bréger pour le site L-Editorielles

Les Chroniques d’Ouranos : Quatrième de Couverture

Au cœur d’Ouranos, mégalopole futuriste et polluée où l’air est devenu irrespirable, Soann se voit confier une mission de la plus haute importance.

Désignée pour valider l’introduction d’une plante venue d’ailleurs et qui pourrait redonner vie à la cité asphyxiée, la jeune femme se retrouve accusée d’un délit qu’elle n’a pas commis et devient le bouc émissaire d’un complot politique.

Bien décidée à se battre, une course poursuite s’engage alors, au cours de laquelle Soann fera une rencontre aussi inattendue que bouleversante, celle de la belle et énigmatique Aléna. Si tout semble opposer les deux jeunes femmes et leurs mondes, elles vont devoir s’unir dans cette quête de la vérité.

En défiant la raison d’État, Soann sera-t-elle en mesure de sauver l’avenir écologique de la planète et de protéger ceux qu’elle aime ?

La préservation de la planète et de ses richesses est dans l’air du temps. Avec ce récit aux multiples rebondissements, Véronique Bréger nous offre une vision à la fois futuriste et réaliste d’un monde qui demain pourrait être le nôtre…

Les Chroniques d’Ouranos : Avis Personnel

Les Chroniques d’Ouranos est annoncé un peu partout comme le « premier roman de science-fiction lesbien ». Le réduire à cela est à mon sens une terrible erreur. Parce que ce livre est bien plus. Il est l’accomplissement de la normalisation des personnages gays dans tout type d’histoire.

Soann Arguilo est certes lesbienne, mais ce n’est qu’une partie de sa personnalité complexe. Elle est aussi orpheline, entêtée, sensible, investie dans son travail, fière, adepte des sensations fortes et j’en passe. Elle a tout d’une femme que l’on pourrait croiser au bout de la rue et dont on pourrait tomber amoureuse. Oui mais bon, elle va quand même sauver le monde et ce n’est pas rien. J’adore quand les personnages se retrouvent confrontés à des complots aux ramifications immenses qui les obligent à se dépasser s’ils veulent survivre. Ou ils abandonnent ou ils se révèlent. Et pour donner lieu à un livre ou un film il vaut mieux qu’ils choisissent l’option 2.

Ce roman est excellent. J’ai déjà lu de la science-fiction. Mon problème c’est justement que je lis un peu de tout sans m’arrêter à un genre particulier. Et j’avoue que Véronique Bréger a réussi ce qu’elle souhaitait en ce qui me concerne. Sur son site elle a expliqué : « Aussi, le pari est de vous surprendre. Que vous ouvriez ce livre et que vous n’ayez plus envie de le lâcher jusqu’à la fin. Qu’en le refermant, vous pensiez : je n’aurai jamais cru… que cela me plaise, que j’aimerai, que ce soit ça ! » Elle a réussi avec mention très bien.

Ce que j’ai aimé c’est que les clés soient données petit à petit sans que l’on puisse tout deviner. On en devine un peu mais il est totalement impossible de tout imaginer. Comme pour la plupart des romans de Véronique Bréger, j’avoue, je lui aurais demandé d’écrire 200 pages de plus si elle avait pu. Pour explorer encore plus loin le deuil d’Aléna et les conséquences de son isolement. Pour avoir le droit à encore plus de courses de traks. Pour imaginer encore plus justement ce monde dans lequel vivent les héroïnes.

Si la riche lesbienne que j’attends depuis des années se décide enfin à passer par ici et lit cette critique, je lui propose de ne pas m’acheter tout de suite le site.  Pourquoi ne pas contacter, avant, Véronique Bréger pour lui demander s’il est envisageable d’adapter cette histoire en film ? Je vous promets, ce serait magnifique.

Les Chroniques d’Ouranos : Extraits

«  Le fond de l’air était frais et humide. Soann effectua un virage sec et nerveux avant d’immobiliser son trak. Il n’avait en commun que le nom, avec celui qu’elle avait abandonné le matin même. L’engin lui appartenait. Elle l’avait assemblé pièces par pièces pendant ses heures de récupération avec Tornard Beck – un trakiste de génie – avec qui elle partageait parfois d’autres jeux que les courses illicites dans les coins paumés de la cité. Elle regarda autour d’elle. Personne dans l’aire étroite. À cinq cent mètres de hauteur, on ne distinguait ni le sol, ni le ciel. Le voyant de la borne de passage scintillait. Rouge. Soann ignora l’interdiction. Elle activa son système de brouillage. La machine et sa pilote devenaient invisibles aux radars surpuissants des milices de surveillances. Elle mit son casque de cuir noir et ajusta ses lunettes de protection à particules infrarouges. Le col de son épais blouson cachait ses cheveux et la partie basse de son visage. L’employée modèle de la CCAP devenait un trakiste anonyme qui allait en retrouver d’autres pour une trak-party prohibée.
Soann s’engagea dans la pénombre brumeuse. Les courses se déroulaient selon un rituel immuable. Les participants trouvaient eux-mêmes le rendez-vous qui se situait de façon systématique entre cinq cent et mille huit cent mètres de hauteur. Au-dessus des brouillards toxiques, en dessous des nuages clairs. Le trajet se dépliait d’un point de départ vers un point d’arrivée. Il n’existait pas plus de deux chemins pour aller de l’un à l’autre. On ne gagnait rien dans ces dangereux concours. Au mieux on obtenait l’admiration ou la haine des coureurs. Au pire c’était l’accident. La rencontre avec un obstacle ou avec les forces de surveillance. La milice tirait sans sommation sur les acteurs de cet exercice prohibé et considéré comme une calamité dans la cité. On ne fait rien de mal, se répétait Soann. On est libre. C’est encore plus grisant parce que c’est interdit. Elle s’engagea dans un goulet cerné de plaques de béton. Ils étaient là. Proches. Tapis dans l’ombre. Flottant dans les airs, moteurs et lumières éteints. Soann en compta une vingtaine. Parmi eux, elle reconnut le dessin d’une lune brillante à l’arrière d’un casque bleu nuit. Celui-là lui avait donné du fil à retordre lors de la dernière course. » (Pages 25-26)

A propos de Isabelle B. Price

Isabelle B. Price
Créatrice du site et Rédactrice en Chef.Née en Auvergne, elle s’est rapidement passionnée pour les séries télévisées. Dès l’enfance elle considérait déjà Bioman comme une série culte. Elle a ensuite regardé avec assiduité Alerte à Malibu et Les Dessous de Palm Beach avant l’arrivée de séries inoubliables telles X-Files, Urgences et Buffy contre les Vampires.

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